Ce dimanche 28 juin, a eu lieu la journée gastronomique et le madjiliss, organisés dans le cadre du projet de reconstruction de la mosquée du Vendredi de M’tsapéré. Cette initiative de collecte de fonds a offert un moment de partage, de solidarité et de convivialité, illustrant l’engagement de la population en faveur de ce projet.
Sur la rocade de M’tsapéré, un événement spécial bat son plein et ravive la foi des fidèles musulmans. Sous des chapiteaux, l’espace est divisé en deux pour accueillir deux festivités : un madjiliss pour les enfants ainsi qu’un marché solidaire proposant différentes spécialités traditionnelles : gâteaux, samoussas, riz, mataba, viande et boissons fraîches.
Construite sur un sanctuaire du XVIIIᵉ siècle, la grande mosquée du Vendredi de M’tsapéré a été reconstruite une première fois à partir de 1958 grâce à la mobilisation des habitants, avant d’être achevée en 1984 avec son minaret emblématique, faisant d’elle l’une des premières mosquées de l’île à en être dotée. Aujourd’hui, un an et demi après le cyclone Chido, les habitants espèrent pouvoir reconstruire ce monument complètement endommagé.
Un chantier dont le coût est estimé à 5 millions d’euros. L’association chargée de la gestion de la mosquée espère mettre en place d’autres actions à l’avenir. El-Anrif Abdoul Kader, trésorier de l’association, nous en dit plus sur l’organisation : « L’événement d’aujourd’hui est né à l’initiative d’un groupe de femmes de M’tsapéré. Un flyer numérique a été partagé sur différents groupes des réseaux sociaux et, sur la base du volontariat, les habitants se sont proposés pour préparer des repas et les vendre. Par ailleurs, il y a aussi sept madrasas présentes. On espère également collaborer avec d’autres chama d’adultes venus de toute l’île. »
Il nous parle également de l’aspect financier :« Nous avons le permis de construire, mais nous avons besoin de fonds pour reconstruire la mosquée. C’est un monument tellement symbolique que beaucoup étaient opposés à sa démolition complète, mais nous n’avons pas eu le choix. » Il poursuit : « Si 5 000 personnes donnent chacune 1 000 euros, nous pourrions réunir la somme nécessaire. » Il rappelle également que deux urnes ont été installées ici pour recueillir les dons destinés aux madrasas. Cette collecte a commencé grâce à un lien HelloAsso. Un RIB est également disponible afin de permettre au public d’envoyer de l’argent.
Au rythme des instruments, la foule continue d’affluer. Les enfants jouent, les adultes discutent et les vendeuses accueillent les visiteurs avec le sourire. Marthe est d’ailleurs bénévole à la madrassa du Centre culturel et éducatif de M’tsapéré. Elle explique pourquoi il est important pour elle d’être présente aujourd’hui : « Nous sommes là pour la Zakat Al Jariya. En tant que musulmans, c’est important, parce que lorsqu’on accomplit une œuvre pour la mosquée, ce sont des récompenses pour cette vie d’Ici-bas et pour l’Au-delà. » De son côté, Rasmia se montre à la fois engagée et nostalgique. Pour elle, cette mosquée est un patrimoine incontournable qui a accompagné tellement de générations dans le village :« Cette mosquée, c’est l’identité des M’tsapérois. Pour moi, c’est la mosquée de Mayotte, celle que je voyais dans tous les reportages, sur toutes les photos. Ce serait vraiment dommage de perdre ça. »
Il y a aussi Fatima, une mère de famille souriante, très attachée à l’aspect communautaire : « C’est un acte citoyen et religieux. On doit aider notre quartier. Il y a une bonne ambiance, c’est bon enfant. On retrouve des visages que l’on connaît, c’est super. Cela responsabilise les enfants des madrasas et leur permet de participer à la vie citoyenne du village », conclut-elle.


































