Dans un courrier adressé le 9 octobre au ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, la députée Anchya Bamana demande que Mayotte bénéficie des mesures annoncées au niveau national face aux difficultés des lycées.
Le 4 octobre, le Premier ministre avait annoncé cinq chantiers pour répondre aux préoccupations des lycéens, tandis que le 8 octobre, le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants avait été annoncé. La députée souhaite que ces dispositifs prennent aussi en compte les besoins spécifiques du territoire.
Dans une note consacrée aux onze lycées publics de l’île, elle recense des difficultés touchant les conditions d’enseignement, les équipements, l’hygiène et la sécurité. Au lycée polyvalent du Nord, à Acoua, environ 2 300 élèves sont accueillis pour une capacité estimée à 1 500 places. La communauté éducative demande notamment cinq divisions et cinq salles modulaires supplémentaires, davantage de personnels et la construction d’une cantine.
Au lycée Younoussa-Bamana, à Mamoudzou, les classes peuvent atteindre 38 élèves. Des cours ne sont pas assurés faute d’enseignants, tandis que les élèves dénoncent l’état des sanitaires, le manque de mobilier et des journées trop longues. À Sada, les problèmes d’emploi du temps, les ordinateurs défaillants et les pannes de climatisation s’ajoutent à des agressions signalées aux abords de l’établissement. Une quarantaine de personnels ont exercé leur droit de retrait le 14 septembre.
Au lycée de Bandrélé, les élèves ont dénoncé la surcharge des classes, les difficultés de transport en bus et les collations, ainsi que des sommes non versées pour des stages déjà effectués. À Dembéni, des postes d’enseignants manquent et des cours sont annulés. Des intrusions et des violences signalées en juin ont entraîné des confinements et une évacuation, tandis que des caillassages ont été rapportés sur les trajets.
La sécurité reste également une préoccupation au lycée Tani Malandi, à Chirongui, où des affrontements et des jets de projectiles ont été signalés le 30 septembre, ainsi qu’au lycée professionnel de Dzoumogné, où des violences aux abords et des caillassages de bus ont été rapportés. Au lycée des Lumières, les enseignants signalent une connexion internet insuffisante et un renouvellement fréquent des équipes. Les étudiants de BTS ont aussi rencontré des difficultés pour rattraper les cours perdus après le cyclone Chido, notamment en raison des horaires de bus.
Pour le lycée des métiers du goût et des saveurs, à Kawéni, les documents recensent des problèmes de sécurité signalés en novembre 2025, mais la députée demande un état des lieux actualisé des personnels, des cours, des cuisines et des équipements de formation. Au lycée polyvalent de Petite-Terre, à Pamandzi, les coupures d’eau perturbent les enseignements et l’utilisation des sanitaires. Une pétition d’élèves réclame la suspension des cours lorsque l’eau manque au point de compromettre l’hygiène et l’hydratation.
Enfin, au lycée Gustave-Eiffel, à Kahani, la note souligne des inquiétudes sur l’orientation d’élèves vers des filières professionnelles qu’ils n’ont pas choisies et demande un bilan des postes, des salles et des équipements d’atelier.
Au-delà des situations propres à chaque établissement, Anchya Bamana alerte sur le manque de personnels de santé scolaire : selon les éléments qu’elle avait présentés dans un avis budgétaire en 2024, Mayotte ne comptait alors que deux médecins et une vingtaine d’infirmières pour 117 000 élèves. Elle évoque également les locaux saturés de l’Université de Mayotte, le manque d’enseignants-chercheurs et l’absence de logements Crous.
La députée demande que les réponses de l’État précisent les postes à pourvoir, les travaux et les équipements nécessaires, les financements ainsi que les échéances. Elle souhaite que les annonces nationales se traduisent par des améliorations concrètes pour les élèves et les personnels mahorais.
La députée rappelle que les difficultés persistent depuis trop longtemps et réclame que les élèves puissent “suivre et assurer tous les cours”, disposer de matériel adapté et accéder à des sanitaires utilisables, à l’eau et à une restauration suffisante. Elle conclut en appelant à “la même considération et la même mobilisation de l’État que dans l’Hexagone”, afin que les difficultés rencontrées pendant la scolarité ne compromettent plus la poursuite des études.
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