À l’occasion de la diffusion de la série « Mon métier, ma passion, mon engagement », proposée par Mayotte la 1ère et Mlézi Maoré, Naïla Dimassi et Ben Andjibou Saindou Said, travailleurs sociaux au sein de l’association, racontent leur quotidien auprès de publics vulnérables, entre difficultés rencontrées et satisfaction de voir les personnes accompagnées progresser.
Mettre en lumière les femmes et les hommes qui accompagnent les personnes les plus vulnérables, soutiennent leur autonomie et les aident à retrouver leur place dans la société, parfois sans compter leurs heures, c’est l’ambition de la série “Mon métier, ma passion, mon engagement”, proposée par Mayotte la 1ère en partenariat avec l’association Mlézi Maoré. Diffusés du 12 au 16 octobre, cinq portraits donnent à voir la diversité des métiers du social et l’engagement de ces professionnels au quotidien.
Éducatrice spécialisée auprès de jeunes présentant des troubles du comportement, travailleur social auprès de personnes en situation de précarité, chargée d’insertion professionnelle, médiateur sanitaire ou mandataire judiciaire à la protection des majeurs : chacun intervient auprès de publics confrontés à des difficultés différentes. Accès aux droits, accompagnement vers l’emploi, prévention en santé, protection des personnes vulnérables ou encore recherche d’autonomie, leurs missions répondent à des besoins concrets et reposent sur un travail de terrain souvent méconnu. Le dernier épisode de cette série sera diffusé ce vendredi 16 octobre, vers 18h35.
Ce mercredi, Naïla Dimassi, éducatrice spécialisée au sein du Dispositif Institut Thérapeutique, Éducatif et Pédagogique (DITEP) de Combani, et Ben Andjibou Saindou Said, travailleur social au Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) de Hajangoua, racontent leur quotidien. Entre passion pour leur métier, difficultés rencontrées et rencontres marquantes, ils se sont confiés sur les réalités de leur engagement auprès des publics qu’ils accompagnent.
Naïla Dimassi, accompagner les jeunes vers l’autonomie
Au DITEP de Combani, Naïla Dimassi accompagne des jeunes présentant des troubles du comportement et des apprentissages. Dès 6 h, les journées commencent par les gestes du quotidien : toilette, petit-déjeuner, rangement des chambres. Des apprentissages essentiels pour aider les jeunes à gagner en autonomie, avant de poursuivre avec les enseignements et les activités éducatives ou sportives. L’établissement accompagne actuellement 32 jeunes, répartis entre l’internat, l’accueil de jour et le CESAD.
Ce qui motive l’éducatrice, c’est de constater les progrès de ceux qu’elle suit parfois pendant plusieurs années. “Leurs attitudes changent, les familles nous font de bons retours. Ils deviennent un peu plus autonomes et apprennent à vivre avec les autres”, observe-t-elle. Certains commencent à faire leur lit seuls ou proposent spontanément leur aide à leurs parents. “C’est gratifiant de voir cette évolution”, confie-t-elle. Elle se réjouit aussi de voir des familles retrouver un quotidien plus serein grâce à l’accompagnement proposé.
Parmi les parcours qui l’ont marquée, celui de Maoudjoudi, entré au DITEP à 13 ans et aujourd’hui âgé de 20 ans. Après plusieurs années d’accompagnement, il travaille désormais dans le transport de personnes en situation de handicap. Une évolution qui illustre, pour Naïla Dimassi, l’importance d’un accompagnement adapté. Tous les parcours ne connaissent pas la même issue, mais les difficultés ne la découragent pas pour autant
“Ce que j’aime, c’est aider, à mon échelle, à faire changer les choses dans la vie de ces jeunes et aider les familles à sortir de situations difficiles. Je suis fière quand je vois qu’une famille va mieux”.
L’éducatrice aimerait toutefois pouvoir accueillir davantage de jeunes. “On aimerait avoir plus de places pour accueillir encore plus de jeunes”, souligne-t-elle, alors que les demandes sont nombreuses et que les établissements scolaires partenaires sollicitent régulièrement le dispositif.
Ben Andjibou Saindou Said, aider à reprendre son avenir en main
Au CHRS de Hajangoua, Ben Andjibou Saindou Said accompagne des adultes en situation de précarité dans leurs démarches vers un logement, un emploi et une insertion sociale durable. Le quotidien alterne entre accompagnement dans les tâches collectives et activités consacrées à la recherche d’emploi : rédaction de CV, lettres de motivation ou orientation vers des employeurs qui recrutent. Mais avant toute démarche, le travailleur social insiste sur l’importance de la relation humaine. “Il faut qu’un lien de confiance s’établisse petit à petit, des deux côtés”, explique-t-il.
Cette relation est aussi ce qui lui donne le sentiment d’être utile. Il lui arrive de croiser dans la rue des personnes qu’il a accompagnées, venues le remercier, parfois même lui proposer leur aide en retour. “Ce métier m’a confirmé que chacun peut comprendre les erreurs du passé et reprendre son avenir en main”, estime-t-il.
Tous les parcours ne sont cependant pas linéaires. Cette année, deux situations l’ont particulièrement marqué : une personne réincarcérée après trois mois passés au CHRS et une autre qui a pu rentrer chez elle au bout de sept mois, avant d’entamer une formation professionnelle. Malgré les difficultés, il estime que la majorité des personnes accompagnées parvient à sortir du dispositif avec une perspective d’insertion positive.
Le CHRS dispose actuellement de 16 places, une capacité que le travailleur social juge insuffisante au regard des besoins du territoire. Il estime qu’il en faudrait entre 49 et 56 pour mieux répondre à la demande à Mayotte.
Au-delà des moyens, il appelle également à une meilleure reconnaissance du travail social. “Ici, à Mayotte, la population fait du social depuis longtemps, mais ce n’est que récemment qu’on est vraiment accompagnés, qu’on reçoit de l’intérêt pour nos activités”, observe-t-il. Son engagement reste intact : “Si moi, je ne me bats pas pour mon territoire, qui le fera à ma place ?”.
Tous deux encouragent les personnes intéressées, notamment les jeunes, à s’orienter vers les métiers du social. Face aux besoins d’accompagnement à Mayotte, ces professions offrent des possibilités d’engagement professionnel tout en contribuant directement au mieux-être de la population. Pour Naïla Dimassi comme pour Ben Andjibou Saindou Said, s’investir dans ce secteur, c’est participer à l’avenir du territoire.
Journaliste




































