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Le préservatif, ce tabou qui tend à diminuer sur l’île

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À Mayotte, la question de la sexualité comporte certains tabous. L’usage d’un préservatif en fait partie, mais grâce aux nombreux échanges entre les associations et le public, les lignes commencent à évoluer.

Comment limiter les risques quand on aborde la sexualité ? Selon Moncef Mouhoudhoire, président de l’association Nariké M’sada (Lutte contre le sida à Mayotte), aujourd’hui, « le préservatif, reste le moyen le plus efficace pour lutter contre les MST (maladies sexuellement transmissibles), IST (Infections sexuellement transmissibles), ainsi que les grossesses précoces ». Et à Mayotte, ce n’est pas un sujet à prendre à la légère. À titre d’exemple, 118 sérologies du VIH ont été confirmées en 2021, « soit une proportion de sérologies positives estimée à 3,5 pour 1.000 sérologies effectuées », a comptabilisé Santé publique France. Cela fait de Mayotte le territoire avec la proportion de sérologies positives la plus élevée de France, devant l’Ile-de-France (2,7).

Les femmes plus sensibilisées

Pour le président de Nariké M’sada, on peut améliorer l’usage du préservatif « en augmentant les réseaux de distribution ». Achetables dans les supermarchés et les pharmacies, ils peuvent même être gratuits pour les jeunes dans ces dernières depuis ce 1er janvier (sans justification pour les moins de 18 ans et avec une carte vitale pour les 18-25 ans). Le travail de sensibilisation est également évoqué. À Mayotte, d’après Kadri Mohamed Soufiane, gérant de la pharmacie du Lagon, à Mamoudzou, ce sont plutôt « des hommes de tout âge » qui se rendent dans des lieux spécialisés pour acheter ou se procurer des préservatifs. Alors pourquoi la plupart des femmes éprouvent encore du mal à aller demander ces moyens de protection ? Le pharmacien affirme qu’il existe toujours ce côté tabou et qu’un paramètre également demeure, ce sont « les hommes qui le portent pendant les rapports sexuels ». Toutefois, au cours des campagnes de sensibilisation, les jeunes filles semblent être plus à l’aise que les hommes pour poser des questions. « Elles nous demandent « comment fait-on pour se protéger ? » ou encore « quels sont les risques qu’on encourt en cas de rapport non protégé ? » », relève Natacha Assani, responsable des affaires de AEJM (association des étudiants et des jeunes de Mayotte). L’association a d’ailleurs lancé un nouveau concours « Selfise ton préservatif » en ce début d’année (voir encadré).

Un sujet évité dans la famille

Sur le territoire, la question concernant la sexualité n’est pas toujours aisée à aborder. C’est difficile d’en discuter au sein du domicile familial. Ce n’est qu’avec la nouvelle génération que les choses paraissent plus faciles. Sauf quand il s’agit d’en parler avec certains proches, à savoir les parents, comme le reconnaît Farid Ahmed, un jeune Mahorais, « je n’ai pas le courage d’en parler avec ma maman, car c’est toujours la fameuse phrase : « il faut éviter les enfants des gens » ». Pour Natacha Assani, il y a des différences selon les secteurs géographiques. Lors dinterventions dans le sud et nord de l’île, l’association a constaté que les jeunes filles s’intéressaient beaucoup au sujet sur les moyens de contraception. Cependant, lors de la distribution des préservatifs, elles préfèrent qu’on les dépose à l’infirmerie ou vont carrément s’en procurer dans d’autres coins de l’île par crainte d’être vues par un membre de leur entourage. A Mamoudzou, au lycée YounoussaBamana, c’est tout le contraire, ce sont « les étudiants qui sont en demande ».

Une mentalité en train d’évoluer

La différence de générations se fait aussi sentir sur ce sujet. Selon Moncef Mouhoudhoire, ce n’est pas « une question de tabou, mais plutôt de connaissances et d’échanges ». Il estime qu’avant l’île n’était pas très développée, que les anciens du territoire n’avaient pas accès à tout ce qu’il y a l’heure actuelle. Il est vrai qu’aujourd’hui, les jeunes sont plus ouverts à ce sujet, ils y prennent part en posant de nombreuses questions et n’hésitent pas à en discuter entre eux. Farid Mohamed aborde souvent le sujet avec son père qui lui « conseille à chaque rapport d’utiliser le préservatif pour se protéger ». Une habitude qu’il défend auprès de ses amis, le jeune homme leur conseillant également de le porter « afin d’éviter les enfants non désirés ».

« Selfise ton préservatif » jusqu’au 10 février

Une fois de plus cette année, l’association AEJM (association des étudiants et des jeunes de Mayotte) a lancé le concours « Selfise ton préservatif » qui a lieu du 1er décembre 2022 au 10 février 2023. Ce dernier consiste à prendre en photo un préservatif encore sous emballage tout en étant créatif. Il a été lancé afin de sensibiliser les jeunes âgés entre 17 et 25 ans sur la santé sexuelle. Au cours de la période de rentrée du mois de janvier, plusieurs animateurs de santé de l’association partent à la rencontre des jeunes aux abords des établissements scolaire de l’île, à savoir les lycées, centres de formations, au CUFR (Centre universitaire de Mayotte) et dans les quartiers prioritaires. Ils y font la promotion du concours, distribuent les préservatifs et répondent aux questions que se posent les jeunes sur la santé sexuelle.

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