Un nouveau rapport publié le 15 avril 2026 par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) documente les « mouvements mixtes vers Mayotte le long de la route de l’océan Indien occidental ».
L’étude, réalisée par le Centre pour les migrations mixtes et fondée sur une cinquantaine d’entretiens menés entre août et novembre 2025, analyse les parcours de personnes réfugiées ou migrantes arrivées sur l’île.
Si le rapport confirme qu’en 2024, 2 463 primo-demandeurs d’asile ont été enregistrés à Mayotte dont 52% étaient originaires de la République démocratique du Congo, 25% des Comores et 15% de Somalie, il souligne également que pour beaucoup, Mayotte n’est pas un point final mais une étape vers d’autres destinations. « Mayotte est souvent perçue comme une porte d’entrée vers la France métropolitaine » nous dit-il. En effet, sur les cinquante personnes interrogées, trente déclarent viser la France.
Le rapport nous informe également des itinéraires empruntés : « La route de l’océan Indien occidental comprend des routes secondaires, en passant par l’Afrique de l’Est et les Grands Lacs, les Comores et Madagascar. » Ainsi, la Tanzanie s’impose comme un carrefour central : trente-huit personnes originaires de la RDC, de la République centrafricaine et du Burundi y ont transité avant de poursuivre leur route. Certaines passent ensuite par les Comores, d’autres rejoignent directement Mayotte. Tandis que les ressortissants somaliens interrogés sont arrivés directement par la mer.
Les migrants expliquent avoir choisi d’emprunter cette voie parce que « c’était la seule option » ou parce qu’elle apparaissait comme « la plus rapide ». Des résultats qui reflètent, selon le rapport, une réduction des voies d’accès légales et une influence accrue des passeurs dans les pays d’origine et/ou de transit pour emprunter la route de l’océan Indien occidental.
Trente sept migrants, soit plus de deux tiers des personnes interrogées déclarent d’ailleurs avoir eu recours à leurs services, notamment pour franchir les frontières ou organiser des traversées maritimes. Si certains migrants estiment que ces intermédiaires les ont aidés à atteindre leur objectif, onze indiquent avoir été intentionnellement induits en erreur au sujet du voyage.
Le document met également en exergue les violences auxquelles sont exposées ces personnes durant leur voyage. Ces derniers identifient la RDC et la traversée du canal du Mozambique comme les étapes les plus risquées. Plus de la moitié des personnes interrogées déclarent avoir subi des violences physiques, et près d’une femme sur deux déclarent avoir subi des violences sexuelles.
Les abus sont attribués à différents acteurs : groupes armés, bandes criminelles, mais aussi parfois aux passeurs eux-mêmes. Dans ce contexte, certains migrants choisissent de voyager en groupe pour se protéger, tandis que d’autres préfèrent rester discrets et voyager seuls.
Une fois à Mayotte, les difficultés persistent. Quarante-sept personnes interrogées disent avoir besoin d’aide immédiatement. L’assistance juridique arrive en tête, essentielle pour entamer ou suivre une demande d’asile. Les besoins en nourriture, en hébergement ou en soutien financier restent également très présents.
Ce nouveau rapport confirme que Mayotte occupe une place centrale dans les routes migratoires de l’océan Indien.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.





































