La saison 2026 de lutte contre les feux de végétation a été officiellement lancée mardi 21 juillet sur le site du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) à Ouangani. Après les prises de parole des autorités, les sapeurs-pompiers ont présenté leurs véhicules, leurs drones et les différents équipements destinés à intervenir dans les massifs forestiers.
Le maire de Ouangani a profité de la cérémonie pour saluer l’engagement des pompiers, notamment pendant le passage du cyclone Chido. « Votre courage et votre présence ont été très importants au secours de la population. Vous avez rassuré les habitants dans ces moments difficiles », a-t-il déclaré. L’élu a également rappelé l’incendie qui avait touché le mont Bénara, dont l’accès et le relief avaient compliqué l’intervention.
Le président du conseil d’administration du SDIS a, lui aussi, rendu hommage aux sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. Il a souligné les investissements engagés pour accompagner leur montée en compétence, certains véhicules spécialisés représentant plusieurs centaines de milliers d’euros. « Cette dynamique de projet ne s’arrête pas là », a-t-il assuré, en évoquant notamment le développement des drones et le projet de recours à un hélicoptère bombardier d’eau.
Une année 2025 exceptionnelle après Chido
Mayotte compte environ 7.200 hectares de forêts soumises au régime forestier et près de 15.000 hectares d’agroforêts. Entre 2014 et 2026, la superficie moyenne de forêt touchée par les incendies s’élève à 26 hectares par an, hors agroforêts.
L’année 2025 a toutefois été exceptionnelle : 160 hectares de forêt et 140 hectares d’agroforêts attenantes ont été détruits ou parcourus par le feu, principalement entre janvier et juin. La Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) attribue notamment cette hausse au recours illégal au feu pour nettoyer ou reconquérir des parcelles après le cyclone Chido.
La situation est revenue à un niveau plus habituel cette année. Aucun incendie de forêt n’avait été constaté au premier semestre, les premiers sinistres ayant été signalés depuis le début du mois de juillet. Le SDIS a cependant recensé 95 feux de différentes natures depuis janvier.
Le préfet a appelé à maintenir la vigilance malgré le retour rapide de la végétation après le cyclone. Selon lui, neuf feux sur dix sont d’origine humaine. Il a cité des pratiques agricoles inadaptées, mais aussi des défrichements par brûlis liés à des installations irrégulières. « La végétation change, le feu s’adapte », a-t-il insisté, en saluant le niveau de technicité atteint par les équipes du SDIS.
Depuis 2017, l’emploi du feu est encadré sur l’ensemble de l’île. Les feux courants sont interdits toute l’année. L’abattis-brûlis et la production de charbon de bois sont soumis à une autorisation préalable, tandis que l’incinération de végétaux coupés doit être déclarée entre juillet et décembre. Elle ne peut notamment être réalisée que par vent inférieur à 20 km/h, sous surveillance permanente et avec des moyens d’extinction disponibles. Seulement quatre déclarations avaient été déposées en 2025. La DAAF prépare par ailleurs un nouvel arrêté permettant d’interdire temporairement tout usage du feu en cas de circonstances exceptionnelles.
L’hélicoptère préféré au Canadair
À l’issue des discours, les invités ont découvert les moyens mobilisables. Le SDIS dispose notamment de deux drones lourds et d’un drone de taille moyenne. Dotés de caméras thermiques, ils peuvent intervenir de nuit, détecter des points chauds et rechercher des personnes isolées dans la forêt.
Plusieurs véhicules ont également été présentés : camions-citernes feux de forêt, réserves mobiles d’eau, engins capables de pomper l’eau de mer, véhicule mousse destiné notamment aux incendies industriels ou aux feux de navire dans le port de Longoni.
L’accès à l’eau et l’accès aux massifs restent les deux principales difficultés opérationnelles à Mayotte. Les pistes doivent être entretenues pour permettre le passage des véhicules, tandis que les incendies peuvent repartir après une première extinction faute de réserve d’eau suffisante.
La députée Anchya Bamana a plaidé pour la présence d’un Canadair. Les responsables du dispositif ont toutefois estimé qu’un avion bombardier d’eau était peu adapté au relief et à la densité de l’habitat mahorais. Le largage d’environ 10.000 litres d’eau pourrait présenter un danger pour les populations. Par ailleurs, les feux observés sur l’île se propagent généralement moins rapidement que les grands incendies méditerranéens.
Le SDIS privilégie donc l’hélicoptère, jugé plus maniable. Une enveloppe de 500.000 euros a été annoncée pour ce projet. L’appareil pourrait utiliser une poche d’environ 600 litres, remplie avec de l’eau de mer, afin d’attaquer rapidement un départ de feu.
Alors que la saison sèche débute, les autorités appellent chacun au « rahachiri », à la vigilance. Car si le SDIS renforce ses moyens, la prévention reste essentielle sur un territoire où neuf feux sur dix sont d’origine humaine. Respecter la réglementation, éviter les brûlis et signaler rapidement tout départ de feu doivent permettre de préserver les massifs forestiers de Mayotte.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.



































