Une réunion entre la DGAC et des agriculteurs s’est tenue ce 12 mai sur le site du futur aéroport entre Dzoumogne et Soulou. Le projet, qui couvrira 400 hectares, inquiète les exploitants fonciers relancés après le cyclone Chido. Un recensement des parcelles et productions est en cours afin d’évaluer l’impact du chantier, dont les premiers travaux sont prévus en 2027.
« C’est un deuxième Chido », s’alarme un propriétaire foncier découvrant sa parcelle de terrain sur le site du futur aéroport. Sur une carte affichée sur un conteneur, ce mardi 12 mai, une réunion d’information était organisée entre la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) et les agriculteurs adhérents.
Une dizaine d’adhérents étaient présents sur le site. La plupart se sont remis à l’ouvrage à la suite du cyclone Chido afin de relancer leur exploitation. Une exploitation aujourd’hui menacée par le projet d’aéroport, qui devrait couvrir 400 hectares afin de permettre l’aménagement d’une piste longue entre les villages de Dzoumogne et Soulou.
Le projet d’aéroport est actuellement en phase de recensement. Un recensement effectué par l’entreprise M-ZE Conseil, dont Istizade Bina est le directeur : « Le but est de les accompagner par secteur, de recueillir toutes les informations nécessaires sur leur production, avec des données GPS précises de leur localisation, et de recenser la finalité des productions, qu’elles soient destinées à la vente ou à une consommation personnelle. Ces questions sont posées avec précision afin de connaître l’impact du projet vis-à-vis des exploitants. »
La semaine dernière, une charte entre les représentants agricoles et la DGAC a été signée, garantissant aux agriculteurs leur statut de parties prenantes du projet. Les agriculteurs restent toutefois inquiets quant à l’avenir de leurs exploitations et aux conséquences du chantier sur leurs activités.
L’enjeu de l’identification des acteurs a également été rappelé par Christophe Masson, délégué de la Direction du transport aérien de la DGAC. “Les premiers travaux devraient débuter en 2027 avec la réalisation d’un ouvrage sous la route départementale afin de permettre les terrassements sans interrompre la circulation.” Une nouvelle route départementale est également prévue. Ainsi qu’une retenue collinaire sur le site.
Néanmoins, le dédommagement reste une source d’inquiétude pour la plupart des agriculteurs présents sur place. « J’ai planté des agrumes que je ne pourrai peut-être récolter que dans six ans. Vais-je être dédommagé pour cela ? », s’interroge l’un d’eux.
L’objectif est de pouvoir compenser les récoltes potentiels et, éventuellement, de trouver un autre terrain agricole. L’ensemble des agriculteurs concernés est invité à se faire recenser auprès du cabinet de conseil, tandis que des permanences sont prévues afin d’accompagner les exploitants dans leurs démarches.
Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.




































