Choose Outre-mer : quinze PME mahoraises accompagnées pendant un an

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Alors que la première édition de Choose Outre-mer réunissait ce jeudi 1er octobre investisseurs et entreprises à Paris, l’événement se déclinait simultanément à Mayotte par un job dating au gymnase de M’Gombani, à Mamoudzou. Cinquante-six entreprises y proposaient plus de 200 offres à quelque 500 demandeurs d’emploi attendus. À Paris, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a notamment annoncé la création d’un fonds d’investissement dédié aux territoires ultramarins et un accompagnement spécifique de quinze PME mahoraises par Bpifrance.

D’un côté, investisseurs, dirigeants d’entreprises et représentants des territoires réunis à la Banque de France, à Paris. De l’autre, des demandeurs d’emploi, CV à la main, passant de stand en stand dans le gymnase de M’Gombani. Pour sa première édition, Choose Outre-mer a voulu jouer sur les deux tableaux : attirer davantage de capitaux vers les territoires ultramarins, mais aussi rapprocher directement les entreprises de ceux qui cherchent un emploi.

Inspiré de Choose France, l’événement organisé par le ministère des Outre-mer se déroulait ce jeudi à Paris, avec des déclinaisons consacrées à l’emploi en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte.

À Paris, Naïma Moutchou a profité de cette première édition pour présenter les grands axes de la politique économique qu’elle entend mener dans les Outre-mer : financement des entreprises, ouverture sur les marchés régionaux, compétences et emploi, mais aussi simplification de certains freins, comme les délais de paiement.

La principale annonce concerne le lancement d’un fonds d’investissement à impact spécifiquement consacré aux territoires ultramarins. Géré par INCO Ventures, il doit associer argent public et capitaux privés afin de renforcer les fonds propres des entreprises et d’accompagner leur développement. Trois champs sont notamment ciblés : la valorisation des ressources naturelles, l’autonomie et la décarbonation de l’économie, ainsi que les projets à impact social, dans des domaines comme la santé, le logement, l’emploi ou la formation.

Quinze PME mahoraises dans un « accélérateur croissance »

Mayotte bénéficiera également d’un dispositif spécifique. « Avec Bpifrance, nous allons accompagner, pendant douze mois, quinze PME mahoraises dans le cadre d’un nouvel accélérateur croissance », a annoncé la ministre. Une mesure qu’elle inscrit dans la poursuite de la reconstruction après le cyclone Chido.

Dans la feuille de route présentée à l’occasion de Choose Outre-mer, quatre filières sont plus particulièrement identifiées pour Mayotte : la construction, l’économie bleue, l’agriculture et le tourisme. L’objectif affiché est de répondre aux besoins de reconstruction et d’équipement tout en développant la production locale et les ressources maritimes.

« Nous ne laisserons aucun territoire sur le bord du chemin économique », a assuré Naïma Moutchou. L’enjeu est aussi d’attirer des investisseurs alors que les besoins liés à la reconstruction sont considérables. À Mamoudzou, le préfet de Mayotte a indiqué qu’une délégation mahoraise avait fait le déplacement à Paris pour présenter les opportunités du territoire et tenter de convaincre de nouvelles entreprises de s’y implanter.

Interrogé sur les freins susceptibles de décourager les investisseurs, Frédéric Poisot a reconnu des difficultés « très grandes, très réelles », liées à « la sécurité, la lutte contre l’immigration clandestine, mais aussi la reconstruction ». « Mais Mayotte, ça n’est pas que ça. Mayotte, c’est aussi énormément d’atouts », a-t-il poursuivi, citant notamment la géographie du territoire et « les talents qui se trouvent ici ».

8 120 projets de recrutement, mais plus d’un sur deux jugé difficile

À M’Gombani, le directeur territorial de France Travail a résumé le paradoxe auquel Mayotte est confrontée : un nombre très important de personnes restent éloignées de l’emploi, tandis que les entreprises disent peiner à trouver certains profils.

En 2025, seuls 30 % des 15-64 ans occupaient un emploi à Mayotte, contre 70 % dans l’Hexagone. Chez les 15-29 ans, 36 000 jeunes n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation, soit 47 % de cette tranche d’âge. Parmi eux, 68 % déclaraient vouloir travailler.

Dans le même temps, l’enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 de France Travail recense 8 120 projets de recrutement à Mayotte, dont 56,8 % sont considérés comme difficiles à pourvoir.

« Nous avons d’un côté une population qui a besoin d’emploi et de l’autre des entreprises qui ont besoin de recruter. Notre responsabilité collective est de construire le pont entre les deux », a résumé le directeur territorial de France Travail Mayotte.

Le préfet a annoncé pour cette journée « plus de 200 offres » proposées par les 56 entreprises présentes, pour plus de 500 demandeurs d’emploi attendus. Pour lui, la rencontre doit aussi permettre de mieux orienter les candidats vers les métiers en tension et les formations correspondantes, notamment dans le bâtiment, l’hôtellerie ou la restauration.

« Il faut avoir le diplôme »

Sur les stands, les difficultés de recrutement prennent une forme très concrète. La Maison Snoezelen de Mayotte, venue récupérer des CV et mieux faire connaître son activité, recherche notamment des accompagnants éducatifs et sociaux (AES). Les candidatures existent, explique une représentante de la structure, mais elles ne correspondent pas toujours aux qualifications exigées.

« La difficulté, c’est qu’il faut avoir le diplôme », explique-t-elle. La structure, actuellement en sous-effectif du fait de congés maladies, espérait donc profiter du job dating pour repérer de nouveaux profils. « On a eu des profils intéressants », assurait-elle après les premiers échanges.

C’est précisément cette rencontre directe que les organisateurs veulent développer. Une convention-cadre de trois ans doit d’ailleurs être signée entre l’État et France Travail afin d’adapter davantage les formations aux besoins des entreprises, améliorer la visibilité des offres et faciliter le retour vers les Outre-mer de personnes parties se former ou travailler ailleurs.

Amelie Constant
Journaliste

Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.

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