Des réponses du rectorat jugées insuffisantes par les lycéens du lycée Younoussa Bamana

Après une première rencontre jugée décevante avec le rectorat mardi, les lycéens du lycée Younoussa-Bamana se sont de nouveau mobilisés ce mercredi matin devant l’académie. Une nouvelle rencontre a été organisée avec leurs représentants.

Le rectorat de Mayotte avait annoncé, en amont de la mobilisation lycéenne du mardi 6 octobre, vouloir échanger avec les représentants des élèves lors d’un Conseil académique exceptionnel de la vie lycéenne et collégienne, organisé en visioconférence.

Après une matinée mouvementée dans plusieurs établissements du territoire, notamment à Kaweni, à Chirongui et au lycée Younoussa-Bamana de Mamoudzou, les représentants des élèves ont participé à ces échanges avec la rectrice Valérie Debuchy.

Classes surchargées, manque de personnels et de matériel, état des sanitaires et des bâtiments, transports scolaires, restauration, sécurité ou encore conséquences du cyclone Chido : les motifs de mécontentement sont nombreux. Des tensions et des affrontements avec les forces de l’ordre ont également éclaté aux abords de certains établissements, alors que les lycéens espéraient obtenir des réponses concrètes à leurs demandes.

Pour cette réunion, le rectorat avait réuni plusieurs interlocuteurs afin de permettre aux représentants des élèves d’exposer directement leurs difficultés et de présenter leurs propositions. Aux côtés de la rectrice et des représentants du rectorat, participaient à cette visioconférence des représentants des parents d’élèves, de la FCPE et de l’UDCSFM, mais également des représentants du Conseil départemental compétents en matière de transports ainsi que le directeur de Transdev.

La présence de ces différents acteurs devait notamment permettre d’aborder les problématiques qui dépassent les seules compétences de l’Éducation nationale, en particulier celles liées aux transports scolaires.

À l’issue de la rencontre, le rectorat indique que plusieurs préoccupations communes aux collégiens et aux lycéens se sont dégagées des échanges. Elles concernent les rythmes scolaires, les conditions de transport, l’état et l’équipement des établissements, l’hygiène et la restauration, la sécurité, mais aussi le bien-être et la santé mentale des élèves.

« Une première étape »

Dans son communiqué de presse publié mardi soir, il précise que la rectrice considère cette rencontre comme “une première étape”.

Les difficultés soulevées doivent désormais faire l’objet d’un “travail approfondi” avec les établissements et les partenaires concernés. L’objectif affiché est d’identifier les réponses pouvant être apportées “à court terme” et celles qui nécessitent un accompagnement dans la durée.

Le communiqué ne détaille toutefois pas de mesures précises ni de calendrier de mise en œuvre. Le rectorat annonce avant tout une phase de travail destinée à examiner les préoccupations exprimées par les élèves et à déterminer les suites qui pourront leur être données.

Reste donc à savoir quelles réponses concrètes seront apportées aux demandes formulées lors de cette rencontre, alors que les lycéens mobilisés attendent désormais des engagements précis.

Une consultation nationale ouverte jusqu’au 23 octobre

En complément des échanges organisés à Mayotte, les représentants des élèves ont été informés de la consultation nationale des lycéens lancée par le ministère de l’Éducation nationale dans le cadre du mouvement actuel.

Accessible sur la plateforme Agora jusqu’au vendredi 23 octobre 2026, cette consultation repose sur deux questions : quelles sont les principales difficultés rencontrées dans leur lycée et quels changements les élèves estiment nécessaires pour mieux apprendre et mieux vivre leur scolarité ?

Les contributions sont anonymes et peuvent être formulées individuellement ou collectivement. Elles doivent permettre de mieux cerner les attentes des lycéens et d’alimenter la réflexion aux niveaux territorial et national.

Pour le rectorat, cette démarche vient compléter le dialogue engagé avec les représentants des élèves et prolonger les échanges au sein des établissements.

Une “déception totale”

“La réunion a eu lieu et, sans surprise, c’est une déception totale”, a fustigé la représentante des élèves du lycée Younoussa-Bamana à la sortie de l’échange, mardi.

Face à des réponses jugées insuffisantes, les élèves ont de nouveau manifesté ce mercredi matin, se rendant jusque devant le rectorat. Une mobilisation qui leur a permis d’obtenir une nouvelle rencontre, cette fois entre une trentaine de lycéens sélectionnés et deux représentants de l’académie de Mayotte.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune information n’a encore filtré sur le contenu de cette nouvelle réunion. Une chose est toutefois certaine : les lycéens de Younoussa Bamana entendent poursuivre leur mobilisation pour obtenir des réponses concrètes à leurs revendications.

Des établissements encore perturbés ce mercredi

Du côté des autres établissements, le lycée des Lumières, à Kaweni, est resté fermé préventivement ce mercredi, après les violences survenues la veille. À Sada, le lycée a été évacué vers 7 heures en raison de nouvelles violences, décrites comme des “rixes entre bandes rivales”, selon les informations de Mayotte La 1ère. Les élèves ont dû se confiner dans l’établissement le temps de l’intervention de la gendarmerie.

À Chirongui, après les violences de mardi, les parents d’élèves se sont réunis et ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants au lycée ce mercredi. Selon nos confrères de Mayotte La 1ère, les cours devraient reprendre jeudi avec un temps d’échange consacré à l’impact psychologique des violences sur les élèves.

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Victore Diwisch

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