La CPME devient « Les Entrepreneurs »

Ils se sont choisi un nom « plus explicite, plus ouvert, plus compréhensible », car ils estiment que derrière chaque entreprise, il y a une femme ou un homme qui entreprend. « Ils ont souvent bâti leur entreprise ou l’ont reprise ; ils y engagent leur nom, leur capital, leur énergie et parfois leur famille. Leur entreprise est un outil de travail et un collectif humain », pouvait-on lire parmi les slogans affichés en grand dans les allées du lieu d’accueil de la Grande Assemblée annuelle des entrepreneurs de France.

Sous l’impulsion de son président, Amir Reza-Tofighi, aux commandes depuis seulement un an et demi, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) s’est choisi un nouveau nom : elle devient « Les Entrepreneurs », depuis jeudi dernier. Ce changement d’appellation a été officialisé à Paris, lors de la Grande Assemblée annuelle des entrepreneurs de France. Une évolution qui se veut davantage une transformation qu’une rupture, car « Les Entrepreneurs revendiquent leur histoire, leur ancrage territorial, leur culture du dialogue social et continueront à relayer la voix des TPE, des PME, des ETI, des artisans et des indépendants », explique Bourahima Ali Ousséni, président de la section mahoraise des « Entrepreneurs », revenu samedi matin de Paris.

Cette volonté a été clairement affichée sur les banderoles du mouvement au cours de sa grand-messe annuelle, qui a réuni de nombreux membres du gouvernement Lecornu, notamment Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Des parlementaires, députés et sénateurs, avaient également fait le déplacement. On notera au passage la présence remarquée d’Anchya Bamana, députée RN, seule élue mahoraise à avoir participé à ce grand rendez-vous annuel de l’entrepreneuriat français.

Les chiffres officiels publiés à cette occasion font état de 320 000 entreprises réparties sur l’ensemble du territoire national, représentant cinq millions de salariés, 121 fédérations professionnelles et 116 unions territoriales dans tous les départements et régions, y compris en Outre-mer.

Soucieux d’expliquer à ses invités le sens de ce changement, le président de l’ancienne CPME, Amir Reza-Tofighi, a déclaré : « Les entrepreneurs veulent que leur voix soit entendue, parce qu’ils prennent des risques, créent de l’emploi, font vivre les territoires et portent, chaque jour, une part de la réponse dont notre pays a besoin. Avec Les Entrepreneurs, nous voulons donner plus de force à celles et ceux qui agissent au service du bien commun. »

Dans un entretien accordé à nos confrères du Figaro en marge de ce rendez-vous national, Amir Reza-Tofighi a estimé que les entrepreneurs traversent actuellement une période très difficile. Selon lui, ils affrontent une nouvelle crise alors qu’ils sortent déjà de plusieurs années d’incertitudes et de chocs successifs. À ses yeux, le plus préoccupant est que cette dégradation intervient dans un contexte de blocage politique : « Or, dans une période comme celle-ci, il faudrait au contraire une action publique forte pour protéger l’économie. »

Il prévient également que le moral des chefs d’entreprise n’est pas bon, que le risque de récession est réel, que le chômage repart à la hausse, que l’investissement est freiné et que les défaillances d’entreprises demeurent très élevées. « Ce qui nous alerte particulièrement, c’est la taille des entreprises qui tombent aujourd’hui. On n’est plus sur des structures de trois ou quatre salariés, mais sur des PME de quarante ou cinquante salariés. Cela dit l’état de fragilité du tissu économique », a-t-il fait remarquer à nos confrères du Figaro.

La stratégie de refondation de Mayotte post-Chido et le non-renouvellement de la flotte de pêche mahoraise au menu des échanges

Avec la participation du général Facon, à la tête de la mission interministérielle chargée de la refondation post-Chido, Mayotte s’est invitée dans les débats lors de cette grand-messe annuelle de l’entrepreneuriat français.

Interrogé par Bourahima Ali Ousséni, président de la section mahoraise de l’ex-CPME devenue « Les Entrepreneurs », sur l’efficacité réelle de la LODEOM sociale en tant que levier de relance de l’économie du territoire après Chido, ainsi que sur les mesures d’accompagnement qui permettront de ne pas en faire un simple dispositif théorique pour les entreprises mahoraises, le général Facon a répondu que ces dernières s’inscrivent pleinement dans la stratégie quinquennale qu’il préconise. Selon lui, le contraire serait inconcevable, sachant que la création de valeur sur un territoire de 374 km² constitue une nécessité absolue.

Il a expliqué à l’assistance que cette mission, créée il y a dix-huit mois, a été imaginée sur le même modèle que l’établissement public qui a permis la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

Il a également évoqué la convergence sociale qui vient d’être enclenchée, symbole de la solidarité nationale envers les Français de Mayotte, ainsi que le document stratégique de développement durable de l’île à l’horizon 2031, issu de la réflexion menée par la mission qu’il dirige. Il a précisé qu’il n’y avait aucune raison de craindre le principe d’une stratégie de développement adaptée à chaque territoire.

« Nous avons été beaucoup critiqués lorsque nous avons avancé cette idée de stratégie. Certains ont présenté cela comme un rapport de plus, une recommandation supplémentaire qui ne serait jamais suivie d’effets. Ce n’est pas le cas. Nous sommes en train de finaliser une révision de ce plan, qui sera rendue publique dans les prochaines semaines. Vous pourrez constater que la création de valeur, le développement des entreprises, des filières professionnelles, des contrats de filière, bref tout ce qui contribue à la prospérité du territoire, y occupe une place centrale », a-t-il rappelé.

Ce rassemblement a également permis à Bourahima Ali Ousséni d’échanger directement avec plusieurs membres du gouvernement Lecornu sur des problématiques propres à Mayotte. Il a notamment abordé avec Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, la question de la pêche, et plus particulièrement l’interdiction faite aux pêcheurs mahorais de reprendre la mer, alors même que l’Union européenne a récemment relevé les quotas de pêche dans la zone.

Le président de la section locale des « Entrepreneurs » a demandé à son interlocuteur de préciser quels étaient les véritables bénéficiaires de cette augmentation des quotas, alors que les pêcheurs mahorais restent dans l’impossibilité de reprendre la mer faute d’une flotte conforme aux normes européennes.

Selon Bourahima Ali Ousséni, le ministre s’est dit très étonné d’apprendre que le renouvellement de la flotte de pêche mahoraise n’était toujours pas effectif. Il lui a assuré qu’il saisirait les services de l’État dans l’archipel afin de faire toute la lumière sur cette situation.

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