Ersi Volonaki, figure incontournable de l’économie mahoraise, nommée chevalier de la Légion d’honneur

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La présidente du groupe Sodifram figure parmi les personnalités étrangères distinguées à l’occasion du 14 juillet 2026. Le décret du 13 juillet 2026, publié au Journal officiel le lendemain, l’officialise : Ersi Volonaki, de nationalité grecque, présidente de la Sodifram, est nommée chevalier de la Légion d’honneur. Elle figure sur la liste du protocole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, aux côtés notamment de l’actrice Natalie Portman. Le texte salue « 34 ans de services », soit l’aventure entamée en 1992, lorsque la Société de distribution franco-mahoraise a pris son essor à Mayotte.

De Thessalonique à Mayotte, en passant par Paris

Rien ne prédestinait cette enseignante à devenir l’une des figures de proue de l’économie mahoraise. Née en Grèce, Ersi Volonaki a fait ses études à l’Université Aristote de Thessalonique et a continué avec un DEA à la Sorbonne, où naît son attachement profond à la langue et à la culture française. De retour en Grèce, elle enseigne les langues pendant une dizaine d’années à l’Institut français de Thessalonique. En parallèle, elle aide des entreprises françaises à se repérer dans le monde des affaires grecques. Elle y acquiert une première expérience de l’import-export et du transport, en particulier dans l’agroalimentaire.

Elle épouse Gérard Roudolff et s’installe à Paris en 1984 où elle a fondé sa propre entreprise de négoce international. En parallèle aux cotés de son mari, elle jette les bases de ce qui deviendra le groupe Sodifram. Le couple mise sur Mayotte à une époque où tout reste à construire. Le premier magasin ouvre rue du Commerce, à Mamoudzou, au début des années 1990. Ersi Volonaki assurait depuis le départ la présidence du groupe implanté à Mayotte.

Gérard Roudolff, cofondateur et coactionnaire du groupe, est décédé le 25 avril 2026. Le 4 mai, une messe lui a rendu hommage en l’église Notre-Dame de Fatima de Mamoudzou, au moment même où se tenaient ses obsèques à Paris. Tous les magasins Sodifram  étaient fermés jusqu’à 13 heures. Moins de trois mois plus tard, la distinction accordée à Ersi Volonaki vient saluer un parcours qu’elle a longtemps mené à ses côtés.

Un groupe profondément ancré dans l’île

Parti de quelques commerces alimentaires, le groupe compte aujourd’hui une quarantaine de sites et plus d’un millier de salariés. Dès 2016, Mayotte Hebdo le présentait comme le premier employeur privé de l’île. Ses enseignes font partie du quotidien des Mahorais : Baobab, Sodifram supermarché, Sodicash, Hyperdiscount, Jéjé, Intersport, SEMDS ou encore Musada, rachetée en 2001.

Le groupe maîtrise l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement, de l’achat à l’importation, jusqu’à la logistique et le transport. Il entend ainsi livrer des produits frais au plus vite, malgré les contraintes logistiques d’une île éloignée de ses fournisseurs. Depuis 2007, au moins un nouveau magasin a vu le jour chaque année.

En mars 2016, Ersi Volonaki a été sacrée « Manager de l’année 2015 » lors de la 4e édition des Trophées mahorais de l’entreprise. Le jury saluait notamment l’implantation à Kawéni de Goody’s, pionnier grec de la restauration rapide.

Un engagement local

Le groupe revendique une politique fondée sur la traçabilité et le recours aux fournisseurs de la région. Il référence ainsi des productions locales afin que le développement économique puisse être aussi favorisé. La politique prix est le point fort du groupe le mettant en position de leader sur son marché. Sodifram soutient par ailleurs des manifestations culturelles, sportives et humanitaires. Elle accueille aussi chaque année de nombreux alternants et forme de jeunes cadres mahorais.

Cet engagement a été mis à rude épreuve lors du cyclone Chido, en décembre 2024, lorsque le magasin des Hauts-Vallons, à Mamoudzou, a rouvert dès le lendemain de la catastrophe. Tandis que l’île manquait d’eau de nourriture et d’électricité, le groupe était en mesure d’assurer l’approvisionnement de la population grâce à ses entrepôts suffisamment grands et bien stockés.

Madame Volonaki a toujours fait preuve d’engagement, d’humanité et de bienveillance à l’exercice de ses fonctions. Elle est fière de la réussite de son entreprise et du rôle qu’elle joue dans la vie quotidienne des mahorais.

Une reconnaissance de la République

Plus haute distinction nationale, la Légion d’honneur récompense des mérites éminents. Elle peut être décernée à des étrangers pour les services rendus à la France. Elle vient ici saluer trente-quatre années de travail, de persévérance et de fidélité à une terre d’adoption.

De l’Institut français de Thessalonique aux rayons des supermarchés mahorais, le parcours d’Ersi Volonaki est celui d’une femme qui a fait de la rigueur et de l’attention portée à ses équipes, le fil conducteur de sa vie. Pour une grande partie de Mayotte, c’est aussi une réussite dont l’île peut être fière.

Mayotte Hebdo vise à contribuer au développement harmonieux de Mayotte en informant la population et en créant du lien social. Mayotte Hebdo valorise les acteurs locaux et les initiatives positives dans les domaines culturel, sportif, social et économique et donne la parole à toutes les sensibilités, permettant à chacun de s'exprimer et d'enrichir la compréhension collective. Cette philosophie constitue la raison d'être de Mayotte Hebdo.

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