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Douze jeunes de Mangajou, âgés de 14 à 16 ans, participent du 9 au 24 octobre à un échange interculturel à Craiova en Roumanie, dans le cadre du programme européen Erasmus+. Porté par l’Association sportive de Papillon d’Honneur de Mangajou, le projet “Buts d’Horizon” entend favoriser l’ouverture au monde, l’autonomie et l’apprentissage des langues, bien au-delà des terrains de football.
Depuis six jours, douze jeunes de Mangajou, accompagnés de leurs encadrants de l’Association sportive de Papillon d’Honneur de Mangajou, découvrent Craiova, une ville de plus de 230 000 habitants située dans le sud de la Roumanie. Accueillis par leurs homologues roumains et l’association Tinerii 3D, qui œuvre pour l’éducation, la culture et le sport, ils participent au projet “Buts d’Horizon”, un échange interculturel organisé par le club dans le cadre du programme Erasmus+ et financé par l’Union européenne.
“Ce projet vise à favoriser l’ouverture internationale, l’inclusion, l’autonomie et le développement des compétences, notamment linguistiques, de jeunes qui ont rarement accès à ce type d’opportunités”, explique Fayize-Dine Madi, secrétaire général de l’Association sportive de Papillon d’Honneur de Mangajou, joint par téléphone depuis Craiova.
Le premier week-end a été consacré à la rencontre et à la cohésion du groupe. Les jeunes mahorais et roumains ont appris à se connaître, partagé leurs attentes et défini ensemble les règles de vie collective. Ils ont également participé à un City Game dans les rues de Craiova, mêlant défis sportifs, culturels et citoyens. Une manière de découvrir la ville tout en abordant les questions de coopération, de fair-play et d’inclusion dans le sport.
“Nous avons été très bien accueillis. Après ce premier temps de rencontre, nous avons laissé les jeunes construire ensemble un programme commun et se répartir les ateliers prévus. L’idée était qu’ils puissent définir eux-mêmes les règles et les rôles de chacun”, raconte Fayize-Dine Madi.
« J’aimerais que Mayotte soit connue de tous »
Pour Waarik, 16 ans, cette mobilité est l’occasion de découvrir un nouvel environnement, mais aussi de se confronter à d’autres langues et habitudes de vie. “Ici, c’est formidable ! Craiova est une ville assez grande. On découvre les places publiques, les supermarchés, les palais, le théâtre de la ville”.
Le dépaysement passe aussi par le climat, premier choc à la sortie de l’avion. “Il fait 12 degrés ici, c’est très froid ! On met donc plein de vêtements, mais il fait très froid par rapport à Mayotte”, raconte Waarik dans un éclat de rire.
Chaque jour les jeunes roumains tentent d’apprendre quelques mots de shimaoré et de français, tandis que les jeunes de Mangajou s’initient au roumain. Mais c’est principalement l’anglais qui leur permet de communiquer au quotidien.
“On essaie d’apprendre quelques mots de roumain, mais ce n’est pas simple. On doit parler en anglais. J’apprends plein de choses pour progresser, c’est super”, témoigne-t-il. “Les Roumains, ce sont des jeunes comme nous”, observe Waarik.
L’échange est aussi l’occasion pour les jeunes de présenter leur île et leur culture. Lors d’une soirée consacrée à Mayotte, ils ont fait découvrir aux participants roumains l’histoire, les paysages et les traditions du territoire, à travers des présentations, des danses traditionnelles, notamment le chigoma, et des échanges autour de leur identité mahoraise. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à faire écouter aux jeunes roumains quelques chansons de Zily.
“C’est important pour nous de montrer ce qu’est Mayotte. J’aimerais que Mayotte soit connue de tous”, insiste Waarik.
Des échanges qui se poursuivront à Mayotte
Les activités ne se limitent pas à la découverte culturelle. Les jeunes ont également été amenés à confronter leurs réalités respectives autour de sujets comme l’éducation, l’emploi, les inégalités et l’accès aux opportunités. Des ateliers de théâtre consacrés à la discrimination leur permettent aussi d’échanger sur ces questions et de réfléchir ensemble aux difficultés rencontrées dans leurs pays respectifs.
Pour les encadrants, l’objectif est que les bénéfices de cette mobilité se prolongent bien après le retour à Mayotte. Des présentations du voyage sont ainsi prévues dans les établissements scolaires, en lien avec les professeurs d’anglais, afin que les participants puissent partager leur expérience avec leurs camarades et leur donner envie de participer à leur tour à des échanges internationaux.
Une séance de retour d’expérience sera également organisée avec les familles, pour permettre aux jeunes de raconter leur séjour, mais aussi les difficultés qu’ils ont pu rencontrer.
“J’ai hâte de faire découvrir cela à ma famille et à mes amis à Mayotte, pour leur montrer à quel point ce voyage nous a changés, les progrès qu’on a faits en anglais et le fait qu’on puisse être plus autonomes dans le monde, qu’on s’est améliorés”, confie Waarik.
Pour l’association, “Buts d’Horizon” constitue la deuxième mobilité menée grâce au programme Erasmus+. La première avait conduit des dirigeants du club en Pologne, où ils avaient pu découvrir le fonctionnement de clubs de football professionnels et semi-professionnels, avec l’objectif d’en tirer des enseignements adaptés aux réalités mahoraises.
Cette fois, ce sont les jeunes qui sont au cœur du projet. L’association a directement candidaté auprès de l’Union européenne et de son agence nationale Erasmus+ via la plateforme en ligne.
“J’incite chaque association à faire les démarches pour candidater à des échanges via Erasmus+. C’est encore méconnu des associations du territoire, qui ont tendance à vouloir d’abord faire des choses sur place. Mais l’idée, pour nous, est aussi de découvrir et d’apprendre d’autres méthodes de travail et de fonctionnement que nous pouvons appliquer au quotidien”, estime Fayize-Dine Madi, “pour les jeunes, ce sont des expériences inoubliables”.
Journaliste




































