Les ambulanciers dénoncent des factures impayées liées au transport de patients non affiliés à la sécurité sociale. Plusieurs entreprises affirment être en difficulté financière. Une manifestation est prévue le lundi 16 mars 2026 à Mamoudzou pour interpeller les autorités.
Une mobilisation des transporteurs sanitaires est prévue le lundi 16 mars 2026 afin de dénoncer des factures impayées liées au transport de patients non affiliés à la sécurité sociale. Le rendez-vous est fixé à 9 heures sur le parvis de Mamoudzou, avant un déplacement des manifestants vers le siège de l’Agence Régionale de Santé (ARS). D’après les professionnels du secteur, plusieurs entreprises subissent aujourd’hui des retards de paiement importants, dont certains remontent à la période de la pandémie de Covid-19. Durant cette période, les ambulanciers ont poursuivi leurs interventions en nombre, notamment auprès de patients ne disposant pas de couverture sociale. « Notre situation remonte à la période du Covid. Nous avons beaucoup intervenu sur des patients non affiliés et pas mal de nos factures de 2020 sont restées impayées », explique Ali Ana, syndicaliste et porte-parole du mouvement.
Un système de facturation qui bloque les remboursements
Après la crise sanitaire, la réorganisation du transport sanitaire a modifié le fonctionnement des permanences. Les gardes, autrefois rémunérées sous forme de forfaits horaires, sont désormais facturées à l’intervention. À Mayotte, les ambulanciers en mode de garde sont déclenchés par le SAMU pour chacune de leurs missions, mais une grande partie des patients pris en charge ne disposent pas d’assurance maladie. « À 80 %, ce sont des personnes non assurées sociales », affirme Ali Ana. Les transporteurs expliquent avoir engagé des démarches auprès des autorités depuis le mois de juin, sans résultat. L’ARS demanderait désormais des justificatifs sous forme de bons de transport pour procéder aux remboursements, alors que le système local repose sur un numéro de mission. « Chez nous, c’est le numéro de mission qui fait valoir le paiement. On nous demande un bon de transport que nous n’avons pas», déplore le porte-parole.
Face à ces blocages administratifs, la situation financière de plusieurs entreprises devient critique. Les professionnels estiment que « 80 % de nos interventions ne sont pas payées », ce qui rend difficile le paiement des salaires, des charges sociales, du carburant ou encore l’entretien des ambulances. Certains transporteurs évoquent des dettes qui s’accumulent, notamment auprès de l’Urssaf, ainsi que des retards de salaires. Les factures impayées peuvent atteindre des montants importants, parfois entre 60 000 et 80 000 euros. Pour les ambulanciers, il ne s’agit pas d’une demande d’aide mais du règlement de prestations déjà réalisées. Ils espèrent que la manifestation permettra d’obtenir une réponse rapide des pouvoirs publics afin d’éviter une dégradation du service de transport sanitaire sur l’île.
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