2ème tour des élections municipales à Mayotte : les dés sont jetés pour le deuxième tour

L’entre-deux-tours a débuté, avec des tractations qui ont occupé toute la journée de lundi et se sont poursuivies hier, mardi 17 mars 2026, pour tenter de former des coalitions afin de s’opposer aux listes arrivées en tête dimanche dernier. Une tâche des plus ardues selon les localités et les rapports de force qui se dessinent. Quoi qu’il en soit, toutes les listes avaient l’obligation de déposer leurs nouvelles compositions en préfecture avant 18 heures précises.

Pour certains candidats, les lignes ont bougé ; pour d’autres, le statu quo prévaut, et aucune manœuvre ne peut infléchir la donne. Le jusqu’au-boutisme, alimenté par des ambitions personnelles surdimensionnées, l’emporte souvent sur le bon sens et la raison. Quatre cas de figure illustrent cette situation : Dzaoudzi-Labattoir, Kani Kéli, Pamandzi et Sada.

À Dzaoudzi, les téléphones chauffent dès dimanche soir

À Dzaoudzi, les communications ont repris dès dimanche soir après la proclamation des résultats. Freddy Novou, tête de liste « Un souffle nouveau » (MDM/LR), arrivé en troisième position avec un peu plus de 28 % des suffrages, a rapidement été courtisé par ses adversaires.

« Le jeune Salim Darmi, de la liste Wakazi Oi Labattoir, a été le premier à contacter Freddy Novou pour envisager une collaboration. Il semble qu’ils en avaient déjà discuté avant le 15 mars, et il n’a posé aucune condition préalable pour son ralliement. Ensuite, Houmadi Mikidache, le maire sortant, est intervenu », ont rapporté des membres de l’équipe MDM à Flash Info.

Selon ces sources, le contact avec le maire sortant, arrivé en tête du premier tour avec 38 % des voix, s’est plutôt mal déroulé : « Il s’attendait à ce qu’on lui offre la place de maire, que notre groupe convoitait également, sans rien proposer d’autre, comme si nous n’avions pas le choix que de compléter sa nouvelle liste pour le faire élire. »

Houmadi Mikidache aurait donc manqué de tact, ce qui a bénéficié à Saïd Omar Oili, sénateur et ancien mentor du MDM, qui fut le dernier à s’entretenir avec Freddy Novou. « Les choses sont allées vite. Il avait une proposition concrète de fusion de nos deux groupes, et nous avons convenu d’une rencontre formelle lundi pour tout mettre au point. Beaucoup d’entre nous n’étaient pas totalement favorables à ce deal, car Saïd Omar Oili nous avait privés de pouvoir à la mairie de Dzaoudzi-Labattoir pendant 15 ans, alors que cette ville a toujours été un fief important pour notre formation politique. Mais la politique a ses propres règles, que la raison n’explique pas toujours. Il nous offre l’opportunité d’un retour aux affaires, contrairement à Houmadi Mikidache. Nous ne pouvions pas refuser. »

Une fusion aux allures d’aubaine pour le MDM

La nouvelle a rapidement circulé en ville, et les commentaires ont fusé lundi en fin d’après-midi. La fusion entre les listes « Un souffle nouveau » (MDM/LR) et NEMA a été confirmée dans la nuit, et la nouvelle liste déposée tôt le matin en préfecture. Initialement, la répartition prévoyait 17 membres MDM/LR pour 16 membres NEMA, mais elle a été ajustée en faveur des proches de Saïd Omar Oili (17).

Ce mariage de raison n’a toutefois pas rassuré la base militante du MDM à Labattoir, qui s’interroge sur le choix de l’ancien président du Conseil général de Mayotte de ne pas figurer sur cette liste ni de réclamer un siège, y compris la présidence de la communauté des communes de Petite-Terre.

Dans le camp de Houmadi Mikidache, certains reconnaissent le manque de tact reproché à leur chef de file, mais espèrent convaincre certains compagnons de Freddy Novou de déserter la fusion pour rejoindre la liste « Construisons ensemble la commune de Dzaoudzi-Labattoir ». Ils estiment que les urnes du premier tour ont montré un rejet clair du chef du NEMA, et misent sur une victoire possible au second tour, même sans alliance.

Une situation volatile dans d’autres communes

À Pamandzi, la partition est différente : les quatre listes qualifiées (sur 11) se maintiennent faute d’accord pour réduire leur nombre. La bataille des ambitions personnelles est à son comble, mais au moins, tout est transparent.

À Sada, il est difficile de prévoir la direction que prendront les voix de Chaharmane Houlame (candidat LR) et de sa liste « Osons Demain », qui s’est retiré sans donner de consigne de vote. Le second tour opposera le maire sortant Houssamoudine Abdallah (UPCSM) à Abdel-Lattuf Ibrahim (liste La Force Commune). Mardi matin, le flou persistait, chacun revendiquant le ralliement de Chaharmane Houlame à sa cause.

Enfin, à Kani Kéli, Assadillah Abdourahamani (divers droite), arrivé en tête du premier tour, devra redoubler d’efforts pour remporter le second tour. Cinq des six listes arrivées derrière lui ont choisi de se liguer contre lui, tandis que le soutien du sixième candidat semblait encore incertain mardi matin.

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