Plus de 1710 conteneurs en souffrance au port de Longoni vendredi matin. « Les entreprises ne vont jamais accepter de faire faillite pour une situation qu’elles n’ont pas généré », prévient Ibrahima Ali Ousséni le président des « Les Entrepreneurs Mayotte ». Présent à Longoni vendredi matin, il explique que le département joue à l’apprenti sorcier avec le port. Il prévient que « la population va souffrir car s’il faut facturer le carton de mabawa à 60 euros, ce sera fait et tant pis pour le citoyen qui ne sera plus en capaciter de l’acheter. Le département gouverne sans vision et sans projet, il essai des formules pour voir si cela fonctionne ou pas ». Pendant que le chaos s’installe au port Ben Issa Ousséni se pavanait au Québec puis au 07, rue Oudinot à Paris chez Naïma Moutchou, la ministre des Outre-mer.
Revenu sous le giron du département de Mayotte qui l’a placé le 01 septembre 2026 sous la gestion d’une entité publique dénommée « Etablissement Public du Port de Commerce de Mayotte », le port de Longoni a été au centre des préoccupations de tous les Mahorais tout au long de la semaine écoulée. Et pour cause, ce qui s’y passe n’augure rien de bon pour la poche des citoyens de l’île déjà confronté à une inflation record depuis plusieurs années et que les conséquences du cyclone Chido en décembre 2024 sont venues accentuer. Un flot d’informations diffusées par certains opérateurs sur place indique une flambée inexorable des prix à la consommation au cours des jours et semaines à venir. Le scénario du pire que redoutait la population lorsqu’il a été acquis que la gestion de ce port revenait dans les mains du département.
Dans la matinée du 19 août dernière, le conseil d’administration de cet établissement s’était réuni au siège du Département-Région à Mamoudzou (pour la troisième fois depuis sa création) et une conférence de presse avait suivi par la suite. A cette occasion, la présidente de cet EPPCM, Zamimou Ahamadi et sa vice-présidente, Mariame Saïd Kalam, avaient alors assuré à la presse locale que tout était sur les bons rails, que la passation entre l’ancien délégataire et le nouvel établissement public se ferait comme une lettre à la poste et n’occasionnerait aucune gêne pour le consommateur mahorais. Bien que plutôt très rassurant, ce discours avait plutôt laissé sceptique tout un chacun, à juste titre, la situation au port étant plus compliquée qu’elle n’y paraissait.
La justice ayant tranché pour la fin anticipée de la DSP jadis confiée à Mayotte Channel Gateway (MCG), les choses étaient ainsi faites et il fallait conjuguer l’avenir du port, mais également celui des Mahoraises et des Mahorais dans le flou artistique d’une navigation à vue annonciatrice de lendemains déchantant. Si le Département-Région sous la gouverne de Ben Issa Ousséni est familière d’une telle situation, il n’en est pas de même pour l’ensemble des habitants de Mayotte qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts depuis 2025. Force est de constater en effet que sur place à Longoni, l’avenir immédiat aurait des relents de Far West et s’annonce désastreuse pour les citoyens à faibles revenus.
Vive l’EPIC, plus de 1710 conteneurs en attente de traitement vendredi à 11 heures au port de Longoni.
Non seulement le Président du Département-Région de Mayotte n’a pas réussi à bouter Ida Nel (la patronne du groupe MCG) hors du périmètre du port comme il s’est gargarisé de la faire des semaines durant auparavant, mais il s’en trouve plus que jamais dépendant à travers sa deuxième société « Manu port ». La semaine qui vient de s’écouler a été tout simplement « bordélique » et le mot n’est pas assez fort pour décrire le chaos qui y a régné. Le moins que l’on ait pu constater c’est qu’il a eu indéniablement de la précipitation du côté du Département-Région entre création d’une EPIC et un d’un EPPCM et que crier que l’on peut faire ne vaut nullement une capacité véritable de réaliser. Au stade où nous en sommes ce dimanche matin, un focus s’impose pour ne pas égarer les lecteurs de Flash Infos et le plus généralement le public.
Cette affaire du port de Longoni a été déclenchée par des intérêts très privés et partisans qui ne se soucient guère des habitants de cette île. Des opérateurs économiques membres de l’Union Maritime de Mayotte, qui se sont vu augmenter le prix du loyer de leurs entreprises sur le périmètre du port de Logoni qui sont passé de 2 euros mensuels à 30 euros. Des privilégiés qui se sont engraissés sur la bête des années durant au détriment de certains de leurs concurrents qui s’acquittent de 20 euros mensuels dans la zone industrielle voisine du port et d’autres pour des montants plus conséquents encore en ville dans l’agglomération de Koungou-Mamoudzou. Un rapide calcul et l’on s’aperçoit que toute cette plaisanterie aura privé le Département d’une coquette recette de plus de 20 millions d’euros approximativement.
Là où le bât blesse, c’est que feuilleton du port de Longoni a pris sa source sur un problème d’augmentation de tarifs par la MCG qui n’aurait pas été préalablement validé par le délégataire alors qu’il s’agit d’une tarification encadrée. Seulement voilà, c’est ce même délégataire qui a recalculé les coûts des prestations avant le 01 septembre 2026, se contentant de recourir à la même grille que la MCG en tripatouillant simplement quelques chiffres à la hausse. La présidente de l’EPIC, Zamimou Ahamadi, s’apercevait soudainement que la gestion d’un port entrainait des coûts de fonctionnement ! Enfin, « mieux vaut tard que jamais », dit un adage. Toujours est-il que « vendredi 4 septembre 2026 à 11 heures, 1710 conteneurs se trouvaient bloqués dans le port de Longoni », une situation attestée le président du groupement « Les Entreprises de Mayotte », Bourahima Ali Ousséni.
Celui a indiqué à Flash Info que, « nous avons reçu une communication des compagnies maritimes par courriel qu’elles vont nous facturer les sur-estames. Cette précision signifie clairement que c’est aux Mahorais et aux importateurs de supporter les sur-estames de ces 1710 conteneurs, sachant qu’il va y en avoir d’autres puisque des bateaux sont là en attente au mouillage pour venir dépoter ». L’entrepreneur ne mache pas ses mots et indexe directement les dirigeants du Département-Région qui se sont emmurés dans un refus absolu d’entendre les voix qui les appelaient à la raison à propos des délais trop courts et l’impréparation face au défi de la reprise de la gestion du port de Logoni à dater du 01 septembre 2026.
Ben Issa Ousséni, Zamimou Ahamadai et Mariame Saïd Kalam jouent aux apprentis sorciers avec la population de Mayotte depuis le 01 septembre 2026
Outre ce courriel des compagnies maritimes, d’autres éléments viennent se rajouter à ce cocktail pour le moins explosif pour la poche du consommateur mahorais, le pilote (opérateur indispensable pour guider les bateaux jusqu’à leur arrimage à quai) a décidé de faire exploser les coûts de ces prestations, des sources sur place ont indiqué à Flash Infos que celles-ci ont dépassé les 100% d’augmentation au seul motif que c’est l’EPIC qui commande la destinée du port de Longoni désormais. Mais il y a pire encore en termes d’indicateur de la souffrance quotidienne que Ben Issa Ousséni, Zamimou Ahamadi, Mariame Said Kalam et les services de l’Etat (qui sont leurs partenaires dans cette opération) réserve aux citoyens de l’île, les tarifs des prestations (autrefois encadré sous la DSP confiée à la MCG) ne sont désormais soumis à aucun contrôle de la part de Ben Issa Ousséni et compagnie.
Chacun peut pratiquer le prix qu’il veut et tant pis pour le consommateur mahorais en bout chaîne, le Département-Région le condamne à mourir de faim s’il ne dispose pas des moyens nécessaires pour payer le carton de mabawa ou le sac de riz au prix qui sera imposé par les commerçants une leurs marchandises sorties du port. « On nage en plein délire », observe Hafsoiti Abdillah, une commerçante de Majicavo-Dubaï venu s’enquérir du sort réservé à son conteneur supposé être déparqué quelque part dans le port de Longoni. Le Président des « Entrepreneurs de Mayotte » fustige le comportement de Ben Issa Ousséni dans ce dossier, allant jusqu’à qualifier les tenants de l’EPIC « d’apprentis sorciers qui jouent avec la vie de la population de cette île en faisant des tests et des formules pour vérifier si cela fonctionne ou pas » !
Bourahima Ali Ousséni tire la sonnette d’alarme sur un risque évident, si ce chaos causé par Zamimou Ahamadi, Mariame Saïd Kalam, Ben Issa Ousséni et les services de l’Etat à Mayotte qui leur apportent un soutien non négligeable dans ce désordre ambiant, « les compagnies maritimes vont reconsidérer la desserte de Mayotte, avec le risque de faire transiter nos conteneurs à Maurice, La réunion ou ailleurs, les pénuries vont s’amonceler et la population va souffrir énormément car tout ce qui est rare est cher. Les entreprises mahoraises n’accepteront jamais de faire faillite alors qu’elles n’ont pas été la source des décisions désastreuses de Département-Région ». Bourahima Ali Ousséni prévient, Mayotte va suivre le même chemin que certains pays du tiers-monde, celui qui aura la poche suffisamment pleine pour payer le prix des denrées alimentaires dans le commerce va manger, « les plus vulnérables vont devoir crever la bouche ouverte ».
Sébastien Lecornu, le chef du gouvernement qui est venu valider ce concept les 26 et 27 septembre 2026, ne sera pas à Mayotte pour constater la tragédie planifiée et exécuté par Ben Issa Ousséni et son entourage politique. Que faire la justice en pareille situation de mise en danger volontaire de la vie d’autrui ? Aucune autorité ne pourra prétendre le moment venu qu’il ignorait ce qui allait arriver ! Le communiqué de presse publié dans la nuit de vendredi à samedi par le Département-Région annonçant un compromis avec Manu port pour un retour à la normal au port ce lundi matin n’y fera rien ! La population mahoraise dans son ensemble a parfaitement compris à quelle sauce elle va être consommée par le système avec la bénédiction assumée de Ben Issa Ousséni.
Journaliste politique & économique



































