L’explosion de violence sur le territoire ces jours-ci au centre d’une passe d’armes entre la députée LIOT de Mayotte, Estelle Youssouffa et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, mercredi après-midi à l’Assemblée nationale. Des échanges houleux au cours desquelles la parlementaire a reproché au premier flic de France d’avoir menti au sujet des promesses faites en août 2026 de renforcement des effectifs de la PAF, de démantèlement du camp illégal de migrants de Tsoundzou et de reconduite aux frontières de ses occupants africains originaires des pays des grands lacs. La députée a dressé une litanie de manquements à l’encontre du ministre, affirmant qu’il avait échoué dans sa mission et qu’il devait démissionner devant son bilan catastrophique.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a réaffirmé mercredi soir que les renforts de policiers qu’il a promis à la PAF de Mayotte seront bien au rendez-vous. Le sujet a donné lieu à une passe d’armes entre le premier flic de France et Estelle Youssouffa, la députée LIOT du 101 ème département français, d’abord dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, puis en Commission. Deux moments au cours desquels, le ministre n’a pas réussi à cacher son agacement face aux remarques insistantes de la parlementaire sur la violence qui explose à nouveau sur l’archipel. La première pique fut une allusion « à une petite bombe » qu’aurait lâchée le préfet François Poisot lors des assises sur la sécurité organisée par l’Association des maires il y a quelques jours.
A l’attention du ministre de l’Intérieur, Estelle Youssouffa a repris des données que le Délégué du gouvernement aurait fourni lors de cet événement, faisant état d’une augmentation des violences sur les personnes à Mayotte en 2026 de 20 %, et de 75 % sur les violences sexuelles sur les femmes et les mineurs par rapport à l’année dernière. Sarcastique vis-à-vis de Laurent Nuñez, la députée lui assène : « votre préfet s’est avoué impuissant, sinon à court d’idées, face à cette explosion de violence ». Droit dans les bottes de la réputation de « poutou m’gowa » (piment oiseau) qu’elle s’est faite auprès de ses partisans électoraux, Estelle Youssouffa s’est faite plus virulente dans ses propos, « vous vous êtes bien gardé lors de votre visite touristique cet été de dévoiler ces chiffres et de rencontrer les parlementaires mahorais. Pire, Monsieur le ministre vous avez menti en promettant dans votre tweet du 28 août des recrutements et des déploiements humains pour la police nationale à Mayotte. Vous venez de leur refuser ces renforts policiers ».
Cette attaque en règle contre le ministre de l’Intérieure ne lui paraissant visiblement pas, la députée assène une nouvelle invective à Laurent Nuñez, « Monsieur le ministre vous mettez en danger les femmes et les hommes chargés de nous protéger en les laissant en sous-effectifs à Mayotte, vous leur interdisez l’utilisation de flash Ball lorsqu’ils sont en première ligne face à une violence inouïe ». Toujours à coup de Monsieur le ministre, elle se lance alors dans une longue litanie de manquements qu’elle met sur le compte du floc de France auquel elle reproche d’avoir laissé ses compatriotes Mahorais sans défense face aux barbares qui caillassent les bus scolaires, les enseignants, les forces de l’ordre, qui attaquent les enfants dans les lycées, qui envoient des cocktails Molotov, des parpaings, des tiges d’aciers ou harpons pour transpercer les véhicules.
« Comment justifiez-vous votre salaire si vous ne faites pas le travail ? Quand allez-vous nous remettre votre démission » ?
Se montrant encore plus offensive, Estelle Youssouffa a rappelé au ministre de l’Intérieure qu’il avait pris un certain nombre d’engagements lors de sa visite du camp illégal de migrants africains à Tsoundzou, qu’il n’a aucunement respecté, pas même engagé le démantèlement de ce camp illégal, ni procédé à la moindre reconduite à la frontière de ses habitants. « Votre bilan est catastrophique, vous avez capitulé ! Plus 20 % de hausse sur les violences sur les personnes, 75 % de hausse sur les violences contre les femmes et les mineurs, ma question est la suivante Monsieur le Ministre, comment justifiez-vous votre salaire si vous ne faites pas le travail ? Quand remettez-nous votre démission » ? Resté jusque-là impassible (en apparence en tous les cas), Laurent Nuñez n’a pas tardé à lui donner la réplique en expliquant que son déplacement sur le territoire (26 et 27 août 2026) n’était pas une visite touristique mais de travail.
Dans un ton mesuré, le ministre de l’Intérieur a précisé qu’il a rencontré les maires de l’île, les policiers, les gendarmes auxquels il a rendu hommage pour la qualité du travail qu’ils accomplissent. « Je ne sais dans quel monde je me suis opposé à des recrutements à Mayotte puisqu’avec le Premier ministre, j’ai annoncé un renfort des GAO de plusieurs dizaines de personnes Madame la députée. Vous l’avez entendu, je tiendrai parole ! Nous nous sommes engagés à renforcer les moyens nautiques pour empêcher les kwasa-kwasa de rentrer sur l’île ».

Au tour du premier flic de France de hausser le ton face à la députée de Mayotte pour lui signifier son agacement face aux affirmations qu’elle venait d’avancer auparavant : « vous l’avez entendu nous allons le faire, avec les forces armées nous allons travailler pour renforcer les radars. Tout cela sera mis en place. En plus, je ne sais pas dans quel monde on interdit les armements intermédiaires à Mayotte puisque justement sur ce territoire, il y a des règles dérogatoires, notamment au profit de la gendarmerie nationale et je les ai validés personnellement ». C’est un Laurent Nuñez hors de lui qui invite la parlementaire mahoraise à travailler ses dossiers avant des poser des questions qui sont « à la limite insultantes ».
Un ministre de l’Intérieure très agacé qui assure pouvoir tenir ses promesses
Impassible, Estelle Youssouffa, retrouve la parole à nouveau pour lui rappeler que c’est un de ses collègues du même ministère qui a expliqué de passage à Mayotte qu’il n’y a de renforts de GAO et qu’il n’y a pas d’effectifs supplémentaires. « Je vous pose la question précisément parce que ce n’est pas le cas et les mouvements Place Beauvau ont été annoncés, il n’y a pas de renforts d’effectifs à Mayotte malgré vos annonces », complétant son propos par le fait qu’il y aurait des demandes pour que ce soient des recrutements en internes. La passe d’armes s’est poursuivie de plus bel, Laurent Nuñez ayant repris la parole pour rappeler que son passage dans l’archipel remonte seulement à fin août et que les recrutements des GAO ne se fait pas « comme ça », que ces recrutements étaient en cours dans le cadre du PNLF et qu’ils arriveraient très vite.
« Je n’au qu’une parole, ils seront sur place » ! Le ministre a une fois de plus loué les compétences de l’actuel préfet de Mayotte et la qualité des échanges qu’il a eu avec les maires mahorais d’une autre nature que celles en cours avec la députée Estelle Youssouffa. Un peu plus tard dans la soirée, les deux personnages ont à nouveau eu l’opportunité de croiser le verbe au cours d’une commission spécialisée, toujours sur la même thématique. Et une fois de plus, le ministre de l’Intérieure a fait montre d’agacement devants les affirmations (contraires aux siennes) de la parlementaire.
Journaliste politique & économique



































