Six jeunes de Mayotte attendus au Sénat

À quatre semaines des États généraux des droits de l’enfant, prévus le 21 novembre à Paris, Haki Za Wanatsa – Collectif CIDE Outre-mer lance un appel à la solidarité. L’association doit réunir 15.000 euros pour permettre à six jeunes de Mayotte de participer à cette rencontre nationale, après huit mois d’ateliers consacrés notamment à l’égalité et à la lutte contre les violences.

La participation de la délégation mahoraise aux États généraux des droits de l’enfant est menacée. Dans un communiqué daté de ce lundi 12 octobre, Haki Za Wanatsa – Collectif CIDE Outre-mer lance un appel à la solidarité pour réunir les 15.000 euros nécessaires au déplacement de six jeunes à Paris. La rencontre est prévue le 21 novembre prochain au Sénat, dans le cadre d’un événement consacré aux droits de l’enfant.

À moins de quatre semaines du départ, les financements sollicités par l’association restent en attente. Elle indique ne pas pouvoir assumer seule le coût de cette semaine de rencontres, de découvertes et d’engagement. L’appel “Leur voix compte” s’adresse donc aux citoyens, aux associations, aux entreprises et aux partenaires susceptibles de contribuer à la collecte, accessible sur HelloAsso.

Le budget prévisionnel de 15 000 euros doit financer une semaine à Paris pour six jeunes et deux accompagnateurs. Sur cette somme, 6 000 euros sont prévus pour les billets d’avion, sur la base de cinq billets estimés à 1 200 euros chacun. Les 9 000 euros restants doivent couvrir l’hébergement, les déplacements sur place, les billets de train aller-retour de deux étudiants qui rejoindront le groupe depuis l’Hexagone, ainsi que les frais liés à l’accompagnement de la délégation. Si le déplacement ne pouvait finalement pas avoir lieu, les fonds collectés seraient affectés à d’autres actions de l’association en faveur de la participation et de l’engagement des jeunes de Mayotte.

Huit mois pour faire entendre la parole des jeunes

Derrière ce déplacement se trouvent plusieurs mois de travail menés dans le cadre des ateliers Kalima Débat Jeunes. Pendant près de huit mois, plus de 400 jeunes issus d’une dizaine de communes de Mayotte ont participé à ces temps d’échange, plusieurs heures par semaine. Les discussions ont notamment porté sur l’égalité et la lutte contre toutes les formes de violence, en particulier les violences sexistes et sexuelles.

L’éloquence leur a servi de support pour interroger les réalités qu’ils rencontrent, confronter leurs points de vue et élaborer des propositions collectives.

Pour l’association, le déplacement à Paris doit permettre de prolonger cette démarche en donnant à six jeunes l’occasion de porter cette parole auprès d’institutions et d’associations engagées pour les droits des femmes et des enfants.

Au programme figurent des découvertes artistiques et culturelles, mais surtout la participation aux États généraux des droits de l’enfant, organisés au Sénat le 21 novembre, où se retrouveront des jeunes venus d’autres départements et régions. Cette rencontre a pour objectif de donner la parole aux jeunes sur les violences et les difficultés qu’ils rencontrent, mais aussi de recueillir leurs propositions pour mieux protéger les enfants et faire respecter leurs droits.

Un programme engagé depuis quatre ans

Cette délégation s’inscrit dans un dispositif développé depuis quatre ans par Haki Za Wanatsa. L’édition 2026 des Débats Jeunes – Kalima a notamment réuni près de 400 élèves de 13 établissements scolaires de l’île. La finale, organisée le 6 juin dernier au lycée des Lumières, avait rassemblé plus de 200 personnes autour de débats sur l’éducation, l’environnement, les réseaux sociaux, les émotions ou encore l’égalité.

Les participants devaient intégrer à leurs interventions une réflexion sur l’égalité entre les femmes et les hommes, les violences sexistes et sexuelles ou les discriminations de genre. Cette édition résultait de la fusion de deux dispositifs éducatifs portés par l’Académie de Mayotte et Haki Za Wanatsa – Collectif CIDE Outre-mer.

L’association, restructurée en 2018 autour de la défense des droits de l’enfant et des droits des femmes, inscrit cette démarche dans l’article 12 de la Convention internationale des droits de l’enfant, qui reconnaît le droit des enfants à exprimer leur opinion sur les questions qui les concernent. Elle fédère également un collectif d’une trentaine d’associations, majoritairement mahoraises, mais aussi issues d’autres territoires ultramarins et de l’Hexagone.

Pour Haki Za Wanatsa, réunir les 15.000 euros nécessaires devient désormais une condition pour que ces huit mois de mobilisation trouvent leur prolongement à Paris et que la jeunesse de Mayotte soit représentée lors de ce rendez-vous national.

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