Comores : à Moheli, 5 passeurs de migrants aux arrêts

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L’île semble débordée ces derniers temps par les flux de continentaux fuyant les conflits armés pour certains et qui souhaitent rejoindre Mayotte à travers des réseaux bien huilés opérant entre les Comores et la Tanzanie.  

Depuis plus d’un mois, Moheli fait face à des vagues de migrants abandonnés sur l’île. Pas plus tard que la semaine dernière, deux contingents de plus de 70 personnes ont été retrouvés dans des localités côtières. Le 14 septembre, les autorités avaient d’ailleurs reconduit vers les eaux internationales plus d’une centaine de continentaux en les faisant embarquer dans leur propre bateau. Beaucoup pensent que la multiplication des flux plus particulièrement à Moheli ces temps-ci est appuyée par des réseaux de passeurs. Une enquête a même permis d’arrêter 5 personnes accusées de jouer un rôle dans le trafic de migrants.

Selon une source judiciaire, ces prévenus se trouvent déjà en détention provisoire à la maison d’arrêt de Badjo.  » Ce sont tous des comoriens, il n’y a pas un ressortissant de nationalité étrangère pour l’instant. La plupart d’entre eux sont d’origine mohelienne. Ils sont inculpés pour trafic illicite de migrants« , a indiqué, notre source, ajoutant que parmi eux, on distingue des passeurs et des facilitateurs. D’après nos informations, le parquet a retenu l’article 122-12 contre les prévenus en attente d’un jugement.

Cette disposition définit le trafic de migrants comme le fait d’assurer, afin d’en trier, directement ou indirectement, un avantage financier ou autres avantages matériels, l’entrée illégale dans un État d’une personne qui n’est ni un ressortissant ni un résident permanent de cet État. «  Le trafic illicite de migrants est aggravé et puni de sept ans à dix ans et d’une amende de 30 000 000 de francs comoriens lorsqu’il est commis de façon à mettre en danger ou à risquer de mettre la vie ou la sécurité des migrants concernés, ou lorsqu’il est commis un traitement inhumain ou dégradant de ces migrants, y compris pour l’exploitation « , poursuit le même article du code pénal promulgué en 2021.

Plus de 200 migrants depuis septembre

 Pour durcir la répression, l’État a fait voter trois ans plus tard, une loi criminalisant le trafic avec de lourdes peines pour toute personne qui sera reconnue coupable.  » Le trafic illicite de migrants, lorsqu’il a été commis intentionnellement, ou la tentative, est puni de quatre ans à dix ans d’emprisonnement ferme et d’une amende de 20 millions à quatre-vingt millions de francs Comoriens« , clarifie l’article 3 du texte promulgué le 19 juillet 2024. Notons que sur les 5 suspects arrêtés à Moheli, seule l’identité de l’un d’entre eux, un enseignant très connu sur l’île a été divulguée sur les réseaux sociaux. Son nom est apparu à nouveau le 17 septembre quand un commissaire d’une brigade mixte luttant contre le trafic de migrants a tenté de le transférer à la Grande Comore, avant de se heurter au refus du parquet de Moheli.

La gendarmerie a dû intervenir pour empêcher l’embarquement du suspect. Au mois de septembre, les autorités de Moheli ont arrêté au moins 200 migrants. Pas plus tard que la semaine dernière, 73 continentaux dont 15 enfants, âgés de 5 mois à 12 ans, ont été débarqués par des passeurs sur des plages. Aucune embarcation n’a été retrouvée.  62 ont déclaré être originaires du Nord-Kivu, région de la RDC en proie à un conflit armé depuis des années. Selon une source locale, le premier contingent composé de 8 migrants, dont une femme est arrivé le 2 octobre, à Mbwamadji, une plage située à quelques kilomètres entre Djwaezi et Hagnamoida.  » Ce sont des habitants qui les ont repérés en premier avant d’informer la police nationale« , nous apprend-elle.

Moyens insuffisants

Le lendemain, à l’Ouest de l’île, un autre groupe de 65 personnes a été localisé à proximité d’une plage à Ouallah.   » Face au manque de moyens de prise en charge, les autorités les ont transférés à Moroni où ils sont pris en charge en attendant leur rapatriement« , a ajouté une source sécuritaire. Dans un article publié par Al-watwan, jeudi, le procureur de la République de Moheli, Elamine Mohamed a reconnu que les autorités de l’île rencontraient des difficultés dans l’hébergement de ces migrants, d’où leur transfert vers la Grande Comore.  » Samedi ils les étaient logés dans une école primaire publique du centre Fomboni. Un des migrants était malade et souffrait du paludisme. Mais on lui a donné des calmants et a pu se rétablir pour embarquer », a soufflé un habitant de Fomboni.

Flash Infos a essayé d’en savoir un peu plus sur les conditions de leur prise en charge auprès du ministère de l’intérieur, sans succès. Le même ministère qui le 28 septembre, a sorti un communiqué pour démentir les informations relayées sur Facebook, accusant son secrétaire général d’être impliqué dans des affaires de trafic présumé de migrants. Selon les certains médias sociaux, le secrétaire aurait essuyé un refus de visa à cause de cette histoire de migrants.

Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??

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