F.I. : La distribution de l’eau en sachet de M’gombani, le 2 octobre, ne s’est pas très bien passée. Comment voulez-vous faire pour les prochaines ?
J.M. : C’était une expérimentation de la sécurité civile pour stocker l’eau produite. Il y avait deux contraintes à l’usage. Un, une représentation véhiculée que l’eau n’est pas potable. Deuxièmement, l’ouverture est difficile et un « one shot ». Dès le lendemain, j’ai proposé qu’on investisse dans des jerricans pour rehausser le niveau des gourdes. C’était le cas, ce mercredi matin, dans l’école de Longoni. Ce qui n’a pas marché, c’est la cuve des sanitaires qui ne s’est pas remplie pendant la nuit (N.D.L.R. l’école a dû fermer une fois la distribution terminée). Tout le monde a besoin de se régler.
F.I. : Combien d’écoles sont encore dépourvues de cuves ?
J.M. : Il y avait au départ 83 écoles qui n’étaient pas sur le chemin de l’eau. Il en reste une dizaine. Les communes font de gros efforts pour sécuriser ces cuves. La Dealm (N.D.L.R. direction de l’environnement, de l’aménagement, du logement et de la mer de Mayotte) a renforcé la dotation de cuves pour augmenter la durée d’autonomie. J’étais ce matin à Majicavo-Lamir, par exemple, ils m’ont dit que les cuves peuvent leur permettre de tenir deux jours et demi. Toutes les vacances seront consacrées à finaliser ça. Il restera une problématique, le vandalisme.
Pour l’eau potable, les élèves sont invités à venir avec leurs gourdes pleines. On organisera un réassort soit par des bouteilles, sinon, ce sera avec les jerricans.
F.I. : Vous aurez des bouteilles dès le retour des vacances ?
J.M. : La Première ministre a arbitré le principe d’un élargissement du public, à partir de mi-novembre. Ça pourrait venir plus vite. L’idée, c’est qu’on soit prêts dès le 1er novembre pour les écoles qui ne sont pas sur le chemin de l’eau, afin qu’on puisse arrêter avec cette rupture scolaire. Tout le monde veut travailler normalement.
F.I. : Il y avait aussi des inquiétudes sur la mise en place de jauges à la rentrée.
J.M. : C’est une hypothèse qu’on a travaillé avec les chefs d’établissement, les représentants des personnels et les syndicats. On se préparait au pire, on a même évoqué un décalage des vacances. On s’est demandé quelle image, ça donnerait. Les professeurs s’en vont et laissent le territoire dans la mouise. A la rentrée, on est parti pour tout faire pour avoir un fonctionnement normal. On a un plan de secours si les conditions se dégradaient. Pour les collégiens, on aurait prévu un accueil tous les matins de tous les élèves pendant une semaine, puis toutes les après-midis, la semaine d’après. Au lycée, c’était le lundi, le mercredi et le vendredi pour un groupe, et le mardi, le jeudi et le samedi pour l’autre groupe.
F.I. : Il y avait cette peur avant la rentrée que des professeurs ne viennent pas. Maintenant, il y a celle que ceux qui sont là partent. Par rapport à ça, la phrase « ils ne sont pas dignes d’appartenir au service public » a été d’ailleurs mal vécu.
J.M. : J’ai cru comprendre. Personne n’a écouté la suite de la phrase. J’ai continué en disant que « plus de 95% des enseignants sont pour rester là ». On a enregistré seize départs sur 1.300 enseignants. L’eau était un élément parmi d’autres. Il y a aussi la paie et l’insécurité. On avait fait une bonne rentrée avec le plus de postes pourvus. On était arrivés à 60 postes sur le second degré et moins sur le premier degré. Les brigades de remplacement permettaient de compenser ces absences. Après, les arrêts-maladie, maternité, dans certains endroits, il manque des enseignants. On s’est rendu compte que sur des matières comme physique-chimie ou lettres, on a pas mal de candidats d’origine étrangères d’un bon niveau avec un statut d’étudiants. On ne pouvait que leur proposer des contrats de 11 heures. Les académies de Versailles et Créteil ont commencé à leur proposer des temps-complet, on a décidé de faire pareil depuis la semaine dernière.