Hôtel résidence le maki

Comores : la crise de l’eau serait causée par les fuites du réseau, selon la Sonede

Nommée fin mai à la tête de la société nationale chargée de l’exploitation et de la distribution des eaux, Najda Said Abdallah, précédemment commissaire générale au plan, a reconnu que les fuites d’eau étaient à l’origine d’une perte considérable de la production, privant d’eau la plupart des quartiers de la capitale  

Depuis un mois, les habitants de Moroni sont confrontés à une pénurie d’eau sans précédent. Même dans la majeure partie des quartiers jadis alimentés sporadiquement, la situation s’est empirée. Pour ses besoins quotidiens, la population de la capitale s’approvisionnait habituellement chez les revendeurs ambulants. Mais à cause de la crise, ces derniers, se font de plus en plus ces temps-ci.

Silencieuse depuis sa nomination, le 21 mai dernier, la nouvelle directrice de la société nationale chargée de l’exploitation et la distribution des eaux (Sonede) a pris la parole hier pour faire le point sur l’état de l’entreprise qu’elle a héritée. A en croire Najda Said Abdallah, le réseau est en partie à l’origine des difficultés de distribution qui frappent la société.  » Les infrastructures ont été installées il y a 50 ans. Les pompes, les vannes doivent ainsi être remplacées car elles sont pour la plupart rouillées » a-t-elle indiqué, ajoutant que la vétusté du réseau fait perdre 60% de la production de l’entreprise publique.

Selon elle, par an, sur l’ensemble des trois îles indépendantes produisent 9 millions de m3 dont 6 millions à la Grande Comore. L’actuelle capacité de stockage s’avère également insuffisante, d’après la directrice générale de la Sonede, qui tenait, hier mardi, une conférence de presse, marquant les trois mois de sa prise de fonction.

15 000 M3 par jour

« La population a plus que triplé, cela a une incidence sur les branchements qui augmentent bien évidement. En conséquence, le débit dans la conduite principale diminue, et toutes les zones n’arrivent pas à être alimentées« , a poursuivi l’ex-commissaire générale au plan qui se vante d’avoir entrepris des mesures ayant permis de passer de 9000 à 15 000 m3 d’eau pompées par jour grâce au nettoyage des puits mené le weekend dernier par des agents de la Sonede. Sauf que dans les faits, la pénurie persiste dans de nombreux quartiers de Moroni, même au centre-ville.  » Puisque l’eau ne vient plus, nous faisons appel à des nouveaux vendeurs à brouettes. Ces derniers transportent quatre bidons par tour. Contrairement aux conducteurs de bus, ils n’ont pas revu à la hausse le prix des jerricanes de 20 litres vendu à 250 franc l’unité. Eux, il suffit de les appeler« , a témoigné un habitant d’Iroungudjani.

 » Vendredi, ma femme m’a empêché de me soulager à deux reprises aux toilettes à cause de cette pénurie d’eau. J’ai dû aller à mon lieu de travail car il n’y avait personne là-bas pour faire mes besoins« , a confié, Mhoudine, résidant du quartier ambassadeur, là où le plus grand centre hospitalier du pays , confié à la China Shenyang International Economic & Technical Cooperation Corporation Limited, est en chantier depuis 2018 . La Sonede dans ses perspectives prévoit avec l’appui des bailleurs comme la Banque mondiale, qui finance actuellement un projet de 20 millions de dollars, de réhabiliter le réseau et de construire au moins deux puits de 5000m3.

Projets de 60 millions de dollars

Devant la presse, Najda est revenue sur un projet lancé en 2022 et financé par le Fonds saoudien à hauteur de 5 millions de dollars qui consistait à moderniser le réseau d’adduction de Moroni et de ses environs. D’après la directrice de la Sonede, les travaux avaient été confiés à une société mauricienne, mais celle-ci n’aurait pas respecté les termes du contrant s’agissant de la réhabilitation des châteaux RB2000 et RH de 2000m3, situés au nord de la capitale. La société publique était obligée de déconnecter ces deux puits, accentuant la pénurie.

 » Mais les citernes sont désormais connectées et nous avons déjà effectué des tests. Une fois que le puit sera rempli, le reste des quartiers sera alimenté « , a promis Najda qui assure que les ressources en eau dont dispose le pays sont suffisantes. Depuis 2019, les projets d’appui au secteur de l’eau se multiplient, dont le plus important est doté d’une enveloppe de 60 millions de dollars, débloqués par des partenaires comme le fonds vert pour le climat ou encore le Pnud. En 7 ans d’activités, ce projet dont le but est d’assurer un approvisionnement en eau résilient aux changements climatiques en Union des Comores revendique la construction de 221 bassins de rétention d’eau de pluie, 4 écotanks agricoles de 1033m3 mais pas seulement.

Dans la capitale en revanche, ces projets bénéficiant des financements s’élevant à plusieurs milliards de francs comoriens peinent à être visibles puisque depuis plus de 10 ans, l’eau manque toujours à Moroni, vitrine du pays. Notons que selon une enquête réalisée en 2022 par l’institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (Inseed), seuls 15% des habitants du milieu urbain s’approvisionnent en eau de boisson auprès des robinets publics pendant que 45% de la population rurale de la Grande Comore utilise l’eau de pluie.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une