Les statisticiens ont fait leur travail, maintenant aux responsables politiques de faire le leur

À travers un communiqué publié le 21 juillet et par la voix de sa présidente Kassandrah Chanfi, le MoDem Mayotte appelle l’État à garantir que le nouveau recensement de l’INSEE (323 153 habitants) n’entraîne pas une baisse des financements du territoire. Tout en saluant cette actualisation des données, le parti rappelle que les besoins de Mayotte dépassent le seul critère démographique et plaide pour le maintien des investissements nécessaires à la reconstruction, aux services publics et au développement.

Flash-Infos : En quoi les chiffres du dernier recensement pénalise-t-il le financement des enjeux du territoire ?

Kassandrah Chanfi :  Ce recensement répondait à une demande portée depuis plusieurs années par les élus et les acteurs du territoire, et ensuite relayée par François Bayrou lorsqu’il était Premier ministre. Les résultats sont publiés, nous en prenons acte. Notre responsabilité politique est de nous assurer que cette publication ne fragilise jamais les financements nécessaires au développement.

Je suis présidente du Mouvement Démocrate Mayotte. Mon rôle n’est pas de commenter les statistiques, il est plutôt de défendre Mayotte. Les statisticiens ont fait leur travail, maintenant aux responsables politiques de faire le leur.

F.I. : Quelles mesures concrètes attendez-vous des pouvoirs publics ?

K.C. : Certains résultats interrogent. Quand on les regarde, par exemple à Pamandzi, l’INSEE recense en 2026 11 046 et en 2017 11 042, donc quatre habitants de plus. Ça interroge. Quand l’INSEE dit qu’il y a un solde migratoire légèrement négatif, c’est questionnant au regard du territoire. Notre réalité n’est pas de refaire le recensement.

La vraie question qu’il faut poser est : quelles sont les conséquences qu’entraînent ces chiffres ? Parce qu’aujourd’hui les chiffres sont publiés, mais les décisions budgétaires restent encore à prendre. On travaille sur des propositions. La nôtre est de garantir que les financements ne bougent pas. On travaille sur ces éléments-là.

F.I. : Avez-vous échangé avec d’autres formations politiques sur cette question ?

K.C. : Il n’y a pas de discussions pour le moment. Le sujet du chiffre de la population nous concerne tous. On sera aux côtés des élus, des parlementaires, des maires pour travailler avec eux. On jouera de notre rôle d’influence pour Mayotte auprès des décideurs. Il n’y a pas de clivage, au contraire. C’est une question qui doit nous rassembler pour permettre d’avoir gain de cause.

F.I. : Parmi les chantiers annoncés par l’État, lequel doit être engagé en priorité ?

K.C. : Ce chiffre communiqué est une aide à la décision publique, un élément extrêmement important. Nous évoquons les prochaines conséquences parce que nous allons entrer dans une échéance importante sur les projets de loi de finances, où les arbitrages financiers vont démarrer, ainsi que sur la construction du futur département-région, puisqu’aujourd’hui nous n’avons pas les financements qui vont avec. Du coup, il doit y avoir un accompagnement pour s’assurer que les financements correspondent aux réalités et aux besoins du territoire.

Quand on regarde les collectivités, cela impacte de nombreuses décisions publiques, parce que le calcul de certaines décisions, si nous le gardons tel quel, peut avoir des impacts sur certaines communes. On travaille alors sur cette anticipation. J’ai même envie d’aller plus loin : il y a des échéances nationales qui arrivent. Il faut qu’à Mayotte, on puisse prendre en compte les éléments, les besoins et les réalités du pays.

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Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

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