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Port de longoni : le spectre des pénuries plane sur mayotte

L’EPPCM a pris les commandes du port de Longoni ce mardi, avec la promesse d’assurer la continuité du service. Mais dès les premières heures, les manutentionnaires de Manu-Port ont refusé de prendre leur poste, tandis que le logiciel d’exploitation du terminal était également au cœur des tensions. De quoi faire craindre des conséquences sur l’approvisionnement de l’île.

Attendu autant que redouté, le changement de direction au port de Longoni a bien eu lieu ce mardi 1er septembre au matin. Désormais aux commandes, l’Établissement public du port de commerce de Mayotte (EPPCM) assurait pouvoir garantir la continuité du service dès ce premier jour. Mais à l’ouverture des portes, un premier lot d’incertitudes est rapidement venu perturber le fonctionnement du port, conduisant à l’impossibilité de faire sortir les conteneurs qui y étaient stationnés.

Les conteneurs bloqués au port

Les manutentionnaires de Manu-Port, société appartenant à MCG et chargée notamment du déplacement et du chargement des conteneurs, ont refusé de prendre leur poste faute “d’éléments suffisants leur permettant de travailler sereinement et en sécurité”, indique Freddy Novou, chef de mission au port de Longoni auprès de MCG.

L’actuel maire de Dzaoudzi-Labattoir fait référence à l’absence d’assurance couvrant la responsabilité et les risques liés à l’exploitation du port par le Département-Région, ainsi qu’à la non-transmission de la convention entre la collectivité et l’EPPCM. Cette dernière a finalement été transmise à MCG dans l’après-midi.

“On ne parle pas d’une assurance pour un véhicule de tourisme mais bien pour des grues de plusieurs millions d’euros et de conteneurs de plusieurs tonnes qui peuvent tomber”, insiste-t-il. “On ne mettra pas la vie de nos salariés en danger”.

“La gestion et l’exploitation du port n’était qu’un seul élément de MCG dans le fonctionnement du port. Ce n’est pas parce que la DSP prend fin qu’on ne va pas continuer à exister”, rappelle Freddy Novou, qui déplore le manque de préparation de la part de l’EPPCM.

“Leur seule priorité était de nous virer du port. Il y a eu de la précipitation et de l’amateurisme de leur part. Désormais pour travailler, on exige le respect de la réglementation en vigueur”. “On a perdu une bataille, pas la guerre”, lance-t-il avant de tempérer, “on est pas un obstacle pour l’EPPCM, c’est des questionnements légitimes, fondés”.

Le logiciel d’exploitation du terminal au coeur des tensions

Pour Madi Malidi, secrétaire adjoint du syndicat SGTPM, une autre raison explique l’impossibilité de sortir les conteneurs du port : le dysfonctionnement du logiciel d’exploitation du terminal, appelé “TOS”, pour Terminal Operating System, aussi appelé “M4”, qui permet de gérer le parc de conteneurs ainsi que les éléments de facturation et de livraison.

“Ce logiciel fonctionnait très bien hier et comme par hasard ce 1er septembre il ne marche plus. C’est MCG qui à la main dessus et qui fait tout pour entraver le fonctionnement du port”, assure-t-il, fatigué par la situation.

Interrogé à ce sujet, Freddy Novou remarque que le logiciel est “propre à Manu-Port” et que c’est à l’EPPCM de “trouver un autre logiciel pour fonctionner”.

Ce mardi matin, le porte-conteneurs MSC Mila 3 a accosté au port de Longoni rempli de conteneurs. La société de manutention CMA-T a opéré le navire, sans pour autant pouvoir mener l’opération à son compte. “Les grutiers sont montés au créneau afin de savoir quelles seront les conditions de travail dans les prochains jours”, souligne Madi Malidi.

“Il ne faut pas que la situation s’éternise au risque de connaître des pénuries sur l’île”, alerte de son côté Freddy Novou.

“On tâtonne mais c’était prévisible”, soupire Madi Malidi. Le représentant des salariés espère que l’intérêt général primera sur les intérêts personnels dans les prochains jours.

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