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Ce qui reste des adhérents du MEDEF Mayotte est convié à une assemblée générale le 10 novembre 2026. À cette occasion, il sera procédé à l’élection d’un nouveau bureau de cette organisation représentative du patronat local. En filigrane se profile le risque d’un nouveau « bordel indescriptible », à l’image de ce qu’est devenue l’organisation depuis le 15 décembre 2025.
Naufragé depuis décembre 2025, le MEDEF Mayotte se prépare à renaître de ses cendres le mois prochain. Du moins va-t-il tenter d’y parvenir. Une assemblée générale est programmée le 10 novembre 2026, à 14 heures, au restaurant L’Orient Express, à Kawéni.
Nul n’a oublié les péripéties qui ont jalonné le naufrage de cette organisation patronale, représentative de l’économie locale dans diverses instances du territoire, voire à l’échelle nationale. Dans l’archipel, le MEDEF n’échappe pas à la désorganisation ambiante qui gangrène aussi bien la sphère politique que les milieux économiques et sociaux.
L’organisation est victime de luttes intestines interminables, dictées par la défense d’intérêts strictement personnels, ce qui lui vaut une très mauvaise presse au sein de la population mahoraise. Sans doute à juste titre, elle est perçue comme un club très fermé, ne concourant nullement à la défense des intérêts supérieurs de l’économie mahoraise, mais servant plutôt de vecteur à des intérêts particuliers. Ces derniers s’appuieraient sur les faiblesses structurelles du territoire pour favoriser la mainmise occulte d’intérêts partisans, essentiellement situés hors du lagon.
Une sorte de mano negra opérant dans l’ombre et utilisant des faire-valoir, parfois dans des conditions particulièrement « bizarroïdes ».
Cette situation dramatique aurait conduit le territoire à manquer, à plusieurs reprises, des occasions pourtant salutaires pour l’archipel, telles que la « LODEOM sociale » et d’autres dispositifs censés venir en aide au tissu économique local.
En privé, dans le secret des alcôves, d’anciens acteurs de premier plan du MEDEF Mayotte évoquent volontiers ce qu’aurait été, pendant deux décennies, la règle du jeu au sein de cette institution. En un mot : confisquer l’avenir économique du territoire au profit exclusif d’un cercle d’initiés, quitte à se salir les mains lorsque cela s’avérait nécessaire. Selon ces témoignages, certaines entreprises locales auraient ainsi été précipitées vers une mort prématurée, avant d’être rachetées à très bas prix par des acteurs qui attendaient que le tribunal de commerce prononce leur dissolution.
Pire encore, le MEDEF Mayotte serait devenu l’antichambre d’intérêts économiques solidement implantés dans d’autres territoires ultramarins et dans l’Hexagone. Ces acteurs y auraient trouvé une arrière-cour leur permettant d’exercer leur hégémonie et, par la même occasion, d’entraver l’essor et l’émancipation du tissu économique mahorais.
Les années ont passé et, finalement, la situation est allée de Charybde en Scylla. Les relais locaux auraient fini par se rebeller et refuser de céder au diktat de certains décideurs installés hors du territoire.
Cette rupture a provoqué une douche froide. À la mi-décembre 2025, les réfractaires se seraient retrouvés au pilori, tandis que l’édifice se fissurait au grand jour. Le monde opaque des affaires n’opérait plus uniquement dans la pénombre des alcôves : les arrangements de salon avaient désormais été exposés sur la place publique.
Du jamais-vu dans une telle sphère d’influence et de pouvoir. Le résultat, selon cette lecture des événements, d’un affrontement entre titans financiers, pour lesquels le gâteau économique mahorais serait trop juteux pour être partagé avec le plus grand nombre !
Il en a résulté un schisme inattendu et la mise à l’écart des anciens représentants de l’économie du territoire, accusés de refuser de passer la main. Le citoyen mahorais ordinaire venait alors de découvrir des « desseins funestes » qu’il n’avait jusque-là jamais soupçonnés.
Ceux qui ont suivi l’actualité à cette période se souviennent du grand déballage qui a suivi dans la presse locale et régionale, ainsi que des développements devant les juridictions compétentes. Une procédure qui, à ce jour, n’a toujours pas connu son épilogue.
Une affaire à suivre de très près, compte tenu des enjeux considérables qu’elle soulève.
Un nouveau départ sous haute tension
Qu’à cela ne tienne, l’entreprise de sape se serait poursuivie, trouvant un terreau fertile dans le mouvement de refondation de Mayotte après le passage du cyclone Chido. Mais peine perdue : l’adhésion du tissu économique local n’aurait pas suivi. Le parachutage d’un « sésame providentiel » n’aurait pas produit les effets escomptés.
L’opinion publique mahoraise garde encore en mémoire l’irruption, il y a quelques semaines à peine, de l’affaire concernant l’entrepreneure Yassine Nidhoire, écartée de son poste de présidente transitoire du conseil d’administration du MEDEF Mayotte. Cette éviction aurait été motivée par un prétendu « non-respect du règlement intérieur » de l’organisation.
Elle avait pourtant été adoubée comme la personne la mieux placée pour servir de relais aux intérêts parisiens dans l’économie locale, alors que le gouvernement actuel avait fait miroiter aux entrepreneurs nationaux et régionaux les plus téméraires une enveloppe de quatre milliards d’euros dans le cadre de la refondation de Mayotte après Chido.
Le rêve s’est rapidement transformé en cauchemar. Il aurait notamment été reproché à l’intéressée de ne plus jouer le jeu de Paris et de ceux qui exerceraient une forte emprise sur l’économie du territoire.
Le grand déballage s’est donc poursuivi, livrant pêle-mêle son lot de petits secrets.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la recherche d’un nouveau départ pour le MEDEF à Mayotte. Comprendre : la recherche d’un nouveau relais local qui rentrerait dans le moule et se conformerait aux directives venues de Paris.
La course est désormais ouverte. Dans un courriel adressé à ses adhérents le mercredi 14 octobre 2026, l’organisation patronale a annoncé la tenue des prochaines élections, destinées à désigner une nouvelle équipe dirigeante du patronat local, du moins officiellement. Elle y précise également les conditions ainsi que les modalités techniques et matérielles de l’opération.
La missive, qui ne manque pas de susciter des interrogations, rappelle que « les statuts prévoient deux à six représentants de branches professionnelles représentatives ». Elle fait également mention des listes de candidats et de leurs professions de foi, sous réserve du respect des délais impartis.
Mais le gâteau étant trop juteux aux yeux de certains, un bras de fer juridique et procédural n’est pas à exclure dans les prochains jours.
Un nouveau capharnaüm en perspective, qui ne manquera pas, le cas échéant, de faire les choux gras de la presse locale, régionale et nationale.
À moins que…
Affaire à suivre de très près !
Journaliste politique & économique



































