🎁 Article offert
À l’occasion du lancement de WASSI MEDIA, nouveau média numérique consacré aux contenus mahorais, Jacqueline Djoumoi-Guez revient sur la genèse du projet, ses ambitions et la place qu’elle souhaite donner à la jeunesse dans cette nouvelle plateforme. Elle évoque également les programmes proposés et le modèle économique de ce média 100 % numérique.
Flash Infos : Vous venez de lancer la création de votre média, avec quoi peut-on vous souhaiter ?
Jacqueline Djoumoi-Guez : Que ce média trouve son public ! Je suis convaincue qu’il faut ouvrir des portes, il faut commencer quelque chose. On commence modestement. On sait que c’est différent. Wassi Media, c’est un site Internet avec une application qui arrive dans quelques jours. Dans l’outil lui-même, il est différent. On espère que les gens vont suivre ce mouvement, comprendre nos intentions. Il faut soutenir ce média car il a vocation à apporter un autre regard. Être un nouveau média n’est jamais anodin. J’espère aussi qu’une fois le public trouvé, il trouvera ses annonceurs. Nous sommes une plateforme gratuite. Nous avons donc besoin d’annonceurs qui soutiennent le mouvement. Notre cible a un pouvoir d’achat, qui a la possibilité d’acheter. Nous avons aussi la possibilité de déterminer le profil de notre audience. Ça change l’approche de vendre la publicité à Mayotte, avec, pour une fois, la possibilité de faire un retour précis.
F.I. : Quelle est la promesse que vous faites à ce public mahorais ? Quels programmes pourrons-nous retrouver sur votre plateforme ?
J.G. : Je promets un autre regard sur la jeunesse. C’est aussi apporter avec un regard qui est différent. Je le fais sur une plateforme qui leur est accessible gratuitement. Nous avons des talk-shows sur des sujets de société, « On en parle », avec Malika. On a « Itinéraire bis », une émission qui met en avant le parcours, qui met en avant le parcours de gens, car j’ai un message : « Rien n’est perdu d’avance. » On n’est pas obligé d’avoir un chemin linéaire. On peut avoir une, deux, voire quinze vies. Commencer éboueur, finir responsable. Commencer médecin et finir chanteur. Personne n’est limité par le chemin qu’il a en face de lui. Pop-corn et pyjama est un programme de divertissement pur, avec une animatrice qui apporte une analyse solide. Le but est d’apporter des réflexions et d’apporter de la matière à réfléchir. Nous avons une Série médicale « Quoi de neuf, doc ? ». À contre-courant de ce qui se fait jusqu’ici. Fais le pari que la jeunesse n’a pas le temps. Il faut que l’information passe vite. Fait le pari de faire une information importante, quelle qu’elle soit, en deux minutes. Et enfin, une série « Tchia poutou » (= mets du piment, en shimaore, NDLR). On fait le pari de 1 h 30 avec un artiste. À la fin du visionnage, on puisse en apprendre davantage sur l’artiste, son univers, ses problématiques. Pendant une heure trente, on évoque entièrement son parcours, ses difficultés, doutes, espoirs, limites et freins. C’est décomplexé, drôle, émouvant.
F.I. : Quelles ambitions avez-vous pour ce média ? Est-ce que vous souhaitez être diffusé à la télévision un jour ?
J.G. : Wassi Media n’est pas un essai avant la télévision. Je constate que 80 % de nos interactions se font par téléphone. Je constate que les jeunes sont connectés, que tous les jeunes ont un téléphone à la main, avec un réseau Internet. Mon but est de faire grandir Wassi Media, d’en faire un média de référence digital. Mais évidemment, tout le monde peut s’y reconnaître et apprécier les programmes. Les parents pourront retrouver du programme éducatif pour leurs enfants.
Flash Infos : Depuis combien de temps travaillez-vous sur ce projet ? Comment est-il né ?
J.G. : J’ai commencé cette réflexion il y a déjà 4 ans. Entre-temps, il y a eu Chido, ce qui a un peu cassé cet élan. Mais ça fait donc dix ans que je suis dans la production audiovisuelle à Mayotte. J’ai produit des documentaires, des séries de fiction, des reportages, de la pub. J’ai eu le temps d’apprendre et d’observer la manière dont les programmes sont consommés à Mayotte. Très peu de médias s’adressent spécifiquement aux jeunes. Il existe peu de programmations destinées à une cible entre 13 et 35 ans et la met en avant par la même occasion. En créant Wassi Media, je m’entoure de la tranche d’âge visée. L’écriture de nos émissions suit aussi cette tranche d’âge. Dans notre air du temps, on parle français, kibushi, shimaore dans la même phrase et c’est OK. J’essaye d’expliquer un regard nouveau sur la jeunesse de Mayotte, celle dont on ne parle jamais. On parle des problèmes, mais on ne parle pas de ceux qui, tous les matins, entreprennent, qui enseignent, qui soignent, qui produisent, créent de l’art visuel. Mon but est de montrer Mayotte vue et portée par elle.
Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

































