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Les mangroves mahoraises à l’honneur au congrès mondial de la nature de l’UICN

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Du 3 au 11 septembre 2021 avait lieu le congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature à Marseille. L’occasion pour une délégation de Mahorais de mettre en avant les initiatives locales et de rencontrer leurs homologues venus du monde entier.

Huit jours, plus de 1.000 participants, plus de 1.300 sessions interactives et plus de 160 pays représentés… Voilà ce que promettait l’édition 2021 du congrès mondial de la nature de l’UICN. Un événement destiné à réunir les acteurs environnementaux à l’échelle planétaire afin de définir les priorités et guider les actions de conservation et de développement durable.

Venu tout droit de l’île au parfum, Manrifa Moustoifa Ali est revenu avec enthousiasme sur les découvertes et les rencontres que les membres de l’Union internationale pour la conservation de la nature à Mayotte ont pu faire lors de ce rendez-vous 2021. “Cet événement était très enrichissant, car nous avons vu ce qui se fait ailleurs en matière de protection de l’environnement. En ce qui concerne les tortues par exemple, à la Martinique la sensibilisation passe par le domaine artistique. Cela nous a donné des idées et nous allons réfléchir à mettre en place des ateliers similaires”, s’extasie-t-il.

Mayotte comme modèle

Directeur de l’association mangrove environnement (AME) à Tsimkoura, Boina Said a quant à lui présenté sa structure et son modèle économique innovant au congrès. “Mon objectif est de protéger la mangrove, mais pour ne pas dépendre uniquement de subventions, nous avons décidé de créer une base de kayak qui emmène petits et grands à la découverte des mangroves”, explique-t-il. Un projet qui a fait grande impression et qui montre que l’agrotourisme a toute sa place à Mayotte. Avec une équipe de cinq employés, composée de moniteurs de kayaks et gardiens de la biodiversité, Boina Said espère redonner à la mangrove de son village natal sa vitalité d’antan. “Quand j’étais petit, la mangrove était immense. Puis je suis parti vivre à la Réunion et en métropole… Et lorsque je suis rentré, j’ai été choqué par l’état de la mangrove. J’ai alors décidé d’agir”, confie le directeur. Modeste, le Mahorais confie avoir été étonné que des îles comme la Guadeloupe ou la Martinique ne possèdent pas de structure comme la sienne. “Je suis heureux de voir que nous ne sommes pas les derniers et que mon modèle puisse inspirer d’autres personnes”, affirme-t-il.

Des ambassadeurs du lagon

Formé depuis quelques mois seulement, Toihir Ali-Mari, ambassadeur du lagon pour l’UICN dans la commune de Mangajou, a également pu intervenir lors du congrès mondial de la nature. “Je me sens concerné par tout ce qu’il se passe au niveau du lagon. Dans mon village, nous subissons l’érosion liée notamment à la disparition de la mangrove. À mon échelle, j’ai pu malheureusement voir ce changement”, s’attriste le pêcheur, qui se désole de l’appauvrissement des ressources halieutiques à cause de la disparition de l’habitat des poissons mais aussi d’une pêche moins respectueuse de l’environnement. “Avant, les gens pêchait pour se nourrir et non pas pour devenir riche. Les méthodes de pêche de nos grands-parents n’avaient pas l’impact négatif sur le lagon qu’ont celles qui ont été importées.” Prochainement, Toihir Ali-Mari prendra ses fonctions de médiateurs au sein de sa commune afin de faire de la prévention auprès de la population. Grâce à son nouveau rôle, il espère ainsi participer à la préservation des ressources naturelles de Mangajou et plus largement sur l’ensemble du 101ème département.

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