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En déplacement à La Réunion ce lundi 5 octobre, la ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, a consacré sa visite à la place stratégique de la France dans l’océan Indien. Depuis la base aérienne 181 « Lieutenant Roland Garros », à Sainte-Marie, elle a assisté à une démonstration de la mission Pégase 2026 et rencontré plusieurs responsables militaires de la région. La ministre a également annoncé 272 postes supplémentaires pour La Réunion et Mayotte, ainsi qu’un renforcement des moyens de surveillance dans la zone.
Sur le tarmac de la base aérienne 181, à Sainte-Marie, Catherine Vautrin a voulu afficher la capacité de la France à se projeter rapidement dans l’océan Indien mais également réaffirmer la souveraineté française dans l’Indopacifique. Sa visite réunionnaise s’inscrit dans le cadre de Pégase 2026, une mission de longue distance menée par l’Armée de l’Air et de l’Espace.
Le dispositif mobilise 300 aviateurs et aviatrices et neuf appareils, pour un déploiement de 40 000 kilomètres sur quarante jours. Avec une logistique autonome et l’appui de neuf pays partenaires, Pégase 2026 vise d’abord à démontrer la capacité des forces françaises à « se projeter vite et loin » et à entraîner les militaires à ce type de déploiement.
L’étape réunionnaise vise aussi à conforter l’île comme point d’appui du dispositif militaire français dans le sud de l’océan Indien. La base aérienne 181 est le seul point d’appui permanent de l’Armée de l’Air et de l’Espace dans la région et peut accueillir ponctuellement des moyens supplémentaires projetés depuis l’Hexagone.
Cette fonction a notamment été éprouvée après le passage du cyclone Chido à Mayotte, en décembre 2024. La base aérienne 181 avait alors été transformée en hub logistique pour réceptionner les renforts et le fret arrivant de l’Hexagone avant leur acheminement vers Mayotte. Des rotations entre les deux îles avaient notamment été assurées par deux Casa des Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) et des A400M, afin de transporter secours, personnels et matériel.
Avant de rejoindre La Réunion, une partie des appareils avait décollé de Jodhpur, au Rajasthan. Deux avions ravitailleurs, deux Rafale et un A400M participaient à cette séquence, au cours de laquelle trois ravitaillements en vol ont été réalisés.
Le canal du Mozambique au cœur des échanges
La journée a également été consacrée à la coopération avec les voisins de la France dans la région. Le programme prévoyait notamment un entretien bilatéral avec le général Ely Razafitombo Maminirina, ministre des Forces armées de Madagascar, puis un échange avec les chefs d’état-major des armées de plusieurs pays de la Commission de l’océan Indien, avant une démonstration de ravitaillement en vol dans le cadre de Pégase 2026.
Parmi les sujets abordés, Catherine Vautrin a insisté sur le canal du Mozambique. Selon la ministre, les crises internationales et l’évolution des flux maritimes renforcent encore l’importance stratégique de cette voie de navigation.
« C’est donc, bien évidemment, un endroit où nous devons préserver l’environnement, préserver la sécurité. Et cela nécessite des coopérations », a-t-elle déclaré, en précisant que celles-ci doivent se construire « dans le respect de la souveraineté de chacun de ces pays ».
Son homologue malgache a lui aussi insisté sur cet enjeu. « Cette coopération est très importante », a déclaré le général Ely Razafitombo Maminirina, en évoquant notamment la protection et la sécurité du trafic maritime.
Pour Catherine Vautrin, l’océan Indien constitue désormais sans ambiguïté un espace stratégique majeur pour la France. Dans un entretien accordé au Quotidien de La Réunion, elle répond ainsi par « C’est une certitude » à la question de savoir si la région est devenue un théâtre stratégique de premier plan. Sur les contestations de souveraineté française, elle assure également : « Quand des pays viennent contester notre souveraineté, nous sommes intransigeants. »
Des moyens renforcés à La Réunion et à Mayotte
La ministre a profité de son déplacement pour rappeler le renforcement programmé du dispositif militaire français dans la zone. Elle annonce notamment 272 postes supplémentaires pour La Réunion et Mayotte, dont 165 dès 2026. Un avion léger de surveillance est par ailleurs présent en permanence depuis le 1er octobre, tandis qu’un deuxième patrouilleur outre-mer est annoncé pour l’année prochaine.
Ces investissements répondent à la dégradation du contexte international. « Vivre libre et en paix a un coût », a défendu la ministre. « Pour être respecté, il faut être équipé. C’est le sens de ce que nous faisons. »
La ministre a ainsi insisté sur la sécurisation des espaces maritimes et des grandes voies de circulation. La France entend, selon elle, « ne rien céder sur la liberté de navigation », tout en conservant la capacité de venir en soutien aux pays partenaires lorsqu’ils en font la demande et de « garantir le respect des traités internationaux ».
Son déplacement régional doit se poursuivre ce mardi 6 octobre à Madagascar, où des entretiens sont prévus avec le président Michaël Randrianirina et avec le ministre malgache des Forces armées.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.




































