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Une matinée pour mieux comprendre l’autisme à Ouangani

Une matinée pour mieux comprendre l’autisme à Ouangani

Le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Ouangani, en partenariat avec l’Association Autisme Mayotte et l’association KAZA, organise une matinée de sensibilisation consacrée à l’autisme le 11 mars 2026. L’événement se déroulera de 8 h à 12 h sur le parking de l’école primaire de Kahani. Ouverte à tous, cette rencontre vise à mieux informer le public sur l’autisme et à favoriser les échanges. Les participants pourront poser leurs questions, partager leurs expériences et mieux comprendre les réalités vécues par les personnes concernées et leurs familles. Pour faciliter la participation, un moyen de transport sera proposé aux personnes qui en ont besoin. Cette initiative rappelle que la différence peut aussi être une force et qu’une meilleure compréhension favorise l’inclusion.

Une matinée pour mieux comprendre l’autisme à Ouangani

Deux lycéens mahorais en finale d’un concours d’éloquence régional

Deux lycéens mahorais en finale d’un concours d’éloquence régional

La jeunesse mahoraise sera représentée en finale du concours d’éloquence de l’océan Indien. Sur les 26 demi-finalistes sélectionnés dans la région, cinq étaient originaires de Mayotte. Deux d’entre eux, Madi Shayna et Razafindrakotomala Kirs David, élèves du lycée Younoussa Bamana, ont décroché leur place pour la finale.

Ce concours, qui rassemble des jeunes de plusieurs territoires de l’océan Indien, met à l’épreuve leur capacité à argumenter et à convaincre à l’oral.

La finale se tiendra le 10 mars à 18 heures (heure de Mayotte) et sera diffusée en direct sur la chaîne YouTube de l’association Jeunes aujourd’hui pour demain (JAD), organisatrice de l’événement.

Deux lycéens mahorais en finale d’un concours d’éloquence régional

Un marché solidaire au CHM pour soutenir la recherche contre le cancer

Un marché solidaire au CHM pour soutenir la recherche contre le cancer

Dans le cadre de la campagne nationale « Une Jonquille contre le cancer », l’ASCA organise un marché solidaire du 9 au 15 mars 2026 à l’entrée principale du Centre Hospitalier de Mayotte. L’initiative, menée en collaboration avec l’Institut Curie, vise à sensibiliser le public et à soutenir la recherche contre le cancer.

De 7h à 14h, plusieurs stands seront proposés aux visiteurs, avec des actions de sensibilisation, une vente de soutien et une collecte de dons. Les fonds récoltés permettront de contribuer au financement de la recherche et d’accompagner les avancées en faveur des patients.

Ouvert à tous, cet événement invite la population à s’informer, échanger et participer à cette mobilisation solidaire, chaque contribution participant à faire progresser la lutte contre la maladie.

Lutte contre le tabagisme : un concours vidéo pour sensibiliser les adolescents

Lutte contre le tabagisme : un concours vidéo pour sensibiliser les adolescents

C’est le moyen choisi par la Communauté de communes de Petite-Terre pour sensibiliser les jeunes aux risques liés à la consommation de tabac et à l’utilisation des cigarettes électroniques. Plusieurs centaines d’adolescents ont participé au tournage de ces supports de communication sur la plage des Badamiers à Labattoir. Le vote sera clôturé le 23 mars 2026 à 12 heures.

« J’arrête aujourd’hui pour mieux vivre demain ». Un slogan choc pour sensibiliser les adolescents de la communauté de communes de Petite-Terre aux risques liés à l’usage du tabac et de la cigarette électronique. Un combat qui se veut permanent, au-delà de certaines actions spécifiques menées à différentes périodes de l’année, telles que le Mois sans tabac en novembre.

Dans cette optique, un projet cofinancé par la Caisse de sécurité sociale de Mayotte et le Fonds social européen a été développé par l’intercommunalité de Petite-Terre (ICPT), dans le cadre d’un contrat local de santé intercommunal. Celui-ci a abouti au tournage de quatre vidéogrammes prochainement disponibles sur les réseaux sociaux. Le public sera appelé à voter pour les départager en « likant » celui qu’il jugera le plus captivant.

Ces actions, qui se veulent innovantes et participatives, mobilisent des centaines de jeunes depuis le mois de novembre 2025. Répartis en deux équipes, ces jeunes se sont affrontés dans le tournage de deux clips : l’un consacré au tabac et l’autre au puff, très en vogue chez les adolescents actuellement.

Lutte contre le tabagisme : un concours vidéo pour sensibiliser les adolescents
Des centaines de jeunes de Petite-Terre se sont affrontés dans la réalisation de vidéogrammes consacrer à prévenir les risques du tabac et des cigarettes électroniques, très appréciés par cette frange de la population actuellement.

« Des clips qui ont été tournés sur la plage des Badamiers et conçus en format libre, dans l’improvisation, accompagnés par un professionnel », explique Camille Bildstein, chargée de communication de la Communauté de communes de Petite-Terre. Les jeunes ont disposé d’une seule matinée pour construire eux-mêmes les scénarios, les messages et le ton. La seule contrainte qui leur a été imposée était de s’adresser clairement aux jeunes de leur âge, avec leurs propres mots.

Le public a jusqu’au 23 mars à 12 heures pour voter. « Les points obtenus par chaque équipe correspondent à l’addition des votes recueillis par leurs deux vidéos. Un lien permet d’accéder aux vidéos à la fois sur Facebook et Instagram. Une restitution finale viendra clôturer le projet », a précisé la chargée de communication de l’ICPT.

Toujours selon cette dernière, les équipes pourront également défendre leur message et obtenir des points supplémentaires à travers une épreuve de slam, évaluée par un jury. Cerise sur le gâteau : les deux équipes se verront décerner un diplôme d’ambassadeurs du Mois sans tabac, en récompense de leur implication dans cette action de prévention et de sensibilisation.

L’ensemble des participants au tournage a également pris part à un escape game consacré aux dépendances, sous la forme d’une expérience immersive de sensibilisation. « Dans le but de provoquer une prise de conscience et d’encourager les échanges autour des comportements à risque, ces jeunes ont dû résoudre, en équipe, des énigmes portant sur la composition du tabac, les effets psychologiques, les mécanismes de pression sociale et les stratégies d’influence. »

Camille Bildstein indique par ailleurs un prolongement de cette opération avec l’intervention, au lycée de Petite-Terre, d’une infirmière libérale entre le 9 et le 13 mars 2026. L’objectif est de poursuivre les échanges, débattre, répondre aux questions et approfondir les enjeux liés au tabac et au puff, à raison d’une heure par classe chaque matin.

Lutte contre le tabagisme : un concours vidéo pour sensibiliser les adolescents
Le public est invité à départager les vidéogrammes en likant sur le plus pertinent sur Facebook et Instagram. Il a jusqu’au 23 mars 2026, midi, pour le faire.

Municipales à Sada : plusieurs visions pour l’avenir de la commune

Municipales à Sada : plusieurs visions pour l’avenir de la commune

Située sur la côte ouest de Grande-Terre, la commune de Sada compte un peu plus de 11 000 habitants et s’étend sur un peu plus de 10 km². Elle est composée de deux villages principaux : Sada, chef-lieu communal, et Mangajou. Installée entre mer et reliefs escarpés, la commune constitue un pôle urbain important à l’ouest de Mayotte.

Sada est souvent décrite comme une commune résidentielle, où de nombreux habitants travaillent à Mamoudzou, ce qui en fait en partie une ville-dortoir. Le territoire doit également composer avec plusieurs contraintes : un relief accidenté, un foncier limité et une urbanisation parfois dense qui compliquent les projets d’aménagement. La croissance démographique et les besoins en infrastructures – routes, écoles, logements ou équipements publics – figurent également parmi les enjeux majeurs pour les années à venir.

Dans ce contexte, les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 constituent un rendez-vous important pour l’avenir de Sada et de Mangajou. Quatre candidats briguent les suffrages : Houssamoudine Abdallah (LDIV) avec la liste Unis pour construire Sada-Mangajou, Abdel-Lattuf Ibrahim (LDIV) avec La Force Commune, Chaharmane Houlame (LLR) avec Osons Demain et Djamalidine Djabiri (LDVC) avec Alliance du développement et de la sécurité.

Houssamoudine ABDALLAH (LDIV)

Liste : Unis pour construire Sada-Mangajou

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Je suis le maire sortant donc ça fait bientôt six ans que je suis élu. Nous avons beaucoup travaillé avec la municipalité pour réaliser plusieurs infrastructures et équipements que la population attendait depuis longtemps.

Nous avons réalisé l’hôtel de ville dans un quartier assez compliqué. Il a fallu mobiliser des engins importants et organiser la circulation de manière très précise. Nous avons aussi réalisé la maison France Service. Ce sont des chantiers très importants pour la population.

Nous avons également construit une crèche, un terrain synthétique et avec l’État des murs de soutènement. Aujourd’hui nous sommes engagés dans un chantier majeur sur l’assainissement qui concerne toute la commune de Sada.

Ce sont des travaux qui se font tous les jours et qui demandent beaucoup de patience à la population directement concernée par ces chantiers. Mais elle a compris que nous construisons ensemble et que tout ce qui est fait l’est pour le développement de la commune.

Avant d’être maire, j’étais aussi président de plusieurs associations dans la commune. J’ai été président de l’équipe de football de Sada et président du tennis de table de Sada. Le sport permet de créer des liens très forts avec la population et notamment avec les jeunes. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« La problématique centrale pour moi c’est l’aménagement du territoire.

Pendant plusieurs années, ce qui a freiné le développement de la commune c’est le manque de foncier et l’absence d’aménagement du territoire. Cela a conduit à considérer Sada comme une commune dortoir.

Pendant cette mandature nous avons travaillé sur la question du foncier. Nous avons acquis du foncier constructible et nous sommes en train de finaliser d’autres acquisitions et transferts de foncier.

L’objectif est de sortir de cette situation de commune dortoir et d’ouvrir la commune au-delà des centres que nous connaissons aujourd’hui : le centre de Sada et celui de Mangajou.

Aujourd’hui on voit des habitations très proches les unes des autres dans un territoire accidenté avec des risques environnementaux importants, notamment liés aux fortes pluies et aux risques naturels. C’est pour cela que je pense que le projet le plus important pour la commune reste l’aménagement du territoire. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Nous avons mis en place une nouvelle dynamique de construction et d’aménagement avec une nouvelle méthode de travail qui a permis à la commune d’aller beaucoup plus vite sur les chantiers. 

Nous avons également apporté du sérieux et de l’apaisement dans le fonctionnement de la commune. Pendant six ans, nous avons réussi à organiser les conseils municipaux avec le quorum, ce qui n’était pas le cas depuis plus de vingt ans. C’est une question de respect vis-à-vis de la population mais aussi une question de cohésion entre les élus et l’administration. »

« Nous avons aussi travaillé sur l’organisation de l’administration et la montée en compétences des agents pour préparer la commune aux enjeux à venir.

Cette nouvelle organisation administrative et financière a permis à la commune de changer de visage et d’engager des transformations importantes.

Notre projet phare pour les années à venir est l’ouverture de la commune vers l’avenir avec la création de deux grands quartiers modernes et équilibrés.

Un quartier sera dédié aux logements et aux équipements pour la population avec une crèche, un terrain de football, un city stade et des logements.

Le second quartier sera dédié au développement économique avec des équipements pour les entreprises et notamment des équipements de santé. »

4 – Si vous êtes réélu, que mettrez-vous en place la première année ?

« Nous avons déjà plusieurs projets prêts à être lancés parce que les études sont terminées.

Nous allons lancer cinq opérations de résorption de l’habitat insalubre dont les études sont finalisées et dont les travaux doivent commencer.

Nous avons aussi le projet d’aménagement du Tahiti Plage qui devrait débuter en 2026.

Nous avons également plusieurs programmes de logements pour lesquels les permis de construire ont déjà été délivrés et dont les travaux devraient débuter dans l’année. »

Abdel-Lattuf IBRAHIM (LDIV)

Liste : La Force Commune

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Sada c’est là où je suis né, c’est là où j’ai grandi, c’est là où j’ai fait mes études et c’est là où j’habite aujourd’hui.

Pour moi c’est la ville la plus agréable au monde. J’ai un lien très profond avec la commune.

Je n’ai jamais été élu mais j’ai toujours milité politiquement. Lorsque j’étais étudiant à Bordeaux, j’ai milité avec les jeunes LR aux côtés d’Alain Juppé. Lorsque je suis revenu à Mayotte en 2018, j’ai milité aux côtés de Mansour Kamardine lors de plusieurs élections.

Dans la commune j’ai également été très engagé dans les associations. J’ai été vice-président de l’AS Sada pendant plusieurs années. J’ai aussi été secrétaire adjoint de la madrassa du Golfe et je me suis beaucoup engagé pour les jeunes. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« Pour moi la problématique centrale c’est les déchets et la salubrité. Sada est aujourd’hui une ville très sale et cela pose un problème sanitaire important.

Quand on regarde les chiffres de l’ARS sur le chikungunya, on voit que Sada fait partie des foyers les plus importants. Cela montre qu’il y a un problème d’insalubrité dans la commune. »

« Sans propreté, on ne peut rien faire derrière. On ne peut pas attirer de nouveaux habitants ou de nouvelles activités si la commune est sale.

C’est une question de santé publique mais aussi de qualité de vie pour les habitants. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Je suis un homme de dossiers avec une grande capacité de travail et d’analyse que je veux mettre au service de la commune.

Aujourd’hui je pense que la commune a besoin d’un élu qui maîtrise les textes de loi parce que sans la maîtrise du droit on ne peut pas mettre en place des politiques publiques efficaces.

Le projet phare que je propose est la création d’un polder. La commune est très dense, les maisons sont très proches les unes des autres et la géographie est très compliquée.

L’idée est d’étendre la ville vers la mer pour protéger l’existant et créer de nouvelles surfaces constructibles. Cela permettrait également de protéger la commune contre les submersions marines. »

4 – Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

« Dans les 45 jours suivant mon élection, je rétablirai l’électricité partout où elle existait avant d’être détruite par le cyclone Chido. Ensuite nous travaillerons sur l’extension complète du réseau pour les zones qui n’ont jamais été raccordées.

L’objectif est de faire de Sada une ville lumière. »

Chaharmane HOULAME (LLR)

Liste : Osons Demain

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« J’ai toujours été très actif dans la communauté, que ce soit au niveau de l’engagement politique, associatif et surtout familial. J’aime énormément la commune. J’ai commencé mes études à Sada et j’y ai aussi créé une entreprise de transport de personnes. Aujourd’hui, je dirige un groupement d’intérêt économique qui regroupe plusieurs entreprises de transport.

J’ai toujours été adhérent dans différentes associations, notamment culturelles avec les madrassa pour l’éducation des plus jeunes.

J’ai aussi été présent dans les associations sportives. Je n’ai pas forcément occupé de poste dans les bureaux mais j’ai toujours été militant et adhérant pour soutenir les activités sportives. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune actuellement ?

« Pour moi la problématique centrale c’est la jeunesse. La jeunesse est l’avenir et il faut préparer l’avenir avec ces jeunes-là. Si on n’a pas des jeunes ambitieux, le reste ne va pas suivre.

Derrière il y a aussi la sécurité parce que c’est lié. Si on arrive à traiter la délinquance juvénile, on pourra cadrer le reste.

Il y a aussi la question de l’aménagement du territoire et du cadre de vie. Il faut améliorer ces aspects pour structurer la commune.

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Pour la jeunesse, l’idée est de créer une direction dédiée aux jeunes que j’appelle la direction générale de la politique éducative globale. Cette direction travaillerait avec les associations dans les établissements scolaires pour accompagner les élèves avant les cours, pendant la pause du midi et après les cours.

Les associations pourraient assurer du soutien scolaire et accompagner les enfants jusqu’au retour des parents qui travaillent parfois loin ou qui subissent les embouteillages. »

Le gros projet est également de changer complètement le visage de la commune, que ce soit à Sada ou à Mangajou.

Je prends souvent l’exemple de ce qui se fait ailleurs, notamment à La Réunion avec la ville de Saint-Pierre où le front de mer a été complètement aménagé.

À Sada, l’idée est de prolonger la rocade qui s’arrête à la mosquée du Golfe jusqu’au bout de la plage. »

Ce projet permettrait de protéger le littoral et en même temps de redonner de la vie au front de mer avec des commerces, des restaurants et des espaces de vie.

À Mangajou, l’idée est également de protéger les quelques habitations proches de la mer et de renforcer les infrastructures existantes.

Nous voulons aussi améliorer les infrastructures sportives comme les terrains de basket et de football avec des gradins, des vestiaires et des terrains couverts. »

4 – Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

« La priorité sera la création de cette direction dédiée à la jeunesse et à l’éducation. La jeunesse est la priorité et il faut absolument mettre en place ce dispositif pour accompagner les enfants de la maternelle jusqu’au collège.

Nous allons aussi travailler sur la propreté et l’insalubrité dans la commune.

« La sécurité est également une priorité parce que depuis 2021 nous avons connu des actes de délinquance qui n’existaient pas auparavant. L’objectif est d’installer un système de vidéoprotection sur l’ensemble de la commune, d’améliorer l’éclairage public et d’augmenter les effectifs de la police municipale.

Aujourd’hui nous avons treize policiers municipaux et l’objectif serait d’atteindre environ quarante agents pour assurer la sécurité de la population. »

Djamalidine DJABIRI (LDVC)

Liste : Alliance du développement et de la sécurité

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Je suis originaire de Sada et c’est ma seule commune de rattachement. C’est la commune où j’ai mes intérêts matériels et moraux, ma famille et mes enfants. Je suis marié et père de deux enfants qui sont inscrits à l’école publique.

J’ai toujours été engagé dans la vie associative depuis très jeune et récemment j’ai été secrétaire général d’un club de football à Sada.

Je participe aussi régulièrement aux événements culturels de la commune comme les fameux Manzaraka qui sont une invention sadoise. 

J’entretiens des liens forts avec les deux villages qui composent la commune, Sada et Mangajou. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune actuellement ?

« Il n’y a pas une seule problématique mais plusieurs.

Il y a d’abord les difficultés de circulation parce qu’avec l’augmentation du nombre d’habitants et de voitures, la circulation est devenue très compliquée. Cela concerne à la fois la circulation automobile et la circulation piétonne.

Il y a également la question de l’insécurité qui gangrène Sada et Mangajou. C’est un phénomène relativement nouveau. La commune était réputée pour être une commune tranquille et c’est depuis cette mandature que nous avons connu cette dégradation des conditions de vie.

Cela est dû, selon nous, au laxisme de la municipalité actuelle qui a laissé cette délinquance s’installer et monter en puissance.

Le maire lui-même parle d’une délinquance importée. Cela signifie qu’il est conscient du phénomène, mais il n’a pas mis en place les actions nécessaires pour y mettre fin.

Il y a aussi le problème de l’accès à l’eau potable et de l’éclairage public dans certains quartiers périphériques. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Sur la question de la sécurité nous allons signer une convention de coordination avec l’État pour lutter contre les phénomènes qui favorisent la délinquance.

Cela concerne notamment le trafic de stupéfiants, les phénomènes de bandes et l’habitat illicite.

Nous allons aussi augmenter les effectifs de la police municipale et développer la vidéoprotection autour des écoles, des commerces et des zones où les agressions sont fréquentes.

Sur la circulation, nous voulons développer de nouvelles voiries et repenser les sens de circulation dans la commune.

Les places de stationnement manquent aussi aujourd’hui. Nous voulons donc créer des emplacements dans chaque construction. À chaque projet d’aménagement public, nous prévoyons des places de stationnement, soit en rez-de-chaussée, soit en sous-sol.

Pour l’eau potable, il existe un réservoir à Sada depuis de nombreuses années mais il est laissé à l’abandon. Nous allons tout mettre en œuvre pour que ce bassin puisse fonctionner afin que tous les habitants puissent être desservis en eau potable.

En attendant, nous allons répondre à l’urgence en installant un suppresseur afin que les habitants situés en hauteur puissent avoir de l’eau. »

4 – Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

« La priorité sera de garantir l’accès à l’eau potable pour toutes les habitations.

Nous allons également mettre en place une politique de sécurité efficace pour rassurer la population.

Nous allons également instaurer un contrôle renforcé sur le service de l’état civil afin de lutter contre les fausses déclarations d’hébergement ou de naissance.

Nous voulons aussi améliorer l’attractivité économique de la commune en créant des zones d’activités économiques sur les hauteurs de Sada et de Mangajou afin de favoriser l’installation des entreprises et la création d’emplois pour les jeunes. »

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Municipales à M’Tsamboro : l’histoire éclaire les enjeux des prochaines municipales

Municipales à M’Tsamboro : l’histoire éclaire les enjeux des prochaines municipales
* image d'illustration générée par ia

À l’approche des élections municipales, la commune de Mtsamboro, située dans le nord de Mayotte, s’appuie sur un riche passé historique. Les recherches archéologiques attestent d’une occupation entre le XIIIe et le XIXe siècle sur la plage de Jiva et révèlent les traces d’une ancienne médina des XVe-XVIIe siècles dans le quartier de Mjikura. La localité occupe une place importante dans l’histoire de l’île puisqu’elle fut la première capitale du sultanat de Mayotte lorsque le sultan Athumani ben Mohamed s’y installa à la fin du XVe siècle, faisant de Mtsamboro le principal port de commerce de l’île avant le transfert de la capitale en 1538 à Tsingoni.

Aujourd’hui, la commune regroupe les villages de Mtsamboro, Mtsahara et Hamjago. Elle compte 8 025 habitants en 2025, avec 5 905 électeurs inscrits lors des élections européennes de 2024. Ces dernières années, plusieurs équipements ont été inaugurés ou engagés, notamment une nouvelle PMI et des projets d’infrastructures sportives. Reste désormais à savoir qui, à l’issue du prochain scrutin municipal, poursuivra le développement de ces infrastructures au service des habitants.

Amina Oili Attoumani  M’Colo (LDIV)

Liste : Mtsamboro Yatru

Flash Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Amina Oili Attoumani M’Colo : Je suis Amina Oili Attoumani M’Colo. Je suis assez connue au sein de la commune. Je suis directrice d’une agence bancaire. Je suis depuis un moment dans la politique, je milite depuis longtemps. J’étais autrefois au sein d’une liste. Mais avec ce qui se passe dans la commune, ou depuis Chido, rien ne bouge. À commencer par le quotidien de notre population de M’Tsamboro, qui se sent délaissée. Nos enfants font des rotations, passant d’un point à un autre. Il y a des personnes âgées dont on ne s’occupe pas. Il y a beaucoup de quartiers dans le noir total en 2026. Une population ayant aussi un accès difficile à leur domicile durant la saison des pluies.

F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

A.O.A.M.C : La réalité est que tout est à faire au sein de notre commune. L’eau est une problématique, l’électricité en est une également. Les espaces de stationnement ainsi que la circulation posent aussi problème.

F.I. : Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

A.O.A.M.C : Pour une bonne et simple raison : la commune a besoin d’une dirigeante capable de rassembler. On a un problème de division au sein de la commune. Cela fait maintenant deux mandats qu’il y a une division parmi les habitants de différents villages de la commune, entre Mtsahara et Ham. Il faut donc un dirigeant qui écoute et communique.

F.I. : Si vous êtes réélue, que mettrez-vous en place la première année ?

A.O.A.M.C : Un meilleur cadre de vie, mettre en place les transports scolaires ou pouvoir transporter les personnes en situation de précarité. On pense à l’intercommunalité mais aussi au partenariat public-privé. Il y a aussi l’accompagnement de la jeunesse : nous prévoyons d’occuper ces jeunes et de les accompagner depuis leur jeune âge. Nous comptons aussi accompagner nos agriculteurs.

Laïthidine Ben Saïd (LDIV)

Liste : Union Pour L’avenir 2026

Flash Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Laïthidine Ben Saïd : Je suis un élu de proximité, j’aime le contact avec les gens. Je veux faire en sorte de faciliter les démarches. On souhaite aller de l’avant ; depuis deux mandatures, on a fait émerger des projets.

F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

L.B.S : Il y en a plusieurs, village par village. À Mtsamboro, un réseau d’assainissement est construit depuis 2008, mais régulièrement les eaux usées se déversent dans la mer, contenant des matières fécales, ce qui rend le traitement primordial. À Hamjago, nous avons des jeunes qui se plaignent, car cela fait longtemps qu’ils n’ont pas de plateau sportif. Nous sommes en train de réaliser un projet de gymnase. À Mtsahara, il y a un projet de réfection du littoral.

F.I : Que pensez-vous pouvoir apporter ?

L.B.S : Dans cette mandature, il y a eu une rupture par rapport aux candidatures précédentes. Jamais nous n’avons repris les mandatures des maires sortants, ce qui montre que je travaille pour ma commune et non pour un clan. Au sein des précédentes mandatures, certains contrats précaires n’étaient jamais renouvelés et le personnel était renvoyé. Nous avons pris la décision de conserver le personnel. Nous avons fait en sorte d’améliorer le quotidien des agents pour qu’ils soient productifs, avec une complémentaire santé et des tickets-restaurant, ainsi que des financements pour le service technique.

Si nous voulons continuer dans cette dynamique et que notre commune se développe, il faut faire en sorte d’apaiser les gens. Nous avons travaillé pour améliorer le vivre-ensemble. J’ai un amour fort pour ma commune et mes concitoyens. Je veux faire en sorte que notre commune se développe à Mayotte.

F.I. : Si vous êtes élue, que mettrez-vous en place la première année ?

L.B.S : Dès la première année, nous allons achever l’installation d’un dentiste, dont nous avons besoin. Je souhaite aussi terminer les études de la STEP de Mtsamboro. Les travaux d’assainissement vont desservir deux villages. Nous sommes suivis par la DEALM, donc nous commencerons par le village de Mtsamboro, ainsi que par la maison numérique d’Hamjago. Nous prévoyons également de finir les city-stades ainsi que les tobés de l’îlot.

Mohamadi  Ali Bacar (LDIV)

Liste : Mtsamboro En Mouvement

Flash-Info  Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Mohamadi Ali Bacar : Je suis métissé de deux villages : mon père est de M’Tsamboro et ma mère de M’Tsahara. J’ai participé à ces deux mandatures en tant que conseiller municipal. Je suis aussi référent de l’Association Nationale des Élus en charge du Sport (ANDES), un réseau collectif national qui répond aux demandes de subventions de l’Hexagone et d’outre-mer. Nous travaillons avec les Délégations régionales académiques à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (DRAJES), le rectorat, et le monde économique. Au cours de ces deux mandatures, mon expérience m’a donné envie d’observer un changement sur ce territoire et de définir des objectifs réels. Je souhaite créer ma propre équipe, où chaque élu et chaque colistier participera activement. Je veux rompre avec ce qui se passe actuellement et mettre en place des changements concrets sur notre territoire. Trop souvent, les grandes formations politiques nous laissent à l’écart et nos compétences ne sont pas reconnues. Avec un parti local, nous pouvons nous réunir et agir réellement. Mon objectif se base sur notre culture musulmane et notre art de vivre. Nous voulons accompagner les jeunes dès l’école maternelle et développer des infrastructures adaptées à leurs besoins. Nous avons un programme structuré, avec des actions prévues jusqu’en 2050, pour répondre aux problèmes d’insécurité et construire un territoire plus sûr et dynamique pour tous.

F.I : Selon vous, quelle est la problématique centrale de Mtsamboro?

M.A.B : La problématique principale est que nous n’avons pas d’école à Mtsamboro. Les enfants doivent parcourir tout le village, traversant le territoire, livrés à eux-mêmes. Il faut que nous nous organisions pour les écoles, afin qu’ils puissent être pris en charge en attendant l’ouverture d’une école en 2029. Il est nécessaire de réaménager des abris pour accueillir ces jeunes, et nous pouvons faire appel aux taxis. Des appels à projets pourraient aussi permettre d’amener nos enfants à l’école à Hamjago ou à Mtsahara. Nous avons mis en place un accompagnement de notre jeunesse, pas seulement pour le sport. Il y a aussi des jeunes qui abandonnent leurs études ; nous travaillons pour les accompagner et les aider à continuer leur parcours.

F.I : Que pensez-vous pouvoir apporter ?

M.A.B : Concernant l’aménagement, nous disposons d’un PLU et devons gérer les risques de glissement de terrain. La population et la préservation de la plage du préfet restent des priorités. Nous prévoyons de travailler sur le littoral et de réorganiser le lotissement existant. Par ailleurs, nous souhaitons créer une déchetterie afin d’améliorer l’organisation et l’assainissement du territoire, tout en répondant aux besoins en eau et en infrastructures de la commune.

F.I. : Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

M.A.B : Il est essentiel de régulariser notre foncier et de mettre en place l’assainissement de la commune. Chaque route doit être correctement reliée aux réseaux existants. Si nous n’avons pas encore réussi à dégager certaines zones, c’est une volonté que nous souhaitons atteindre. L’aménagement du PLU, l’assainissement et les écoles sont des priorités : nos enfants rencontrent des difficultés pour accéder à l’éducation, et ces quatre points constituent nos urgences.

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Sensibilisation des lycéens de Chirongui à la drépanocytose et au dépistage

Sensibilisation des lycéens de Chirongui à la drépanocytose et au dépistage

À l’occasion de la Journée mondiale des maladies rares, le Centre de Référence des Maladies Rares du Globule Rouge (CRMR) du Centre Hospitalier de Mayotte, avec l’association Mayotte Drep’Action, a organisé une journée de sensibilisation au lycée de Chirongui autour de la drépanocytose. Tout au long de la journée, les lycéens ont pu découvrir des stands d’information pour mieux comprendre cette maladie génétique. Des échanges interactifs ont permis d’aborder la transmission de la maladie et l’importance du dépistage. Des ateliers et des jeux pédagogiques ont également été proposés pour apprendre de manière simple et ludique. Cette rencontre visait à sensibiliser les jeunes à l’importance de connaître leur statut de porteur sain et à les informer sur les enjeux liés à la transmission de la maladie. Elle a aussi permis d’ouvrir le dialogue pour lutter contre l’isolement et la stigmatisation des personnes atteintes de drépanocytose.

Une mission scientifique pour mieux comprendre l’érosion des sols et l’envasement du lagon

Une mission scientifique pour mieux comprendre l’érosion des sols et l’envasement du lagon

Une mission scientifique s’est récemment déroulée sur le littoral de Mayotte pour mieux comprendre l’érosion des sols et l’envasement du lagon. Elle s’inscrit dans le cadre du projet LESELAM 4. Pendant plusieurs jours, chercheurs, ingénieurs et étudiants ont mené des observations sur le terrain. Leur objectif est de mieux comprendre les échanges entre la terre et la mer, depuis les bassins versants jusqu’au littoral, en passant par les mangroves, les récifs coralliens et le lagon. Les équipes ont installé plusieurs instruments pour mesurer les vagues, les courants et la turbidité de l’eau. Des pièges à sédiments ont aussi été déployés et des carottages ont été réalisés dans différents milieux côtiers. Ces données permettront de mieux comprendre les transferts de sédiments vers le lagon et les processus d’érosion le long du littoral. Elles aideront également à analyser l’évolution de l’envasement du lagon sur le long terme.

Droits des femmes : plusieurs rendez-vous cette semaine à Mayotte

Droits des femmes : plusieurs rendez-vous cette semaine à Mayotte
* image d'illustration générée par ia

La mobilisation autour de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars se poursuit à Mayotte avec plusieurs actions portées par la Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité (DRDFE) et ses partenaires.

Ce lundi 9 mars, le lycée des Lumières à Kawéni accueille la projection du film La Maison des femmes de 9 h à 13 h, suivie d’échanges sur la prise en charge des femmes victimes de violences. Le même jour, France Travail organise à Tsararano l’initiative « Oser pas à pas vers la reconstruction », avec un dressing de l’emploi destiné aux femmes en insertion professionnelle, tandis qu’une journée de sensibilisation est prévue au lycée Tani Malandi de Chirongui.

La mobilisation se poursuivra mardi 10 mars avec la 2ᵉ édition du « Village de la Femme Mahoraise », organisée de 7 h 30 à 13 h 30 sur la place Zakia Madi, autour de la sensibilisation aux droits des femmes et de la valorisation des entrepreneures locales.

Pour finir, vendredi 13 mars, un spot TV consacré à la polygamie à Mayotte sera rediffusé sur Mayotte la 1ère.

Le chikungunya progresse, la bronchiolite sous surveillance

Le chikungunya progresse, la bronchiolite sous surveillance

La circulation du chikungunya repart à la hausse à Mayotte. Entre le 23 février et le 1er mars, 74 nouveaux cas ont été recensés, soit une augmentation de 30 % en une semaine.

Depuis le début de l’année, 285 cas confirmés ont été enregistrés sur le territoire, avec des contaminations dans presque toutes les communes, Mamoudzou concentrant à elle seule près d’un quart des cas signalés sur la dernière semaine.

Face aux fortes pluies et fortes chaleurs – favorables à la prolifération des moustiques – les autorités sanitaires redoutent une intensification de la transmission dans les prochaines semaines. Le département reste pour l’instant en phase pré-épidémique du plan ORSEC arbovirose.

Parallèlement, l’épidémie de bronchiolite continue de monter en puissance. La semaine dernière, 21 enfants de moins d’un an ont été pris en charge pour bronchiolite, dont dix ont été hospitalisés. Trois nourrissons ont également été admis en réanimation.

Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent la population à éliminer les eaux stagnantes autour des habitations pour limiter la prolifération des moustiques. Elles rappellent aussi l’importance de protéger les nourrissons contre la bronchiolite : lavage régulier des mains, port du masque en cas de symptômes et limitation des visites auprès des bébés.

Foire du Ramadan 2026 : les commerçants anticipent pour éviter un nouveau fiasco

Foire du Ramadan 2026 : les commerçants anticipent pour éviter un nouveau fiasco
En avance de 10 jours cette année en comparaison de l’année dernière, les foires commerciales du Ramadan, occupent le devant de la scène à Mayotte et éclipsent quelque peu la campagne électorale des municipales de ce mois de mars.

Un mois de Ramadan quasi normal cette année, en comparaison de la catastrophe de 2025 consécutive aux cyclones Chido et Dikeledi. Les commerçants ont su anticiper les commandes et la reconstitution de leurs stocks, en tenant compte des besoins spécifiques et nombreux de la population désireuse de refaire ses logis. La réclame occupe tous les espaces publics depuis une dizaine de jours. L’heure est à la baisse des prix sur tout ce qui touche, de près ou de loin, au cadre de vie des Mahorais.

Pas de répit pour les commerçants cette année : le mois de Ramadan rime avec les bonnes affaires, et ce n’est certainement pas une campagne électorale en demi-teinte qui va casser le mouvement en cours. Il faut dire que, cette année, ils sont très nombreux à avoir pris de l’avance sur le calendrier, à peine les communes avaient-elles donné les autorisations nécessaires.

Les commerçants de la commune chef-lieu ont été les premiers à dresser leurs tentes sur les trottoirs de la rue du Commerce, sans pour autant perturber la circulation routière.

« En fait, après le raté de l’année dernière à cause du cyclone Chido, nous sommes nombreux à nous être retrouvés avec de gros stocks à devoir liquider. Nos commandes pour le mois de Ramadan étaient arrivées avec plusieurs mois de décalage, une fois les installations du port de Longoni remises en état. Quelques grossistes avaient des réserves qui leur ont permis de dépanner d’autres commerçants pour rattraper le coup, mais en général, 2025 a été une vraie catastrophe pour pas mal d’entre nous. Donc il était important que nous anticipions 2026. Cela explique que nous soyons prêts à servir nos clients bien assez tôt », explique Salimata.

Elle fait effectivement partie du peloton de tête des étals garnis pour la préparation de l’Aïd el-Fitr. Les stands vestimentaires ont la cote : le choix est très large entre le made in France et le made in Asia. Les importations de textiles, d’objets décoratifs ou de produits alimentaires naturels en provenance des pays voisins d’Afrique de l’Est connaissent également une percée fulgurante et quelque peu inattendue.

Cette frénésie commerçante ne touche pas seulement les marchands saisonniers : la grande distribution est également de la partie, à grand renfort de publicité qui envahit tous les espaces, sur les réseaux sociaux comme sur les panneaux 4×3 le long des routes. Très attentive aux attentes du consommateur mahorais, elle propose elle aussi des rabais substantiels sur l’alimentaire, la décoration, l’électroménager, le wifi, la cuisine, le mobilier et surtout la peinture et les produits dérivés.

L’Aïd qui arrive dix jours avant la fin du mois de mars, une donnée préoccupante pour les commerçants

En matière de revêtements muraux et de sols, de nouvelles inventions chinoises — des plaques de carbone colorées — ont fait leur apparition, augmentant l’offre disponible. Elles pourraient bien concurrencer sérieusement les classiques carrelages et faïences qui avaient jusque-là pignon sur rue tout au long de l’année.

L’heure est donc à l’embellissement de toutes sortes et aux cache-misère pour tenter d’effacer les stigmates du désastreux cyclone Chido, qui avait fortement impacté la fête de fin de Ramadan en 2025.

« Il suffit de bien regarder les objets exposés sur les étals pour se rendre compte que nous avons tous pris en considération le besoin de la population de refaire l’intérieur des maisons, de remeubler, redécorer et rhabiller les logements. Dans deux semaines, l’Aïd redonnera des couleurs à tous les foyers mahorais et le passé ne sera plus qu’un mauvais souvenir », assure Réhématoullah Fakridine Andhum.

La commerçante s’est fournie en grande partie en métropole cette année, pour échapper, dit-elle, « aux amendes et à la confiscation de produits ne respectant pas les normes françaises ou européennes ».

À quelques exceptions près, la grille tarifaire a peu, voire pas évolué par rapport aux deux années précédentes. Des commerçants assurent toutefois que ces prix pourraient être sensiblement revus à la baisse dans quelques jours en raison d’un fait marquant :

« L’Aïd tombe en plein milieu du mois, à environ onze jours de la fin mars. Nous ignorons si les employeurs pourront suivre le mouvement et faire un geste envers leurs salariés en termes de versement anticipé de salaires. Si c’est le cas, nous pourrons considérer que notre saison est sauvée. Autrement, nous serons soumis à une autre gymnastique. Beaucoup d’entre nous n’auront d’autre choix que d’accorder des paiements échelonnés. C’est une préoccupation que nous partageons tous, et qui a d’ailleurs dicté le démarrage précoce de l’activité. La clientèle avait encore un peu d’argent dans la première dizaine du mois en cours. »

Le maître mot est donc de limiter au maximum la casse dans la trésorerie des marchands. Encore une semaine de patience, et ils seront fixés sur le sort qui les attend avant la fin effective du Ramadan.

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Des fientes de poules transformées en engrais : une solution novatrice pour préserver les sols mahorais

Des fientes de poules transformées en engrais : une solution novatrice pour préserver les sols mahorais

À Mayotte, la gestion des déchets d’élevage est un enjeu environnemental majeur. Depuis plusieurs années, une coopérative agricole à Ironi Be s’organise pour transformer les fientes de poules en engrais organique. Elle relance enfin sa production depuis le cyclone Chido. Un procédé qui améliore les sols agricoles, réduit les risques de pollution et offre une alternative aux engrais chimiques. 1 000 tonnes d’engrais par an

Depuis 2021, la coopérative agricole d’Ironi Be, Mayotte Agricoop, transforme en un engrais organique les fientes des 125 000 poules de l’agriculteur-éleveur Pierre Bubet, installé à Mayotte depuis une quinzaine d’années. Forte de son succès, la coopérative redémarre enfin sa production, temporairement interrompue par le passage du cyclone Chido, alors que la production venait tout juste de démarrer. Pierre Bobet, agriculteur-éleveur, s’est lancé dans la production d’environ 1 000 tonnes par an d’engrais organique déshydratés, intégralement destinés aux agriculteurs mahorais. Cette quantité permet d’améliorer la fertilité d’environ 700 hectares de cultures. Un chiffre encore modeste à l’échelle du territoire : Mayotte compte près de 6000 hectares de surfaces agricoles utilisées.

Des résultats encourageants dans les plantations

Pour mesurer l’efficacité de cet engrais organique, des essais sont menés dans différentes cultures par Caroline Joubert, responsable des productions végétales au sein de la coopérative agricole Mayotte Agricoop et spécialiste de la vie des sols. Depuis sept mois, Caroline Joubert compare cet engrais avec des fertilisants chimiques en l’utilisant dans une plantation de bananiers. Les premiers résultats sont encourageants : les plants nourris avec l’engrais organique se développent mieux et entrent en production plus rapidement. « Avec un engrais organique, le développement des plants est meilleur et la fructification est plus précoce », explique-t-elle. Dans de nombreuses exploitations mahoraises, les bananiers mettent plus d’un an avant de produire faute de fertilisation suffisante. Dans ces essais, les régimes apparaissent environ huit mois après la plantation.

Améliorer les sols et protéger le lagon

Au-delà du rendement agricole, l’objectif est aussi environnemental. L’utilisation d’engrais organiques, ici, biologique, permet d’améliorer la structure des sols tropicaux, de limiter l’érosion et de réduire la lixiviation, phénomène par lequel la pluie « lessive » le sol et entraîne les nutriments ou les engrais vers les cours d’eau, pouvant contribuer à la pollution du lagon. La valorisation des fientes de poules s’inscrit aussi dans le principe du « pollueur-payeur » : tous les éleveurs doivent aujourd’hui trouver des solutions pour traiter les déchets issus de leurs exploitations.

Une réponse à une obligation réglementaire

Dans les élevages, les déchets organiques ne peuvent pas être laissés ou épandus n’importe où. Leur gestion est strictement encadrée par la réglementation afin d’éviter les pollutions. « Les règles d’épandage sont toutefois difficiles à appliquer à Mayotte, notamment en raison du relief accidenté et du manque de surfaces adaptées », selon Pierre Bobet. Pour répondre à cette contrainte, l’éleveur a choisi une solution plus simple et accessible localement : la déshydratation des fientes de poules. Ce procédé permet de transformer ce déchet en amendement organique, puis en véritable engrais biologique. Contrairement à un engrais classique qui nourrit directement la plante, un amendement agit d’abord sur le sol en améliorant sa structure et sa fertilité.

De la fiente fraîche à un engrais stabilisé

La transformation consiste à réduire fortement l’humidité des fientes. À l’état frais, elles contiennent environ 85 % d’eau. Après déshydratation, il ne reste plus que 15 % d’humidité. Le résultat donne un produit sec qui prend la forme de granulés, plus faciles à épandre et moins encombrants. La déshydratation permet également de stabiliser l’azote présent dans les fientes. À l’état brut, cet azote ammoniacal peut provoquer des brûlures sur les plants. Une fois séchées, les fientes perdent cet effet agressif. Un procédé nécessaire car les fientes peuvent contenir des bactéries ou des virus. Elles ne sont donc pas adaptées à certaines cultures sensibles, notamment les productions maraîchères à cycle court comme les salades ou les brèdes. Pour obtenir un produit totalement sûr, les fientes sont donc séchées à plus de 60 degrés par un traitement thermique qui élimine les bactéries. Du calcium et de la potasse sont également ajoutés afin d’obtenir un engrais équilibré.

Une filière locale soutenue par l’Europe

Ce projet a été accompagné par des financements européens dans le cadre du développement de pratiques agricoles plus durables. La transformation des effluents d’élevage s’inscrit en effet dans les objectifs de l’agroécologie, promue par l’Europe pour limiter la pollution des sols. La déshydratation reste aujourd’hui la solution la plus simple techniquement, même si les équipements représentent un investissement important : une machine coûte jusqu’à un million d’euros, en partie financé par les fonds européens

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À Mayotte, les femmes bousculent les héritages

À Mayotte, les femmes bousculent les héritages

À Mayotte, l’émancipation des femmes avance par petites secousses, souvent discrètes, parfois douloureuses. Entre traditions familiales, normes culturelles et interprétations religieuses, beaucoup racontent avoir grandi dans un cadre strict où la place des femmes est conditionnée d’avance. Mais les lignes bougent. Lentement. À travers trois générations — 56 ans, 42 ans et 16 ans — trois voix racontent leurs luttes intimes, leurs contradictions et leurs espoirs. « J’avais l’impression d’être du bétail »

Asma*, 42 ans, parle d’une voix calme devant l’une de ses filles, âgée de 9 ans. Elle revient sur une jeunesse qu’elle refuse de reproduire pour ses enfants. Dans son enfance, tout tournait autour d’un impératif : rester vierge jusqu’au mariage. « J’avais l’impression d’être comme du bétail. Comme une vache. Personne ne se préoccupait de ce que je ressentais. Tout ce qu’on voulait de moi, c’était que je reste pure jusqu’au mariage. » Les sorties sont interdites ou accompagnées. Seule l’école lui permet une bouffée d’air : « Quand je demandais à sortir, on me répondait : Quand tu seras mariée, ton mari te fera sortir. » À 19 ans, elle pense trouver la liberté en se mariant avec un homme de neuf ans son aîné. « J’ai choisi mon homme à la va-vite, juste pour sortir de chez moi. J’ai pris le premier venu. » Mais le mariage ne change rien. « Je me suis retrouvée enfermée à nouveau avec quelqu’un qui n’avait pas de vie sociale. » Sept ans s’ensuivent avant qu’elle ne prenne la décision de quitter le foyer. Une rupture difficile, mais nécessaire. « Mes parents savaient que la situation était compliquée, même si on n’en parlait pas. Quand je suis partie, ils ont compris et ils m’ont soutenue. » Aujourd’hui, Asma ne regrette qu’une chose : le silence qui entourait ces situations. « Ici, la religion et la culture se mélangent beaucoup. On ne sait plus toujours ce qui relève de l’une ou de l’autre. » Depuis qu’elle s’est détachée de ses chaînes, Asma pose un doux regard sur sa personne, loin des regrets passés, et se dit fière de la femme qu’elle est devenue. * ce nom a été changé pour respecter l’anonymat du témoignage

Entre tradition et doute

À 55 ans, Echata travaille comme aide médico-psychologique et médiatrice culturelle. Elle appartient à une génération charnière : celle qui a grandi dans la stricte obéissance mais qui voit déjà les mentalités évoluer.

Elle se souvient d’un père autoritaire. « On avait peur de lui. Je n’avais pas le droit d’avoir une copine… alors un copain ? Encore moins ! » Dans cette famille de dix enfants, dont sept filles, les soeurs formaient un monde clos. « On restait entre nous mais j’avais envie de sortir. Je souffrais. » Même certaines pratiques culturelles lui étaient interdites. « Je ne pouvais pas aller au Debaa, alors que c’est notre culture. » Elle avoue aujourd’hui un sentiment jamais exprimé : « J’en veux à mon père. Je n’ai jamais osé lui dire et maintenant il est mort. » Pourtant, elle reconnaît aussi ce que cette sévérité lui a apporté. « Je le remercie aussi. S’il n’avait pas été aussi strict, j’aurais peut-être fait des bêtises. » Echata observe les transformations de la société mahoraise avec lucidité. « Dans quelques générations, je pense que ça va bouger. » Mais elle-même se retrouve parfois prise dans ses propres contradictions, notamment avec sa fille de 24 ans. « On se dispute tous les jours à ce sujet. Elle veut partager les tâches avec son frère. Elle ne comprend pas pourquoi je lui en demande plus. » Elle en est consciente : elle reproduit une partie de l’éducation qu’elle a reçue. « Je l’élève pour être une bonne femme. » Dans la culture locale, explique-t-elle, la responsabilité domestique retombe encore sur la femme. Selon elle, « le monde autour de nous n’est pas prêt à changer. J’aurais peur qu’elle ne trouve pas quelqu’un et que ça me mette dans l’embarras. Si elle ne sait pas faire certaines choses, qu’est-ce que dira la belle-famille ? » Pourtant, elle tente d’ouvrir le dialogue : « Je la laisse sortir. Je ne peux pas l’empêcher d’avoir un copain. Mais on parle librement de ce qui est acceptable ou non. » Pour elle, ce déséquilibre est culturel avant tout. « Les filles doivent être préparées à devenir de “bonnes femmes”. Dans beaucoup de pays d’Afrique, c’est comme ça. Et ici à Mayotte, c’est encore très présent. » Même l’éducation des enfants peut refléter cette différence. « Les garçons ne sont pas contrôlés de la même façon. On les protège plus, on leur demande moins. » Elle évoque aussi le quotidien des femmes, encore très marqué par les rôles traditionnels. Pendant le Ramadan, par exemple, la préparation du Futari, le repas de rupture du jeûne, reste une affaire de femmes. Derrière son sourire, Echata ne cache pas son agacement : « La plupart des hommes arrivent une fois que tout est prêt. Ils s’assoient. Et nous, on débarrasse, on fait la vaisselle avec les enfants. On en a marre. »

“Nous ne voulons plus être des servantes »

Rahama, 16 ans, n’a jamais quitté Mayotte et ne le souhaite pas. Elle incarne une nouvelle génération audacieuse, celle qui veut renverser le patriarcat. Son regard sur la société est déjà très critique. « Avec ma mamie, on se dispute tous les jours sur ces questions. » Elle évoque souvent l’idée répandue que la société mahoraise serait matriarcale : « Matriarcale dans le sens où la femme est indispensable dans le foyer. Mais c’est surtout parce qu’elle doit tout faire : la maison, les enfants, la cuisine… pendant que l’homme ramène l’argent. » Pour Rahama, ce modèle ne relève d’aucune logique. « Il y en a qui pensent qu’un homme ne doit même pas se servir un verre d’eau. » Elle décrit un système où les femmes deviennent surtout des exécutantes. « On profite tous d’un repas, alors pourquoi ne pas tous mettre la main à la pâte ? » Chez les adolescentes de son âge, le discours change. « Avec mes copines, nous pensons que nous ne sommes pas des femmes de ménage chargées de répondre aux besoins des hommes. » Elle évoque aussi certaines attentes encore très fortes envers les femmes : rester coquette, s’occuper du mari même lorsqu’elles sont malades. Son propre couple lui a montré une autre réalité. « Mon copain cuisine et fait le ménage chez lui. Il a 16 ans. Parfois il m’appelle parce qu’il ne sait pas faire certaines choses. Au début j’étais surprise. Il aide sa mère qui travaille. » La réaction de l’entourage l’étonne. « Si ça ne le dérange pas, pourquoi ça dérange les autres ? » Pour elle, la clé du changement se trouve chez les mères. « Ce sont les mamans d’aujourd’hui qui peuvent changer les choses. » Certaines grands-mères s’inquiètent encore. « Elles disent que ça va efféminer les hommes s’ils font la vaisselle. » Inquiètudes auxquelles la jeune fille répond simplement : « Non. Ça va les rendre indépendants. » Rahama, elle, a déjà fixé ses priorités. « On m’a toujours dit que le but dans ma vie était de me marier. Mais moi je ne veux pas me marier tant que je n’ai pas un emploi stable. » La jeune fille de 16 ans évoquent s’être émancipée des codes traditionnels par les réseaux sociaux, une fenêtre sur d’autres possibles qui lui a permis de comparer d’un pays à l’autre la question des inégalités hommes-femmes. « Ils m’ont montré qu’une autre façon de vivre est possible. »

Trois générations, un même mouvement

Entre Asma qui a brisé un mariage pour respirer, Echata qui oscille entre héritage et changement, et Rahama qui revendique une égalité simple dans le quotidien, l’évolution des mentalités apparaît clairement. À Mayotte, la transformation ne passe pas toujours par des slogans ou des combats publics. Elle se joue souvent dans les cuisines, dans les discussions familiales et l’éducation des enfants. Et peut-être surtout dans cette question que les jeunes filles posent désormais sans détour : pourquoi les choses devraient-elles rester comme avant si cela fait souffrir les femmes ?

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Tribunal administratif : un nouveau président pour une juridiction sous pression

Tribunal administratif : un nouveau président pour une juridiction sous pression

Nommé le 1er mars 2026 à la tête des tribunaux administratifs de La Réunion et de Mayotte, Jean-Michel Laso a d’abord pris ses fonctions à La Réunion avant de rejoindre Mayotte mercredi 5 mars. À peine arrivé, il a rencontré le préfet et la présidente du tribunal judiciaire. Le magistrat, qui succède à Thierry Sorin, découvre une juridiction confrontée à une activité dense.

« Je viens des Caraïbes, c’est mon deuxième poste de chef de juridiction. J’ai déjà eu à gérer deux tribunaux administratifs en même temps, mais la situation est très différente ici. À La Réunion, on traite environ 2 500 dossiers par an, et à Mayotte le volume est bien plus important », explique-t-il. Depuis 2023, Jean-Michel Laso présidait les tribunaux administratifs de la Martinique et de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Un tribunal dominé par le contentieux des étrangers

À Mayotte, le tribunal administratif traite surtout des dossiers liés au droit des étrangers. « Environ 85 % de notre activité concerne le contentieux des étrangers », explique Jean-Michel Laso. « Ce sont très souvent des procédures d’urgence, avec des décisions à rendre en 48 ou 96 heures. »

Ces recours concernent principalement des demandes de renouvellement ou de régularisation de titres de séjour. Dans de nombreux cas, les requérants saisissent le tribunal faute de réponse de l’administration après plusieurs mois d’attente. D’autres démarches portent aussi sur l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer leur demande.

« La préfecture m’explique que pendant plusieurs mois elle n’a pas pu fonctionner correctement. Avant, elle pouvait statuer sur environ 1 500 demandes. Avec les grèves et les blocages, ce chiffre est tombé à environ 350. La différence est énorme. » explique le président du tribunal après sa rencontre avec le Préfet.

Un retard d’autant plus inquiétant que les premiers chiffres de l’année laissent entrevoir une activité encore plus soutenue. « Les deux premiers mois de 2026 montrent une hausse de 30 à 40 % des dossiers par rapport à l’année dernière », indique le magistrat. Si cette tendance se confirme, le tribunal administratif de Mayotte pourrait atteindre près de 6 000 dossiers sur l’année, une charge considérable pour une équipe d’une douzaine d’agents.

Des dossiers ordinaires relégués au second plan

Si les contentieux liés aux étrangers représentent l’essentiel de l’activité, le tribunal traite également d’autres litiges : fonction publique, fiscalité, urbanisme, environnement ou encore dommages liés aux travaux publics. Mais ces affaires passent souvent après les procédures d’urgence. « On a des dossiers qui attendent depuis plus de deux ans. Ce n’est pas normal, surtout en première instance », reconnaît Jean-Michel Laso.

L’année 2026 pourrait également apporter son lot de recours liés aux élections municipales. « Cela risque d’être assez conflictuel », anticipe le président. Ces contentieux doivent eux aussi être jugés dans des délais très courts, ce qui pourrait accentuer la pression sur la juridiction.

Le projet d’un tribunal administratif autonome à Mayotte

Pour l’heure, aucune augmentation du nombre de magistrats n’est prévue. « On ne recrute pas des magistrats pour quelques mois. Ce sont des agents publics », rappelle Jean-Michel Laso. En cas de hausse durable de l’activité, des renforts ponctuels pourraient toutefois être sollicités. Par le passé, des magistrats basés à La Réunion sont déjà venus prêter main-forte, sur la base du volontariat. Du côté du greffe, le recours à des vacataires reste également possible pour absorber un pic d’activité.

À plus long terme, un autre projet est sur la table : la création d’un tribunal administratif de plein exercice à Mayotte. Aujourd’hui, la juridiction reste rattachée à celle de La Réunion. Les magistrats ne sont pas installés de manière permanente à Mayotte et une partie des audiences se tient encore à distance. « L’idée serait d’avoir un tribunal administratif de Mayotte avec ses propres magistrats et son chef de juridiction », explique Jean-Michel Laso.

Reste la question des locaux. Le bâtiment actuel, déjà exigu, a été partiellement endommagé par le cyclone Chido. Certains espaces ont dû être abandonnés et les agents travaillent à sept ou huit dans des bureaux partagés. La perspective d’une future cité judiciaire pourrait offrir une solution, mais le projet reste encore flou. « C’est une volonté de l’État d’avoir un lieu de justice mieux identifié, mais concrètement, où et selon quelle échéance, c’est plus compliqué », reconnaît le président « C’est aussi un peu ma feuille de route. Quand j’ai été désigné pour venir, on m’a demandé de porter ce projet ».

Dans l’immédiat, la priorité reste la gestion de l’afflux de dossiers. « On est tous soumis à des indicateurs. L’idée, c’est d’essayer de juger autant de dossiers que ce qui entre, et surtout d’éviter que le nombre de dossiers de plus de deux ans n’augmente », souligne le président.

Mieux faire connaître la justice administrative pourrait aussi soulager le tribunal. « Les agents passent beaucoup de temps à répondre au téléphone pour expliquer que tel dossier ne relève pas du tribunal administratif mais du tribunal judiciaire ou d’une autre juridiction », note Jean-Michel Laso.

Pour y remédier, Jean-Michel Laso envisage d’organiser pour la première fois une audience solennelle de rentrée du tribunal administratif à Mayotte. L’objectif : présenter l’activité de la juridiction et renforcer les liens avec les avocats, les institutions et les partenaires locau

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Asma, 17 000 abonnés et une parole sans détour

Asma, 17 000 abonnés et une parole sans détour
Surnommée As_chocs sur les réseaux sociaux, Asma partage ses prises de parole sur la société mahoraise et la condition féminine.

Connue sur les réseaux sociaux sous le nom d’As_chocs, Asma publie des vidéos suivies par des milliers d’abonnés. Infirmière et mère de deux enfants, elle y aborde des sujets de société à Mayotte, notamment la santé et la condition féminine. Une prise de parole apparue après le cyclone Chido.

« La condition féminine est un sujet qui me tient à cœur. » Voile rose et épingle à fleur sur le côté droit du visage, Asma, surnommée As_chocs sur les réseaux sociaux, rassemble près de 17 000 followers. Certaines de ses vidéos dépassent les 500 000 vues. Pour Le Flash Info, elle accepte de revenir sur son parcours et sur la manière dont elle s’est retrouvée à prendre la parole en ligne.

Le cyclone Chido, point de départ de ses publications

Asma a 32 ans. Elle est née à Marseille, dans l’Hexagone, et est originaire de Barakani (Ouangani). « Je suis plutôt métropolitaine. Je sais que ça ne se voit pas, mais c’est le cas. » Mère de deux filles, elle explique avoir souhaité leur offrir un cadre de vie différent. « Pour elles, j’ai souhaité vivre à Mayotte », explique-t-elle, avec l’idée d’un environnement plus sain, en accord avec son identité familiale et religieuse. À son arrivée, elle remarque « une confusion entre la culture et la religion » , avec quelques difficultés à s’approprier les codes de la société mahoraise. « Je ne parlais pas le shimaoré. On m’a fait remarquer que j’avais une mentalité de mzungu. » narre t-elle sourire en coin.

« Polémique, santé et tabous de Mayotte »

A ses début, Asma affirme ne pas avoir cherché la visibilité. « Je n’avais jamais pensé à rejoindre les réseaux sociaux. Je trouve ça lisse, surfait, pas très naturel. » Pourtant, sa première vidéo tournée après le cyclone change la donne. « Je finissais le travail. On disait que l’eau était rétablie alors que c’était faux. » Elle décide alors de se filmer. La vidéo circule et marque le début d’une série de publications qui totalisent aujourd’hui plusieurs centaines de milliers de vues. « Je pense que ça a pris parce que je suis naturel. » La mère de famille aborde aussi la question de la condition féminine, un thème central pour elle. Elle évoque notamment les débats autour de la polygamie, le confiage d’enfant ou de l’accès des femmes à l’enseignement religieux. Ses prises de parole sont parfois tranchées. « Je parle parfois de sexualité, ce qui choque. On me prend pour une djaoulla, mais je suis libre de ma parole. Ça peut paraître paradoxal car je porte le voile, mais c’est un choix », poursuit-elle.

Approchée par des listes municipales, elle explique en avoir rejoint une avant d’y renoncer. Son choix est fait. Elle dit vouloir se fier à une nouvelle génération «  Nouvelle génération ». Avant de prendre la pose sa photo d’illustration.

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Comores : l’hôpital national suspend son anesthésiste sans préavis

Comores : l’hôpital national suspend son anesthésiste sans préavis

Abdillah Mdohoma assurait, avant sa suspension, avec un second spécialiste, les activités du service de réanimation d’El-Maarouf, qui fait face à une fuite d’infirmiers et de médecins qualifiés en raison, notamment, des conditions de travail et salariales.

On sait tous à quel point le service d’anesthésie et de réanimation est important dans n’importe quel centre hospitalier. Pourtant, la direction d’El-Maarouf, le plus grand hôpital des Comores situé à Moroni, n’hésite pas à se séparer de certains de ses rares spécialistes du domaine, qui ont la lourde tâche de s’occuper de toutes les interventions chirurgicales de l’hôpital.

El-Maarouf ne disposait que de deux médecins anesthésistes, mais il vient de suspendre l’un d’eux dans des conditions floues. Recruté depuis 2017, le Dr Abdillah Mdohoma a appris sa suspension à travers une note affichée par son chef hiérarchique le 18 février, alors qu’il affirme ne pas se rappeler avoir commis une faute dans l’exercice de ses fonctions.

Douze jours plus tard, c’est le directeur général de l’hôpital qui a officialisé la mesure en signant à son tour une décision visant le médecin anesthésiste. Dans sa note de service du 3 mars, la direction de l’hôpital de référence informe tous les services que le Dr Abdillah Mdohoma n’est plus autorisé à pénétrer dans les services de soins, les blocs opératoires ou les zones réservées au personnel, au même titre qu’un membre du corps médical en service.

À ce titre, poursuit la note, l’entrée de l’intéressé au sein de l’enceinte de l’hôpital est strictement limitée au statut de visiteur ou d’accompagnant. Il doit ainsi se soumettre aux règles communes de l’établissement (horaires de visite, accueil général).

Le bémol : ni la note du chef de service ni celle de la direction ne mentionnent la cause ayant conduit à cette sanction.

« J’ai même demandé au responsable des ressources humaines, mais il dit ne rien savoir. Donc officiellement, j’ignore les raisons de ma suspension », a fait savoir le médecin anesthésiste, contacté par Flash Infos.

Sollicitée par certains médias de la place, la direction de l’hôpital n’avait toujours pas réagi, avons-nous appris auprès de quelques confrères.

Doléances du service

Le spécialiste s’est même rapproché du ministère de la Santé pour en savoir un peu plus. À la surprise générale, il découvre qu’en plus de la suspension, une demande de révocation au sein de la fonction publique aurait été introduite.

« À ma connaissance, la plus grande sanction en cas de faute consiste à remettre le médecin à la disposition du ministère. Et cela intervient après convocation de la personne incriminée, qui doit s’expliquer. Mais moi, je n’ai jamais été entendu », souligne le Dr Abdillah Mdohoma, qui, depuis quelques jours, n’a pas mis les pieds à El-Maarouf.

Si le flou entoure sa suspension, il pense que ce qui lui arrive pourrait avoir un lien avec les mouvements que son service a entamés fin décembre afin de réclamer de meilleures conditions de travail.

Dans un courrier adressé à la direction de l’hôpital de référence le 23 décembre 2025, les infirmiers anesthésistes ont formulé trois principales revendications, dont l’introduction d’une indemnité de risque professionnel.

« Nous sollicitons la régularisation et l’octroi des indemnités de risque liées à l’exposition permanente à des substances et produits dangereux tels que les rayons X, le sang, le formol, les gaz anesthésiques, ainsi qu’à la manipulation des bouteilles d’oxygène — tâche qui ne relève pas de nos obligations professionnelles », écrit le personnel.

La deuxième doléance concerne les primes de garde, actuellement fixées à 3 500 francs, soit près de 8 euros.

« Alors que jusqu’en 2016, les infirmiers anesthésistes percevaient la même indemnité que lors des astreintes. Les infirmiers anesthésistes occupent officiellement un seul service, mais nous travaillons actuellement dans quatre services (bloc opératoire, salle de réveil, réanimation et service d’imagerie) afin d’assurer la couverture complète des soins. Cette situation témoigne d’un besoin urgent de renforcer le nombre d’infirmiers anesthésistes pour garantir la sécurité et la continuité des soins aux patients, ainsi que le bon fonctionnement des différents services », ajoute la lettre que nous avons consultée.

Selon le Dr Abdillah Mdohoma, qui a fait le choix de rentrer servir le pays après sa spécialisation en France, ce sont ces conditions déplorables qui ont entraîné une fuite des meilleurs éléments.

Service débordé

« Les infirmières et médecins que nous avions dans notre service partent ailleurs dès qu’une offre intéressante se présente. À chaque fois que nous essayons d’expliquer aux responsables qu’il faut de meilleures conditions, car la charge de notre travail est importante, ils le prennent mal », regrette le médecin anesthésiste, dont le départ risque de fragiliser encore davantage le service, qui ne disposait que de deux anesthésistes.

« Déjà, nous étions débordés avec deux médecins généralistes, un urgentiste, puis il y avait moi et le chef de service. Pour assurer les consultations précédant une intervention chirurgicale, nous étions obligés d’alterner tous les vendredis. Le 13 février, j’ai dû les annuler car j’étais débordé et il y avait des urgences au bloc et en réanimation. Mais j’ai été accusé d’avoir refusé de consulter. Ils se servent même de cela pour justifier ma suspension, alors que j’avais tout expliqué à la direction », a indiqué le Dr Abdillah Mdohoma.

Financé par les Émirats arabes unis, à travers la fondation Cheikh Khalifa Ben Zayed Al-Nahyan, à hauteur de 3,3 millions d’euros, le pôle chirurgical d’El-Maarouf a été inauguré le 22 mai 2014. Il abrite notamment le service de réanimation et de soins intensifs.

Douze ans plus tard, ce pôle vital de l’hôpital de référence tente tant bien que mal d’offrir des soins aux Comoriens, mais n’échappe pas aux critiques qui collent à El-Maarouf, en raison notamment de présumées négligences médicales, dont certaines se révèlent fatales.

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Petite-Terre : les jeunes mobilisés contre le tabac, le public invité à voter pour les clips #StopLaFumette

Petite-Terre : les jeunes mobilisés contre le tabac, le public invité à voter pour les clips #StopLaFumette

À Petite-Terre, plusieurs jeunes se mobilisent pour sensibiliser aux dangers du tabac et de la cigarette électronique. Dans le cadre du projet « J’arrête aujourd’hui pour mieux vivre demain », porté par la Communauté de communes de Petite-Terre (CCPT), quatre clips de prévention réalisés par des jeunes ont été mis en ligne sur les réseaux sociaux. Le public est invité à voter pour ses vidéos préférées en likant jusqu’au 23 mars à 12 h.

Ces clips, tournés fin 2025 à la plage des Badamiers, ont été imaginés et interprétés par les jeunes eux-mêmes, accompagnés par un vidéaste professionnel. Deux équipes se sont affrontées autour de deux thèmes : le tabac et la « puff », une cigarette électronique jetable particulièrement répandue chez les adolescents.

Cette initiative s’inscrit dans une série d’actions de prévention menées depuis novembre auprès de la jeunesse du territoire : sensibilisation au lycée de Petite-Terre, tournage des vidéos, escape game sur les addictions et prochaines interventions d’une infirmière dans les classes du 9 au 13 mars. L’objectif est de prévenir l’entrée dans le tabagisme et d’encourager les jeunes à devenir acteurs de la prévention.

Le projet se conclura par une restitution finale comprenant une épreuve de slam, avant la remise de diplômes d’Ambassadeurs du Mois Sans Tabac aux participants.

Conséquences de la guerre en Iran : la crainte de manquer de gaz domestique à Mayotte

Conséquences de la guerre en Iran : la crainte de manquer de gaz domestique à Mayotte

Des problèmes logistiques et d’organisation chez l’une des deux sociétés locales importatrices de gaz domestique, ainsi qu’un début de panique, sont palpables auprès de la population de Petite-Terre. La bonbonne verte de Somagaz se fait désirer depuis plusieurs semaines. Sa livraison est irrégulière, bien avant le déclenchement des hostilités opposant Israël et les États-Unis d’Amérique à l’Iran. Les usagers restent sourds aux appels au calme des grands importateurs de l’île qui assurent disposer de quantités suffisantes de gaz pour tenir encore un moment.

Le mouvement de panique constaté dans l’Hexagone cette semaine après l’embrasement du Moyen-Orient et l’intensification de la guerre que les États-Unis d’Amérique et Israël livrent à l’Iran se manifeste pareillement à Mayotte, mais différemment. Sous nos latitudes, ce n’est pas le risque de pénurie de carburant qui inquiète les consommateurs, mais plutôt celui du gaz liquéfié.

Période de Ramadan oblige, ce produit constitue un élément indispensable dans les foyers, en raison de la quantité importante de nourriture consommée. Le Ramadan étant avant tout un mois de partage, de solidarité et de convivialité, les familles reçoivent beaucoup au moment de la rupture du jeûne, « l’Iftar ».

En conséquence, tous les habitants de l’île suivent de très près les événements qui ont cours dans le golfe Persique et dans le détroit d’Ormuz, d’où provient un quart du gaz liquéfié consommé dans l’Union européenne. Il faut bien se nourrir après une journée entière de privation de nourriture et d’eau.

Le souci est que l’approvisionnement en gaz domestique est problématique sur le territoire bien avant le déclenchement de cette guerre par Donald Trump et Benjamin Netanyahou, en particulier pour celui commercialisé par Somagaz dans des bouteilles métalliques de couleur verte.

« Le gaz ne nous est plus livré qu’un seul jour par semaine, et donc en quantité insuffisante. À peine les bouteilles sont-elles déchargées qu’il n’en reste quasiment plus. La demande est trop forte en cette période de Ramadan », nous explique un commerçant de Labattoir.

Selon lui, le gaz ne manque pas à Mayotte, qui disposerait d’un stock suffisant pour couvrir au moins deux mois de besoins. Ce rythme inhabituel de faible quantité de gaz serait dû à une nécessité d’entretien du parc de camions de livraison.

« Cela fait plusieurs jours que je fais les quatre cents pas devant les boutiques qui en vendent, mais je retourne chaque fois bredouille à la maison. Il faut s’assurer d’être sur place au moment où les camions de livraison déchargent leur cargaison, sinon on n’a rien », observe Rahadati, qui s’inquiète pour la préparation du repas de ce soir dans sa maisonnée.

D’aucuns se résignent à l’idée de subir une pénurie de gaz malgré le contexte particulier du mois de Ramadan

« La modernité est vraiment un problème pour nous autres insulaires. Jadis, nous cuisinions au bois de chauffage, au charbon et au pétrole pour les plus aisés. Il a été progressivement mis un terme à cela : désormais, tout le monde est dépendant du gaz, au prix fluctuant, lorsqu’il ne vient pas tout bonnement à manquer, comme c’est le cas en ce moment », relaie Ben Ardane, qui a dû interrompre son travail sur un chantier de construction pour se lancer à la recherche d’une de ces précieuses bonbonnes métalliques vertes bien remplies.

« Hallo tou bhé ritso vouka » (expression courante en shimaoré pour signifier qu’il n’y a pas lieu de paniquer et qu’il existe une solution à toutes les situations), lance-t-il en ricanant au tenancier d’un « douka » (petite épicerie) au carrefour des Trois Points, à proximité de l’hôtel de ville de Dzaoudzi. Celui-ci lui fait signe de poursuivre son chemin en lui montrant les trois rangées de bouteilles de gaz désespérément vides, posées sur des étagères en fer forgé spécialement conçues pour les abriter.

Au final, sa quête aura été d’assez courte durée. Une riveraine s’arrête non loin de là et demande de l’aide pour décharger du gaz de son véhicule.

« Dieu soit loué, on dirait que c’est mon jour de chance, ce jeudi », se plaît-il à déclarer d’une voix forte.

Toute la rue suit du regard le coffre arrière de la voiture rouge qui se lève lentement. Eh oui, c’est bien du gaz domestique que l’on en retire, mais de couleur orange vif, reconnaissable au logo de la société TotalEnergies.

Petit conciliabule, et la nouvelle se répand comme une traînée de poudre dans tout le quartier.

« Un camion a été vu en train de décharger sa précieuse cargaison à la station-service du bord de mer, à côté du cimetière chrétien qui sépare les villes de Labattoir et Pamandzi. »

Information qui n’a pas tardé à se vérifier. En vérité, il n’y a pas encore vraiment foule sur les lieux, mais plutôt une certaine effervescence due au fait que le camion n’avait pas fini de décharger que des clients se sont déjà agglutinés autour, demandant à être servis.

Plus de peur donc que de mal.

Toutefois, cette situation n’a été que de très courte durée. En moins de trente minutes, une file de voitures s’est allongée le long de la route. La nouvelle est désormais connue de toute la Petite-Terre : « il y a du gaz chez Total ».

Tout le monde veut s’en procurer de peur d’en manquer.

« Calmez-vous, s’il vous plaît. Ce n’est pas la peine de paniquer : il y a du gaz à Mayotte et le prix ne va pas augmenter », annonce aux usagers l’un des employés de la station-service.

Succomber à la tentation d’accumuler les bouteilles de gaz pleines chez soi pour se prémunir d’un manque potentiel concourt à générer la pénurie que tout le monde veut éviter

Mais c’est peine perdue. Il y a ceux et celles qui demandent deux à trois bouteilles, et ceux qui se contentent d’une seule, parce que, n’ayant pas initialement prévu d’en acheter ni de se munir d’une recharge, ils se voient contraints de débourser 69 euros, un prix comprenant le gaz et son contenant.

Il faut d’abord passer dans le magasin attenant pour s’acquitter du paiement, lequel donne droit à une quittance indispensable pour être servi.

Amélia se rendait à son travail à l’aéroport de Pamandzi mais s’est trouvée contrainte de suivre le mouvement de personnes qui se sont arrêtées devant le camion de livraison.

« Je n’en ai pas réellement besoin. J’ai encore deux bouteilles de Somagaz à mon domicile, mais avec tout ce qui se passe en ce moment en Orient, je préfère jouer la prudence. On ne sait jamais, au cas où les choses iraient encore plus mal et qu’on en viendrait à en manquer. »

C’est justement ce type de réflexe qui est déconseillé aux usagers, tant dans l’Hexagone qu’à Mayotte. Aussi compréhensible sur le plan humain que puisse être cette attitude, c’est malheureusement ce geste qui risque de générer une pénurie de gaz sur le territoire.

Un foyer va disposer de plusieurs bouteilles de gaz en réserve pendant que d’autres vont cruellement en manquer.

Il est à espérer qu’il n’en sera pas de même pour le carburant et les denrées alimentaires de première nécessité, à l’approche de l’Aïd el-Fitr qui marquera dans quelques jours la fin du mois sacré du Ramadan.

Les gros importateurs de l’île se veulent rassurants : il y a suffisamment de réserves de nourriture dans le département pour tenir aisément deux mois sans aucune crainte.

Donc pas de panique inutile !

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Municipales à Mamoudzou : plusieurs candidats face aux défis de la capitale

Municipales à Mamoudzou : plusieurs candidats face aux défis de la capitale
* image d'illustration générée par ia

Avec 72 974 habitants en 2025, Mamoudzou est de loin la commune la plus peuplée de Mayotte et le principal centre urbain du territoire. Chef-lieu du département et porte d’entrée vers la Grande-Terre, la ville concentre une grande partie des administrations, des services publics et des activités économiques de l’île. De nombreux habitants s’y rendent chaque jour pour travailler, étudier ou accéder aux services.

Cette centralité en fait le véritable moteur économique de Mayotte. La commune abrite notamment la principale zone industrielle du territoire à Kawéni, ainsi qu’une grande partie du commerce local. Sur les quatre grandes surfaces recensées en Grande-Terre, trois se trouvent à Mamoudzou. La ville joue également un rôle majeur dans le domaine de la santé avec la présence du Centre hospitalier de Mayotte et de nombreux professionnels de santé.

Mais ce rôle de capitale s’accompagne aussi de contraintes importantes. La forte croissance démographique et la densité de population, estimée à plus de 1 700 habitants par km², exercent une pression constante sur les infrastructures et les équipements publics. Les embouteillages quotidiens et le manque de foncier disponible figurent parmi les principaux freins au développement de la commune.

La situation financière de la municipalité constitue également un enjeu pour les années à venir. En 2024, le budget de fonctionnement présente un déficit de 2,39 millions d’euros, tandis que le budget d’investissement affiche un déficit de 7,64 millions d’euros. Dans ce contexte, certains chantiers, notamment la reconstruction d’écoles après le passage du cyclone Chido, ont été ralentis dans l’attente d’aides de l’État.

Dans ce contexte, les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 seront un rendez-vous politique important pour l’avenir de la capitale mahoraise. Sept candidats sont en lice dans la commune. Parmi eux, Ambdilwahedou Soumaila (LLR), maire sortant avec la liste Encore plus proche de vous, Ahamada Haribou (LDIV) avec la liste Rassemblons-nous, et Soiyinri Mhoudhoir (LDVC) avec la liste Mouvement pour le développement de Mayotte.

Ambdilwahedou SOUMAILA (LLR)

Liste : Encore plus proche de vous

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Je suis le maire sortant. En lien avec les partenaires institutionnels, associatifs et les habitants, nous avons lancé ensemble une vision qui a été partagée pour les dix prochaines années dans ce que l’on appelle Mamoudzou 2030.

C’est tout naturellement que je demande, comme ça a été le cas en 2020, la confiance de la population pour continuer les bases que nous avons posées ensemble.

Mamoudzou m’a tout donné. Mamoudzou m’a vu naître, m’a vu grandir, Mamoudzou m’a éduqué. C’est tout naturellement que j’essaie d’apporter, à ce niveau de responsabilité, ce que Mamoudzou m’a donné.

Depuis Chido, la population m’accompagne, elle est à côté de moi, les partenaires nous font confiance et les agents de la ville sont mobilisés pour accélérer le développement de Mamoudzou.

J’ai aussi été beaucoup dans l’associatif. C’est l’école de la vie ici à Mamoudzou et à Mayotte. J’ai été trésorier de la deuxième promotion de BTS au lycée de Mamoudzou et président de plusieurs associations dans mon village à Tsoundzou. J’ai également été joueur et vice-président du club de football de M’tsapéré. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« La jeunesse qui n’a pas de perspectives d’avenir et les jeunes mineurs isolés.

On a des jeunes, c’est une chance. On demande aux collectivités de construire des écoles pour scolariser les enfants, ce qu’on fait. À Mamoudzou, par exemple, on a un schéma directeur des écoles. Le jeune va au primaire, au collège, au lycée, il a son bac, mais il n’a pas de perspectives. Il ne peut pas poursuivre ses études ni trouver une formation parce qu’il n’est pas officiellement reconnu, il n’a pas d’identité. Tant qu’on n’aura pas réglé cette problématique de ni expulsable ni régularisable, on prendra des jeunes, on les regroupera sans leur donner de perspectives alors que la société a investi sur eux.

Ces jeunes finissent par se faire happer par d’autres qui n’ont pas fait d’études et deviennent des voyous mais des voyous diplômés.

Il y a aussi la question de l’incivisme. On met beaucoup de moyens pour la propreté urbaine, on installe du mobilier, des poubelles, et les gens continuent à jeter les déchets par terre. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« L’avantage d’être un élu sortant, c’est qu’on ne commence pas à zéro. On a déjà posé les bases. Quand nous sommes arrivés, cela nous a pris une année pour faire un projet de territoire. Nous avons défini une vision sur dix ans avec Mamoudzou 2030.

Nous avons investi 30 millions d’euros sur six ans pour faire les études de tout ce qui est dans ce projet de territoire. Cela veut dire qu’on est prêt pour ne pas perdre encore de temps. Mamoudzou ne se construit pas seule. Il y a les partenaires financiers, institutionnels, le rectorat, le département, l’État. On construit Mamoudzou ensemble.

Le rectorat construit les collèges et les lycées à Mamoudzou et la carte scolaire, on l’a faite ensemble. Tous les projets du département on les fait ensemble.

Le front de mer qui va être totalement métamorphosé dans quelques années, c’est un projet porté avec plusieurs partenaires. Il y a l’État à travers la DEALM, la CCI à travers le ponton, et la Cadema avec le Caribus.

Tout ce qui concerne la transformation du centre-ville se fait avec ces partenaires. Des conventions ont été données pour donner la main à la ville afin que l’animation de ces projets puisse aller jusqu’au bout.

C’est ce que j’appelle la gouvernance partagée. C’est ce qui nous permet de bénéficier de la confiance de tous les partenaires et de faire avancer les projets. »

4 – Si vous êtes réélu, que mettrez-vous en place la première année ?

« La première chose c’est finir ce que nous avons engagé et ouvrir de nouvelles perspectives. À Tsoundzou II, un nouveau village est lancé avec Alma Action Logement, avec plus de 260 logements. Les travaux ont commencé depuis décembre et ces logements seront livrés dans environ une année.

Avec le syndicat des eaux, nous devons finir la station d’épuration de Tsoundzou. C’est une question de santé publique et ce projet doit être terminé dans l’année. Il y a aussi le stade de Tsoundzou qui sera livré l’été prochain.

Nous devons lancer d’autres projets comme le complexe sportif de Passamainty et continuer les projets d’écoles qui sont déjà engagés.

Il y a aussi la crèche de M’Gombani qui sera livrée l’année prochaine et les crèches de Kawéni qui vont être lancées. Il faut continuer la transformation du centre-ville et lancer officiellement le projet du front de mer de Mamoudzou.

Ahamada HARIBOU (LDIV)

Liste : Rassemblons-nous

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Je suis né dans la commune de Mamoudzou. J’habite à M’tsapéré. J’y ai fondé ma famille et ai toujours vécu dans la commune.

J’ai quitté Mayotte après le bac pour mes études supérieures et je suis revenu en 2002. Toute ma famille est ici, ma mère, mes frères, mes sœurs. C’est plus qu’une attache de domicile, c’est familial.

J’ai participé au mouvement associatif. J’ai été joueur dans l’équipe du volley club de M’tsapéré et quand je suis revenu à Mayotte j’en ai pris la présidence, de 2002 à 2014.

Quand j’étais lycéen, j’étais déjà dans les associations environnementales du village. J’ai aussi participé à la création du premier journal à M’tsapéré où j’écrivais des articles sur la vie du village et ses événements.

Je n’ai jamais eu de fonction d’élu. J’ai toujours travaillé dans les collectivités avec des fonctions de direction et d’encadrement. J’ai intégré la ville de Mamoudzou en 2014 comme directeur du développement économique puis DGA action citoyenne et vie publique jusqu’en 2021.

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« La problématique centrale de la commune aujourd’hui, c’est l’insécurité.  Sans une situation de sécurité saine, on ne peut rien développer. Ce qui est réalisé aujourd’hui se retrouve parfois dégradé le lendemain. 

On est dans un éternel recommencement parce que la situation sécuritaire ne permet pas d’avoir un climat apaisé pour développer des activités et réaliser des investissements.

Tant que cette situation ne sera pas maîtrisée, il sera difficile de pérenniser les projets et les investissements dans la commune. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Ce que je pense pouvoir apporter aujourd’hui, c’est mon expérience et mon expertise acquises durant toutes ces années au service de la population dans les collectivités. J’ai commencé à la mairie de Koungou pendant douze ans comme secrétaire général adjoint puis directeur général adjoint. Ensuite j’ai intégré la ville de Mamoudzou en 2014 comme directeur du développement économique puis DGA action citoyenne et vie publique. Depuis 2021, je travaille au syndicat des eaux comme directeur général adjoint ressources et moyens.

J’ai travaillé longtemps dans les collectivités et j’ai vu comment les choses se font, ce qui peut marcher et ce qui peut manquer. Toute cette expérience me sera utile pour définir les politiques publiques et mieux les adapter aux attentes de la population.

Le projet que je mets en avant, c’est l’éducation. Si on arrive à créer de bonnes bases et de bonnes conditions pour instruire nos enfants, nous aurons demain des adultes qui pourront mieux s’intégrer dans la société.

Ces adultes pourront aussi contribuer à lutter contre les problèmes d’insécurité et les problèmes environnementaux comme la gestion des déchets. »

4 – Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

« La première chose à mettre en place, c’est une organisation.

Quand on parle de projets et de politiques publiques, il faut d’abord une organisation structurée qui permette de les mettre en œuvre.

Dans la première année, cette organisation devra permettre d’engager un plan de redressement budgétaire et financier de la commune.

La commune traverse aujourd’hui des difficultés financières importantes.

Si on n’a pas une organisation solide et une situation financière saine, on ne pourra pas lancer de projets.

La première année doit donc poser les bases pour pouvoir ensuite, dans les années suivantes, lancer des projets concrets. »

Soiyinri MHOUDHOIR (LDVC)

Liste : Mouvement pour le développement de Mayotte

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Je suis adjoint au maire dans la mandature actuelle, chargé du numérique.

J’ai œuvré pour une association qui est Maounga Dounia Ya Mamoudzou pendant six ans. Depuis cinq ans que je suis élu, je me suis mis en retrait pour son bon fonctionnement et pour me consacrer pleinement à ma mission d’élu. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« La problématique centrale, c’est la mise en œuvre de la politique opérationnelle, la déclinaison opérationnelle et le manque de transparence sur certains aspects. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Ce que je peux apporter, c’est une organisation et plus d’anticipation sur les différentes actions politiques à mettre en place.

Cela passe d’abord par la prise en compte des différents documents et rapports existants, notamment les rapports de la Cour régionale des comptes, de l’IEDOM ou encore de l’Insee, qui mettent en avant les problématiques financières, d’organisation et d’ingénierie.

C’est ce qui constitue le premier axe de notre programme : trouver des équipes capables de mettre en place ce type d’actions.

Quand on se fie à la Cour des comptes, on voit que la mairie de Mamoudzou dispose de moyens financiers non négligeables.

L’observatoire de la Cour des comptes entre 2018 et 2023 a montré une augmentation importante de la Dotation globale de fonctionnement, qui représente une grande partie des recettes de la mairie. Il y a également l’octroi de mer qui permet de collecter des recettes non négligeables.

Tout cela constitue des leviers financiers qui pourraient permettre la réalisation de projets, sauf que ce sont des points très peu connus de la population et qui ne sont pas maîtrisés par la majorité actuelle de la commune. »

4 – Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

« La première chose sera la réduction des taxes foncières et la réduction des tarifs de collation des administrés.

À mon sens, notamment après les événements comme le cyclone Chido, ces tarifs sont élevés et ne permettent pas de redonner du pouvoir d’achat à la population. Ces mesures pourraient être mises en place dans les trois premiers mois.

Ensuite, nous allons nous appuyer sur les données existantes, notamment les rapports de l’Insee sur la population. L’objectif est de voir concrètement, par rapport à la population de Mamoudzou, quelles sont les infrastructures nécessaires.

Par exemple, aujourd’hui, on ne connaît pas réellement le nombre d’enfants de 3 à 10 ans sur Mamoudzou. Une fois que nous aurons cette information, nous pourrons identifier les besoins en écoles à construire et travailler en parallèle sur la maîtrise foncière.

Une grande partie du foncier de Mamoudzou appartient à l’État et au Conseil départemental. Dès que les besoins seront identifiés, nous irons voir les services de l’État et du département pour mobiliser du foncier et réaliser les écoles nécessaires. »

D’autres candidats sont également en lice dans la commune : Christophe Soimihi Youssouffa (LDIV) avec la liste Mamoudzou mérite mieux, Munia Dinouraini (LDIV) avec la liste Résilience, Farianti M’Dallah (LDIV) avec la liste L’Espérance et Nassurdine Said Ali (LDIV) avec la liste Mamoudzou Nouvel Élan</em

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Piste de l’aéroport de Pamandzi : Saïd Omar Oili demande des éclaircissements sur le coût et la durée des travaux

Piste de l'aéroport de Pamandzi : Saïd Omar Oili demande des éclaircissements sur le coût et la durée des travaux

Une clarification indispensable et rapide est demandée sur le calendrier réel du projet de rallongement de la piste de l’aéroport de Pamandzi. Le sénateur Saïd Omar Oili demande au ministre des Transports, Philippe Tabarot, de réactualiser le coût de ce projet et de préciser les solutions prévues pour assurer la continuité de la desserte aérienne à compter de 2035. Il souhaite également rencontrer le ministre afin d’aborder directement avec lui ce sujet d’une importance capitale pour l’île.

Saïd Omar Oili a échangé avec le ministre des Transports, Philippe Tabarot, à propos de la piste longue de Bouyouni et de la piste courte de Pamandzi. Leurs courriers réciproques font suite à l’audition du ministre, la semaine dernière à Paris, par une commission sénatoriale. Estimant ne pas avoir eu suffisamment de temps pour se faire entendre, le parlementaire mahorais a opté pour l’envoi d’une missive à son interlocuteur.

Dans cette lettre datée du mardi 3 mars 2026, le sénateur Saïd Omar Oili demande une clarification sur les coûts et le calendrier des travaux de rallongement de la piste de l’aéroport actuel. Il se réfère à l’article 2 de la loi du 11 août 2025 qui prévoit une enveloppe de 1,2 milliard d’euros pour « la réalisation d’une piste à Bouyouni » et s’interroge sur le manque de cohérence et de sincérité de la programmation financière du projet.

« L’analyse des services de la Commission des finances du Sénat met en lumière un décalage significatif entre les montants inscrits dans la loi et ceux programmés par l’exécutif. Elle soulève également des doutes sur la pertinence du chiffrage actuel », souligne Saïd Omar Oili.

Il explique au ministre des Transports qu’à ses yeux, le choix d’une piste longue à Bouyouni reposait sur une « approche fondée sur des coûts maîtrisés », l’option d’une piste convergente sur Petite-Terre ayant été estimée à 7 milliards d’euros. En conséquence, il demande une actualisation indispensable du coût global du projet à ce jour.

Autre incohérence soulevée par le parlementaire dans son courrier : les études de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) font état d’une indisponibilité de la piste de Pamandzi plusieurs semaines par an, à l’horizon 2035, en raison de la montée des eaux. Il observe également que la livraison d’une nouvelle piste ne pourrait intervenir avant 2036.

Il ajoute : « À ces contraintes s’ajoutent les risques de retards liés à l’absence de schéma d’aménagement régional, aux procédures d’expropriation de terrains agricoles et aux recours juridiques concernant une zone stratégique pour les ressources en eau de Mayotte. »

Face à ces éléments, le sénateur Saïd Omar Oili demande au ministre des Transports, Philippe Tabarot, une clarification rapide et indispensable sur le coût réel et le calendrier du projet de rallongement de la piste de l’aéroport de Pamandzi. Il souhaite que ce coût soit réactualisé et accompagné de solutions permettant d’assurer la continuité de la desserte aérienne à partir de 2035.

Il a par ailleurs sollicité une rencontre avec le ministre des Transports afin d’aborder directement avec lui ce dossier d’une importance capitale pour l’île.

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Flash infos Mayotte du Mardi 7 avril 2026
Mardi 7 avril 2026

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Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes