Réunie en séance plénière ce mercredi 25 février 2026 à Mamoudzou, la commission de surendettement de Mayotte a dressé le bilan de son activité 2025. Derrière des chiffres stables, la réalité sociale apparaît plus préoccupante, selon la directrice de l’IEDOM Mayotte.
La commission de surendettement des particuliers de Mayotte s’est réunie ce mercredi 25 février 2026 pour sa plénière annuelle. L’objectif : présenter le bilan d’activité de l’année 2025 et analyser l’évolution des situations de surendettement sur le territoire.
Compétente pour l’ensemble du département, la commission réunit autour de la table des représentants de la Préfecture, de la DRFIP, de l’IEDOM, des établissements bancaires, mais aussi des juristes et des associations de consommateurs et d’assistance familiale. Sa mission est double : examiner la recevabilité des dossiers déposés par les particuliers et proposer, le cas échéant, des solutions adaptées pour apurer les dettes.
Pour Florence Mar-Picard, directrice de l’IEDOM Mayotte et secrétaire de la commission, cette légère baisse ne reflète pas une amélioration de la situation : « Compte tenu des événements de fin d’année, les gens avaient d’autres priorités que de déposer un dossier de surendettement. Cette baisse n’est pas révélatrice de l’effectivité du surendettement à Mayotte. »
Avec seulement 29 dossiers déposés pour 100 000 habitants, Mayotte demeure le département où le recours à la procédure est le plus faible. À titre de comparaison, l’Hexagone enregistre 267 dossiers pour 100 000 habitants. Un écart considérable, que la directrice explique par des freins sociologiques, linguistiques et administratifs.
La structure de l’endettement à Mayotte confirme des spécificités locales. En 2025, 56 % des dettes concernent la consommation, 22 % l’immobilier et 20 % les charges courantes, telles que loyers, factures d’eau, d’électricité ou frais de scolarité.
Au total, la commission a traité près de 2 millions d’euros de dettes sur l’année. Le niveau d’endettement par dossier reste particulièrement élevé : l’endettement médian atteint plus de 27 000 € à Mayotte, contre environ 18 000 € en France hexagonale.
Sur les 47 dossiers examinés en 2025, 27 ont été orientés vers des mesures imposées : plans de remboursement, suspensions d’exigibilité ou effacements partiels ou totaux de dettes. Treize dossiers ont été clôturés faute d’éléments suffisants, et sept ont été jugés irrecevables.
Au final, 73,3 % des dossiers ont abouti à des solutions pérennes permettant de régler durablement la situation de surendettement. L’an dernier, 440 000 € de dettes ont ainsi été effacés sur le territoire, soit en moyenne plus de 26 000 € par dossier, un montant supérieur à celui observé dans l’Hexagone.
Si les chiffres restent faibles, la commission estime que le surendettement est en réalité bien plus répandu. « Les Mahorais ont beaucoup de mal à se dévoiler, à reconnaître qu’ils n’y arrivent plus. La solidarité familiale joue encore beaucoup, et les gens préfèrent trouver des solutions entre eux », souligne Florence Mar-Picard.
La complexité du dépôt de dossier, réalisé en français et nécessitant de nombreuses pièces, constitue un autre frein, notamment pour les publics les plus précaires. À l’inverse, la commission observe une hausse des dépôts en ligne, portée par une population plus jeune et plus à l’aise avec le numérique.
La directrice de l’IEDOM insiste sur un point essentiel : la confidentialité totale de la démarche. « Le dépôt d’un dossier de surendettement n’est pas public. Seuls les créanciers sont informés, et ils le sont déjà. »
Elle rappelle également que la procédure s’adresse exclusivement aux particuliers, à l’exclusion des commerçants et professionnels relevant d’autres dispositifs judiciaires.
Pour la commission, l’enjeu des prochaines années sera clair : mieux faire connaître la procédure, renforcer l’accompagnement social et lever les freins culturels afin que les situations de surendettement, souvent invisibles, puissent enfin être prises en charge.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.





































