Chambre des Métiers et de l’Artisanat : la CMA Mayotte contrainte de solutionner le défaut de garantie décennale

La Chambre des Métiers et de l’Artisanat de Mayotte est déterminée à œuvrer en faveur d’une solution rapide au problème des assurances de garantie décennale, qui font défaut à ses adhérents et les empêchent, pour le moment, d’accéder à la commande publique. Une urgence qui s’impose à l’approche du démarrage de la refondation de Mayotte post-Chido, dans le cadre de laquelle la loi de juillet 2025 a réservé 30 % des marchés aux TPE et aux entreprises artisanales de l’île.

La CMA, qui bénéficie d’une mission d’appui et d’accompagnement de son équivalente réunionnaise, accueille depuis quatre jours un technicien spécialisé dans la commande publique afin d’épauler ses équipes dans la recherche d’une solution au problème de l’assurance de garantie décennale.

L’épineuse question de la garantie décennale pour les artisans et les très petites entreprises mahoraises revient sur le devant de la scène. Dans la perspective de la refondation de Mayotte post-Chido, elle occupe une place centrale, car elle conditionne l’accès de ces acteurs économiques locaux aux marchés de la reconstruction. Le secteur artisanal, qui compte sur cette opportunité pour se redresser économiquement et contribuer, à son niveau, à la relance du territoire, se heurte encore au refus des assureurs d’intervenir sur l’île pour garantir l’activité des entreprises. Or, ce sésame constitue pour celles-ci l’un des préalables majeurs pour pouvoir prétendre à la commande publique.

« Si je comprends bien ce que j’entends exprimer ici depuis mon arrivée à Mayotte, je peux considérer que c’est le serpent qui se mord la queue dans cette affaire », relève Stéphane Celeschi, attaché technique spécialisé dans les marchés publics à la CMA de La Réunion.

Fin de la période du Ramadan oblige, Madi Fahar, président de la CMA Mayotte, a repris son bâton de pèlerin et enchaîne les séances de travail avec ses services afin de trouver d’éventuelles solutions permettant de satisfaire les attentes de ses adhérents. Ces derniers sont en effet très inquiets quant à leur capacité, en l’état actuel des choses, à être au rendez-vous des 30 % des marchés publics de la refondation de Mayotte qui leur sont officiellement réservés par la loi de juillet 2025.

« C’est pour moi un véritable casse-tête : nos adhérents sont exsangues après le cyclone Chido et les pouvoirs publics exigent d’eux qu’ils soient à jour de leurs cotisations fiscales, sociales et de leurs assurances décennales, sans quoi ils n’accéderont pas aux marchés de la refondation. Un autre problème subsiste, et non des moindres : il est demandé une certification professionnelle à nos artisans, auxquels un savoir-faire est pourtant reconnu, bien qu’une grande partie d’entre eux n’ait pas été scolarisée. »

Former des artisans pour en former d’autres en vue d’une certification professionnelle

Une situation que la CMA envisage de résorber par la mise en place d’une formation de formateurs, destinée aux artisans maîtrisant un minimum le français, qui se chargeront ensuite de former leurs collègues.

« Il faut bien commencer par quelque chose à un moment donné avant d’arriver, par la suite, à une formalisation », reconnaît le technicien de la CMA Réunion, venu apporter son expertise et son soutien technique à ses homologues mahorais pour les aider à résoudre les difficultés actuelles.

« Nous menons une mission d’assistance à la demande de la Chambre des métiers de Mayotte afin de les aider à solutionner ces problèmes d’accès des entreprises artisanales à l’assurance de responsabilité décennale. Je peux dire que c’est un vaste chantier qui nous ramène à une situation que l’artisanat à La Réunion a connue il y a une trentaine d’années », déclare-t-il après quatre jours de travail intensif sur le terrain.

Malgré la complexité de ce chantier, Stéphane Celeschi insiste sur l’urgence d’ouvrir l’accès à la commande publique pour les entreprises artisanales mahoraises qui ont contribué à construire Mayotte. De manière consensuelle, il leur conseille de se rapprocher de la Chambre des métiers, de son président et de son personnel administratif, qui mettront tout en œuvre pour les accompagner dans cette démarche.

« J’entends qu’il serait utile que tous les partenaires du monde économique, notamment ceux liés au BTP, puissent se réunir autour d’une table afin de délibérer et de trouver une solution à ce problème », souligne le missionnaire de la CMA Réunion.

Pour sa part, le président de la CMA Mayotte, Madi Fahar, s’est engagé à réaliser un diagnostic de la situation et à transmettre aux décideurs locaux l’ensemble des données issues de cette étude, à charge pour eux de prendre les décisions qui s’imposent et de les assumer pleinement.

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