La Ligue de basket de Mayotte a tranché. Après les incidents graves survenus lors de la finale masculine aller, la rencontre décisive entre le Vautour Club de Labattoir et l’Étoile Bleue de Kawéni sera rejouée à huis clos. Une décision exceptionnelle, prise dans l’urgence, afin de préserver la sécurité des joueurs, des officiels et du public.
Samedi dernier, le spectacle sportif a viré au chaos. Alors que le Vautour Club de Labattoir semblait avoir pris une sérieuse option sur le titre en menant largement (83-66) à huit minutes du terme, la rencontre a brutalement basculé.
Des tensions déjà palpables tout au long du match ont fini par exploser, provoquant un affrontement général sur le terrain. L’ambiance électrique a rapidement dépassé le cadre sportif, obligeant les organisateurs à interrompre la rencontre dans un climat de confusion et d’inquiétude.
Cet épisode a immédiatement alerté les autorités sportives et administratives, qui ont demandé une réponse rapide et ferme.
Une décision radicale : jouer à huis clos
Face au risque de nouveaux débordements, la Ligue de basket de Mayotte a décidé de rejouer la finale retour dans des conditions strictement encadrées. Le match se déroulera samedi 25 avril à 14h30 au gymnase de Pamandzi, mais sans public.
Seuls quelques officiels et accompagnateurs dûment sélectionnés seront autorisés à assister à la rencontre. Une mesure rare pour une finale régionale, mais jugée nécessaire après les incidents du week-end précédent.
La préfecture de Mayotte a également insisté sur cette option du huis clos, invoquant des impératifs de sécurité et de prévention des violences.
Une finale toujours indécise
Sportivement, rien n’est encore joué. Cette nouvelle confrontation pourrait sceller le sort du championnat.
- En cas de victoire de l’Étoile Bleue de Kawéni, le club serait sacré champion de Mayotte.
- En cas de succès du Vautour Club de Labattoir, un troisième match décisif devrait être organisé pour départager les deux équipes.
Autant dire que la pression est maximale, même en l’absence de public. Les deux formations devront composer avec un contexte inédit, où le silence du gymnase remplacera l’ambiance habituellement électrique des grandes finales.
Le basket féminin également concerné
Dans le même temps, la Ligue a confirmé que la finale retour féminine se tiendra également ce week-end. Elle est programmée dimanche 26 avril à 15h30 au gymnase du Baobab.
Contrairement à la rencontre masculine, aucune mesure de huis clos n’a été annoncée pour ce match, même si une vigilance particulière devrait être maintenue.
Cet épisode met en lumière les défis auxquels fait face le basket mahorais, entre passion intense, rivalités sportives et nécessité de préserver un cadre sécurisé.
Si le sport est censé rassembler, les événements récents rappellent combien l’équilibre peut être fragile lorsque la compétition dépasse les limites du terrain.
Samedi, à Pamandzi, il n’y aura ni chants de supporters ni tribunes en ébullition. Mais l’enjeu, lui, reste intact : décrocher un titre dans une finale devenue, malgré elle, l’un des épisodes les plus tendus de la saison.
Soidiki Mohamed El Mounir, connu sous le nom de "Soldat", est une figure du journalisme mahorais. Après ses débuts à la fin des années 1980 au sein du magazine Jana na Léo, il participe à l’aventure du Journal de Mayotte, premier hebdomadaire de l’île, avant de rejoindre le Journal Kwezi. En 2000, il cofonde la Somapresse, société éditrice de Mayotte Hebdo et Flash Infos, contribuant ainsi à structurer et enrichir le paysage médiatique de Mayotte.





































