Hôtel résidence le maki

Le bicentenaire de la photographie : Mayotte révèle ses talents

Le bicentenaire de la photographie s’est invité à l’Atelier du Kalyz ce samedi pour célébrer les 200 ans de cet art. Pour cette première édition, l’objectif était de rassembler les photographes de Mayotte, venus de tous horizons et de sensibilités différents, autour d’un moment de partage. Organisé en partenariat avec la société EIGHT, l’événement avait pour thème le street art et, plus largement, la rue. Sept photographes ont ainsi été conviés à présenter une de leurs photographies et à partager leur regard et leur histoire autour de celle-ci.

Une belle occasion de mettre en lumière la photographie à Mayotte, mais surtout de valoriser les nombreux talents de l’île. Le bicentenaire de la photographie, célébré à travers le monde, s’inscrit ainsi comme une belle opportunité de mettre en avant les photographes mahorais et leurs univers.

Cette célébration se poursuivra jusqu’en septembre 2027 à travers une programmation riche et variée : « pendant une année, on aura une thématique par mois qui donnera lieu à des événements, mais aussi à des offres en lien avec ce thème. Par exemple, des plats et des boissons concoctés par notre chef seront associés à la thématique du mois. Ces thèmes reprendront assez souvent des journées mondiales. On aura notamment la journée internationale des droits des femmes en mars, avec une thématique consacrée à la femme mahoraise », précise Jane Weber, chargée de développement commercial et marketing et co-organisatrice de l’événement.

La préparation de cet événement de grande ampleur aura duré trois à quatre semaines. Pour cette première édition, le thème choisi était celui du street art, et plus largement de la rue. Une manière de faire vivre et de raconter Mayotte, en mettant en lumière l’île au parfum, où chaque lieu semble porter en lui une histoire : « Des visages, des silhouettes, des routes. Ce qui m’a frappée, c’est qu’à partir d’un détail anodin, d’une grille ou d’un éclairage, les images racontent une histoire et invitent l’observateur, le public, à comprendre le moment et à le vivre comme s’il était le photographe », ajoute Jane Weber, chargée de développement commercial et marketing et co-organisatrice de l’événement.

Les sept photographes conviés ont également eu l’opportunité de présenter leurs œuvres, mais surtout d’échanger autour de leur passion et de leur regard sur la photographie lors d’une table ronde. Un moment de partage qui a permis au public de découvrir des univers différents et de mieux comprendre les histoires qui se cachent derrière chaque image.

Peut-on vivre de sa passion ?

La photographie est une passion accessible à tous, mais qui peut rapidement représenter un investissement important, notamment lorsqu’il s’agit de s’équiper avec du matériel haut de gamme. À Mayotte, ils sont nombreux à partager cet amour de la photographie et, plus précisément, de l’image. Une passion qui se révèle notamment sur les réseaux sociaux, où de nombreux talents mahorais exposent leur travail et leur regard sur l’île.

Parmi eux, Thierry KABUGOYI, jeune photographe qui s’est lancé dans l’aventure dès son plus jeune âge. C’est son père, lui-même photographe, qui lui a transmis cette passion et lui a donné le goût de l’image.

Membres des photographes conviés à l’événement, Thierry met particulièrement en avant les couchers de soleil, qu’il immortalise aussi bien au bord de la mer et dans les rues de Mayotte. Un véritable passionné de paysages : « parce qu’en soi, je suis passionné, un amoureux des couchers de soleil » déclarent-il avec enthousiasme.

Cela fait désormais cinq ans que Thiery KABUGOYI vit de la photographie. Une activité qui lui permet de faire de sa passion son métier, mais dont il reconnaît les difficultés au quotidien. Selon lui, la satisfaction reste difficile à atteindre, car « l’homme n’est jamais satisfait ».

Pour parvenir à vivre pleinement de son activité, le jeune photographe nourrit aujourd’hui de nouveaux projets, notamment celui de transmettre son savoir à travers des formations en photographie : « j’ai un grand projet qui est de commencer à donner des formations en photographie, parce que je vois vraiment que, sur l’île, peu de gens parlent de photographie. Aujourd’hui, tout se passe sur les réseaux sociaux. Et pour être plus présent sur les réseaux, il faut passer par la photographie et la vidéographie », souligne-t-il.

De l’autre côté de la pièce, Léo VIGNAl est, lui aussi, présent pour participer au bicentenaire de la photographie et y exposer quelques unes de ses photos.

Photographe depuis maintenant quatre ans, il s’est installé à Mayotte il y a cinq mois. Il exerce aujourd’hui comme journaliste photographe pour le Journal de Mayotte, tout en travaillant avec l’agence de presse SIPA.

Les photographies exposées par Léo VIGNAL témoignent des moments qui l’ont particulièrement marqué à son arrivée sur l’île. Des clichés réalisés, pour la plupart, au cours de son premier mois à Mayotte, alors qu’il découvrait encore le territoire  : « les photos qui sont exposées, les miennes, ce sont principalement des photos que j’ai faites en arrivant à Mayotte, quasiment le premier mois. C’est vraiment lorsque je découvrais l’île. Ce sont des photos que j’ai prises avec beaucoup d’insouciance, mais aussi de naïveté. Les premières choses qui m’ont sauté aux yeux, ce sont surtout les enfants qui jouent dans la rue », raconte Léo VIGNAL.

D’ailleurs, c’est lors d’un voyage au Maroc, plus précisément à Casablanca, que Léo VIGNAL a commencé à pratiquer la photographie. Une première expérience qui lui a permis de poser son regard sur un environnement qu’il découvrait : « je découvrais aussi la ville. J’ai toujours eu plus de facilité à photographier ce que je ne connaissais pas. Une manière de découvrir aussi de nouveaux endroits et de m’aventurer », explique-t-il.

Pourquoi avoir choisi Mayotte pour célébrer le bicentenaire de la photographie ?

D’après Bertrand FANONNEL, le principal co-organisateur de l’événement, l’idée était avant tout de mettre en lumière une forme d’injustice vécue au quotidien par de nombreux photographes de l’île. À travers ce bicentenaire, l’objectif était de faire connaître ces talents locaux et de démontrer qu’il existe, à Mayotte, des photographes capables de porter un regard singulier sur le territoire.

Une manière également d’encourager les institutions et les entreprises à faire davantage appel aux photographes mahorais plutôt qu’à des photographes venus de l’extérieur, qui ne connaissent pas nécessairement le territoire et ses réalités : « l’idée, c’était de montrer, qu’à Mayotte, on a des regards, des gens talentueux, qui ont de vrais regards sur Mayotte. Parce que je ne supporte pas, en tant que professionnel à Mayotte, de voir des institutions, des sociétés faire appel à des photographes extérieurs, parce qu’elles ont cette impression que sur l’île, il n’y a pas de photographes. Et ce soir, on le prouve », affirment Bertrand FANONNEL et le fondateur de la société EIGHT

Pour cette première soirée consacrée au bicentenaire de la photographie, le choix s’est porté sur le thème de la rue. Un thème qui permettait de mettre en avant le regard des photographes mahorais et leur savoir-faire : « il y avait cette motivation de montrer qu’ont un savoir-faire », explique Bertrand FANONNEL, co-organisateur de l’événement.

Le message principal est d’encourager les jeunes générations à se lancer et à venir aux bicentenaires afin de montrer un autre regard de Mayotte : « On a des professionnels, des amateurs, des passionnés, on a plein de gens différents. La porte n’est pas fermée, elle est ouverte. Ça soit des femmes, des jeunes, ils sont les bienvenues. » Ajoute Ismakidza photographe et parrain de l’organisation du bicentenaire de la photographie à Mayotte.

Le message porté par cette initiative est également de donner envie aux jeunes générations de se lancer dans la photographie et de participer aux prochaines rencontres du bicentenaire. L’objectif est notamment de permettre à chacun de partager son regard sur Mayotte et de montrer une autre facette du territoire à travers l’image : « on a des professionnels, des amateurs, des passionnés, on a plein de gens différents. La porte n’est pas fermée, elle est ouverte. Que ce soit des femmes ou des jeunes, ils sont les bienvenus. » ajoute Ismakidza, photographe et parrain de l’organisation du bicentenaire de la photographie à Mayotte.

Parmi les photographes ayant exposé leurs photos lors de cette première édition, Ismakidza souhaite lui aussi mettre en lumière les instants du quotidien mahorais. Pour lui, la photographie permet de conserver et de partager ces moments de vie qui racontent l’identité du territoire : « À Mayotte, on a plein de moments de vie qu’on doit partager », souligne-t-il.

Le bicentenaire de la photographie à Mayotte se veut ouvert à tous, sans distinction d’âge ou d’origine. À travers cette initiative, l’objectif est de mettre en lumière les artistes et photographes mahorais, tout en offrant un autre regard de l’île. Une découverte qui se poursuivra jusqu’en septembre 2027.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS
Naslat Maroine

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une