🎁 Article offert
Nourina Abdouldjabar, journaliste du quotidien Al-watwan basée sur l’île de Mohéli avait été auditionnée avant d’être relâchée pour avoir révélé le salaire des polices recrutés en 2012.
Encore une journaliste convoquée pour avoir fait son travail. Hier, Nourina Abdouldjabar a été entendue au poste de police de Fomboni. La correspondante d’Al-watwan sur l’île de Moheli y a passé près de 30 minutes à cause d’un poste fait sur son mur, dont le contenu est le suivant : » Diplômé d’une licence et après 14 ans de service, un policier recruté en 2012, perçoit aujourd’hui 62 000 francs comoriens, soit 126 euros. Il affirme avoir été rémunéré à hauteur de 45 000 francs pendant 13 ans, de 2012 à 2025 avant qu’une intervention survienne fin de l’an dernier. Des agents de la même promotion seraient dans la même situation. Un supérieur hiérarchique le confirme. Des sources concordantes indiquent que les promotions suivantes bénéficieraient d’une rémunération plus élevée » .
Ce sont ces quelques mots publiés sur Facebook qui ont valu à la journaliste Nourina Abdouldjabar une convocation ce mercredi. Selon nos informations, les policiers l’ont d’abord appelée au téléphone lui demandant de révéler sa source ce que cette dernière a refusé de faire. Puis, moins d’une heure plus tard, on l’a invitée à se rendre au commissariat. Elle s’est exécutée et sans surprise, une fois devant les enquêteurs, la question de la source revient encore. L’audition aurait duré 30 minutes. Elle a certes été autorisée à rentrer à la maison rejoindre ses proches, mais on lui a dit de rester disponible au cas où a police souhaiterait l’interroger à nouveau.
Intimidation
Cette convocation n’a pas tardé à susciter des réactions notamment celle du syndicat national des journalistes comoriens. » Le Snjc rappelle que la protection des sources journalistiques est un principe essentiel de la liberté de la presse et un droit protégé par le Code de l’information en vigueur aux Comores« , a déclaré le syndicat hier dans un communiqué condamnant au passage « toute pression ou intimidation visant à contraindre un professionnel des médias à dévoiler ses sources« . Pour rappel, ce n’est pas la première fois qu’un reporter est arrêté pour presque les mêmes raisons. Le 17 novembre 2025, notre correspondant Abdou Moustoifa, avait été interpellé par la police nationale à cause d’un post parlant de migrants retenus dans un commissariat de Moroni.
Des policiers avaient même débarqué au siège d’Al-watwan où il est employé, l’appréhender l’intimant de se présenter au poste à défaut de monter à bord du pickup qu’ils avaient conduit. Pendant plus de deux heures d’audition, les policiers chercheront à connaitre sa source. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la presse s’était mobilisée en décembre dernier pour dénoncer une proposition de loi qui aurait fragilisé la protection des sources journalistiques. En effet le ministère de l’information en collaboration avec le conseil national de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa) ont tenté d’ouvrir une brèche dans l’article 169 du code l’information. Un amendement laissait la possibilité à un juge après motivation, de contraindre le journaliste à dévoiler sa source. Mais le syndicat national des journalistes comoriens s’est battu jusqu’à obtenir le retrait de l’article en question et l’ancien est resté ainsi » Le journaliste n’est pas tenu de divulguer ses sources et à cet effet, il ne peut être inquiété par l’autorité publique« .
Code de l’information
La fédération internationale des journalistes avait même salué cette victoire. » La Fédération internationale des journalistes (FIJ) se félicite d’une avancée majeure pour la liberté de la presse aux Comores, après l’adoption le 26 décembre d’une disposition législative confirmant que les journalistes ne sont pas tenus de révéler leurs sources. Cette décision marque une victoire syndicale importante, obtenue à l’issue d’une mobilisation déterminée des journalistes comoriens et de son affilié, le Syndicat national des journalistes comoriens », a déclaré dans un communiqué , le 31 décembre 2025, la plus grande organisation syndicale des journalistes au monde. Huit mois plus tard, c’est cet article du code de l’information qui a permis à Nourina Abdouldjabar de rester sereine face aux enquêteurs de police qui jusqu’à preuve du contraire ne démentent l’information relayée par la journaliste.
Une source qui s’est confiée à Flash infos, explique seulement que la police n’a pas apprécié que des détails sur les salaires soient étalés sur les réseaux sociaux. » Avez-vous les commentaires négatifs qui accompagnent le post« , pointe notre informateur lequel, assure que les conditions de ces policiers vont être améliorées bientôt. » Pendant les recrutements, le diplôme ne compte pas. L’indice reste le même, Ils deviennent tous des agents ordinaires qu’ils soient diplômés de licence ou master« , clarifie, notre source qui révèle que la promotion de 2012 compte 91 personnes majoritairement originaires de Moheli et d’Anjouan. Mais, selon toujours notre source, un courrier datant de novembre 2025 a été adressé au directeur de la fonction publique pour accorder des avancements aux recrues de 2012 et de 2023. » Le ministère de la fonction publique a déjà signé l’arrêté, il ne reste plus que les diplômes des policiers embauchés en 2012 devenus officiellement fonctionnaires depuis 2016. Une fois les diplômes versés, l’arrêté sera envoyé au secrétariat général du gouvernement pour visa. Cette promotion est au courant de toutes ces démarches. Pourquoi fuiter des informations sur les salaires maintenant« , s’interroge notre source.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??



































