Christian Grolier à Mayotte : FO veut faire entendre les revendications des Mahorais dans l’Hexagone

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Christian Grolier, secrétaire général de FO Fonction publique, était en visite à Mayotte depuis le lundi 5 octobre. Cette étape s’inscrit dans la tournée de la délégation syndicale FO en France et dans les Outre-Mer. L’objectif est de préparer les élections professionnelles dans la fonction publique, prévues du 3 au 10 décembre 2026, et d’échanger avec les agents et les représentants syndicaux sur leurs revendications.

La présence de Christian Grolier à Mayotte avait également pour objectif de recueillir les doléances et les revendications de la population mahoraise, afin de les porter au niveau national et de faire entendre la voix des Mahorais dans l’Hexagone.  

Flash Infos : Pourquoi êtes-vous à Mayotte ? 7

Christian Grolier : Nous sommes venus à Mayotte pour deux raisons. D’abord, pour préparer les élections professionnelles dans la fonction publique, qui auront lieu du 3 au 10 décembre 2026 et qui servent à calculer la représentativité de toute la fonction publique, c’est-à-dire de l’État, des collectivités, des mairies et de l’hôpital public. Ça fait 5,8 millions d’électeurs, plus de 20 % de l’emploi salarié de notre pays. Donc c’est une élection qui est très importante, évidemment, pour savoir qui est représentatif. FO est la première organisation syndicale de la fonction publique de l’État. Donc pour nous, c’est important de le rester, puisqu’on est premiers depuis que les élections existent, en 2010. Et venir aussi à Mayotte, parce qu’on est dans un contexte budgétaire très compliqué, tant au niveau de l’Hexagone qu’au niveau de Mayotte, puisqu’on a le projet de loi de finances 2027 qui est en discussion au Parlement. Et puis on voulait revenir parce que j’étais venu avant Chido et je voulais revenir pour voir où on en était, comment se passait la reconstruction.

F.I : Qu’avez-vous pu constater depuis votre arrivée à Mayotte lundi, et qu’est-ce que vous retenez de vos différentes rencontres sur le terrain ?  

C.G : Ce que nous constatons depuis notre arrivée, c’est que la reconstruction est malheureusement très lente. Il y a des sujets qui sont communs à tous les Mahorais, mais pas forcément aux fonctionnaires, sur lesquels le syndicat n’a pas forcément une grande prise. Ce sont les problèmes d’insécurité, qui sont toujours très prégnants. À part l’insécurité, il y a les problèmes de l’eau aussi, avec la difficulté d’en avoir. Et puis les problèmes d’hébergement, de logement, qui impactent aussi tous les Mahorais. Alors nous, bien-sûr, sommes compétents sur le champ de la fonction publique. Donc notre objectif, c’était de voir comment on pouvait, à travers l’aide sociale, à travers des investissements de l’État, améliorer la restauration, améliorer le logement, et si possible, organiser le travail le mieux possible, dans une période où beaucoup de bâtiments publics sont en construction. Nous, on dit qu’il faut faciliter à fond, pour les missions qui le permettent, le télétravail sur trois jours. Donc ça nous a permis de voir la situation et la motivation de nos fonctionnaires, qui travaillent dans des conditions déplorables, en sous-effectif, avec beaucoup de contrats précaires. À la préfecture, par exemple, vous avez 45% de personnel sous contrat, des contrats actuels, alors que la moyenne nationale, c’est 21 %. C’est-à-dire qu’on a le double de contrats actuels, alors que ce sont des postes pérennes, sur lesquels il faudrait mettre des fonctionnaires.

F.I : Comment vont justement se dérouler les élections en décembre ?

C.G : Les élections se dérouleront du 3 au 10 décembre. Elles seront généralisées par vote électronique. Donc, c’est quelque chose qui nous inquiète un peu, parce que la participation est toujours plus faible quand on vote par voie électronique. Donc, on fait en sorte de bien mobiliser nos troupes, de leur expliquer les enjeux. Puisque, dans la fonction publique, aujourd’hui, on travaille un peu comme dans le privé, sur le principe des accords, il faut des accords majoritaires.

Pour qu’un accord soit valide après une négociation, il faut que les organisations syndicales qui signent représentent 50 % du personnel. C’est pour ça que plus on sera forts, plus on aura du poids dans les négociations. Aujourd’hui, on est premiers, avec presque 20 % de représentativité. On espère progresser pour gagner la première place.

F.I : En quoi Mayotte est-elle importante dans votre dispositif ?

C.G : Mayotte est très importante dans le dispositif ; après on va enchaîner avec l’île de La Réunion. Pour plusieurs raisons : d’abord parce que c’est un département de la République qui est quand même loin d’avoir les mêmes droits que les autres. C’est un département qu’on a l’impression de voir oublier. Il y a beaucoup de promesses. C’est le département où il y a le plus de passages de ministres et de Premiers ministres. Avec beaucoup de promesses, mais toujours des engagements sur une durée extraordinaire.

Quand on entend que le prochain aéroport serait pour 2036, dans dix ans quel est le Premier ministre qui peut annoncer ça aujourd’hui, sachant qu’il sera peut-être même plus aux affaires dans six mois, après les présidentielles et les législatives. Donc pour Mayotte, c’est important, parce qu’ils garantissent malgré toute la cohésion du territoire, les valeurs républicaines d’égalité et de liberté. Donc, pour nous, c’est important de venir ici et de dire que Mayotte doit être un département qui a les mêmes droits que les autres, qui ne peut pas être un sous-département. Et pour l’instant, on en est loin.

F.I : Avez-vous prévu de futures formations à destination des sections locales qui en ont tant besoin ?

C.G : On a prévu de porter des revendications très précises pour Mayotte. Par exemple, j’ai insisté sur les deux points. La première, c’est qu’aujourd’hui, pour les fonctionnaires, quand on arrive à Mayotte, il y a une aide pour financer le logement locatif. Sauf que cette aide, on n’est pas capable de la recevoir si on est un fonctionnaire Mahorais. C’est donc c’est un grand paradoxe. Je viens à Mayotte, je fais valoir le fait que j’ai un intérêt matériel et moral, c’est-à-dire que je suis né ici, que j’ai de la famille, et on me dit que puisque c’est le cas, tu as ta mutation, mais pour autant, à cause de cela, tu n’as d’aide l’aide au loyer.

Alors qu’un fonctionnaire de l’Hexagone qui vient être muté ici, qui en plus ne restera pas, qui ne fera qu’un passage, lui, on l’aide à hauteur de 30% pour payer son loyer. On dit que le fonctionnaire, qu’il soit Mahorais, il doit être traité pareil. Donc, on demande de l’aide au logement pour tout le monde. Et que 30% de loyer soit payé par l’État pour tous ces fonctionnaires, Mahorais ou pas.

F.I : À votre arrivée à Mayotte, vous avez été confronté aux revendications des lycéens, notamment sur leurs conditions de vie et d’études. Comptez-vous également porter leurs messages dans l’Hexagone ?

C.G : La Force ouvrière a soutenu la mobilisation des lycéens. Ensuite, vous savez, leurs revendications, finalement, sont un peu les mêmes que celles de leurs professeurs. On veut des bâtiments en meilleur état, on veut moins de gamins par classe ou d’élèves par classe. Tout ça, on le porte aussi du côté enseignant. Donc, oui, on va faire remonter toutes ces revendications. On a fait les Finances publiques, on a fait la préfecture. On a les faits. Donc, on va regrouper les problématiques communes. Il y en a une sur laquelle on travaille beaucoup, c’est que, près de la préfecture, il y ait la construction d’un restaurant inter administratif qui permettrait à tous les fonctionnaires, le midi, d’avoir un repas de qualité, équilibré, à un prix faible. Il y aura une participation. On essaie aussi de faire beaucoup de choses pour que le premier fonctionnaire qui arrive ici, pour sa première affectation, son premier poste ou une mutation, et qu’il ait un logement au moins provisoire.

Journaliste passionnée. Je consacre mon travail à éclairer les réalités locales, nourrissant ma plume d’une veille culturelle constante. Hors des écrans, je retrouve mon équilibre et ma clarté dans le rythme apaisant de la marche.

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