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Le sénateur de Mayotte, Said Omar Oili, vient de saisir la justice administrative à propos du projet d’aéroport de Bouyouni. Après avoir alerté sur l’annulation partielle de l’usine de dessalement d’Ironi Bé, l’élu multiplie les courriers pour dénoncer le manque de transparence entourant le futur aéroport et prévenir un nouveau contentieux.
Point de départ de ses démarches : le jugement du 31 juillet 2026 par lequel le tribunal administratif de Mayotte a suspendu l’autorisation environnementale de l’usine de dessalement d’Ironi Bé, à Dembéni, donnant six mois pour corriger trois irrégularités. Dans ses écrits, le sénateur rappelle que cette décision confirme les mises en garde de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), qui estimait en juin 2025 que vouloir « raccourcir les procédures règlementaires par des procédures d’urgence civile ne permet pas (…) de gagner du temps de manière significative sur les projets structurants ».
Pour Said Omar Oili, ce précédent est directement transposable au dossier de Bouyouni : « Ce jugement montre que l’urgence ne dispense pas du respect des procédures. Il doit nous inviter à la plus grande prudence sur les autres grands chantiers en cours à Mayotte. »
Deux courriers récents pour exiger des documents manquants
C’est sur cette base que le sénateur a engagé une série de démarches écrites ciblant spécifiquement le projet d’aéroport. Dans un premier courrier, adressé au préfet de Mayotte, il demande communication du rapport sur la compensation financière des professionnels concernés par les expropriations de terres agricoles. Par réponse du 24 août 2026, le préfet lui indique « qu’il n’était pas disponible, ne l’ayant lui-même pas reçu ». Face à ce silence, Said Omar Oili franchit une nouvelle étape. Par courrier du 28 septembre 2026, il saisit le président des tribunaux administratifs de La Réunion et de Mayotte, Jean‑Michel Laso. Il lui demande « si l’absence d’étude préalable agricole au moment de l’enquête publique peut affecter la régularité de la procédure administrative engagée pour la réalisation du projet ». Pour l’élu, cette carence est d’autant plus problématique que « aucun rapport sur la question de la compensation financière des professionnels n’a été rendu public, alors que le projet pose la question de l’expropriation des agriculteurs concernés ».
« Les Mahorais doivent obtenir des réponses avant d’aller plus loin »
À travers ces différents courriers, le sénateur Saïd Omar Oili interroge la solidité juridique de la procédure engagée autour du projet d’aéroport de Bouyouni. Il s’interroge notamment sur les conséquences que pourrait avoir l’absence du rapport consacré aux compensations financières des professionnels concernés par les expropriations, évoquant le risque de voir le projet confronté à des difficultés similaires à celles rencontrées par l’usine de dessalement d’Ironi Bé.
L’élu demande également que des réponses soient apportées sur les conditions d’expropriation et de compensation des agriculteurs concernés avant la poursuite du projet. Il inscrit ainsi ses démarches dans une demande plus large de clarification sur la régularité des procédures administratives et sur les documents disponibles concernant le projet d’aéroport.
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