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Sécurisation, nouvelles flottes : les transporteurs scolaires préparent la rentrée

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Dans un peu plus d’une semaine, les milliers d’élèves mahorais reprendront le chemin de l’école. Certains le feront avec les bus scolaires. Un rendez-vous très attendu par les transporteurs qui travaillent d’arrache-pied pour relever le défi. Sécurisation des véhicules, nouveaux bus, nouveau marché, voici la feuille de route des transporteurs scolaires de cette rentrée.

Sur le parking du groupe de transport Matis, les bus sont alignés, chacun attend son tour. Les agents s’activent sur chacun d’eux pour les habiller avant le 23 août, jour de la rentrée pour les élèves. La société Matis s’est unie avec d’autres transporteurs scolaires pour créer un groupement momentané d’entreprises (GME) appelé « Narendré Mbeli » afin de pouvoir mieux répondre au nouveau marché de transport proposé par le Département pour une durée de six ans. « Nous sommes 24 transporteurs partenaires parce que l’idée est de mutualiser les efforts dans le cadre de ce marché des transports scolaires. Dans le GME, nous avons des plus petites entreprises et Matis est le mandataire pour apporter son expérience au sein du groupement », indique Lanto Thomas, la directrice de Matis et mandataire du GME Narendre Mbeli.

Pour ce nouveau marché, le GME en question a remporté deux secteurs, celui du nord et du sud. « Ce sont les plus gros lots du marché en termes de kilométrage. Cela représente 127 véhicules, soit plus de la moitié des services du réseau et nous devons transporter 14.300 élèves au quotidien », continue la responsable de l’entreprise. Le groupement a également reçu quelques nouveaux bus, mais il n’est pas le seul. Pour cette rentrée, le GIE Ouvoimoja a mis la main à la poche et a acheté 50 véhicules flambants neufs. « Cela représente près de sept million d’euros d’investissement. L’envergure du marché est tel qu’il a fallu acquérir conformément à nos engagements des véhicules. Ils seront en remplacement des anciens pour avoir un parc de véhicules neufs à l’horizon janvier 2022 au plus tard », annonce Anisse Boinaidi, directeur administratif et financier du GIE-Ouvoimoja. Qui dit nouveaux bus, dit nouveaux chauffeurs.

Le GIE-Ouvoimoija va générer 50 créations d’emplois de conducteur. Le conseil départemental et la DIECCTE ont déjà financé 30 formations. Mais il reste encore des postes à pourvoir et Mayotte Formation ainsi que Pôle emploi accompagnent le groupement en ce sens. « Nous sommes tout à fait optimistes sur la formation et le recrutement de conducteurs en nombre suffisant compte tenu de la dynamique exceptionnelle qui nous entoure et des conditions sociales favorables que nous proposons aux candidats », précise Anisse Boinaidi.transport-scolaire-rentree-securisation

Sécurisation des véhicules coûte que coûte

Les transporteurs scolaires entament la rentrée, tout en gardant en tête l’année particulièrement désastreuse qui s’est écoulée en termes d’insécurité. De nombreux bus ont été vandalisés et les conducteurs ont été agressés. Pour cette année, le nouveau marché de transports scolaires a plus d’exigences pour assurer la sécurité des élèves et des chauffeurs. « Nous avons de nouvelles obligations sur ce marché, notamment l’installation de vidéos-protection, de girouettes et de la géolocalisation qui permettra de suivre les véhicules et de les réorienter en cas de problème. Et nous devons aussi installer du papier film anti-caillassage sur les vitres », détaille Charmane Ben Mohamed Houlam, directeur du GIE-Tama ya léo na messo. Et si certains comme Ouvoimoja ou encore Narendré Mbeli ont déjà entamé le processus de sécurisation des vitres, Tama ya léo na messo est encore réticent. « Nous avons besoin d’aide parce que c’est à notre charge et c’est très cher. Cela nous coûte 180.000 euros pour mettre le film sur les vitres », confie Charmane Ben Mohamed Houlam. De plus, le papier film anti-caillassage atténue les dégâts, mais ne les empêche pas. « Il évite l’explosion des vitres pour qu’elles ne blessent pas les personnes, mais elles sont quand même brisées et il faut les réparer. Nous sommes pénalisés parce que nous devons les remplacer et nous ne trouvons pas des vitres sur le territoire », continue le directeur de Tama ya léo na messo.

Les transporteurs scolaires doivent parer leurs véhicules, mais la question de l’insécurité est également longuement discutée entre les différentes parties. « Il y a des rencontres avec le Département et la préfecture pour essayer de sécuriser les axes routiers et impliquer les maires. Ils doivent se sentir concernés par la sécurité », rapporte Charmane Ben Mohamed Houlam. Du côté du GME-Narendré Mbéli, les responsables s’inquiètent du sort de leurs employés. « Nous allons mettre en place une cellule psychologique pour le personnel. Nous serons prêts pour la rentrée, nous serons sur tous les fronts », assure Lanto Thomas pour Matis. L’ambition de tous les transporteurs scolaires est de réussir cette rentrée coûte que coûte. Les bus et les chauffeurs sont parés pour affronter les routes et les élèves mahorais, dans un contexte sécuritaire optimal, du moins on l’espère.

Un happening entraînant pour annoncer le festival Nole Zatru Mwili Watru

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Dans le cadre du festival « Nole Zatru Mwili Watru » prévu ce samedi 14 août à la MJC de Mangajou, l’association Wassi Watru Mama a organisé un happening en plein cœur du marché couvert de Mamoudzou pour faire un écho à cet événement, qui a pour objectif de mettre en lumière et de rappeler l’importance de la femme dans la société mahoraise.

10h30, mercredi 11 août. Entre les saveurs et les senteurs du rayon fruits et légumes du marché couvert de Mamoudzou s’élèvent haut et fort le nom des célèbres Chatouilleuses, ces personnalités féminines qui se sont battues pour réduire l’influence des autres îles de l’archipel des Comores sur Mayotte et arrimer cette dernière à la République française. Zéna M’Déré, Zakia Madi, Boueni M’Titi, Echati Maoulida, et bien d’autres se rendent coup pour coup… Leur mémoire résonne à l’appel des membres de l’association Wassi Watru Mama. Un pan d’histoire refait naturellement surface.

Poings levés au ciel et bérets à l’effigie de l’ylang-ylang vissés sur la tête, les dames haranguent une par une les badauds. Dans l’euphorie de l’action, les voilà rejointes par les vendeuses installées ici et là et prises au jeu. Dégaînés, les téléphones immortalisent cette communion. Les flash crépitent au rythme des allées et venues. « Aujourd’hui, il s’agit d’un happening, une performance artistique de courte durée, pour faire un écho sur notre festival maopop culturel qui se déroule ce samedi 14 août à la MJC de Mangajou », concède Elcy Madi, la présidente organisatrice de l’événement intitulé « Nole Zatru Mwili Watru », en queue de peloton pour fermer la marche.

« La femme noire est belle »

Ce rendez-vous, plus communément appelé « Nos cheveux, notre peau », est une manière de « nous ouvrir au monde en gardant une identité locale très forte » et de « rappeler que la femme noire est belle ». « Acceptez-vous telle que vous êtes », insiste l’instigratrice de ce projet qui fête sa deuxième édition après celle de Chirongui en 2019. Au programme de cette journée prévue de 9h à 21h : une conférence suivie d’un débat sur la féminité, l’éducation, la sexualité et le handicap, un défile en présence des Miss Excellence France et Salouva, des ateliers sur l’entrepreneuriat en partenariat avec la BGE, la couveuse

d’entreprises Oudjerebou ou encore la Cress (chambre régionale de l’économie sociale et solidaire), deux master-class payantes avec places limitées sur le cuir chevelu mahorais et le make-up…

Mais pas que. Bien d’autres surprises attendent le public, telles que des concours de nappy hair et de tresse ainsi que 11 stands tenus par des entrepreneuses en lien avec le maquillage, la coiffure, le bien-être. Sans oublier un concert avec trois jeunes artistes de la scène musicale pop-urbaine mahoraise. « L’objectif est de mettre en valeur la femme dans toute son entité et son ensemble, mais aussi de parler de sujets plus sensibles, comme l’autisme à Mayotte », précise Elcy Madi. Boudé financièrement par les institutions, ce genre d’événement risque bien de démontrer à tout à chacun la place prépondérante des Mahoraises dans la société, depuis notamment l’émergence des Chatouilleuses dans les années 60. Cinquante ans plus tard, le festival « Nole Zalu Mwili Watru » est là pour le rappeler.

À Mayotte, O’Bulles réinvente la croisière

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Plongée, apnée, paddle, snorkeling – ou palmes-masque-tuba – le tout accessible sur un seul et même catamaran, pour un, deux jours, voire une semaine ! C’est ce que propose le prestataire O’Bulles depuis une poignée de mois. Un concept novateur pour profiter pleinement de l’un des plus beaux lagons du monde, et pas que.

Une virée en catamaran ? Oui, mais pas n’importe laquelle. Si les croisières tout confort en voilier se démocratisent de plus en plus dans le lagon de Mayotte et ses alentours, O’Bulles, lancé en mars dernier, a su tirer son épingle du jeu. À bord, toutes les activités qu’il est possible de faire sur le lagon, ou presque, sont accessibles. Kayak, paddle, plongée et même apnée… Le tout sur un ou plusieurs jours, dans les eaux mahoraises, mais aussi malgaches et comoriennes.

L’idée des croisières de plongée n’est pas nouvelle. Quelques années plus tôt, un prestataire en proposait déjà dans le lagon et au-delà, avant d’arrêter. « C’est un concept que j’aimais beaucoup », se souvient Alex Eynard, fondateur du club Nautilus, et par ailleurs féru d’apnée. Alors, il revend ses parts et décide de se jeter à l’eau. Il fait venir d’Afrique du Sud un bateau de 40 pieds et quatre cabines spécialement conçu pour le projet O’Bulles, ouvert au niveau 1 et 2 de plongée sous-marine. « Notre particularité, ce sont les plongées sur le banc de l’Iris », un sport très prisé qu’Alex Eynard connaît comme sa poche.

Sur l’embarcation, tout est inclus : équipements complets, matériel de pêche, deux paddle et même une bibliothèque. Évidemment, les croisiéristes peuvent compter sur un skyper professionnel et un moniteur de plongée et d’apnée, en la personne de l’instigateur du concept, qui se chargent par ailleurs de la cuisine, à base de produits locaux. « On propose essentiellement des croisières sur le week-end, mais on peut aussi faire du sur-mesure, comment partir 15 jours ou privatiser le bateau ! », y compris pour des croisières plus « classiques ». Autre point fort, la dimension écologique du projet, le catamaran étant entièrement autonomie en énergie solaire et production d’eau. De quoi pleinement profiter de la faune et la flore sous-marine, sans leur porter atteinte.

 

Pour réserver une croisière avec O’Bulles

Pour connaître les croisières à venir, rendez-vous sur le site https://www.obullescroisiere-mayotte.yt/, ou contactez l’équipe par téléphone au 06.39.65.42.15 ou par mail à l’adresse contact@obullescroisiere-mayotte.yt. Comptez 130 euros pour une journée plongée ou apnée (matériel inclus), 500 euros par personne pour une croisière plongée de deux jours et deux nuits et 1.600 euros pour une croisière d’une semaine vers Mohéli ou Madagascar.

Passe sanitaire : “avec un taux de vaccination de 20%, quelle masse de clientèle va-t-on recevoir ?”, s’inquiète l’UMIH 976

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Pour répondre à l’application du dispositif gouvernemental à Mayotte, l’Union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie a demandé à ses adhérents de centraliser les données d’accueil, afin de mesurer l’impact de ces nouvelles restrictions sur leur activité. Le monde de la restauration craint des surcoûts et une perte de clientèle. Sans compter le grand flou de la rentrée, quand les salariés qui n’auront pas de preuve sanitaire risqueront de voir leur contrat suspendu.

Il aura fallu attendre lundi soir pour avoir confirmation : le passe sanitaire étendu s’applique bien à Mayotte, comme ailleurs en France, sauf quelques rares exceptions liées aux spécificités du territoire. Relativement épargné par la vague de Covid-19 qui frappe plus durement d’autres régions, comme la Martinique et la Guadeloupe, le 101ème département espérait bien échapper à l’extension du dispositif, au moins tant qu’il ne repassait pas en état d’urgence sanitaire. “Nous étions restés dans cette optique optimiste, donc effectivement, c’est une surprise et une déception”, réagit Charles-Henri Mandallaz, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) 976, et gérant du restaurant L’Orient Express.

Immédiatement concernés, les restaurateurs ont dû, bon gré mal gré, intégrer cette nouvelle consigne dès ce mardi. “C’est encore un coup de restrictions sur la profession, encore une obligation contraignante et délicate à mettre en place selon les établissements”, poursuit le représentant de la profession, qui s’inquiète du “casse-tête” pour ceux qui servent essentiellement en terrasses, “ouvertes aux quatre vents”.

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Un “refus net” d’une cliente

Parmi ses principales sources d’inquiétudes, le surcoût des potentielles embauches liées au filtrage, doublé d’un risque de perte de clientèle. “L’équation économique ne va pas ! D’autant que nous avons toujours un taux vaccinal très faible, de 20%, quelle masse de clientèle va-t-on recevoir ?”, s’insurge le patron, pour qui l’application du passe tombe pile le jour de la réouverture. Heureusement, son premier service s’est déroulé sans trop de heurts. “Le premier retour n’est pas trop catastrophique, même si nous avons tout de même eu un refus net de quelqu’un qui n’a pas du tout accepté l’idée de cette loi, qu’elle considérait comme liberticide”, rapporte Charles-Henri Mandallaz.

Pour avoir une idée de l’impact du dispositif sur les établissements de l’île, l’UMIH a conseillé à ses adhérents de faire remonter leurs données d’accueil, afin d’apporter des statistiques fiables aux services de l’État. “Nous aurons un peu plus de recul d’ici une dizaine de jours.” À noter que le passe sanitaire ne constitue pas une obligation vaccinale : il laisse en effet le choix de présenter un schéma vaccinal complet, un test PCR ou antigénique négatif, ou encore un certificat de rétablissement pour les personnes ayant contracté le virus.

L’heure tourne pour les salariés

Enfin, l’autre aspect à prendre en compte pour les restaurateurs concerne les employés. Pour les salariés des lieux et établissements recevant du public, un délai supplémentaire a certes été accordé, jusqu’au 30 août prochain. “Mais il se pose alors la question de l’embauche, quel type de contrat on propose, pour quelle durée… Et bien sûr celle de la poursuite des contrats de nos salariés qui ne sont pas vaccinés”, ajoute le président de l’UMIH. Un point qui inquiétait d’ailleurs aussi les syndicats du centre hospitalier de Mayotte, réunis jeudi dernier pour discuter notamment de la situation des contractuels.

Si les juges constitutionnels ont retoqué la possibilité introduite par la loi de rompre un CDD ou contrat d’intérim avant son terme par l’employeur, faute de passe sanitaire, rien n’empêche de ne pas le renouveler. À partir du 30 août, si l’employé n’a pas de preuve sanitaire à présenter, ne peut pas se mettre en télétravail ou être affecté sur un autre poste non soumis au passe sanitaire, il s’expose à la suspension de son contrat. Et, d’après le code du travail, “la suspension du contrat de travail à durée déterminée ne fait pas obstacle à l’échéance du terme”.

Avec Rando Raid Mayotte, découvrez l’île aux parfums autrement

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Découvrir Mayotte à travers des randonnées, c’est le défi que s’est lancé un groupe d’amis mahorais il y a quelques mois. Leurs images publiées sur les réseaux sociaux ont encouragé de nombreuses personnes à les rejoindre dans leur aventure. La dernière randonnée a rassemblé plus de 150 participants. Une mobilisation qui pousse l’équipe de Rando Raid Mayotte à rêver plus grand.

Ils n’étaient que deux au départ. Deux amis mahorais qui avaient soif d’aventure. Adjimal et Mourchidi, tous deux amoureux de leur île ont décidé en octobre 2020 de découvrir le territoire en faisant de la randonnée. Une idée qui en a séduit plus d’un puisqu’ils ont rapidement été rejoints par d’autres copains. Et c’est ainsi que naît Rando Raid Mayotte avec six jeunes mahorais. Le groupe d’amis continue ses excursions et publie ses parcours sur les réseaux sociaux. Ils passent de six à vingt, et leur clan ne cesse de prendre de l’ampleur.

Leur dernière randonnée appelée « Koh Lanta » a ressemblé plus de 150 participants. « On ne pensait pas pouvoir réunir autant de monde. On est heureux et fiers d’avoir réussi à le faire parce qu’on n’a jamais vu ça à Mayotte », s’émeut encore Adjimal Badja, l’un des organisateurs. Pour mettre en place une randonnée, toute l’équipe est mobilisée, rien ne doit être laissé au hasard. « On repère le parcours, on le teste pour savoir s’il est praticable ou pas et si on peut le faire avec beaucoup de personnes », précise-t-il, tel un guide.

Les heures de marche ne leur font pas peur. Les randonneurs voient là une manière différente de découvrir l’île. « Il n’y a pas que les sorties en bateau. On visite tous les sites en marchant parce qu’on aime ça. Mes amis et moi sommes des sportifs, on aime les épreuves physiques », précise Adjimal Badja. Un aspect de l’aventure qui fait hésiter certains. « Pour l’instant, les personnes âgées n’ont pas participé aux randonnées. L’âge maximale des participants tourne autour de la trentaine », indique-t-il, avec un certain regret.

Une expérience qui a conquis le coeur du public

Mont Choungui, Passamaïnty, Vahibé, plages et bien d’autres, les randonneurs s’aventurent là où peu de gens osent s’élancer. C’est ce qui a séduit Kayiss. Ce dernier a participé à plusieurs randonnées organisées par Rando Raid Mayotte. « Je pense qu’ils ont proposé cela au bon moment parce qu’à cause de la situation sécuritaire à Mayotte, on a tous peur de sortir. Mais le fait d’être nombreux nous permet de nous sentir en sécurité. On peut aller dans des endroits où on ne serait pas allés seuls. On ne pense plus à l’insécurité, on vit l’instant présent », raconte Kayiss, complétement fan du concept.

Qu’ils soient résidants ou vacanciers, les participants promettent tous de renouveler l’expérience. « Avant Rando Raid Mayotte, je n’avais jamais fait de randonnée. J’en ai fait une avec eux et depuis, j’ai continué. L’équipe nous fait découvrir Mayotte dans la bonne ambiance et c’est ce qui me pousse à toujours en refaire », soutient Zayah, une autre participante. Actuellement en congés sur l’île, elle prend plaisir à marcher des kilomètres avec ses amis. « On dit souvent qu’il n’y a rien à faire à Mayotte alors que c’est faux. Rando Raid Mayotte nous a prouvés qu’il y a beaucoup à faire et à découvrir sur notre île », rappelle celle qui ne réchigne devant aucun effort.

Tout cet engouement incite les six membres de Rando Raid Mayotte à voir plus grand. Ils se définissent pour l’instant comme un groupe d’amis mais souhaitent se développer. « Nous allons officialiser notre statut pour devenir une association », annonce Adjimal Badja. Cela leur permettra notamment d’accueillir les mineurs. Pour l’heure, ils ne sont pas autorisés à participer aux randonnées faute d’assurance. « Une fois que tout sera en règle, nous préparerons des parcours adaptés aux petits et aux personnes âgées afin que chacun puisse participer à l’aventure », espère Adjimal Badja. La dernière randonnée a eu lieu il y a quelques jours, elle marque la fin de la saison avant une reprise en octobre. Un rendez-vous déjà très attendu par les habitués et les novices.

Ce week-end, le Bambo Beach Festival met à l’honneur les talents de Mayotte

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Vendredi et samedi, le Bambo Beach Festival met à l’honneur une douzaine d’artistes 100% mahorais à Bouéni. Parmi eux, M’Toro Chamou, Komo, Meiitod, Terrel Elymoor et bien d’autres. De quoi prouver et défendre l’étendu du talent local.

Réunir sur une seule et même scène toutes les têtes d’affiche locales du moment et les jeunes talents mahorais émergents. Voilà l’ambition du Bambo Beach Festival, dont la première édition se tiendra ces vendredi 13 et samedi 14 août, sur la plage du même nom, à Bouéni. « On voulait favoriser les artistes de Mayotte, ceux qui ont commencé ici. Certains se sont fait connaître à l’international, mais ils feront toujours partie de notre communauté », sourit l’organisateur, Chaf Masta.

Au programme, les personnalités incontournables de la culture mahoraise, comme M’Toro Chamou et son m’godro rebel ou bien Komo, l’homme au gabussi. À leurs côtés, ceux qui représentent déjà sérieusement la nouvelle génération : Meiitod, dont le titre Tes Yeux comptabilise six millions de vues sur Youtube, Rekman Seller, récompensé par le titre de meilleur artiste mahorais lors de la cérémonie des Voix de l’océan Indien et Terrell Elymoor et son célèbre « Bam Bam ». Mais bien évidemment, la programmation ne s’arrête pas là et comprend aussi de jeunes noms de plus en plus présents sur la scène mahoraise, comme 2Nivac, DJ Aska, DJ Madys, Annice, DJ Sweety, Reed Blowz, Youbbee et DJ Zazu.

« Ces artistes, je les ai toujours connus, toujours suivis », commente Chaf Masta, lui-même du milieu. Après une carrière locale dans la musique, il décide de créer, avec deux autres passionnés, le label indépendant Almawt Music l’année dernière, afin de promouvoir les musiques de Mayotte, dont elle a légué son nom ancestrale à la jeune enseigne. « Ce sont des artistes que j’ai toujours suivis. J’ai vu pas mal de faille, de choses qui n’allaient pas, des gens qui nous ont exploités dans tous les sens du terme. Il y a des gens qui favorisent leur projet personnel au dépend de la musique mahoraise. J’ai souvent cru pouvoir compter sur des gens qui ne m’ont finalement mené nulle part », retrace t-il en évoquant sa propre carrière. « Mais lorsque qu’on s’entoure de personnes de confiance et compétentes, on se rend compte qu’on peut aller très loin. Si j’avais su il y a dix ans qu’on organiserait un événement comme celui-ci, je ne l’aurais pas cru, car ces choses-là me semblaient inaccessibles, mais Mayotte aussi mérite d’avoir accès à la culture et de défendre la sienne ! »

 

Le Bambo Beach Festival, en pratique

Pour venir profiter de la douzaine de concerts prévus dans le cadre du festival dans un environnement entièrement sécurisé, rendez-vous les vendredi 13 et samedi 14 au Bambo Beach Snack, sur la plage de Bambo-Ouest à partir de 16h. Les préventes (à partir de 25 euros la journée) sont disponibles sur place, à May’Salon en Petite et Grande-Terre ou sur le site Internet de Almawt Music, rubrique « Bambo Beach Festival ». Informations et réservations VIP au 06.39.60.89.89. Passe sanitaire ou test antigénique négatif de moins de 48h obligatoire.

Avec les balises Mactoo, les entreprises mahoraises optimisent leur flotte de véhicules

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Depuis plus de cinq ans, la société 4G Technologie et sa solution Mactoo propose la géolocalisation et la gestion de flotte de véhicules, de bus et d’engins de chantier. Pour un prix de 50 centimes par jour, les entreprises clientes peuvent optimiser leur trajet sur un territoire où les embouteillages font rages. D’ici peu, ces balises connectées doivent s’étendre aux deux roues et aux bateaux, en attendant la mise sur le marché de caméras embarquées.

Bandrélé-Hauts Vallons, Longoni-Coconi, Passamaïnty-Barakani… Représentés par des flèches vertes, les véhicules indiquent en temps réel – vitesse à l’appui – leur état d’avancement sur la carte interactive du système de géolocalisation Mactoo. Ce GPS « révolutionnaire » sur Mayotte revient à 4G Technologie. « Nous avons environ une cinquantaine d’entreprises qui nous font confiance et 300 balises actives », précise Saidi Yahaya, le directeur commercial, face à son écran. Le tout grâce à un tarif « qui n’excède pas plus de 50 centimes par jour », « soit 14.99 euros par mois », et à une installation « rapide en partenariat avec un garage situé à Kawéni ».

Plus concrètement, quel est le but de cette solution ? Optimiser la flotte et les ressources des clients. Exemple : lorsqu’un patron reçoit une demande d’intervention, il est en capacité depuis son ordinateur de dénicher son collaborateur le plus proche pour réaliser cette tâche. Mais pas seulement. Il peut être averti lorsqu’une automobile atteint un kilométrage spécifique pour l’envoyer en révision ou encore recevoir une alerte en cas de déplacement aux heures non prévues, comme la nuit ou le week-end. Un procédé qui pourrait s’apparenter à du flicage aux yeux des plus téméraires…

« En aucun cas intrusif »

Notion balayée d’un revers de la main par Saidi Yahaya. « Ce n’est en aucun cas intrusif. Quand il s’agit d’une voiture de service, le salarié doit la laisser au bureau, c’est la loi. Par contre, lorsqu’il s’agit d’une voiture de fonction, il a la possibilité d’installer un boîtier pour désactiver la balise et réaliser ses trajets personnels en toute impunité. » Mieux encore, selon le directeur commercial, ce suivi permet également aux employés de justifier leurs heures supplémentaires auprès des ressources humaines et de démontrer aux employeurs la tâche de leur mission ainsi que la réalité du terrain. « C’est gagnant-gagnant pour tout le monde. »

Si 4G Techologie fait son petit bonhomme de chemin depuis sa création en 2015, la société continue de brasser large. En témoignent les négociations en cours avec certaines collectivités au sein desquelles les abus sont malheureusement monnaie courante ou encore avec Transdev « pour la surveillance de la gestion du marché » des transports scolaires. Sans oublier les pourparlers avec Taxi Vanille 976 qui « souhaite centraliser ses appels et orienter ses véhicules en fonction des besoins ».

« Pas un système d’anti-vol »

Et surtout, elle compte se diversifier dans les tout prochains jours, avec une nouvelle offre pour les bateaux et les deux roues, « le véhicule le plus volé à Mayotte ». Car oui, avec sa fonction de localisation, Mactoo peut rendre de grands services en termes de traçabilité aux forces de l’ordre. « Attention, la balise n’est pas un système d’anti-vol, mais une aide », préfère prévenir Saidi Yahaya, et ainsi se dédouaner de toute responsabilité en cas de recherche infructueuse. Soit, mais quand même ! Enfin, une dernière nouveauté est en cours de finalisation juridique : les caméras embarquées. « Elles sortiront avant la fin de l’année », assure le directeur commercial, impatient de proposer cet outil, qui devrait assurément plaire aux entreprises, bien trop souvent victimes des coupeurs de route…

Passe sanitaire : les mesures qui s’appliquent à Mayotte depuis ce lundi

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Depuis le 9 août, les habitants de l’île aux parfums doivent se plier à l’obligation de présenter une preuve sanitaire, à l’image du reste du pays. Restaurants, mariages, spectacles… Le préfet Thierry Suquet a détaillé l’application du dispositif.

40. C’est le nombre de nouveaux cas détectés sur la semaine du 31 juillet au 6 août à Mayotte. Rien à voir avec les plus de 20.000 cas quotidiens enregistrés en France. Ni même avec les 3.000 par semaine qui inquiètent nos voisins de La Réunion, c’est certain. Reste que l’arrivée du variant Delta, dont 17 souches ont été séquencées pour l’instant sur l’île aux parfums, fait craindre des jours plus sombres, à quelques semaines de la rentrée. “Nous avons les chiffres les plus bas de France, et en même temps, nous avons multiplié les cas par quatre en une semaine, et il y a un décès supplémentaire”, a ainsi commenté le préfet Thierry Suquet.

Interrogé lundi soir sur le plateau de Mayotte la 1ère, le délégué du gouvernement a détaillé les mesures du fameux passe sanitaire étendu, qui s’applique en France depuis ce 9 août et jusqu’au 15 novembre. Depuis la nuit de débat qui avait agité le Sénat le 25 juillet dernier, quelques zones d’ombre subsistaient quant à la mise en place concrète de ce texte dans le 101ème département. En effet, un petit amendement semblait exclure Mayotte du cadre la loi, en précisant que « par dérogation (…) si l’état d’urgence sanitaire est déclaré sur le territoire de Mayotte avant le 30 août 2021, cet état d’urgence est applicable jusqu’au 30 septembre 2021 inclus ». Seul semblait donc concerner le territoire la première version du passe, instauré par la loi du 31 mai 2021 pour les voyageurs en provenance ou à destination de la France et pour l’accès à de grands rassemblements (de plus de 50 personnes depuis le 21 juillet) occasionnés par des activités de loisirs (salles de cinémas, théâtres, musées…) ou des foires et salons.

Les restaurateurs devront flasher les QR codes

En réalité, la préfecture de Mayotte a décidé de brasser un peu plus large… N’en déplaise à certains ! Et en tête de liste, ce sont les restaurateurs qui risquent fort de grincer des dents, eux qui tombent donc finalement sous le giron du dispositif. Le passe sanitaire obligatoire s’applique ainsi depuis hier sur les activités de restauration commerciales (bars, restaurants et leurs terrasses), à l’exception de la restauration collective ou de la vente à emporter, de la restauration professionnelle routière ou de débit de boisson. Idem pour les services et établissements de santé, sociaux et médico-sociaux, sauf urgence : les visiteurs, et les patients accueillis pour des soins programmés devront d’abord dégaîner le fameux QR code. Pour ces différents lieux, il reviendra alors aux personnels d’en vérifier la validité avec l’application de lecture “TousAntiCovid Vérif”.

Le cas du manzaraka

Comme prévu, les séminaires et salons professionnels sont aussi concernés, ainsi que les événements dans un établissement couvert, “les concerts et les spectacles dans les MJC”, a cité le préfet à titre d’exemple. Autre information notable : pour les mariages, si le lieu de réception est loué, il reviendra “par défaut” à la charge des mariés de contrôler l’attestation de leurs invités. Et caribou surtout ! Pas besoin en revanche de présenter le passe en mairie ou dans les lieux de culte.

La barge et les centres commerciaux exemptés

De leur côté, les centres commerciaux de Mayotte échappent à la règle, puisqu’ils n’excèdent pas la taille réglementaire de 20.000 mètres carrés. Quant aux déplacements au sein du territoire, et notamment avec la barge, ils ne font pas non plus l’objet de ce nouveau dispositif. “On connaît l’obligation, c’est pour partir à La Réunion, en métropole ou pour des voyages internationaux, mais pas pour les voyages à l’intérieur de Mayotte… en attendant le train”, a glissé Thierry Suquet, qui en a profité pour rappeler l’importance de respecter les gestes barrières, port du masque, limitation à six personnes par table, etc. Enfin, “pour tenir compte de la situation spécifique de certaines catégories de personnes”, la présentation du passe est repoussée au 30 août pour les salariés des lieux et établissements recevant du public et au 30 septembre pour les jeunes de 12 à 17 ans.

Pour rappel, le passe sanitaire consiste en la présentation numérique via l’application gouvernementale TousAntiCovid ou papier d’une preuve sanitaire : soit un schéma vaccinal complet, à savoir sept jours après la deuxième injection pour les vaccins à deux injections (Pfizer, AstraZeneca ou Moderna), ou après une dose unique pour les personnes ayant un antécédent de Covid, ou quatre semaines après l’injection pour le Johnson&Johnson ; soit un certificat de test négatif de moins de 72 heures (RT-PCR ou antigénique) ; soit le résultat d’un test RT-PCR ou antigénique positif attestant du rétablissement du Covid-19, datant d’au moins 11 jours et de moins de 6 mois.

Le lait maternel et ses bienfaits considérables pour l’enfant et la mère

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L’allaitement maternel a toujours fait partie des coutumes à Mayotte. Un geste naturel que les mères mahoraises accomplissaient sans se poser de questions. De nos jours, la mondialisation a relégué le lait maternel au second plan, au profit du lait artificiel. Pourtant, l’allaitement maternel est un allié incontournable pour le bébé et la mère. Les professionnels se démènent pour informer les familles, particulièrement durant la semaine mondiale de l’allaitement, du 2 au 6 août. Le réseau périnatal de Mayotte s’est déplacé dans différentes villes du territoire pour mener une campagne de sensibilisation. L’occasion de rappeler l’importance du lait maternel avec le président du Répéma, le docteur Soumeth Abasse, également pédiatre au CHM.

Flash Infos : Quels retours avez-vous eu des mères qui vous ont approchés durant la semaine mondiale de l’allaitement ?

Soumeth Abasse : C’est la première fois que le Répéma se mobilise pour une campagne directement ciblée à la population. Les autres années, nous faisions des formations destinées aux professionnels, tels que les infirmiers, les auxiliaires de puériculture, certains médecins. Nous avons mené des actions sur le terrain, nous avons mis des affiches un peu partout. Nous avons l’impression que tout cela a été utile, parce que nous avons des mamans qui ont été surprises par certains messages positifs sur le lait maternel.

FI : Quels sont les bienfaits du lait maternel pour un bébé ?

S. A. : Ils sont nombreux ! Le lait maternel est un aliment de qualité et complet pour le bébé. Il est nourrissant, nous n’avons pas besoin de le compléter avec d’autres aliments. En plus de cela, il est personnalisé pour chaque enfant. Nous voudrions casser le cliché qui dit que le lait maternel est destiné aux familles défavorisées. Certains pensent que lorsque l’on nourrit son enfant avec le lait maternel, c’est parce que nous n’avons pas les moyens d’acheter le lait artificiel… Nous devons arrêter de penser ainsi. Le lait maternel protège le bébé des infections. Cela ne veut pas dire qu’il ne tombera jamais malade, mais cela réduit la dangerosité de ces infections. Un bébé nourrit exclusivement au lait maternel est moins hospitalisé.

Il y aussi un autre aspect non négligeable. Quand on allaite, la mère et le bébé sécrètent de l’ocytocine, plus communément appelé l’hormone de l’amour. Cela permet de renforcer ce lien entre les deux, et c’est très important pour le développement de l’enfant. Il y a aussi des études qui montrent que le lait maternel participe largement au développement intellectuel du bébé. L’organisation mondiale de la santé (OMS) recommande fortement de nourrir son bébé exclusivement avec du lait maternel jusqu’à six mois. Plus l’allaitement maternel dure, plus l’enfant est protégé.

FI : Et qu’en est-il de la mère qui allaite ?

S. A. : Elle a tout à y gagner également. Après l’accouchement, l’utérus d’une mère qui allaite reprend sa place plus rapidement que celui d’une mère qui n’allaite pas. Nous savons aussi que l’allaitement permet aux mamans de perdre plus de poids. Et il réduit aussi les risques de cancer du sein.

FI : Combien de mères allaitent à Mayotte ?

S. A. : Nous savons qu’à la sortie de la maternité beaucoup de mamans allaitent. Le taux est autour de 80 à 90%. Le problème c’est que nous savons pas à six mois de vie du bébé, combien de mères continuent le lait maternel exclusif. Une enquête doit être publiée par santé publique France, mais pour l’instant, nous n’avons pas encore les données. Cela étant, je pense que le taux ne doit pas être très élevé parce que beaucoup font l’allaitement mixte.

FI : Le lait artificiel a pris beaucoup de place dans la société. Avez-vous l’impression que les mères sont assez sensibilisées sur les bienfaits du lait maternel ?

S. A. : Peut-être pas suffisamment. Dans nos traditions, les mamans étaient habituées à allaiter, c’était un geste naturel. Et de ce fait, nous ne nous sommes pas creusés la tête pour encourager l’allaitement. Parallèlement, les laboratoires ont mis pas mal d’énergie et de moyens pour promouvoir le lait artificiel. Dans les pays du tiers monde et même en Europe jusqu’aux années 90, le lait artificiel était la référence. Et maintenant, depuis environ 20 ans, onous encourageons beaucoup le lait maternel. Ce sont même les femmes issues d’un milieu aisé qui allaitent davantage.

Malheureusement sur notre île, souvent les mamans préfèrent un allaitement mixte alors qu’elles peuvent complètement allaiter leur bébé. Nous n’avons pas besoin de rajouter du lait artificiel à moins que la mère ne produise pas assez de lait, et même dans ce cas nous pouvons l’aider. Il ne faut pas que le code standard soit l’allaitement mixte. Les mères actives préfèrent le lait artificiel afin d’être plus libres, mais il existe le tire-lait. Les mamans peuvent tirer le lait et le garder au réfrigérateur, et ainsi avoir leur autonomie. Cet appareil est remboursé par la sécurité sociale jusqu’à six mois de vie du bébé. Donc je pense qu’il y a un certains nombre d’actions qu’il faudrait mettre en place pour valoriser le lait maternel.

FI : Le lait artificiel a longtemps été plébiscité, et depuis une dizaine d’années la tendance tend vers un retour au lait maternel. Pour quelles raisons ?

S. A. : Le lait artificiel nest pas mauvais, sa fabrication doit respecter des règles très strictes. Le problème c’est qu’il s’agit de lait de vache qui a été modifié pour ressembler le plus possible au lait maternel. Beaucoup de soignants sont un peu frustrés, parce que nous faisons beaucoup de publicité pour le lait artificiel alors qu’il n’y en n’a pas assez pour le lait maternel.

FI : Une mère atteinte de la Covid-19 peut-elle allaiter son bébé ?

S. A. : Au départ, en Chine ils avaient interdit le lait maternel pour les mères infectées en pensant qu’il y avait un risque pour le bébé. Maintenant, nous avons assez de recul pour savoir qu’il y a plus de risques à ne pas allaiter son bébé. La mère peut mettre son masque et allaiter le bébé tout en prenant ses précautions d’hygiène. En plus, les anticorps de la mère passent à travers le lait maternel et renforcent l’immunité du bébé.

À Mayotte, la prévention contre les noyades nage en eaux troubles

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La fin du mois de juillet a vu se jouer la première journée mondiale de prévention de la noyade, alors que nombre de jeunes perdent chaque année la vie dans les eaux mahoraises. Pour pallier au manque d’équipements et d’effectifs, l’association du Cercle des Nageurs de Mayotte envisage plusieurs solutions.

Mars 2021. Sur la plage de Trévani, une enfant de cinq ans perd la vie après s’être noyée. Moins d’un an plus tôt, un jeune homme décédait dans les mêmes conditions, cette fois à Sakouli. À quelques mois d’intervalle, un adolescent d’une douzaine d’années disparaît dans les eaux de la retenue collinaire de Combani où il était parti se baigner, malgré l’interdit, avec sa bande de copains. En 2019, cette fois, un garçonnet de neuf ans se noyait dans le plan d’eau près du remblai de M’tsapéré. L’historique pourrait encore être long, tant le problème, à Mayotte, est récurrent. Il faut dire qu’à ce jour, aucune plage n’est aménagée pour la surveillance de baignade. Et culturellement, sur une île où l’océan nourrit nombre de craintes, la pratique de la natation est loin d’être acquise par le plus grand nombre.

Alors, le 25 juillet, la première journée mondiale de prévention de la noyade revêtait, ici, un enjeu tout particulier, dont le Cercle des Nageurs de Mayotte s’en est fait le porte-voix, le week-end dernier, à l’occasion d’une journée de sensibilisation organisée spécialement pour l’occasion avec les jeunes du centre de loisirs de Chiconi, sur la plage de Sohoa. « C’est là que j’ai commencé à y faire mes premiers cours, quand je suis arrivée à Mayotte en 2017 », retrace Hervé Ducongé, président de l’association et instigateur de l’événement. « À l’époque, j’ai été choqué de voir qu’aucune surveillance n’était mise en place, y compris sur les jours à forte fréquentation et à haut risque. D’autant plus qu’ici, peu de personnes savent vraiment nager. »

Manque d’équipements et d’effectifs

Depuis, le Cercle des Nageurs poursuit trois objectifs. D’abord, le développement de la natation « scolaire », censée « [faire] partie intégrante des programmes d’enseignement de l’école, comme le rappelle le ministère de l’Éducation nationale sur son site Internet ». « Mais à Mayotte, on ne remplit pas, ou peu cette obligation », souligne Hervé Ducongé. La faute, essentiellement, au manque d’infrastructures sportives et de personnel compétent. Or, « quand vous ne savez pas jouer au foot, vous n’êtes pas en danger. Quand vous ne savez pas nager, oui ».

« L’autre difficulté, c’est de pouvoir recruter des locaux, ce qui est une volonté affichée du rectorat », souffle-t-il. Car pour être titularisé, tout professeur doit présenter une attestation de natation… « C’est aussi le cas pour les pompiers, les gendarmes, les hôtesses de l’air, les animateurs… » C’est donc tout naturelle que le Cercle des Nageurs ambitionne également de former un large nombre d’éducateurs et d’initiateurs à la surveillance de la baignade, selon les standards nationaux. « Mais à Mayotte, cela implique d’aller faire reconnaître le diplôme à La Réunion, ce qui coûte très cher. »

Un bassin mobile dans les cartons

Certes, quelques initiatives voient sporadiquement le jour, mais trop peu à en juger par les besoins du territoire. « Dans la communauté de communes du Sud, ou à Bandrélé, il y a des tentatives de surveiller les plages, mais exclusivement à terre », salue le président de l’association reconnue d’utilité publique, qui ambitionne de faire nager « 15 à 20.000 gamins par an » grâce à un projet inédit.

Pour apprendre à nager, encore faut-il pouvoir le faire dans les bonnes conditions, soit « à marée haute, qui dure entre quatre et six heures selon les plages ». D’où, outre l’idée d’installer des postes de secours, celle d’un bassin mobile d’apprentissage, installé dans un conteneur, en complément de bassins lagunaires en eaux profondes au-delà du tombant. « Avec cette solution, on réglerait beaucoup de problèmes », défend Hervé Ducongé. « Il faudra dans un premier temps faire venir des tuteurs et maîtres-nageurs de l’extérieur, mais cela permettra ensuite de former et de tutorer des locaux ! C’est un vrai travail de continuité. » Actuellement, aucun maître-nageur n’est déployé à plein temps sur ne serait-ce qu’une seule plage mahoraise. Car légalement, seuls les sites de baignade aménagée doivent être surveillés. À Mayotte, aucun ne l’est. Résultat, l’île affiche entre cinq et dix morts par noyade chaque année. « Les municipalités sont responsables dans la zone des 300 mètres s’il se passe quoique ce soit. Elles ont obligation de prêter assistance et secours et de garantir la sécurité de leurs administrés. » Mais à ce jour, force est de constater que la sécurisation des espaces de baignade n’est pas une priorité, alors que nombre de parents manquent de vigilance sur les plages, comme le rappellent régulièrement de morbides faits divers.

Un enjeu sécuritaire, mais pas seulement…

Mais l’apprentissage de la natation n’est pas qu’une question de loisirs ou de sécurité des personnes, puisque la pratique présente aussi des avantages considérables pour la santé. « Nous proposons aussi des cours, comme l’aquagym, à destination des personnes diabétiques, âgées ou qui ont des problèmes de tension. Nous sommes aussi affiliés à la fédération pour la pratique du handiscport », se réjouit Hervé Ducongé, dont les cours vont jusqu’aux bébés nageurs. Le tout, toujours, évidemment, sérieusement encadré.

Et là où la mer est synonyme de potentiel touristique et d’attractivité, elle pourrait également se faire ambassadrice du sport mahorais. À condition que la compétition s’y développe. En ce sens, une section UNSS de natation ouvrira dès la rentrée prochaine avec des cours hebdomadaires donnés par des professeurs d’éducation physique et sportive. Puissent-ils finir par se jeter dans le grand bain de la piscine olympique qui devrait voir le jour à Mayotte avant les prochains Jeux des Îles de l’océan Indien, en 2027.

noyade-cercle-des-baigneurs-natationPour apprendre à nager… Et plus

Le Cercle des Nageurs propose des cours hebdomadaires de natation à Tahiti Plage et, selon les périodes, de waterpolo à Iloni pour tous les publics. Comptez 110 euros par trimestre et par adulte, et 50 euros pour les mineurs (déductibles des impôts à hauteur de 65%). Plus de renseignement sur la page Facebook Cercle des nageurs de Mayotte.

Chaharoumani Chamassi : « J’ai commencé comme gardien de la paix et j’ai fini comme capitaine, échelon exceptionnel »

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Après près de 30 ans de bons et loyaux services, le capitaine Chaharoumani Chamassi est parti à la retraite mercredi dernier en recevant la médaille de la direction territoriale de la police nationale des mains du commissaire général, Laurent Simonin. Retour sur une carrière bien remplie au cours de laquelle il a fini chargé de mission auprès de la préfecture.

Flash Infos : Mercredi dernier coïncidait avec votre départ à la retraite, à l’âge de 57 ans. Comment avez-vous vécu cette journée qui marque la fin de votre carrière professionnelle au sein de la police nationale ?

Chaharoumani Chamassi : J’étais très ému, car ce n’était pas du tout prévu ! À l’origine, je passais simplement dire au revoir. C’était un honneur de recevoir cette médaille symbolique de la direction territoriale de la police nationale des mains de Monsieur Simonin, un haut fonctionnaire très engagé qui va changer beaucoup de choses à Mayotte. Même si elle est habituellement réservée aux personnalités qui arrivent sur l’île, c’est une grande fierté !

Beaucoup de mes collègues étaient à mes côtés. Certains me disaient leur regret de me voir partir aussi tôt, alors que je pars à l’âge légal selon nos statuts (rires). Mais je tiens à les rassurer, je ne vais pas me tourner les pouces, plein d’opportunités vont se présenter : je vais rester actif et contribuer à mon niveau au rayonnement et au développement de l’île. Je n’ai pas lu de critique à mon égard, je n’ai reçu que des messages de sympathie, c’était très touchant.

FI : Durant près de 30 ans, vous avez exercé au sein de la police nationale. Quelle image garderez-vous en tête ? Quels ont été vos meilleurs moments au cours de toutes ces années ?

C. C. : J’ai eu l’occasion d’exercer en métropole, en tant que CRS en région parisienne, dans des quartiers bien connus. Cela n’a rien à voir avec les petits cailloux que l’on lance ici lors des manifestations. Là-bas, c’était des boules de pétanque, des fers à repasser, des micro-ondes ! J’ai aussi eu la chance de travailler à Orly, à Melun… Ces expériences m’ont permis de mieux comprendre le métier.

J’ai été le premier responsable de la brigade anti criminalité en 2001-2002. Avant de rentrer fin 2006 à l’École nationale de la police nationale, un passage obligé pour tous les officiers. J’étais face à des jeunes qui avaient la trentaine, alors que j’étais déjà père de famille. J’ai dû vendre l’une de mes parcelles de terrain pour emmener tout le monde. Je ne voulais pas laisser mes enfants seuls alors qu’ils atteignaient l’âge de l’adolescence. J’ai pu louer une maison et leur faire continuer leur scolarité en toute sérénité.

Ma formation était très lourde, mais elle m’a énormément apporté. En 2007, à mon retour à Mayotte, j’ai occupé des postes d’adjoint au commandant des unités de voie publique, Mogné Mali Hervé, avec le grade de lieutenant. Puis de 2014 à 2016, je suis passé chef du commissariat annexe, situé sur la place de marché.

Bien avant que j’aille en métropole, j’étais déjà gradé au sein du commissariat. J’ai commencé comme gardien de la paix et j’ai fini comme capitaine, échelon exceptionnel. Ce qui correspond à un commandant au 4ème échelon, c’est-à-dire avec huit ans d’expérience.

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FI : Vous avez exercé la majeure partie de votre carrière à Mayotte. Comment analysez-vous l’évolution de votre métier et comment sont perçus les policiers selon vous ?

C. C. : Vous savez, je suis rentré au sein de la police en 1992, après un bref passage dans les rangs de l’Éducation nationale. Et jusqu’à maintenant, la tenue est encore bien acceptée et respectée. Nous avons la chance de circuler seul sans nous faire agresser. Chose qui est pratiquement devenue impossible en métropole… Alors oui, nous avons quelques brebis galeuses, des jeunes délinquants qui copient ce qu’ils voient à la télé et dans les films. C’est bien dommage, mais ceux-là sont sous la responsabilité de leurs parents. Ce sont eux qui enfantent et qui doivent éduquer leurs enfants. S’ils rencontrent des difficultés, ils doivent demander de l’aide. Mais ce n’est en aucun cas la faute des collectivités et de l’État, qui arrivent en dernier ressort.

FI : Depuis 2016, vous étiez chargé de mission auprès de la préfecture. En quoi consistait votre rôle ?

C. C. : Mon poste exact était de gérer la coordination et la planification de la sécurité intérieure mais aussi la prévention de la délinquance. Sur ce sujet-là, nous avons travaillé avec les différents services de l’État, aussi bien les polices municipale et nationale que la gendarmerie et les mairies. J’ai réussi à mettre en place des réunions mensuelles de sécurité et de prévention de la délinquance dans les 17 communes de Mayotte. Elles ont changé les comportements entre les élus et les forces de l’ordre. À mon arrivée, le courant ne passait pas forcément, car nous n’avions tout simplement pas la possibilité de nous rencontrer régulièrement. Cela nous a permis de nous asseoir autour de la même table et de chercher des solutions ensemble sur le court terme.

FI : Comment comptez-vous occuper vos journées désormais ? Certaines rumeurs parlent de vous pour prendre la tête de la direction de la police municipale de Mamoudzou…

C. C. : Des propositions et des opportunités m’ont été offertes. Si le maire veut m’accorder la possibilité de partager mon expérience, pourquoi pas. Mais rien n’est officiel pour le moment. Quoi qu’il en soit, je vais me concentrer sur la jeunesse à travers mon association « 2 mains pour les enfants ».

L’intersyndical du CHM dénonce l’obligation vaccinale du personnel de l’hôpital

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Ce jeudi 5 août, l’intersyndical du centre hospitalier de Mayotte s’est réunie afin d’émettre son avis sur la vaccination des agents de l’hôpital. Les représentants des syndicats redoutent les sanctions prévues si l’un d’entre eux refusent de se faire vacciner.

La date fatidique du 15 septembre approche à grands pas et l’inquiétude s’intensifie dans les différents hôpitaux de France. L’annonce du ministre de la Santésur les sanctions prévues par le gouvernement en cas de non vaccination du personnel soignant a encore du mal à passer auprès des principaux concernés. Olivier Véran avait indiqué qu’ils ne pourraient plus travailler et perdraient ainsi leurs salaires. Depuis, une vague de contestation s’est soulevée un peu partout dans le pays. À Mayotte, les agents de l’hôpital se sont fait discrets jusqu’à présent. Désormais, la donne a changé : les différents syndicats présents sur l’île montent également au créneau pour dénoncer l’application de la loi sanitaire adoptée par le Parlement.

Le syndicat SUD Santé Sociaux a lancé un appel national à la grève à partir de ce mercredi 4 août. Le mouvement n’est pas encore suivi à Mayotte, mais les organisations syndicales se sont réunies ce jeudi 5 août pour mettre en garde le centre hospitalier de Mayotte. « Nous ne pouvons pas juste appliquer ce que le gouvernement dit sans discuter. Nous savons que la direction du CHM n’a pas d’autre choix que d’appliquer la décision, mais cela doit se faire dans la négociation. Nous devons avoir notre mot à dire et trouver la meilleure solution pour nous », explique Anli Madi Rigotard, secrétaire général adjoint de la CFDT. La position de l’intersyndical n’est pas celle des anti-vaccins. Elle n’est pas contre le vaccin, mais est plutot opposée contre les sanctions envisagées à l’égard des agents de l’hôpital qui n’auraient pas reçu leur dose. « Ce qui nous importe, c’est de ne pas mettre en danger le statut de l’agent hospitalier. L’intersyndical sera vigilant pour voir ce que la direction va appliquer. Le plus important est de ne pas licencier et de renouveler les contrats parce que nous en avons besoin », indique Darmi Dhoifiri, secrétaire général de Force ouvrière à Mayotte. De son côté, la direction du CHM ne souhaite pas s’exprimer avant la mise en vigueur de la loi.

« Le gouvernement nous a mis le couteau sous la gorge »

Le Conseil constitutionnel a validé en partie la loi sur le pass sanitaire, ce jeudi après-midi. Si certaines mesures ont été rejetées par les Sages, d’autres ont été acceptées. La vaccination obligatoire du personnel soignant en fait partie. Une nouvelle qui enlève tout espoir aux syndicats. « Le gouvernement nous a mis le couteau sous la gorge. Même s’il dit quil nous donne du temps pour nous faire vacciner », assure Darmi Dhoifiri. « Nous resterons vigilants et sil faut que nous soyons en grève pour nous faire entendre alors nous le ferons. Sil faut aller dans la rue et fermer l’hôpital, nous le ferons », prévient Anli Madi Rigotard.

L’intersyndical redoute les conséquences qui découleront de ce projet de loi qui entrera en vigueur après une révision du Conseil constitutionnel. Selon les représentants, les contrats précaires sont les plus exposés. « Ceux qui sont en CDD de remplacement ou de renfort vont se sentir obligés de se faire vacciner par peur de ne pas être recrutés ou renouvelés », précise le secrétaire général de FO. Pour la CFDT, il s’agit tout simplement d’un « chantage auprès des contractuels », même si on rappelle que c’est l’ensemble du personnel soignant qui est concerné par le projet de loi du pass sanitaire. De plus, « chez nous, l’hôpital ne peut pas se permettre de ne pas renouveler les contractuels parce que nous sommes en manque de personnel. Il ne faut pas rajouter d’autres complications », complète Anli Madi Rigotard. Les licenciements et le non renouvellement des contrats sont en effet un luxe que le CHM ne peut pas se payer, puisque la direction rencontre des difficultés à recruter. Elle devra donc trouver le juste milieu entre l’application de la loi et la réalité mahoraise.

Un groupe de randonneurs dépouillé au Mont Choungui

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Une nouvelle agression s’est produite le vendredi 23 juillet à l’occasion de l’ascension du Mont Choungui. Si aucun blessé n’est à déplorer, l’organisateur de randonnées en charge du groupe dépouillé dénonce l’immobilisme des autorités compétentes et quémande une sécurisation des sites touristiques du territoire.

Vendredi 23 juillet, 8h10. Onze personnes, dont quatre femmes et trois mineurs, s’élancent pour l’ascension du Mont Choungui. Quelques secondes après une pause fraîcheur au niveau du deuxième faré, la troupe du jour attaque la montée. Mais au bout de seulement cinquante mètres, elle tombe nez à nez avec sept individus, armés de coupe-coupe. « Ils nous ont encerclés et nous ont demandé nos téléphones et notre matériel qui sert à filmer les excursions », relate l’organisateur officiel de randonnées, sous couvert d’anonymat. « Ils étaient à la fois très excités et nerveux. »

Immédiatement, la peur gagne les esprits de ces amoureux de la nature, qui ne cherchent pas à se défendre. « Nous ne pouvions rien faire à part coopérer », confie le trentenaire, encore sous le choc de cette première agression depuis le lancement de sa société il y a de cela près de trois ans. Alors que l’un des marcheurs se fait la malle pour revenir au point de départ dans le but de prévenir les autres promeneurs et d’alerter les forces de l’ordre, Ismaël* et un autre membre du groupe tentent de poursuivre leurs agresseurs, évaporés sur le GR (un itinéraire balisé de randonnée pédestre, ndlr.) en direction de Dapani. « Je salue l’intervention des gendarmes qui se sont déplacés en nombre et qui ont même sorti l’hélicoptère pour scruter les alentours. » Mais la chasse à l’homme s’avère rapidement infructueuse, en raison d’une végétation dense.

Après les paroles, place aux actes

Deux semaines plus tard, l’entrepreneur ne décolère toujours pas. « Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas davantage de patrouilles autour de ce site, qui est l’un des plus visités de Mayotte, surtout durant cette période de vacances scolaires. C’est inadmissible alors que ce genre d’événements est récurrent ! » Dans son viseur : les élus du conseil départemental, dont l’absence de réaction le fait sortir de ses gonds. « Pendant les élections, les candidats promettent monts et merveilles. Mais derrière ces belles paroles, il n’y a aucun acte. C’est à eux de réagir et de prendre leur responsabilité par rapport à la sécurité des touristes. Ils ont laissé leur île à l’abandon. »

Face à ce constat, Ismaël s’interroge sur le devenir de son secteur d’activité, durement touché par la crise sanitaire. « Nous sommes dans un État de droit. Je ne peux pas demander aux clients de se déplacer les poches vides, par peur de se faire dépouiller, et systématiquement prévenir les autorités à chaque sortie… » Conséquence, « les professionnels du tourisme mahorais prennent très cher ». Malgré sept dépôts de plainte à la brigade de M’Zouazia le matin-même, les conséquences de cette mésaventure risquent de laisser des traces indélébiles. « Une jeune dame du groupe vivait sa première expérience à Mayotte. Je ne sais pas si elle y remettra les pieds », lâche-t-il d’un ton désespéré, à quelques heures de repartir, le moral en berne, à l’assaut des sentiers du Sud.

* le prénom a été modifié

Le président d’Interco’ Outre-mer reçu en grande pompe à Mayotte

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Sur l’invitation de la communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou, Maurice Gironcel, le président d’Interco’ Outre-mer, est venu rencontrer les acteurs de terrain du 101ème département. Préfecture, conseil départemental et bien évidemment, communautés de communes, ce tour d’horizon devrait permettre à l’île d’être mieux représentée auprès de Paris et de l’Europe.

Sa première visite officielle à Mayotte s’est achevée ce mercredi. Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne et surtout président d’Interco’ Outre-mer, est venu, sur invitation de la communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou, rencontrer les acteurs de terrain locaux afin de mieux comprendre la façon dont se décline le rôle des intercommunalités sur le territoire. « Ce fut un séjour très dense et très riche ! », salue-t-il au lendemain de son départ.

Et pour cause, en seulement quelques jours de déplacement, Maurice Gironcel a pu échanger avec Thierry Suquet, nouveau préfet de Mayotte, et Ben Issa Ousseni, président du conseil départemental. S’agissant de ce dernier, « nous lui avons expliqué l’intérêt de l’intercommunalité dans les Outre-mer », retrace le maire réunionnais. « Elles prennent de plus en plus d’importance dans le développement économique du territoire, alors nous devons faire en sorte que dès le départ, les intercos soient parties prenantes des discussions et des orientations de nos différents territoires pour travailler de concert avec l’État, les départements et régions, et l’Europe. »

Mais alors, pourquoi les représenter sous un groupement commun aux cinq départements d’outre-mer ? « Quand on ira discuter avec les pouvoirs publics nationaux et européens, on pourra parler d’une seule et même voix », défend encore Maurice Gironcel. « Si chacun vient avec son petit projet, il pourrait y avoir une certaine tentation de jouer la division. » D’où l’intéret d’un porte-voix global, à la façon de l’association des maires de France.

Transports divers et variés

Une méthode face à laquelle le préfet de Mayotte se serait montré très sensible, selon le président d’Interco’ Outre-mer. « Il a été très attentif, notamment en matière économique, environnementale, et sur la question de la mobilité et des transports. » Un dernier sujet qui a par ailleurs fait l’objet de « très longues discussions avec la Cadema », aussi bien en terme de transports des personnes que des marchandises, et ce par voie maritime. « Avec les embouteillages que connaît Mayotte, il y a une sérieuse piste à creuser ! », envisage Maurice Gironcel, qui salue par la même le travail mené par la communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou concernant le déploiement de panneaux solaires.

« À Mayotte, les intercommunalités sont jeunes », rappelle le premier magistrat de Sainte-Suzanne. « Pourtant, des choses déjà très concrètes se mettent en place », à l’image du projet de hall de pêche à Dzaoudzi-Labattoir, dont les travaux, lancés par la communauté de communes de Petite-Terre, se chiffrent à 1.6 million d’euros. « C’est tout l’enjeu de cette visite : sensibiliser les intercos, comprendre comment elle travaille pour restituer au mieux à Paris et à l’Europe les spécificités des territoires ultramarins, de nos retards certains mais aussi de nos fils communs. » Alors, au travail !

Crédit photos : Conseil départemental de Mayotte

Après la mort d’un homme, agressé à Koungou, la mairie montre les crocs

En fin de semaine dernière, un homme âgé d’une quarantaine d’années est décédé à Koungou, après avoir été agressé par des bloqueurs de routes. Entre mercredi et vendredi, la ville a connu une explosion de violences, entre caillassages et incendies criminels.

« Prendre des mesures en urgence. » Jeudi et vendredi derniers, la municipalité de Koungou organisait deux réunions de crise afin de prendre des mesures d’urgence. Car lourd est le bilan laissé par les derniers jours : plusieurs barrages entre la commune et sa voisine, Trévani, deux maisons et plusieurs voitures brûlées, trois blessés, et même un mort. En réponse, la ville a annoncé vouloir « déployer des moyens supplémentaires pour la police municipale », « sollicitater la préfecture pour des interventions plus soutenues des forces de l’ordre », « réfléchir sur la mise en place d’un couvre-feu dès 17 ou 18h » et « envisager des mesures à moyen terme dans le quartier de Barakani ».

À l’origine de ce nouveau déferlement de violences, le vol d’un sac à main. Il est 20h30, mercredi soir, lorsqu’un homme s’interpose entre une femme et un groupe de jeunes, qui tentent de lui voler ses effets personnels. L’équipe de voleurs répond immédiatement à grands coups de chombo, puis vont jusqu’à incendier intentionnellement la maison de l’individu, dans le quartier de Barakani. Dès lors, des affrontements éclatent entre des bandes de Trévani, de Koungou et de Dzoumogné. Ils dureront pendant 48 heures.

Ainsi, jeudi soir, un homme âgé d’une quarantaine d’années a été pris à partie, dépouillé puis agressé aux abords d’un barrage, dont il parviendra finalement à s’extirper. Mais, lourdement blessé au crâne, il décédera dans la nuit. Son corps a été ramené à Mamoudzou, un obstacle médico-légal ayant été émis par le parquet afin de faire la lumières sur les circonstances exactes du décès, a confirmé la gendarmerie.

Selon la municipalité de Koungou, où un homme avait été tué à l’arme blanche trois mois plus tôt, la délinquance s’est particulièrement accentuée ces derniers mois au sein et aux abords du quartier Jamaïque, visé par des opérations de décasage en mars dernier. La commune estime par ailleurs que les armes y circulent de plus en plus, et sont de plus en plus dangereuses, alors que certains sites se retrouvent particulièrement difficiles d’accès pour les véhicules d’intervention des forces de l’ordre et des secours.

Variant Delta à Mayotte : « Nous avons vraiment intérêt à gagner du temps pour retarder la vague »

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Alors que Mayotte était jusqu’alors épargnée par le variant Delta, celui-ci a fait son entrée sur le territoire la semaine dernière. Face à sa prolifération ultra rapide, l’agence régionale de santé rappelle l’importance de respecter les consignes sanitaires pour éviter un retour des mesures restrictives et une flambée des hospitalisations. Seule option : la vaccination, qui va continuer à s’accélérer.

Et de deux ! Si deux cas suspects du variant Delta tiennent encore en haleine l’agence régionale de santé, leur confirmation ne fait presque plus aucun doute. « Le criblage donne une forte présemption », admet Dominique Voynet, la directrice générale de l’autorité sanitaire dans le 101ème département. Les résultats du séquençage (cette technique de biologie moléculaire est la seule manière de savoir si le virus a muté, ndlr), envoyé jeudi dernier en métropole, doivent revenir d’ici quelques jours. Et ainsi passer en alerte l’île aux parfums, jusqu’alors épargnée après la l’hécatombe subie en début d’année.

En attendant l’officialisation, quelques prémisses démontrent une circulation de nouveau active sur Mayotte. Avec en premier lieu le doublement du taux d’incidence, passé de 5.7 à 11 en moins d’une semaine. « Les données commencent à trembloter ! Nous n’avons toujours pas d’hospitalisés, mais nous recensons une augmentation du nombre d’appels au centre 15. » Autre préoccupation ? La formation de deux clusters sur Petite-Terre et Barakani, en lien avec les deux cas cités. Or, l’une des dix personnes diagnostiquées se serait présentée à un mariage ce dimanche. De quoi faire bondir l’ancienne ministre. « Cela m’énerve un peu ! Si les gens ne respectent pas les gestes barrières et les mesures de septaine, ce ne sera pas la faute de l’ARS », insiste-t-elle face aux risques encourus.

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« Si cela se passe comme en Martinique, qui a connu trois semaines de frémissement avant une explosion, nous avons vraiment intérêt à gagner un maximum de temps pour retarder la vague. » Car oui, en cas de flambée épidémique dans l’ensemble des territoires ultramarins, comme cela se précise dans les Antilles et à La Réunion, les moyens allouées pourraient fondre comme neige au soleil. « S’il y en a en simultanée, nous ne pourrons pas bénéficier de renforts consistants de la réserve sanitaire et du service de santé des armées. » D’où le rappel à l’ordre de Dominique Voynet, qui note un relâchement significatif des habitants, notamment dans les mosquées, sur les plages et à l’occasion de manzarakas. L’objectif de la manœuvre ? Faire en sorte d’être en décalage avec les autres départements d’Outre-mer au mois de septembre.

La vaccination, une course contre la montre

Encore faut-il que la campagne de vaccination soit à la hauteur des espérances. « La semaine dernière, nous avons procédé à 6.900 injections. C’est un record. À ce jour, 30.71% de la population cible a reçu sa première dose » Un chiffre « correct » mais loin d’être suffisant aux yeux de Dominique Voynet, en raison d’une mise en route en dent de scie. Conséquence : en plus des cinq centres « tournants » aux quatre coins de l’île et du fixe tenu à Tsoundzou par la Croix Rouge les mardis et mercredis, « les deux jours les plus chargés », elle a récemment obtenu l’ouverture de créneaux dans les différents CMR (centres médicaux de référence) du CHM dans l’espoir de passer à la vitesse supérieure et d’atteindre les standards métropolitains.

La vaccination, une course contre la montre

Cette stratégie de déploiement s’inscrit dans un seul et unique but, à savoir réduire les inégalités territoriales. « Nous n’avons pas le droit de réaliser une statistique ethnique, mais nous avons des indications sur les classes d’âge et les communes. » Tandis que certains jouent les bons élèves, à l’instar de M’Tsangamouji, d’autres portent le bonnet d’âne, comme Koungou où « le nombre de vaccinés est ridicule ». Et c’est vers cette dernière en particulière que la directrice de l’ARS souhaite mettre le paquet. Comment ? En y installant très prochainement une structure pérenne. « J’ai demandé l’appui du maire, des associations et des services de l’État », assure-t-elle, avant de s’attaquer aux plus réticents. « Beaucoup disent que la vaccination tue ou qu’elle provoque des effets secondaires. Ce n’est pas rationnel, il faut toujours déconstruire ce genre de discours ! L’efficacité de Pfizer est plus importantante que nous le pensions puisqu’il serait efficace à 96% sur les formes sévères. »

L’autre défi de taille qui attend Dominique Voynet est la rentrée scolaire ainsi que la mise en place du pass sanitaire. La chef de file travaille de concert avec le rectorat pour s’attaquer à la vaccination des 12-17 ans, qui demande une présence et une autorisation parentales. Sans oublier les sportifs, avec le soutien du comité régional olympique et sportif (Cros) et des ligues respectives. « Le sens des responsabilités et de la solidarité envers les personnes les plus fragiles doit se développer », martèle-t-elle. Dans le cas contraire, de nouvelles restrictions pourraient refaire leur apparition… « Nous limiterons les déplacements si nous devons en arriver là… Même si la réflexion se fait de façon collégiale avec la préfecture, l’ARS, les ministères de la santé et de l’Outre-mer, à la fin c’est le gouvernement qui arbitre », prévient-elle. La balle est dans le camp des Mahorais.

Nickel, le service bancaire pour tous installé à Mayotte

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Cela fait une semaine que le service bancaire Nickel a fait ses débuts à Mayotte. Il est proposé par le salon de coiffure La Pause situé à Cavani. Le service se différencie des banques traditionnelles grâce à son accessibilité pour tous et sa rapidité. Cinq minutes suffisent pour obtenir une carte bancaire. Une solution pour les personnes ayant des difficultés à ouvrir un compte bancaire.

Ouvrir un compte bancaire dans une banque traditionnelle à Mayotte peut rapidement devenir infernal tant les documents et les conditions demandés sont nombreux. Beaucoup de personnes en font les frais et doivent s’en passer. Une situation qui a des conséquences sur leur vie. À l’exemple d’Abdillah qui voit les portes de son avenir se fermer à cause d’un relevé d’identité bancaire. « Je voulais faire une formation, mais on me demandait un RIB. J’ai alors essayé d’ouvrir un compte bancaire dans les différentes banques qui sont ici, mais elles exigeaient toujours un avis d’imposition ou un contrat de travail, choses que je n’ai pas », raconte-t-il. Abdillah n’a jamais pu créer son compte bancaire et a dû faire une croix sur la formation. Il est loin d’être un cas isolé.

« Cela fait des années que j’essaye d’ouvrir un compte, mais je n’ai jamais réussi. On m’exige toujours un contrat de travail alors que lorsque j’ai une proposition de travail, on me demande le RIB. C’est une histoire sans fin », déplore Fatima Youssouf. Dans la salle d’attente du salon de coiffure La Pause situé à Cavani, ils sont des dizaines à raconter le même scénario. Et tous se sont rendus sur place non pas pour se coiffer, mais pour trouver une solution à leur problème. Depuis le 26 juillet, le salon propose le service bancaire Nickel pour le plus grand bonheur de la centaine de personnes inscrites en l’espace de quelques jours. « Cela fait plusieurs années que je n’arrivais pas à faire des économies. Désormais, je sais qu’avec mon compte Nickel je vais pouvoir mieux gérer mon argent », assure Aliani Seda, fraîchement inscrit. D’autres pourront prétendre à leurs droits. « J’ai des enfants, et je ne reçois pas les allocations parce que je n’ai pas de compte bancaire. Nickel va me changer la vie », espère Fatima Youssouf.

Une solution pour les oubliés de la société

L’arrivée de Nickel à Mayotte s’est vite répandue et depuis, la salle d’attente du point d’accueil ne désemplit pas. Plus accessible, le service semble déjà avoir été ado pté par une catégorie de la population de l’île. Des personnes souvent sans travail, ou qui ne sont pas de nationalité française. Mais même si ces profils sont récurrents, Nickel est ouvert à tous. « Nous avons beaucoup de monde depuis l’ouverture, mais nous nous y attendions », indique Soiphiat Youssouf Bacar, la gérante du commerce qui propose les services Nickel. Ses collaborateurs et elle ont voulu installer ce service sur le territoire lorsqu’ils ont réalisé qu’une partie de la population vivant sur l’île faisaient face aux mêmes problèmes. « Nous avions beaucoup de retour de personnes qui avaient des difficultés à ouvrir des comptes bancaires. Les banques traditionnelles demandent énormément de documents et certaines personnes n’ont pas la possibilité de les avoir. Nous avons pensé que Nickel serait la solution pour elles », poursuit la responsable. En effet, cette banque un peu particulière est moins exigeante. Pour s’inscrire il suffit d’avoir une pièce d’identité en cours de validité, qu’importe la nationalité, une adresse postale et 20 euros pour les frais annuels. Le tout en un temps record de cinq minutes. « L’avantage c’est que nous consommons uniquement ce que nous avons sur notre compte. Il n’y a pas de découvert ni de crédit possible », précise-t-elle.

Grâce à ce nouveau service, certains pourront avoir un contrat de travail, un salaire, une bourse ou bénéficier des allocations. Nickel s’adapte également à la réalité locale où les transactions d’argent en espèces est monnaie courante. « Ici, nous faisons beaucoup de chicowa, nous gagnons aussi de l’argent dans les grands mariages. Les sommes atteignent plusieurs milliers d’euros. Mais lorsque nous plaçons cet argent dans les banques traditionnelles, elles veulent connaître leur provenance, ce qui n’est pas le cas avec Nickel », rappelle Abdillah. À l’heure actuelle, le service est victime de son succès puisqu’en seulement une semaine, toutes les cartes bancaires commandées ont été écoulées. Mais les inscriptions continuent dans l’attente d’un nouvelle arrivage d’ici quelques jours.

Carole Berthod, cheffe de mission océanographique : « Nous avons récolté des échantillons pour 5 à 10 ans d’études ! »

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Dans la région, les missions scientifiques se suivent mais ne ressemblent pas. La dernière en date, la campagne océanographique SCRATCH, a sillonnée les eaux et les fonds de Mayotte, Glorieuses, Tromelin dans les îles Éparses, et de La Réunion, du 1er au 22 juillet derniers. Trois semaines d’études pluridisciplinaires à bord du Marion Dufresne, organisées en urgence et dont les résultats pourraient livrer des données capitales pour le 101ème département. Carole Berthod, cheffe de mission, en dévoile les contours.

Flash Infos : La campagne SCRATCH a dû être organisée in extremis, suite à l’annulation des campagnes dites DIPOMOUSS et SEZAME. Que s’est-il passé ?

Carole Berthod : Ces deux campagnes ont été annulées à cause de problèmes liés au Covid notamment. Sur la première, il devait y avoir du personnel étranger, donc c’était très compliqué de pouvoir rassembler tout le monde à bord et à temps. Pour la seconde, c’était un problème d’autorisation de travaux dans les eaux du Mozambique… Résultat, un nouvel appel d’offre a été ouvert et nous avons eu 15 jours pour monter la campagne, alors qu’en général, on y réfléchit plusieurs mois, voire une année entière à l’avance…

En général, les campagnes sont présentées en septembre, pour être programmées sur l’année à venir ou la suivante. Là, nous avons dû tout faire dans l’urgence, nous avons discuté une bonne semaine avec tous les acteurs impliqués, dont 10 laboratoires français et les 34 scientifiques embarqués, et finalement nous sommes parvenus à tout faire. Donc campagne montée dans l’urgence, oui, mais surtout réussie !

FI : Quel était le but de la mission SCRACTH ?

C. B. : C’est une campagne très multidisciplinaire. Grâce à ces opérations, nous avons prélevé des roches pour étudier le volcanisme de la région, des sédiments pour étudier la biodynamie, de l’eau pour étudier la faune et la flore planctonique et l’impact des îles sur l’environnement marin. L’objectif, c’était de prélever de l’eau à différentes distances des îles, et nous l’avons d’ailleurs fait de chaque côté de Mayotte, pour voir le type d’ADN présent dans la région et l’impact qu’il peut avoir dans son environnement.mission-oceanographique-etudes-volcanFI : Comment avez-vous procédé pour récolter ces données ?

C. B. : Au total, nous avons réalisé 85 opérations de prélèvements en mer. Nous avons réussi à faire deux carottages (extraction d’échantillons de terrain sur fonds marins, ndlr) de 50 mètres qui vont nous permettre de faire des reconstructions climatiques sur les 2.5 millions d’années écoulées, afin de voir comment l’océan et le climat étaient auparavant sur les points de prélèvements.

Pour les carottages autour de Mayotte, où nous avons récolté l’un des échantillons les plus intéressants, nous avons utilisé des déstabilisations des sédiments de terrain pour étudier leur causes, leurs provenances, leur récurrence, et pouvoir discuter des risques selon nos résultats. Car une fois que l’on connaît les aléas en mer, c’est plus facile de s’organiser en fonction sur terre.

FI : Avez-vous réalisé des prélèvements au niveau du volcan sous-marin de Mayotte ?

C. B. : Nous ne sommes pas passé par le nouveau volcan, ce n’était pas l’objectif de la mission, qui visait à étudier le volcanisme à l’échelle régionale, y compris dans les Glorieuses et sur un banc à proximité de Madagascar, afin de mieux comprendre d’où vient le volcanisme dans cette zone et comment il se développe. Mais bien évidemment, les résultats de ces recherches auront un impact sur la connaissance du volcanisme à Mayotte. À la demande du Revosima, le réseau de surveillance volcanologique et sismique local, nous avons fait un petit relevé sur le Fer à cheval (une ancienne structure volcanique situé à l’aplomb de la zone de l’essaim sismique principale), au niveau de la ride active pour étudier les panaches qui s’en dégageaient. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’ils sont toujours actifs, mais il est trop tôt pour déterminer s’il y a eu une évolution. Là-dessus, une nouvelle mission MAYOBS est prévue en septembre et cela permettra de récolter plus d’éléments.mission-oceanographique-etudes-volcan

F.I : Quand les résultats des recherches menées dans le cadre de la campagne océanographique SCRATCH seront-ils connus ?

C. B. : Nous avons énormément d’échantillons, il y en a pour cinq à dix ans d’études et cela devrait bénéficier à une dizaine de thèses ! Dans les prochains mois, courant septembre ou octobre, nous allons rapatrier tous les échantillons par container en direction de Brest. Nous avons huit tonnes de carottes et plusieurs centaines de kilos de roche et d’eau. Chaque échantillon sera ensuite distribué, aux laboratoires compétents, et les premiers résultats arriveront début 2022.

FI : Une mission SCRATCH 2 est-elle déjà prévue ?

C. B. : Nous avons forcément des envies de compléter les choses, de voir plus loin, mais avant de programmer une autre campagne, il faut étudier ce que l’on a déjà. Nous pourrons peut-être en refaire une dans quelques années, mais il faut d’abord justifier le fondement de cette campagne, car elle coûte cher, environ un million d’euros en l’occurrence, financée par la flotte océanographique française. Mais c’est une région très intéressante, et ne serait-ce que pour la population mahoraise, ce travail scientifique est capital.

MaVilleMonShopping, une plateforme pour accroître la visibilité des entreprises mahoraises sur Internet

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La plateforme de e-commerce dédiée au commerce de proximité arrive à Mayotte. Un dispositif qui doit permettre d’accélérer et d’accentuer la digitalisation des entreprises mahoraises mais aussi de renforcer la consommation locale. La chambre de commerce et d’industrie invite les commerçants à rejoindre cette marketplace solidaire dans le but d’accroître leur visibilité.

« Quand on cherche une entreprise sur Internet, c’est assez compliqué de la trouver. Bien souvent, on a très peu de retour. » Face à ce constat, la chambre de commerce et d’industrie, par la voix de sa responsable marketing digital et commercial, Yanina Mogne-Mali, lance la plateforme MaVilleMonShopping. Une solution déployée essentiellement en métropole au cours des confinements successifs qui fait ses premiers pas dans le 101ème département. Ce dispositif « nous a été vivement recommandé », assure celle qui a animé un webinaire à ce sujet ce jeudi matin.

Concrètement, l’objectif de cette plateforme est double : accélérer et accentuer la digitalisation des entreprises mahoraises et surtout renforcer la consommation locale. Filiale du groupe La Poste, cette marketplace dite solidaire envisage, une fois bien rôdée, d’accroître la visibilité des commerçants sur la toile et ainsi de relancer des activités durement touchées par la crise sanitaire. « La frontière entre le point de vente physique et celui en ligne est aujourd’hui très mince. » Reste encore à convaincre les entrepreneurs de jouer le jeu. « Le frein ou la réticence pourrait être la prise en main », admet Yanina Mogne-Mali. D’où l’appui d’une équipe numérique composée de quatre-cinq conseillers de la CCI pour désacraliser l’outil Internet. « Nous allons accélérer la prise de contact à partir de mi-août. Une fois la barre des 50 entreprises atteinte, nous communiquerons auprès du grand public. »

Simplifier la vie des clients et des commerçants

Car les bienfaits de cet interface sont multiples. Outre sa mise en place rapide, il permet de toucher de nouveaux consommateurs et d’éviter de faire la queue en magasin. Mais aussi d’augmenter son chiffre d’affaires et d’avoir un site à moindre coût. « Ce n’est pas soumis à un abonnement ou à un engagement. Il y a juste une faible commission de 5.5% sur les ventes réalisées. » Et si les internautes réservent leur produit en ligne et le récupérent sur place, ils se délestent même de ces quelques frais supplémentaires. Dans le cas contraire, un facteur peut se charger de la livraison. « Un atout non négligeable » selon Yanina Mogne-Mali.

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Pour rejoindre ce réseau, rien de plus simple. Il suffit de s’inscrire et de personnaliser son espace en insérant des images. « Plus le descriptif sera complet, moins le client sera réticent. Partagez un maximum d’informations », martèle Priscilla du dispositif MaVilleMonShopping lors de la présentation. En clair, l’idée est de donner envie de cliquer et de passer le cap de l’achat… Et tout le monde s’y retrouve : la commande se voit traiter dans les 48 heures ouvrées tandis que le paiement intervient sous 8 jours pour les commerces alimentaires ou 14 jours pour les autres. Gagnant-gagnant !

Sécurisation, communication, renouveau : le fil conducteur du nouveau directeur du SDIS976

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Le colonel Olivier Neis, le nouveau directeur du Service départemental d’incendie et de secours de Mayotte, a pris ses fonctions en mars 2021, mais il n’est pas nouveau sur le territoire. Il a exercé sur l’île pendant huit ans avant de partir en 2016. Il revient cette année avec de nouveaux objectifs pour le SDIS 976 et une nouvelle stratégie de communication avec les sapeurs-pompiers. Un renouveau grandement apprécié dans un contexte où les professionnels sont sujets aux agressions.

Flash Infos : Des pompiers ont récemment été agressés alors qu’ils étaient en intervention à Vahibé. C’est devenu un phénomène récurrent à Mayotte, pour quelles raisons selon vous ?

Olivier Neis : L’agression est une habitude et il n’y a pas que les pompiers. Les particuliers aussi se font agresser. Lors de la récente agression, les auteurs voulaient les portefeuilles et les téléphones. Leur motif n’était pas de caillasser les pompiers en particulier. Je souhaiterais que lon arrive à discuter avec ces jeunes pour leur faire comprendre que personne n’est là pour faire du mal. Nous devons porter assistance et chaque seconde qui passe est une seconde de perdue pour préserver une vie.

FI : Allez-vous mettre en place des mesures pour renforcer la sécurité des agents ?

O. N. : À l’heure actuelle, l’ensemble des vitres sont filmées pour éviter la casse et la projection des débris de verre. Ils ont également la radio pour pouvoir prévenir. Nous allons mettre un certain nombre d’outils à leur disposition avec des moyens audiovisuels pour pouvoir les protéger. Et puis il y a les protocoles que nous avons avec les forces de l’ordre pour pouvoir être accompagnés dans certains secteurs. Nous connaissons ceux qui sont plus dangereux à partir de la tombée de la nuit.

FI : Les syndicalistes avaient évoqué l’idée de ne pas intervenir sur certaines zones à partir d’une certaine heure. Est-ce réellement possible ?

O. N. : L’obligation du service public est de remplir sa mission de service public. S’il y a une entrave à la bonne marche des opérations, c’est à la justice de faire ce qu’il faut, mais quelque que soit la mission, nous l’accomplirons. Si nous ne pouvons pas la faire parce qu’il y a un barrage, nous nous mettrons en sécurité en attendant d’être accompagnés par les forces de l’ordre pour aller sur le lieu de la mission. Il ne faut pas que cela soit toujours nous qui fassions marche arrière, c’est un obstacle à la sécurité des Mahorais. Nous mettons des moyens en place pour préserver l’intégrité et la sécurité des agents et du matériel, mais le but du jeu n’est pas de rajouter des couches de sécurité.

FI : En tant que directeur du SDIS, quels types de dilemmes devez-vous affronter ?

O. N. : Toutes les problématiques opérationnelles sont réunies. Il y a l’isolement de l’île, les problèmes de circulation, de langue. Ici, le matériel vieillit deux à trois fois plus vite en raison des conditions climatiques. La durée d’amortissement d’un véhicule en métropole est de 20 ans, ici au bout de 10 ans nous sommes avec du matériel qui a souffert. Il faut le changer, le réactualiser.

FI : Quels sont vos enjeux pour Mayotte ?

O. N. : Nous sommes dans une société qui évolue très vite, les besoins sont importants. Il faut avoir une vision sur les 20 prochaines années dans des conditions qui sont particulières. Concernant les ressources humaines, il faut former les gens. Nous devons aussi trouver des solutions qui tiennent dans le temps. L’enjeu stratégique de la construction du SDIS de Mayotte pour les années à venir c’est d’avoir une réponse adaptée à la situation la plus défavorable qui est celle d’un cyclone qui passe avec tous les réseaux coupés.

FI : Cela fait cinq mois que vous êtes rentrés à Mayotte, quel regard portez-vous sur ces mois où vous avez travaillé avec les sapeurs-pompiers de l’île ?

O. N. : Je connaissais déjà donc c’est un avantage. Aujourd’hui, un certain nombre de dossiers ont été résolus. Des dossiers qui étaient en attente depuis X temps. Mais nous reprenons, nous allons remettre du lien entre les services, entre les groupements. Nous présenterons des documents structurants comme le projet d’établissement, le règlement intérieur et d’autres dossiers qui devaient être faits et qui n’avaient pas eu le temps d’être réalisés. Le projet d’établissement, c’est la vision de la construction du service sur un temps donné. Cela permet la définition du budget financier qu’il faut y allouer pour pouvoir y répondre.

FI : La communication était rompue entre votre prédécesseur et les syndicalistes. On a l’impression qu’avec vous l’entente est meilleure. Quel est votre secret pour réussir à calmer les choses ?

O. N. : Je n’ai pas de secret, mais c’est peut-être parce que nous sommes tous des sapeurs-pompiers dans l’âme. J’ai un devoir de réserve vis-à-vis de mes prédécesseurs, mais je partage, j’échange avec tout le monde. Ma porte est toujours ouverte. Je travaille dans la logique et la communication. Si vous regardez mon emploi du temps, il est plus côté terrain que côté administration. Le but de ma présence est de mettre mon savoir-faire au service de la construction d’une réponse de sécurité civique pour Mayotte. Nous ne sommes pas d’accord sur tout, mais il faut savoir négocier. Quand on me demande de mettre quelque chose en place, je mesure le poids de la chose. Je pars du principe que tout problème a une solution. La seule chose que nous avons à l’esprit, c’est que nous avons une obligation d’apporter une réponse à toute demande de secours, le plus approprié possible.

FI : Qu’en est-il du conflit avec l’aéroport et les sapeurs-pompiers du SDIS 976 ?

O. N. : Il n’y a plus de convention, elle s’est arrêtée le 31 décembre 2020. Nous avons récupéré nos agents et ils sont chez nous. Maintenant, à l’aéroport, il y a un service privé, ce sont des agents de sécurité aéroportuaire. Je ne suis pas demandeur pour négocier une nouvelle convention, l’aéroport ne l’est pas non plus. La convention a été créée en 2011, je faisais partie de l’équipe qui l’a écrite quand nous sommes passés de l’ancien aéroport à la nouvelle structure. Tout le monde savait à l’époque que nous partions sur une période de neuf ans, avec une renégociation possible tous les trois ans, elle a été reportée à chaque fois. Je n’étais pas là dans les négociations de 2020, mais aujourd’hui, c’est impossible de revenir sur la convention, elle est terminée.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes