Un rapport de la section des comptes de la cour suprême, qui s’est penché sur l’exercice de 2022, a révélé de nombreuses anomalies dans la gestion de la société publique en dépit de la hausse des prix des carburants qu’elle a bénéficiée pour supporter les effets de la guerre russo-ukrainienne.
Les Comores vivent depuis lundi une grève qui impacte les transports en commun et les commerces aussi bien dans les capitales des trois îles indépendantes que dans les périphéries où les déplacements vers les grandes villes sont perturbés. La raison évoquée par le gouvernement pour justifier cette augmentation des tarifs des produits pétroliers est la conjoncture mondiale, mais surtout le sauvetage de la société comorienne des hydrocarbures (Sch). Mais beaucoup pensent que la dégradation de la gestion de cette entreprise publique qui a le monopole dans l’importation du carburant ne date pas d’hier. En effet dans un rapport rendu public par la section des comptes de la cour suprême, il est révélé que durant l’exercice de 2022, la société comorienne des hydrocarbures a manqué à de nombreuses obligations.
Les auditeurs ont par exemple noté dans la comptabilité des incohérences dans les comptes et des manquements aux normes qui ne permettent pas de confirmer que les états financiers ne sont pas fidèles par rapport aux résultats des activités. » Il y a des écarts entre le bilan et le grand livre, sur les comptes des créances. L’absence de textes règlementaires relatifs à une gestion transparente favorise les insuffisances relevées« , liste le rapport qui pointe par ailleurs une absence de contrôle interne qui aide à lutter contre la fraude ce qui garantit une sincérité des comptes de l’entreprise, dont 63% du personnel n’est pas diplômé. Jusqu’en 2022, avec un effectif de 455 personnes, ce sont les agents sans qualification qui occupaient les fonctions importantes au sein de la société comorienne des hydrocarbures constituée de techniciens supérieurs représentant 14.29 % de l’effectif total.
Écarts de plusieurs milliard
D’après le rapport de la section des comptes publié en juin 2025, l’entreprise publique a fait un chiffre d’affaires de plus de 52 milliards de francs (105 millions d’euros), pour l’année 2022, dont 15 milliards rien qu’avec l’essence. Le volume des importations a bondi de 14% grâce à l’augmentation des prix de vente. » Cependant, cette embellie ne s’est pas traduite par une amélioration du résultat net à cause des pertes engendrées par les subventions du carburant donnée à la société nationale de l’électricité« , indique l’audit de 46 pages. Notons qu’à l’époque, le gouvernement comorien avait revu à la hausse les prix des produits pétroliers évoquant la guerre ukrainienne. Mais depuis, malgré la baisse du prix du baril dans le monde, le prix du litre à la pompe n’a pas changé.
Le contrôle a révélé également des écarts significatifs entre les détails du compte de résultats et les analyses statistiques ainsi que des défaillances dans les recouvrements qui s’élèvent à 10 milliards 581 987 653 millions de francs. Les enquêteurs de la section des comptes ont aussi découvert une augmentation significative de l’endettement entre 2021 et 2022. En une année, l’endettement a atteint 68%, signifiant un recours accru aux emprunts, ce qui entraine des retards de paiement ou de trésorerie. Le ratio d’endettement est élevé avec 5.8%, un niveau qui indique que l’entreprise depend des financements externes pour ses activité. « La cour a constaté une marge commerciale négative de 5 milliards de francs comoriens. Cette situation montre que le coût d’achat y compris les frais d’accessoire est supérieur aux revenus générés par les ventes« , déplore le rapport consulté par Flash infos.
Marché de gré à gré
Toujours pendant leurs investigations, les auditeurs préconisent une maitrise des coûts d’approvisionnement après avoir constaté une perte d’exploitation de 596 606 litres de gazole évaluée à 387 794 428 de francs tans dis que les charges ont augmenté de 7.34% en partie à cause de l’effectif qui va crescendo. L’autre anomalie révélée durant l’exercice de 2022 est la non-communication des documents justifiants les frais de missions aussi bien dans les îles qu’à l’extérieur. » Les dossiers liés aux missions externes ne sont justifiés ou pas suffisamment justifiés« , dénonce le rapport selon lequel les déplacements dans les îles s’élevaient à 18 millions de francs (36 594 euros). Les missions à l’étranger ont coûté la bagatelle somme de 31 338 861 de francs. Les dépenses engagées sont aussi pointées du doigt pour défaut de signature du comptable.
Parfois, même l’inspecteur Mze Ali Azhar, qui depuis plus de deux ans assure la gestion intérimaire de la société comorienne des hydrocarbures ne signe pas. Les dépenses de ce dernier avoisinent les 156 millions de francs, dont 62 millions utilisés pour le remboursement de paiement de carburant administratif. Le contrôle des auditeurs de la section des comptes s’est penché sur la dotation du carburant du personnel qui ne serait pas régie par des textes entre les îles. Quant aux marchés publics, il apparait dans le rapport, que la société ne dispose pas de plan de passation de marchés. Ce n’est pas tout. Des données communiquées à la cour révèlent au grand jour des marchés accordés de gré à gré comme l’achat d’un bateau de type Lct pour un montant de 756 millions de francs, soit 1 153 948 euros, le tout sans contrat ni preuves de paiement.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??




































