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Deux journées de dépistage des cancers gynécologiques organisées en Petite-Terre

Deux journées de dépistage des cancers gynécologiques organisées en Petite-Terre

Le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) de Mayotte, en partenariat avec l’association Santé Sud, organise deux journées de dépistage des cancers gynécologiques en Petite-Terre les mardi 17 mars et mardi 31 mars. Au programme : frottis, palpation, remise des résultats et invitations à réaliser une mammographie. Cette initiative vise à encourager le dépistage précoce auprès des femmes du territoire. Pour toute information, le public peut contacter le 02 69 62 04 67. Par ailleurs, Santé Sud rappelle qu’une permanence de dépistage est ouverte depuis octobre à Dzaoudzi-Labattoir. Des tests gratuits et anonymes y sont proposés chaque mardi pour le VIH, les hépatites B et C, le diabète ou encore l’hypertension, au local situé 34A route des Badamiers, de 8h30 à 12h puis de 13h à 15h. Les participants sont invités à venir de préférence à jeun et munis de leur carnet de santé.

La traditionnelle course de pneus lance son championnat 2026 à Mayotte

La traditionnelle course de pneus lance son championnat 2026 à Mayotte

Sport emblématique de l’île, la course de pneus fera son retour avec le championnat 2026, qui réunira 160 enfants âgés de 8 à 12 ans. Le coup d’envoi sera donné le 26 avril à Mamoudzou, avant plusieurs étapes organisées dans les communes : Acoua (7 mai), Pamandzi (9 mai), Iloni (12 mai), Bandrélé (13 mai) et Chiconi (15 mai). Les départs seront donnés à 9 heures et les courses se dérouleront sur route.

À chaque étape, les 20 premières filles et les 20 premiers garçons seront sélectionnés. Au total, 100 filles et 100 garçons représenteront leur commune lors de la grande finale prévue le 28 juin à Mamoudzou.

Très attendue dans les villages mahorais, cette compétition attire également de nombreuses familles et spectateurs. Des personnes âgées pourront aussi participer symboliquement à certaines courses, marquant un moment

La traditionnelle course de pneus lance son championnat 2026 à Mayotte

Les ambulanciers annoncent une manifestation lundi prochain

Les ambulanciers annoncent une manifestation lundi prochain

Les ambulanciers de Mayotte prévoient une manifestation lundi 16 mars à Mamoudzou pour dénoncer des factures impayées liées au transport de patients non affiliés à la Sécurité sociale. L’appel est lancé par trois organisations professionnelles : la Fédération nationale des artisans-ambulanciers (FNAA), la Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA) et la Fédération nationale des ambulanciers privés (FNAP).

Dans un communiqué commun, les syndicats expliquent vouloir « alerter les autorités et l’opinion publique » sur les difficultés rencontrées par plusieurs entreprises du secteur. Selon eux, de nombreuses factures restent impayées depuis plusieurs mois, « certaines depuis plus de six à neuf mois », une situation qui « fragilise fortement l’équilibre financier des sociétés de transport sanitaire ».

Le rassemblement est prévu à 9 heures sur le parvis de Mamoudzou, avant un déplacement vers le siège de l’Agence régionale de santé (ARS). À Mayotte, une part importante des transports concerne des patients non affiliés à la Sécurité sociale. Dans ces cas, les entreprises transmettent leurs factures à l’ARS, chargée d’en assurer le remboursement selon un forfait national prévu dans le cadre de la permanence ambulancière.

Pas de pénurie de gaz malgré la hausse de la demande

Pas de pénurie de gaz malgré la hausse de la demande

La préfecture assure qu’aucune pénurie de gaz n’est actuellement constatée malgré une forte hausse des achats observée ces derniers jours, notamment à l’approche du Ramadan. Selon les autorités l’approvisionnement du territoire reste sécurisé grâce aux opérateurs Somagaz et Total Energies et à des filières d’importation opérationnelles.

Pour répondre à la demande, les capacités ont été renforcées. « Somagaz produit actuellement entre 2 300 et 2 600 bouteilles par jour, contre environ 1 800 en période normale », indique la préfecture. De son côté, « TotalEnergies est passé d’environ 280 à 630 bouteilles quotidiennes ». La logistique a également été adaptée : « la distribution est assurée par neuf camions en fonctionnement, permettant une capacité de livraison d’environ 2 380 bouteilles par jour ». Les autorités précisent que « les stocks logistiques restent par ailleurs confortables, avec près de 8 500 bouteilles vides disponibles pour le remplissage ».

Les tensions ponctuelles dans certains commerces s’expliquent selon les autorités par des achats inhabituels et la constitution de stocks par certains consommateurs. Les autorités appellent ainsi la population à modérer ses achats afin de garantir un accès équitable au gaz pour tous les habitants.

Visite du président des Républicains : Bruno Retailleau promet de “rétablir l’ordre”

Visite du président des Républicains : Bruno Retailleau promet de “rétablir l’ordre”

Candidat déclaré à la présidence de la République en 2027, Bruno Retailleau est en visite pour 48 heures dans l’archipel depuis hier matin, mardi 10 mars 2026. Aux commandes du parti Les Républicains (L.R) depuis son départ du gouvernement Bayrou l’année dernière, l’ancien ministre de l’Intérieur est venu soutenir les candidats aux élections municipales adoubés par sa formation politique. Il prône une fermeté contre l’immigration illégale sous peine dit-il de devoir reconstruire Mayotte sur du sable.

Flash Info : Monsieur Retailleau, par vos précédentes fonctions ministérielles, vous n’ignorez pas les préoccupations majeures des Mahorais, immigration clandestine incontrôlées, insuffisance de financements pour rebâtir les infrastructures essentielles après le cyclone Chido en 2024, que répondez-vous aux Mahorais qui ont le sentiment d’être totalement délaissés par le pouvoir central à Paris ?

Bruno Retailleau : Je comprends le sentiment d’abandon de mes compatriotes mahorais. Il est d’autant plus important que leur patriotisme est ardent : les Mahorais ont choisi la France. Le premier devoir de l’Etat est de leur montrer qu’ils sont des Français à part entière. La vérité, c’est qu’aucun citoyen de l’hexagone n’accepterait ce chaos migratoire auquel sont confrontés les Mahorais depuis des années. La priorité des priorités à Mayotte, c’est de maitriser l’immigration clandestine. Tant qu’elle restera incontrôlée, aucune politique publique — sécurité, école, infrastructures — ne pourra fonctionner correctement. Je l’ai dit à de nombreuses reprises : sans la fermeté migratoire, nous reconstruirons Mayotte sur du sable.

C’est pourquoi quand j’étais ministre de l’Intérieur, nous avons augmenté les reconduites à la frontière et renforcé les moyens et les effectifs. Cet effort doit se poursuivre, avec une coopération plus ferme avec les pays de la région pour qu’ils reprennent leurs ressortissants. Les Comores doivent aussi respecter leurs engagements. La France doit également renforcer sa présence maritime pour empêcher les embarcations clandestines d’atteindre Mayotte.

Après le cyclone Chido, l’État s’est mobilisé immédiatement. J’étais en contact avec les autorités locales dès le 14 décembre et sur place deux jours plus tard. Le préfet a reçu des pouvoirs exceptionnels pour coordonner les secours.

Mais l’enjeu dépasse l’urgence. Les trois lois adoptées en 2025 visent à reconstruire et refonder durablement Mayotte. Notre ligne est claire : maîtriser l’immigration, rétablir l’ordre et reconstruire l’île pour que les Mahorais retrouvent sécurité et confiance. 

F.I : Ce qui bloque au premier rang ce sont les innombrables promesses jamais tenus par les gouvernements successifs d’Emanuel Macron, vous avez été un de ces ministres récemment, comprenez-vous la frustration qui anime les Mahorais actuellement ? Le sentiment d’être des citoyens de seconde zone ?

B.R : Cette frustration existe et elle est légitime. Beaucoup de Mahorais ont le sentiment que les promesses faites au sommet de l’État n’ont pas été tenues. Mais le Parlement a récemment adopté trois lois pour Mayotte. C’est inédit pour un territoire de la République.

Un comité de suivi composé de parlementaires et d’élus mahorais, présidé par le sénateur Thani Mohamed Soilihi a été mis en place pour veiller à leur application jusqu’en 2035. L’objectif est simple : que les engagements pris soient réellement tenus et que la relation entre Paris et Mayotte change, avec davantage d’écoute des élus et des habitants.

Au sein même de notre famille politique qui a toujours été très attachée à l’Outre-mer, j’ai voulu que mon ami Ambdilwahed Soumaila, le maire de Mamoudzou, soit notre Secrétaire national des Républicains, chargé de l’Outre-mer.

F.I : Vous êtes parlementaire, la loi de programmation de juillet 2025 sur la refondation de Mayotte prévoit 4 milliards d’euros sur 6 ans. Neuf mois plus tard, il n’en est toujours rien, il semblerait même que seul 1 milliard peut être espérer à la fin des 6 ans, quel est votre opinion sur ce sujet ? Comprenez-vous qu’une partie importante de l’électorat puisse se tourner vers le Rassemblement National ? 

B.R : Les trois lois adoptées pour Mayotte donnent enfin une base juridique solide aux engagements de l’État. Jusqu’ici, beaucoup d’annonces reposaient sur des plans sans force contraignante, comme le « Plan Mayotte 2025 » présenté en 2015.

Désormais, les parlementaires auront un rôle clair : contrôler l’action du gouvernement et veiller, lors des lois de finances, à ce que les crédits promis soient réellement votés et utilisés. Le comité de suivi sera aussi là pour garantir cette vigilance.

Je comprends que certains électeurs, déçus, puissent être tentés par le Rassemblement National. On voit le même phénomène dans l’Hexagone. Mais ce parti prospère surtout sur la colère sans apporter de solutions durables.

La réalité, c’est que la situation de Mayotte s’est fortement dégradée depuis 2012, avec les gouvernements de François Hollande puis d’Emmanuel Macron. Avant cela, lorsque la droite était aux responsabilités, avec Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou François Fillon, Mayotte a connu des avancées importantes dans son développement et son intégration à la République. L’expérience le montre : quand la droite gouverne, Mayotte avance.

F.I : Les directives européennes sont devenues à Mayotte un prétexte de tourner en rond pour les services de l’Etat, des fonds très importants sont officiellement mis à disposition, mais rarement consommés, alors que le territoire en tant besoin. Comment expliquer ce paradoxe, sachant que l’autorité de gestion de ces fonds est assurée par les services de l’Etat sur place ?

B.R : Les financements européens doivent être mobilisés pleinement pour répondre aux besoins du territoire. Cela suppose de simplifier les procédures pour mieux défendre les projets mahorais auprès des institutions européennes.

La coordination entre l’Etat et les collectivités mahoraises, au premier rang desquelles l’Assemblée de Mayotte, présidée par Ben Issa Ousseni, doit être optimale pour piloter et utiliser ces fonds le plus efficacement possible et au plus près des besoins des mahorais.

La régionalisation pleine et entière instituée dans la loi organique a vocation à faire évoluer la gestion des fonds européens de l’Etat vers le nouveau département-région de Mayotte lors de la prochaine programmation comme cela est la règle partout dans la quasi-totalité des régions de France.

F.I : Votre venue à Mayotte ce matin s’inscrit dans le cadre des élections municipales, les communes locales sont exsangues alors qu’elles font face à d’immenses défis dont l’insécurité, la gestion des déchets, la mobilité, les écoles, le logement etc …, qu’est-ce que votre formation politique entend proposer aux électeurs mahorais ?

B.R : Ma venue s’inscrit évidemment dans le contexte des municipales, mais elle montre surtout un engagement constant pour Mayotte. Je m’y suis rendu à plusieurs reprises ces dernières années, comme président du groupe au Sénat puis comme ministre. C’est mon troisième déplacement en deux ans. Le combat pour Mayotte est au cœur de mon action.

Les communes sont en première ligne face à des défis immenses : sécurité, écoles, déchets, mobilité, logement. À Mayotte plus qu’ailleurs, elles doivent être soutenues par l’État. La solidarité nationale doit y jouer deux fois plus qu’ailleurs.

Les candidats soutenus par Les Républicains sont engagés sur ces enjeux très concrets du quotidien. La question des déplacements, par exemple, est devenue centrale avec les embouteillages qui paralysent parfois l’île. Des intercommunalités comme la CADEMA avec le projet Caribus, ou la communauté de communes Centre-Ouest, investissent fortement dans les transports collectifs. Les communes sont aussi en première ligne sur l’eau pluviale, la gestion des déchets ou encore le traitement des dégâts laissés par le cyclone Chido. Je pense aussi aux actions engagées à Mamoudzou pour garantir à chaque enfant un parcours d’apprentissage d’excellence de la petite enfance jusqu’à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

À Mayotte, nous soutenons 16 candidats. Tous ont la même ambition, celle d’être au plus près des habitants, répondre aux problèmes du quotidien et porter une vision de développement durable pour leur commune et pour l’île.

F.I : Des ambitions présidentielles vous sont prêtés Monsieur Retailleau, qu’est-ce que l’ancien ministre de l’Intérieur que vous avez été récemment peut proposer contre la violence gratuite vécue par les Mahorais au quotidien ?

B.R : La priorité est de rétablir l’ordre et de protéger les habitants. Les Mahorais subissent une violence quotidienne qui n’est pas acceptable, et qui est directement liée aux désordres migratoires : j’invite les belles consciences de gauche qui nient le lien évident entre insécurité et immigration à se rendre à Mayotte.

Il faut d’abord soutenir les communes dans leurs politiques de sécurité, comme la vidéoprotection, et accompagner le développement des polices municipales. À Mamoudzou, le maire, Ambdilwahed Soumaila a par exemple doublé les effectifs de policiers municipaux. Ce type d’initiative doit être soutenu.

Il faut aussi consolider les forces nationales, notamment en facilitant le retour à Mayotte de jeunes policiers d’origine mahoraise qui connaissent le territoire. Cette dynamique a été engagée lorsque j’étais ministre de l’Intérieur et elle doit continuer.

Enfin, au-delà des politiques de prévention à renforcer, la sanction doit être réelle. La maison d’arrêt de Mayotte est saturée. La construction d’un deuxième établissement pénitentiaire est indispensable pour que les délinquants soient réellement incarcérés.

Plus largement, le projet de fermeté que je propose aux Français répond directement et concrètement aux aspirations de nos compatriotes mahorais. Qu’il s’agisse de la modification de notre constitution pour nous prémunir des jurisprudences laxistes sur l’immigration et permettre le référendum sur tous les sujets migratoires ; qu’il s’agisse de la fin de l’automaticité du droit du sol et des aides versées aux étrangers, et du rétablissement du délit de séjour irrégulier ; ou qu’il s’agisse de la révolution pénale que je veux engager, pour faire tomber de vraies sanctions dès les premiers délits, la rupture que je porte est celle dont a besoin Mayotte…

F.I : La population doit-elle considérer son sort définitivement comparable à celui de Lampedusa en Italie ? Pourquoi la France refuse-t-elle de faire appel à Frontex alors que la situation à nos frontières lui échappe depuis belle lurette ?

B.R : Non. Mayotte ne doit pas devenir une Lampedusa française. La situation est difficile, mais elle peut être maîtrisée, si la volonté est au rendez-vous.

La première responsabilité revient à l’État, qui doit renforcer les moyens de la police aux frontières et améliorer la surveillance maritime avec des outils modernes – radars, drones, balises, caméras à très longue portée – pour couvrir les axes les plus empruntés par les passeurs.

La France est la septième puissance mondiale. Elle doit d’abord mobiliser pleinement ses moyens nationaux. L’appui européen, y compris celui de Frontex, peut être utile ponctuellement, mais il ne peut pas remplacer l’action de l’État.

Mais au-delà des moyens, il y a la question du droit : le nôtre n’est plus adapté face aux flux migratoires. C’est pourquoi, je le répète : il faut modifier notre constitution, pour revoir toute notre législation sur l’immigration et nous donner ainsi les leviers juridiques pour reprendre le contrôle. C’est enjeu vital pour la Nation.

F.I : Vous allez rencontrer les religieux de Mayotte durant votre séjour de 48 heures, qu’attendez-vous précisément de ces entretiens ?

B.R : Je tiens beaucoup à ces rencontres. La laïcité, c’est la neutralité religieuse de l’Etat, mais pas la neutralisation du fait religieux. Dans notre société trop individualiste et trop consumériste, la transcendance est une richesse. L’islam mahorais est historiquement un islam apaisé et profondément ancré dans la société. Cette foi vécue sereinement et tranquillement par nos compatriotes mahorais est un modèle à valoriser. Mayotte a aussi une tradition de coexistence entre les religions. Des initiatives locales, comme les journées du vivre-ensemble organisées à Mamoudzou, en témoignent. Ma visite intervient pendant le ramadan et le carême, deux moments qui portent un message de paix. Je crois que nos compatriotes mahorais nous rappellent concrètement ce qu’est la France : un sentiment d’appartenance nationale, une fraternité qui n’est ni religieuse ni ethnique mais civique, patriotique. Je le dis souvent : on n’est pas pleinement Français par le sang ou par le sol, on ne l’est véritablement que par le cœur. Mayotte est une terre de patriotes parce que le cœur des Mahorais bat pour la France. Et c’est pourquoi je continuerai de me battre pour Mayotte.

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Élections municipales à Koungou : quelles visions pour l’avenir de la deuxième commune de Mayotte ?

Élections municipales à Koungou : quelles visions pour l’avenir de la deuxième commune de Mayotte ?

Au nord-est de Grande-Terre, à Mayotte, se situe la commune de Koungou. Elle se trouve à proximité de Mamoudzou, le principal centre administratif et économique de l’île. Selon les données de Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), Koungou est la deuxième commune la plus peuplée du territoire. Sa population connaît une croissance très rapide. Cette évolution entraîne plusieurs défis. L’urbanisation progresse rapidement. Les besoins en logements et en infrastructures augmentent. Les services publics sont fortement sollicités. La commune fait aussi face à des difficultés sociales importantes. Une grande partie de la population vit dans des quartiers prioritaires. Dans ce contexte, la gouvernance locale est également un enjeu. Plusieurs candidats se succèdent pour assurer la gestion et la direction de la commune. Les élections municipales deviennent ainsi un moment important pour répondre aux attentes de la population.

M’Dallah Mahamoudou (LDIV)

Liste : Equipe pour l’avenir de Koungou

Flash-Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

M.D.M : Je suis un père de famille. J’ai tout à fait à Koungou. J’ai commencé l’école à Koungou. J’y ai vécu. Je suis aussi natif de Mayotte. J’ai passé toute ma vie à Longoni. Je suis profondément attaché à cette commune, c’est ici que je me suis construit. J’y ai des attaches particulières, mais j’ai aussi exercé des responsabilités dans des instances. Je suis proche de la population. J’ai commencé dans le commerce pour finir par conseiller des chefs d’entreprise dans le BTP à Koungou. J’ai intégré la commune en tant que directeur de cabinet en 2015, où j’ai trouvé une commune complètement affaiblie. Mon rôle a été de rétablir le dialogue et de continuer à stabiliser l’action municipale. Si je me présente, c’est que Koungou est une des communes majeures de Mayotte avec un potentiel énorme. Koungou est le poumon économique de Mayotte, notamment avec le projet structurant qu’est la Communauté économique du Nord. On ne peut pas improviser. Suite à mon poste en tant que directeur de cabinet, j’ai aussi pris au NEMA qui connaissait une situation compliquée. Ces expériences me poussent à affirmer que j’ai la capacité de gérer et d’accompagner la commune dans la démarche de développement économique entre les partenaires européens.

F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

M.D.M : La problématique centrale est l’anticipation et l’organisation d’une commune. La population augmente de façon exponentielle. Nous sommes de l’Europe avec le taux de natalité le plus élevé. La jeunesse doit être sécurisée, il faut une politique d’insertion et de formation claire. Nous devons également nous battre pour créer une cohésion entre cette jeunesse, nos aînés et les personnes à mobilité réduite. Donner des perspectives pour ne pas fragiliser la commune. Nous devons réussir en protégeant la commune.

F.I. : Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

M.D.M : Les habitants de Koungou devraient voter pour moi. Je suis une personne proche de ma famille, proche de tout le monde. Je me présente aussi avec une équipe qui a des expériences. J’ai des femmes d’expérience et des hommes compétents, des ingénieurs, des instituteurs, j’ai des gestionnaires en finance. Hautement symbolique, j’ai également des sociologues. J’ai une équipe à la hauteur, une équipe engagée et volontaire. Nous voulons une commune proche de sa population, une commune protégée.

F.I. : Si vous êtes réélu, que mettrez-vous en place la première année ?

M.D.M : Nous allons réorganiser les services de la commune. Beaucoup de maires se trompent en pensant que l’État a besoin des communes, alors que c’est souvent l’inverse. Le manque d’ingénierie affaiblit de nombreuses communes. Il est donc essentiel de renforcer les pôles et de vérifier l’ingénierie. Nous mettrons en place un organigramme clair et fonctionnel. Nous commencerons par assurer la continuité des actions, notamment en suivant le Plan pluriannuel d’investissement (PPI) déjà réalisé. Nous structurerons les services pour les jeunes et mettrons en place des plans de formation. Le CCAS sera solidifié et les projets seront conduits avec l’ingénierie nécessaire pour traiter l’essentiel des dossiers. Koungou est une commune où l’éducation est une priorité. L’obligation de scolariser tous les enfants sera renforcée. Dès la première année, nous poserons les bases d’une commune organisée, avec des mesures concrètes d’insertion et de formation.

Farda Rachid (LDIV)

Liste : Ensemble construisons le Koungou de demain

Flash-Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Farda Rachid : Je suis une enfant de la commune, revenue il y a 15 ans, après des études en métropole. Je suis mère de famille, élue, je suis les problèmes. Je suis partie en métropole pour les études. Aujourd’hui je suis mère de famille et une élue de terrain. Je connais les problématiques de notre commune.

F.I. :  Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

F.R. : Une des plus grosses problématiques est liée à la violence et à l’insécurité. On travaille énormément sur le terrain, ce sont des violences juvéniles. On a prévu de mettre en place un centre social pour encadrer ces jeunes, leur apprendre à vivre ensemble. Les jeunes de Majicavo ne vont pas à Koungou, ceux de Koungou ne vont pas à Trévani, etc., ce qui fragilise la commune. Je sais qu’on ne pourra pas tous les rassembler. Nous savons que ces jeunes sont écoutés par des personnes spécifiques : des grands frères, des présidents d’association ou des parents. Il faut un lien entre les différents villages, une démarche déjà entamée et déjà en discussion. L’idée est d’avoir une cohésion sociale et de les accompagner au niveau de la recherche d’emploi, et trouver des passerelles entre les entreprises déjà existantes dans la commune. Mettre des clauses d’insertion au sein des marchés publics. Nous avons prévu dans notre plan de développement territorial un continuum éducatif pour récupérer ces jeunes depuis la maternelle. Il y a une problématique d’éducation des parents de la part de certains, les garder au périscolaire. Collège, lycée : les aider au niveau de l’aide aux devoirs, rappeler, ne pas…

F.I. : Que pensez-vous pouvoir apporter ?

F.R. : J’ai fait partie de la municipalité. Pendant deux ans j’ai été adjointe au maire, j’ai compris où étaient les limites. Je suis une femme, j’ai potentiellement une vision qui diffère de ce qui a été entrepris. Mon côté jeune me permet d’avoir une proximité avec la jeunesse qui n’existe pas aujourd’hui. Je suis mère de famille, je vois les difficultés liées aux enfants, les problématiques liées aux grands-parents, une vision qui diffère des hommes. J’ai été au cœur de la municipalité, j’ai fait des propositions qui n’ont pas été acceptées, j’ai envie d’aller plus loin. On parle souvent de Koungou pour ses violences, j’ai envie de changer cette image. Ça fait un an, deux ans que nous travaillons sur ce plan. La plupart des candidats n’ont pas été au cœur des problématiques, car les solutions proposées sont assez globales. Avec une équipe diversifiée, nous avons des médecins, des cadres, des professeurs. Une équipe qui représente la population. Des personnes qui savent chercher des financements, comme des personnes non politiques qui ont envie de changer les choses.

F.I. : Si vous êtes élue, que mettrez-vous en place la première année ?

F.R. : La première chose, c’est le centre social. La première année, il sera mobile pour arrêter cette violence. Tant qu’on n’aura pas arrêté cette violence, rien ne pourra fonctionner. Ce sera mon cheval de bataille sur cette commune, une problématique qui touche toute Mayotte. Construire des écoles sans maîtriser cette violence ne sert à rien. Il faut former et encadrer ces enfants. Certains ont des traumatismes liés à des parents qui ont été renvoyés, ou sont livrés à eux-mêmes ou à la famille. Ces enfants n’ont pas pu s’exprimer. Cela peut devenir un problème demain. Nous les avons ciblés et nous voulons proposer ce centre social pour retrouver la paix dans notre commune. 

Ibrahim Moussa Mroivili (LDVD)

Liste : Ensemble Plus Loin Encore

Flash-Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Ibrahim Moussa Mroivili : Koungou est ma commune. C’est aussi celle de mes parents et une partie importante de mon histoire. J’y suis né et j’y ai grandi. J’y ai vu les réalités de nos villages, leurs difficultés, mais aussi l’énergie et le potentiel de leurs habitants. Depuis plusieurs années, j’observe les attentes de nombreux habitants qui restent sans réponse. Dans le même temps, la commune continue de faire face à différentes difficultés, malgré ses atouts économiques, sociaux et culturels. C’est dans ce contexte que s’inscrit mon engagement. Je souhaite apporter du sérieux, de la méthode et une nouvelle dynamique pour contribuer au développement de Koungou. Je suis père de famille et j’ai quatre enfants. Je suis également entrepreneur. Mon parcours m’a amené à gérer des projets, à prendre des responsabilités et à rechercher des solutions concrètes. Aujourd’hui, je souhaite mettre cette expérience au service de notre commune.

F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de Koungou ?

I.M.M. : Je résume la problématique centrale de la commune ainsi : Koungou connaît une très forte croissance démographique. En revanche, les infrastructures, les services publics et l’organisation municipale n’ont pas évolué au même rythme. Je pose donc la question suivante : comment accompagner la croissance rapide de la commune et faire en sorte qu’elle devienne un territoire mieux organisé, mieux équipé et capable d’offrir des perspectives à sa population ?

F.I. : Que pensez-vous pouvoir apporter ?

I.M.M. : Je crois que notre équipe peut apporter quatre choses essentielles à Koungou : du renouveau, du sérieux, de l’organisation et une vision claire pour l’avenir. La commune a un potentiel immense, mais les habitants attendent des résultats concrets. Je me présente comme candidat parce que je pense que Koungou peut faire mieux. Je veux mettre mon énergie, mon expérience et ma détermination au service des habitants. Je souhaite travailler avec tous les Koungais, avec les associations, les jeunes et les forces vives de la commune, pour construire une ville plus organisée, plus digne et tournée vers l’avenir. Nous ne faisons pas de la politique pour des intérêts personnels, mais par conviction. Mon engagement est clair : remettre la commune au travail et redonner confiance aux habitants.

F.I. : Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

I.M.M : Si je suis élu, je réhabiliterai les écoles fermées depuis Chido. Je lancerai la construction de salles de classe modulaires à Longoni, Koungou Maraîcher et Koropa 3. Je mettrai en place un guichet jeunes pour accompagner les jeunes en situation de précarité et de décrochage scolaire. Je lancerai un plan de formation pour 100 jeunes aux métiers du sport et de l’animation. Je mettrai en œuvre le projet de construction de deux bureaux de police municipale, un à Majicavo et un à Longoni.

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Violences croisées à la prison de Majicavo : un surveillant et un détenu condamnés

Violences croisées à la prison de Majicavo : un surveillant et un détenu condamnés

La salle d’audience B est comble ce mardi 10 mars au tribunal judiciaire de Mamoudzou. Parmi le public, des étudiants en droit venus assister à l’affaire. À la barre, deux hommes se font face : à droite, un détenu de 26 ans, incarcéré au centre pénitentiaire de Majicavo ; à gauche, un surveillant pénitentiaire de 53 ans. Tous deux sont jugés pour des violences commises l’un contre l’autre le 21 mars 2025 au sein de l’établissement.

Les faits remontent au vendredi 21 mars 2025, entre 17 h et 18 h. Au moment de la distribution du repas du soir, le détenu refuse de rendre un bol contenant du riz.

Le surveillant entre alors seul dans la cellule pour récupérer le plat. Le détenu lui assène un coup de poing, puis se saisit d’une louche et le poursuit. Il aurait également lancé le talkie-walkie de l’agent en sa direction.

Un détenu auxiliaire, chargé de distribuer les repas, intervient pour maîtriser l’agresseur et le plaque au sol. Un autre détenu tente de calmer le surveillant.

« Normalement à ce moment-là, fin de l’histoire » tranche la Présidente de la Cour. Seulement voilà, les images issues de la vidéosurveillance montrent le surveillant asséner plusieurs coups de louche au détenu alors même qu’il est immobilisé. L’objet, présenté à l’audience, apparaît d’ailleurs « bien bien tordu ».

Le détenu est ensuite traîné sur la coursive et menotté. Toujours selon les images, alors qu’il est déjà entravé, entouré d’au moins sept surveillants, l’agent tente encore de lui porter un coup de pied. La victime restera évanouie près de vingt minutes.

Alertée, la gendarmerie territoriale de Koungou est chargée de l’enquête. Deux officiers de police judiciaire se présentent à l’entrée du centre pénitentiaire vers 18 h 20. L’accès leur est refusé. Selon les informations recueillies devant l’établissement, un protocole aurait existé entre le tribunal judiciaire et l’administration pénitentiaire pour empêcher l’entrée des gendarmes et privilégier une transmission ultérieure des éléments. Mais à l’examen du dossier, rien ne vient confirmer l’existence d’un tel accord. « Aucune trace de cela », relève la présidente.

À l’audience, le détenu reconnaît avoir porté un coup. Il explique avoir pris le récipient pour attirer l’attention. « Je connaissais le chef d’établissement. Je savais que si je prenais la marmite, il viendrait me voir », explique-t-il. Selon lui, il était menacé par d’autres détenus en raison du motif de sa condamnation et craignait d’être « tabassé jusqu’à ce que mort s’en suive ». Il affirme avoir été maîtrisé et ne plus se souvenir de la suite. Hospitalisé pendant quatre jours, il évoque encore aujourd’hui des douleurs aux côtes. Après les faits, il passera également 27 jours au « mitard », le quartier disciplinaire.

Le surveillant pénitentiaire, présent à Majicavo depuis l’ouverture de l’établissement en 1996 et délégué syndical CGT depuis 2006 admet, de son côté, avoir perdu le contrôle. « Je reconnais que j’ai perdu mon sang-froid, mais je ne voyais plus rien », déclare-t-il à la barre. Il évoque un climat de travail difficile et plusieurs incidents subis dans l’établissement, dont un jet d’urine au visage en 2024 resté, selon lui, sans réponse de la hiérarchie. « Peut-être que tout cela est monté… avec aussi des problèmes à la maison », ajoute-t-il. Les enquêteurs estiment qu’il aurait porté entre treize et quinze coups de louche.

La procureure rappelle alors la position particulière d’un agent de l’administration pénitentiaire. « Vous représentez la loi, l’honneur, la dignité. Vous n’êtes pas dans un combat à égalité », lui lance-t-elle. « Je vais bientôt être retraité, ce n’était pas mon intention de faire une bêtise comme ça », répond-il. « On parle d’un délit, on est au-delà de la bêtise », réplique la magistrate.

La procureure insiste sur le principe du monopole de la violence légitime détenu par l’État. « Les citoyens confient cette violence à l’État pour faire régner l’ordre. La question est de savoir si elle est légitime et proportionnée », souligne-t-elle.

La défense du surveillant rappelle-elle la réalité du quotidien carcéral à Mayotte. Après plus de trente ans de carrière dans l’administration pénitentiaire, son client aurait réagi sous le coup de la provocation et de l’émotion.

Tandis que l’avocat évoque l’excuse de provocation reconnue par le droit pénal et permettant une réduction de la sanction, la tension monte brusquement. Le détenu se met à hurler, bras en l’air en direction de l’avocat. Les gendarmes interviennent et le font sortir de la salle d’audience, sous le regard médusé des étudiants présents. « Vous venez d’avoir la démonstration qu’il peut être provocateur », reprend alors l’avocat. Le détenu, exclu de la salle et qui n’était pas assisté d’un conseil, ne pourra plus reprendre la parole avant le délibéré.

Le tribunal finit par reconnaître les deux hommes coupables des violences. Le détenu est condamné à quinze mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt, alors que le parquet en avait requis trente-six dont douze avec sursis probatoire. Le surveillant pénitentiaire écope quant à lui de vingt-quatre mois d’emprisonnement, dont douze mois avec sursis, la partie ferme étant aménagée sous bracelet électronique. La procureure avait demandé une peine de douze mois entièrement assortie d’un sursis probatoire.

Le détenu devra en outre verser 1 500 euros au surveillant au titre du préjudice moral. L’agent pénitentiaire devra, de son côté, verser 2 000 euros au détenu pour le même motif.

Cette décision clôt un nouvel épisode des tensions récurrentes qui traversent le centre pénitentiaire de Majicavo. Le dossier avait d’ailleurs été renvoyé une première fois après la mutinerie survenue début septembre 2025, au cours de laquelle cinq agents avaient été agressés et l’établissement bloqué. « La semaine suivant la mutinerie, il ne m’avait pas semblé pertinent de retenir l’affaire », rappelle la présidente. Une situation encore récemment évoquée lors de la visite du garde des Sceaux Gérald Darmanin à Mayotte au mois de février.

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Glissement de terrain à Foumbouni : un quartier toujours sous surveillance

Glissement de terrain à Foumbouni : un quartier toujours sous surveillance

À Foumbouni, dans le nord de Mayotte, un glissement de terrain actif inquiète certains habitants depuis plus de dix ans. Lente mais persistante, cette instabilité du versant, accentuée par de fortes pluies et surveillée de près par le BRGM, rappelle que la vigilance reste de mise face aux épisodes d’intempéries et aux mouvements du sol sur l’île.

Dans le nord de Mayotte, le petit quartier de Foumbouni qui compte une centaine d’habitations – pour certaines informelles – perché sur les pentes de Mtsamboro, porte toujours les marques d’un lent mouvement du sol. Depuis plus d’une décennie, ce glissement de terrain — discret mais continu — s’étend sur sept hectares. Il est l’objet d’un suivi scientifique rigoureux par les équipes du Bureau de Recherches Géologiques et Minières, le BRGM, un service géologique national français.

Un événement déclencheur : le cyclone Hellen

Tout commence en mars 2014, lorsque le cyclone Hellen déverse des pluies exceptionnelles sur l’île. En l’espace de quelques semaines, les précipitations provoquent une accélération brutale des mouvements du terrain à Foumbouni : plus de 40 centimètres de déplacement sont enregistrés à ce jour. Cet épisode spectaculaire révèle l’instabilité profonde du versant : maisons fissurées, infrastructures endommagées, routes fragilisées. La collectivité fait alors appel à des experts pour comprendre la dynamique de ce phénomène et proposer des moyens de surveillance et de prévention.

Des habitants inquiets face aux fissures qui apparaissent dans les maisons

Installée à Foumboni depuis le début du mois d’août dernier, Marie* pensait avoir trouvé la maison idéale. Située face à la mer, la propriété dispose d’un jardin en pente et offre un cadre de vie agréable. Pourtant, quelques semaines après son emménagement, elle perçoit des signes inquiétants : « Il y a des fissures dans les murs », raconte-t-elle. La jeune femme a également remarqué que certaines marches autour de la maison sont « complètement de travers ». Malgré ces inquiétudes, Marie reste attachée à son nouveau cadre de vie. « C’était vraiment la maison parfaite.

En m’installant, je ne connaissais pas la situation de Foumboni. On se sent tellement bien ici que nous ne sommes pas prêts à déménager », confie-t-elle. Elle admet toutefois vouloir se renseigner davantage sur les risques potentiels. Un autre habitant, qui a étudié la gestion des ressources et des risques naturels en environnement tropical, partage lui aussi son regard sur la situation. Résidant à M’tsamboro, il se rend régulièrement à Foumboni pour rendre visite à ses proches et observe depuis plusieurs mois des changements préoccupants. « On a l’impression que la terre sous certaines habitations est en train de partir de plus en plus », explique-t-il. Lors d’observations réalisées en novembre dernier, il dit avoir constaté que certaines maisons semblaient littéralement s’ouvrir en deux. « Un mur était plus décalé que la dernière fois. Puis ce mur est tombé », rapporte-t-il. Si le rapport du BRGM ne précise pas de date récente concernant l’apparition de nouvelles fissures dans les maisons, face à la menace d’effondrement, quelques familles avaient déjà été relogées temporairement en 2014. La zone est désormais strictement interdite à la construction, et des mesures d’accompagnement ont été définies avec la municipalité de Mtsamboro et les services de l’État.

Hydrologie, pluie et vigilance

Selon l’expert qui a mené ces études, Bastien Hervy, il n’y a pas de corrélation entre glissement de terrain et érosion. Selon le rapport établit par le BRGM de 2014 à 2023, le glissement de terrain est directement lié aux conditions hydrogéologiques, plus précisément, à des oscillations rapides et réversibles liées à des pluies ponctuelles ; à des oscillations saisonnières et des déformations irréversibles continues, qui témoignent du mouvement global du versant.

Depuis 2015, les mesures topographiques et géodésiques montrent que le glissement n’a jamais cessé, même si l’allure des déplacements est beaucoup plus lente, de l’ordre de quelques millimètres à quelques centimètres par an. Selon le rapport du BRGM, entre mai 2022 et juin 2023, l’axe principal du mouvement se situe selon un vecteur nord-sud, avec une inversion de sens observée selon les saisons. Après 2023, aucun rapport n’a été établi mais l’installation, en 2021, d’une station GNSS permanente dans la zone permet aujourd’hui d’affiner le suivi et d’observer des mouvements qui varient selon les saisons et la saturation en eau du sous-sol : « Aucune accélération n’a été constatée depuis, rassure l’expert Bastien Hervy, seulement des fluctuations ponctuelles et saisonnières ».

Seuils d’alerte et projections

Un des objectifs de l’étude est de définir des seuils de vigilance qui permettent d’anticiper des cumuls pluviométriques ou des niveaux d’eau souterraine susceptibles de déclencher des déplacements plus rapides — de l’ordre de dizaines de centimètres. Des seuils d’activation ont ainsi été proposés, même si leur validation complète nécessite encore des années de données supplémentaires. Le rapport souligne néanmoins que le risque d’une accélération brutale ultérieure n’est jamais totalement exclu, notamment en cas d’événement météorologique exceptionnel.

*Ce nom a été changé pour respecter l’anonymat du témoignage

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Vol Corsair annulé au départ de La Réunion

Vol Corsair annulé au départ de La Réunion
* image d'illustration générée par ia

Un vol de la compagnie Corsair au départ de La Réunion à destination de Mayotte a été annulé après un incident pour le moins insolite. Sept hamsters se sont échappés de leur cage et se sont réfugiés à bord de l’avion. Par mesure de sécurité, le vol a été suspendu le temps de retrouver les petits rongeurs. Les équipes sont intervenues afin de récupérer les animaux avant toute reprise des opérations.

Une matinée pour mieux comprendre l’autisme à Ouangani

Une matinée pour mieux comprendre l’autisme à Ouangani

Le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Ouangani, en partenariat avec l’Association Autisme Mayotte et l’association KAZA, organise une matinée de sensibilisation consacrée à l’autisme le 11 mars 2026. L’événement se déroulera de 8 h à 12 h sur le parking de l’école primaire de Kahani. Ouverte à tous, cette rencontre vise à mieux informer le public sur l’autisme et à favoriser les échanges. Les participants pourront poser leurs questions, partager leurs expériences et mieux comprendre les réalités vécues par les personnes concernées et leurs familles. Pour faciliter la participation, un moyen de transport sera proposé aux personnes qui en ont besoin. Cette initiative rappelle que la différence peut aussi être une force et qu’une meilleure compréhension favorise l’inclusion.

Une matinée pour mieux comprendre l’autisme à Ouangani

Deux lycéens mahorais en finale d’un concours d’éloquence régional

Deux lycéens mahorais en finale d’un concours d’éloquence régional

La jeunesse mahoraise sera représentée en finale du concours d’éloquence de l’océan Indien. Sur les 26 demi-finalistes sélectionnés dans la région, cinq étaient originaires de Mayotte. Deux d’entre eux, Madi Shayna et Razafindrakotomala Kirs David, élèves du lycée Younoussa Bamana, ont décroché leur place pour la finale.

Ce concours, qui rassemble des jeunes de plusieurs territoires de l’océan Indien, met à l’épreuve leur capacité à argumenter et à convaincre à l’oral.

La finale se tiendra le 10 mars à 18 heures (heure de Mayotte) et sera diffusée en direct sur la chaîne YouTube de l’association Jeunes aujourd’hui pour demain (JAD), organisatrice de l’événement.

Deux lycéens mahorais en finale d’un concours d’éloquence régional

Un marché solidaire au CHM pour soutenir la recherche contre le cancer

Un marché solidaire au CHM pour soutenir la recherche contre le cancer

Dans le cadre de la campagne nationale « Une Jonquille contre le cancer », l’ASCA organise un marché solidaire du 9 au 15 mars 2026 à l’entrée principale du Centre Hospitalier de Mayotte. L’initiative, menée en collaboration avec l’Institut Curie, vise à sensibiliser le public et à soutenir la recherche contre le cancer.

De 7h à 14h, plusieurs stands seront proposés aux visiteurs, avec des actions de sensibilisation, une vente de soutien et une collecte de dons. Les fonds récoltés permettront de contribuer au financement de la recherche et d’accompagner les avancées en faveur des patients.

Ouvert à tous, cet événement invite la population à s’informer, échanger et participer à cette mobilisation solidaire, chaque contribution participant à faire progresser la lutte contre la maladie.

Lutte contre le tabagisme : un concours vidéo pour sensibiliser les adolescents

Lutte contre le tabagisme : un concours vidéo pour sensibiliser les adolescents

C’est le moyen choisi par la Communauté de communes de Petite-Terre pour sensibiliser les jeunes aux risques liés à la consommation de tabac et à l’utilisation des cigarettes électroniques. Plusieurs centaines d’adolescents ont participé au tournage de ces supports de communication sur la plage des Badamiers à Labattoir. Le vote sera clôturé le 23 mars 2026 à 12 heures.

« J’arrête aujourd’hui pour mieux vivre demain ». Un slogan choc pour sensibiliser les adolescents de la communauté de communes de Petite-Terre aux risques liés à l’usage du tabac et de la cigarette électronique. Un combat qui se veut permanent, au-delà de certaines actions spécifiques menées à différentes périodes de l’année, telles que le Mois sans tabac en novembre.

Dans cette optique, un projet cofinancé par la Caisse de sécurité sociale de Mayotte et le Fonds social européen a été développé par l’intercommunalité de Petite-Terre (ICPT), dans le cadre d’un contrat local de santé intercommunal. Celui-ci a abouti au tournage de quatre vidéogrammes prochainement disponibles sur les réseaux sociaux. Le public sera appelé à voter pour les départager en « likant » celui qu’il jugera le plus captivant.

Ces actions, qui se veulent innovantes et participatives, mobilisent des centaines de jeunes depuis le mois de novembre 2025. Répartis en deux équipes, ces jeunes se sont affrontés dans le tournage de deux clips : l’un consacré au tabac et l’autre au puff, très en vogue chez les adolescents actuellement.

Lutte contre le tabagisme : un concours vidéo pour sensibiliser les adolescents
Des centaines de jeunes de Petite-Terre se sont affrontés dans la réalisation de vidéogrammes consacrer à prévenir les risques du tabac et des cigarettes électroniques, très appréciés par cette frange de la population actuellement.

« Des clips qui ont été tournés sur la plage des Badamiers et conçus en format libre, dans l’improvisation, accompagnés par un professionnel », explique Camille Bildstein, chargée de communication de la Communauté de communes de Petite-Terre. Les jeunes ont disposé d’une seule matinée pour construire eux-mêmes les scénarios, les messages et le ton. La seule contrainte qui leur a été imposée était de s’adresser clairement aux jeunes de leur âge, avec leurs propres mots.

Le public a jusqu’au 23 mars à 12 heures pour voter. « Les points obtenus par chaque équipe correspondent à l’addition des votes recueillis par leurs deux vidéos. Un lien permet d’accéder aux vidéos à la fois sur Facebook et Instagram. Une restitution finale viendra clôturer le projet », a précisé la chargée de communication de l’ICPT.

Toujours selon cette dernière, les équipes pourront également défendre leur message et obtenir des points supplémentaires à travers une épreuve de slam, évaluée par un jury. Cerise sur le gâteau : les deux équipes se verront décerner un diplôme d’ambassadeurs du Mois sans tabac, en récompense de leur implication dans cette action de prévention et de sensibilisation.

L’ensemble des participants au tournage a également pris part à un escape game consacré aux dépendances, sous la forme d’une expérience immersive de sensibilisation. « Dans le but de provoquer une prise de conscience et d’encourager les échanges autour des comportements à risque, ces jeunes ont dû résoudre, en équipe, des énigmes portant sur la composition du tabac, les effets psychologiques, les mécanismes de pression sociale et les stratégies d’influence. »

Camille Bildstein indique par ailleurs un prolongement de cette opération avec l’intervention, au lycée de Petite-Terre, d’une infirmière libérale entre le 9 et le 13 mars 2026. L’objectif est de poursuivre les échanges, débattre, répondre aux questions et approfondir les enjeux liés au tabac et au puff, à raison d’une heure par classe chaque matin.

Lutte contre le tabagisme : un concours vidéo pour sensibiliser les adolescents
Le public est invité à départager les vidéogrammes en likant sur le plus pertinent sur Facebook et Instagram. Il a jusqu’au 23 mars 2026, midi, pour le faire.

Municipales à Sada : plusieurs visions pour l’avenir de la commune

Municipales à Sada : plusieurs visions pour l’avenir de la commune

Située sur la côte ouest de Grande-Terre, la commune de Sada compte un peu plus de 11 000 habitants et s’étend sur un peu plus de 10 km². Elle est composée de deux villages principaux : Sada, chef-lieu communal, et Mangajou. Installée entre mer et reliefs escarpés, la commune constitue un pôle urbain important à l’ouest de Mayotte.

Sada est souvent décrite comme une commune résidentielle, où de nombreux habitants travaillent à Mamoudzou, ce qui en fait en partie une ville-dortoir. Le territoire doit également composer avec plusieurs contraintes : un relief accidenté, un foncier limité et une urbanisation parfois dense qui compliquent les projets d’aménagement. La croissance démographique et les besoins en infrastructures – routes, écoles, logements ou équipements publics – figurent également parmi les enjeux majeurs pour les années à venir.

Dans ce contexte, les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 constituent un rendez-vous important pour l’avenir de Sada et de Mangajou. Quatre candidats briguent les suffrages : Houssamoudine Abdallah (LDIV) avec la liste Unis pour construire Sada-Mangajou, Abdel-Lattuf Ibrahim (LDIV) avec La Force Commune, Chaharmane Houlame (LLR) avec Osons Demain et Djamalidine Djabiri (LDVC) avec Alliance du développement et de la sécurité.

Houssamoudine ABDALLAH (LDIV)

Liste : Unis pour construire Sada-Mangajou

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Je suis le maire sortant donc ça fait bientôt six ans que je suis élu. Nous avons beaucoup travaillé avec la municipalité pour réaliser plusieurs infrastructures et équipements que la population attendait depuis longtemps.

Nous avons réalisé l’hôtel de ville dans un quartier assez compliqué. Il a fallu mobiliser des engins importants et organiser la circulation de manière très précise. Nous avons aussi réalisé la maison France Service. Ce sont des chantiers très importants pour la population.

Nous avons également construit une crèche, un terrain synthétique et avec l’État des murs de soutènement. Aujourd’hui nous sommes engagés dans un chantier majeur sur l’assainissement qui concerne toute la commune de Sada.

Ce sont des travaux qui se font tous les jours et qui demandent beaucoup de patience à la population directement concernée par ces chantiers. Mais elle a compris que nous construisons ensemble et que tout ce qui est fait l’est pour le développement de la commune.

Avant d’être maire, j’étais aussi président de plusieurs associations dans la commune. J’ai été président de l’équipe de football de Sada et président du tennis de table de Sada. Le sport permet de créer des liens très forts avec la population et notamment avec les jeunes. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« La problématique centrale pour moi c’est l’aménagement du territoire.

Pendant plusieurs années, ce qui a freiné le développement de la commune c’est le manque de foncier et l’absence d’aménagement du territoire. Cela a conduit à considérer Sada comme une commune dortoir.

Pendant cette mandature nous avons travaillé sur la question du foncier. Nous avons acquis du foncier constructible et nous sommes en train de finaliser d’autres acquisitions et transferts de foncier.

L’objectif est de sortir de cette situation de commune dortoir et d’ouvrir la commune au-delà des centres que nous connaissons aujourd’hui : le centre de Sada et celui de Mangajou.

Aujourd’hui on voit des habitations très proches les unes des autres dans un territoire accidenté avec des risques environnementaux importants, notamment liés aux fortes pluies et aux risques naturels. C’est pour cela que je pense que le projet le plus important pour la commune reste l’aménagement du territoire. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Nous avons mis en place une nouvelle dynamique de construction et d’aménagement avec une nouvelle méthode de travail qui a permis à la commune d’aller beaucoup plus vite sur les chantiers. 

Nous avons également apporté du sérieux et de l’apaisement dans le fonctionnement de la commune. Pendant six ans, nous avons réussi à organiser les conseils municipaux avec le quorum, ce qui n’était pas le cas depuis plus de vingt ans. C’est une question de respect vis-à-vis de la population mais aussi une question de cohésion entre les élus et l’administration. »

« Nous avons aussi travaillé sur l’organisation de l’administration et la montée en compétences des agents pour préparer la commune aux enjeux à venir.

Cette nouvelle organisation administrative et financière a permis à la commune de changer de visage et d’engager des transformations importantes.

Notre projet phare pour les années à venir est l’ouverture de la commune vers l’avenir avec la création de deux grands quartiers modernes et équilibrés.

Un quartier sera dédié aux logements et aux équipements pour la population avec une crèche, un terrain de football, un city stade et des logements.

Le second quartier sera dédié au développement économique avec des équipements pour les entreprises et notamment des équipements de santé. »

4 – Si vous êtes réélu, que mettrez-vous en place la première année ?

« Nous avons déjà plusieurs projets prêts à être lancés parce que les études sont terminées.

Nous allons lancer cinq opérations de résorption de l’habitat insalubre dont les études sont finalisées et dont les travaux doivent commencer.

Nous avons aussi le projet d’aménagement du Tahiti Plage qui devrait débuter en 2026.

Nous avons également plusieurs programmes de logements pour lesquels les permis de construire ont déjà été délivrés et dont les travaux devraient débuter dans l’année. »

Abdel-Lattuf IBRAHIM (LDIV)

Liste : La Force Commune

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Sada c’est là où je suis né, c’est là où j’ai grandi, c’est là où j’ai fait mes études et c’est là où j’habite aujourd’hui.

Pour moi c’est la ville la plus agréable au monde. J’ai un lien très profond avec la commune.

Je n’ai jamais été élu mais j’ai toujours milité politiquement. Lorsque j’étais étudiant à Bordeaux, j’ai milité avec les jeunes LR aux côtés d’Alain Juppé. Lorsque je suis revenu à Mayotte en 2018, j’ai milité aux côtés de Mansour Kamardine lors de plusieurs élections.

Dans la commune j’ai également été très engagé dans les associations. J’ai été vice-président de l’AS Sada pendant plusieurs années. J’ai aussi été secrétaire adjoint de la madrassa du Golfe et je me suis beaucoup engagé pour les jeunes. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« Pour moi la problématique centrale c’est les déchets et la salubrité. Sada est aujourd’hui une ville très sale et cela pose un problème sanitaire important.

Quand on regarde les chiffres de l’ARS sur le chikungunya, on voit que Sada fait partie des foyers les plus importants. Cela montre qu’il y a un problème d’insalubrité dans la commune. »

« Sans propreté, on ne peut rien faire derrière. On ne peut pas attirer de nouveaux habitants ou de nouvelles activités si la commune est sale.

C’est une question de santé publique mais aussi de qualité de vie pour les habitants. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Je suis un homme de dossiers avec une grande capacité de travail et d’analyse que je veux mettre au service de la commune.

Aujourd’hui je pense que la commune a besoin d’un élu qui maîtrise les textes de loi parce que sans la maîtrise du droit on ne peut pas mettre en place des politiques publiques efficaces.

Le projet phare que je propose est la création d’un polder. La commune est très dense, les maisons sont très proches les unes des autres et la géographie est très compliquée.

L’idée est d’étendre la ville vers la mer pour protéger l’existant et créer de nouvelles surfaces constructibles. Cela permettrait également de protéger la commune contre les submersions marines. »

4 – Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

« Dans les 45 jours suivant mon élection, je rétablirai l’électricité partout où elle existait avant d’être détruite par le cyclone Chido. Ensuite nous travaillerons sur l’extension complète du réseau pour les zones qui n’ont jamais été raccordées.

L’objectif est de faire de Sada une ville lumière. »

Chaharmane HOULAME (LLR)

Liste : Osons Demain

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« J’ai toujours été très actif dans la communauté, que ce soit au niveau de l’engagement politique, associatif et surtout familial. J’aime énormément la commune. J’ai commencé mes études à Sada et j’y ai aussi créé une entreprise de transport de personnes. Aujourd’hui, je dirige un groupement d’intérêt économique qui regroupe plusieurs entreprises de transport.

J’ai toujours été adhérent dans différentes associations, notamment culturelles avec les madrassa pour l’éducation des plus jeunes.

J’ai aussi été présent dans les associations sportives. Je n’ai pas forcément occupé de poste dans les bureaux mais j’ai toujours été militant et adhérant pour soutenir les activités sportives. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune actuellement ?

« Pour moi la problématique centrale c’est la jeunesse. La jeunesse est l’avenir et il faut préparer l’avenir avec ces jeunes-là. Si on n’a pas des jeunes ambitieux, le reste ne va pas suivre.

Derrière il y a aussi la sécurité parce que c’est lié. Si on arrive à traiter la délinquance juvénile, on pourra cadrer le reste.

Il y a aussi la question de l’aménagement du territoire et du cadre de vie. Il faut améliorer ces aspects pour structurer la commune.

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Pour la jeunesse, l’idée est de créer une direction dédiée aux jeunes que j’appelle la direction générale de la politique éducative globale. Cette direction travaillerait avec les associations dans les établissements scolaires pour accompagner les élèves avant les cours, pendant la pause du midi et après les cours.

Les associations pourraient assurer du soutien scolaire et accompagner les enfants jusqu’au retour des parents qui travaillent parfois loin ou qui subissent les embouteillages. »

Le gros projet est également de changer complètement le visage de la commune, que ce soit à Sada ou à Mangajou.

Je prends souvent l’exemple de ce qui se fait ailleurs, notamment à La Réunion avec la ville de Saint-Pierre où le front de mer a été complètement aménagé.

À Sada, l’idée est de prolonger la rocade qui s’arrête à la mosquée du Golfe jusqu’au bout de la plage. »

Ce projet permettrait de protéger le littoral et en même temps de redonner de la vie au front de mer avec des commerces, des restaurants et des espaces de vie.

À Mangajou, l’idée est également de protéger les quelques habitations proches de la mer et de renforcer les infrastructures existantes.

Nous voulons aussi améliorer les infrastructures sportives comme les terrains de basket et de football avec des gradins, des vestiaires et des terrains couverts. »

4 – Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

« La priorité sera la création de cette direction dédiée à la jeunesse et à l’éducation. La jeunesse est la priorité et il faut absolument mettre en place ce dispositif pour accompagner les enfants de la maternelle jusqu’au collège.

Nous allons aussi travailler sur la propreté et l’insalubrité dans la commune.

« La sécurité est également une priorité parce que depuis 2021 nous avons connu des actes de délinquance qui n’existaient pas auparavant. L’objectif est d’installer un système de vidéoprotection sur l’ensemble de la commune, d’améliorer l’éclairage public et d’augmenter les effectifs de la police municipale.

Aujourd’hui nous avons treize policiers municipaux et l’objectif serait d’atteindre environ quarante agents pour assurer la sécurité de la population. »

Djamalidine DJABIRI (LDVC)

Liste : Alliance du développement et de la sécurité

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Je suis originaire de Sada et c’est ma seule commune de rattachement. C’est la commune où j’ai mes intérêts matériels et moraux, ma famille et mes enfants. Je suis marié et père de deux enfants qui sont inscrits à l’école publique.

J’ai toujours été engagé dans la vie associative depuis très jeune et récemment j’ai été secrétaire général d’un club de football à Sada.

Je participe aussi régulièrement aux événements culturels de la commune comme les fameux Manzaraka qui sont une invention sadoise. 

J’entretiens des liens forts avec les deux villages qui composent la commune, Sada et Mangajou. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune actuellement ?

« Il n’y a pas une seule problématique mais plusieurs.

Il y a d’abord les difficultés de circulation parce qu’avec l’augmentation du nombre d’habitants et de voitures, la circulation est devenue très compliquée. Cela concerne à la fois la circulation automobile et la circulation piétonne.

Il y a également la question de l’insécurité qui gangrène Sada et Mangajou. C’est un phénomène relativement nouveau. La commune était réputée pour être une commune tranquille et c’est depuis cette mandature que nous avons connu cette dégradation des conditions de vie.

Cela est dû, selon nous, au laxisme de la municipalité actuelle qui a laissé cette délinquance s’installer et monter en puissance.

Le maire lui-même parle d’une délinquance importée. Cela signifie qu’il est conscient du phénomène, mais il n’a pas mis en place les actions nécessaires pour y mettre fin.

Il y a aussi le problème de l’accès à l’eau potable et de l’éclairage public dans certains quartiers périphériques. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Sur la question de la sécurité nous allons signer une convention de coordination avec l’État pour lutter contre les phénomènes qui favorisent la délinquance.

Cela concerne notamment le trafic de stupéfiants, les phénomènes de bandes et l’habitat illicite.

Nous allons aussi augmenter les effectifs de la police municipale et développer la vidéoprotection autour des écoles, des commerces et des zones où les agressions sont fréquentes.

Sur la circulation, nous voulons développer de nouvelles voiries et repenser les sens de circulation dans la commune.

Les places de stationnement manquent aussi aujourd’hui. Nous voulons donc créer des emplacements dans chaque construction. À chaque projet d’aménagement public, nous prévoyons des places de stationnement, soit en rez-de-chaussée, soit en sous-sol.

Pour l’eau potable, il existe un réservoir à Sada depuis de nombreuses années mais il est laissé à l’abandon. Nous allons tout mettre en œuvre pour que ce bassin puisse fonctionner afin que tous les habitants puissent être desservis en eau potable.

En attendant, nous allons répondre à l’urgence en installant un suppresseur afin que les habitants situés en hauteur puissent avoir de l’eau. »

4 – Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

« La priorité sera de garantir l’accès à l’eau potable pour toutes les habitations.

Nous allons également mettre en place une politique de sécurité efficace pour rassurer la population.

Nous allons également instaurer un contrôle renforcé sur le service de l’état civil afin de lutter contre les fausses déclarations d’hébergement ou de naissance.

Nous voulons aussi améliorer l’attractivité économique de la commune en créant des zones d’activités économiques sur les hauteurs de Sada et de Mangajou afin de favoriser l’installation des entreprises et la création d’emplois pour les jeunes. »

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Municipales à M’Tsamboro : l’histoire éclaire les enjeux des prochaines municipales

Municipales à M’Tsamboro : l’histoire éclaire les enjeux des prochaines municipales
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À l’approche des élections municipales, la commune de Mtsamboro, située dans le nord de Mayotte, s’appuie sur un riche passé historique. Les recherches archéologiques attestent d’une occupation entre le XIIIe et le XIXe siècle sur la plage de Jiva et révèlent les traces d’une ancienne médina des XVe-XVIIe siècles dans le quartier de Mjikura. La localité occupe une place importante dans l’histoire de l’île puisqu’elle fut la première capitale du sultanat de Mayotte lorsque le sultan Athumani ben Mohamed s’y installa à la fin du XVe siècle, faisant de Mtsamboro le principal port de commerce de l’île avant le transfert de la capitale en 1538 à Tsingoni.

Aujourd’hui, la commune regroupe les villages de Mtsamboro, Mtsahara et Hamjago. Elle compte 8 025 habitants en 2025, avec 5 905 électeurs inscrits lors des élections européennes de 2024. Ces dernières années, plusieurs équipements ont été inaugurés ou engagés, notamment une nouvelle PMI et des projets d’infrastructures sportives. Reste désormais à savoir qui, à l’issue du prochain scrutin municipal, poursuivra le développement de ces infrastructures au service des habitants.

Amina Oili Attoumani  M’Colo (LDIV)

Liste : Mtsamboro Yatru

Flash Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Amina Oili Attoumani M’Colo : Je suis Amina Oili Attoumani M’Colo. Je suis assez connue au sein de la commune. Je suis directrice d’une agence bancaire. Je suis depuis un moment dans la politique, je milite depuis longtemps. J’étais autrefois au sein d’une liste. Mais avec ce qui se passe dans la commune, ou depuis Chido, rien ne bouge. À commencer par le quotidien de notre population de M’Tsamboro, qui se sent délaissée. Nos enfants font des rotations, passant d’un point à un autre. Il y a des personnes âgées dont on ne s’occupe pas. Il y a beaucoup de quartiers dans le noir total en 2026. Une population ayant aussi un accès difficile à leur domicile durant la saison des pluies.

F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

A.O.A.M.C : La réalité est que tout est à faire au sein de notre commune. L’eau est une problématique, l’électricité en est une également. Les espaces de stationnement ainsi que la circulation posent aussi problème.

F.I. : Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

A.O.A.M.C : Pour une bonne et simple raison : la commune a besoin d’une dirigeante capable de rassembler. On a un problème de division au sein de la commune. Cela fait maintenant deux mandats qu’il y a une division parmi les habitants de différents villages de la commune, entre Mtsahara et Ham. Il faut donc un dirigeant qui écoute et communique.

F.I. : Si vous êtes réélue, que mettrez-vous en place la première année ?

A.O.A.M.C : Un meilleur cadre de vie, mettre en place les transports scolaires ou pouvoir transporter les personnes en situation de précarité. On pense à l’intercommunalité mais aussi au partenariat public-privé. Il y a aussi l’accompagnement de la jeunesse : nous prévoyons d’occuper ces jeunes et de les accompagner depuis leur jeune âge. Nous comptons aussi accompagner nos agriculteurs.

Laïthidine Ben Saïd (LDIV)

Liste : Union Pour L’avenir 2026

Flash Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Laïthidine Ben Saïd : Je suis un élu de proximité, j’aime le contact avec les gens. Je veux faire en sorte de faciliter les démarches. On souhaite aller de l’avant ; depuis deux mandatures, on a fait émerger des projets.

F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

L.B.S : Il y en a plusieurs, village par village. À Mtsamboro, un réseau d’assainissement est construit depuis 2008, mais régulièrement les eaux usées se déversent dans la mer, contenant des matières fécales, ce qui rend le traitement primordial. À Hamjago, nous avons des jeunes qui se plaignent, car cela fait longtemps qu’ils n’ont pas de plateau sportif. Nous sommes en train de réaliser un projet de gymnase. À Mtsahara, il y a un projet de réfection du littoral.

F.I : Que pensez-vous pouvoir apporter ?

L.B.S : Dans cette mandature, il y a eu une rupture par rapport aux candidatures précédentes. Jamais nous n’avons repris les mandatures des maires sortants, ce qui montre que je travaille pour ma commune et non pour un clan. Au sein des précédentes mandatures, certains contrats précaires n’étaient jamais renouvelés et le personnel était renvoyé. Nous avons pris la décision de conserver le personnel. Nous avons fait en sorte d’améliorer le quotidien des agents pour qu’ils soient productifs, avec une complémentaire santé et des tickets-restaurant, ainsi que des financements pour le service technique.

Si nous voulons continuer dans cette dynamique et que notre commune se développe, il faut faire en sorte d’apaiser les gens. Nous avons travaillé pour améliorer le vivre-ensemble. J’ai un amour fort pour ma commune et mes concitoyens. Je veux faire en sorte que notre commune se développe à Mayotte.

F.I. : Si vous êtes élue, que mettrez-vous en place la première année ?

L.B.S : Dès la première année, nous allons achever l’installation d’un dentiste, dont nous avons besoin. Je souhaite aussi terminer les études de la STEP de Mtsamboro. Les travaux d’assainissement vont desservir deux villages. Nous sommes suivis par la DEALM, donc nous commencerons par le village de Mtsamboro, ainsi que par la maison numérique d’Hamjago. Nous prévoyons également de finir les city-stades ainsi que les tobés de l’îlot.

Mohamadi  Ali Bacar (LDIV)

Liste : Mtsamboro En Mouvement

Flash-Info  Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Mohamadi Ali Bacar : Je suis métissé de deux villages : mon père est de M’Tsamboro et ma mère de M’Tsahara. J’ai participé à ces deux mandatures en tant que conseiller municipal. Je suis aussi référent de l’Association Nationale des Élus en charge du Sport (ANDES), un réseau collectif national qui répond aux demandes de subventions de l’Hexagone et d’outre-mer. Nous travaillons avec les Délégations régionales académiques à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (DRAJES), le rectorat, et le monde économique. Au cours de ces deux mandatures, mon expérience m’a donné envie d’observer un changement sur ce territoire et de définir des objectifs réels. Je souhaite créer ma propre équipe, où chaque élu et chaque colistier participera activement. Je veux rompre avec ce qui se passe actuellement et mettre en place des changements concrets sur notre territoire. Trop souvent, les grandes formations politiques nous laissent à l’écart et nos compétences ne sont pas reconnues. Avec un parti local, nous pouvons nous réunir et agir réellement. Mon objectif se base sur notre culture musulmane et notre art de vivre. Nous voulons accompagner les jeunes dès l’école maternelle et développer des infrastructures adaptées à leurs besoins. Nous avons un programme structuré, avec des actions prévues jusqu’en 2050, pour répondre aux problèmes d’insécurité et construire un territoire plus sûr et dynamique pour tous.

F.I : Selon vous, quelle est la problématique centrale de Mtsamboro?

M.A.B : La problématique principale est que nous n’avons pas d’école à Mtsamboro. Les enfants doivent parcourir tout le village, traversant le territoire, livrés à eux-mêmes. Il faut que nous nous organisions pour les écoles, afin qu’ils puissent être pris en charge en attendant l’ouverture d’une école en 2029. Il est nécessaire de réaménager des abris pour accueillir ces jeunes, et nous pouvons faire appel aux taxis. Des appels à projets pourraient aussi permettre d’amener nos enfants à l’école à Hamjago ou à Mtsahara. Nous avons mis en place un accompagnement de notre jeunesse, pas seulement pour le sport. Il y a aussi des jeunes qui abandonnent leurs études ; nous travaillons pour les accompagner et les aider à continuer leur parcours.

F.I : Que pensez-vous pouvoir apporter ?

M.A.B : Concernant l’aménagement, nous disposons d’un PLU et devons gérer les risques de glissement de terrain. La population et la préservation de la plage du préfet restent des priorités. Nous prévoyons de travailler sur le littoral et de réorganiser le lotissement existant. Par ailleurs, nous souhaitons créer une déchetterie afin d’améliorer l’organisation et l’assainissement du territoire, tout en répondant aux besoins en eau et en infrastructures de la commune.

F.I. : Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

M.A.B : Il est essentiel de régulariser notre foncier et de mettre en place l’assainissement de la commune. Chaque route doit être correctement reliée aux réseaux existants. Si nous n’avons pas encore réussi à dégager certaines zones, c’est une volonté que nous souhaitons atteindre. L’aménagement du PLU, l’assainissement et les écoles sont des priorités : nos enfants rencontrent des difficultés pour accéder à l’éducation, et ces quatre points constituent nos urgences.

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Sensibilisation des lycéens de Chirongui à la drépanocytose et au dépistage

Sensibilisation des lycéens de Chirongui à la drépanocytose et au dépistage

À l’occasion de la Journée mondiale des maladies rares, le Centre de Référence des Maladies Rares du Globule Rouge (CRMR) du Centre Hospitalier de Mayotte, avec l’association Mayotte Drep’Action, a organisé une journée de sensibilisation au lycée de Chirongui autour de la drépanocytose. Tout au long de la journée, les lycéens ont pu découvrir des stands d’information pour mieux comprendre cette maladie génétique. Des échanges interactifs ont permis d’aborder la transmission de la maladie et l’importance du dépistage. Des ateliers et des jeux pédagogiques ont également été proposés pour apprendre de manière simple et ludique. Cette rencontre visait à sensibiliser les jeunes à l’importance de connaître leur statut de porteur sain et à les informer sur les enjeux liés à la transmission de la maladie. Elle a aussi permis d’ouvrir le dialogue pour lutter contre l’isolement et la stigmatisation des personnes atteintes de drépanocytose.

Une mission scientifique pour mieux comprendre l’érosion des sols et l’envasement du lagon

Une mission scientifique pour mieux comprendre l’érosion des sols et l’envasement du lagon

Une mission scientifique s’est récemment déroulée sur le littoral de Mayotte pour mieux comprendre l’érosion des sols et l’envasement du lagon. Elle s’inscrit dans le cadre du projet LESELAM 4. Pendant plusieurs jours, chercheurs, ingénieurs et étudiants ont mené des observations sur le terrain. Leur objectif est de mieux comprendre les échanges entre la terre et la mer, depuis les bassins versants jusqu’au littoral, en passant par les mangroves, les récifs coralliens et le lagon. Les équipes ont installé plusieurs instruments pour mesurer les vagues, les courants et la turbidité de l’eau. Des pièges à sédiments ont aussi été déployés et des carottages ont été réalisés dans différents milieux côtiers. Ces données permettront de mieux comprendre les transferts de sédiments vers le lagon et les processus d’érosion le long du littoral. Elles aideront également à analyser l’évolution de l’envasement du lagon sur le long terme.

Droits des femmes : plusieurs rendez-vous cette semaine à Mayotte

Droits des femmes : plusieurs rendez-vous cette semaine à Mayotte
* image d'illustration générée par ia

La mobilisation autour de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars se poursuit à Mayotte avec plusieurs actions portées par la Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité (DRDFE) et ses partenaires.

Ce lundi 9 mars, le lycée des Lumières à Kawéni accueille la projection du film La Maison des femmes de 9 h à 13 h, suivie d’échanges sur la prise en charge des femmes victimes de violences. Le même jour, France Travail organise à Tsararano l’initiative « Oser pas à pas vers la reconstruction », avec un dressing de l’emploi destiné aux femmes en insertion professionnelle, tandis qu’une journée de sensibilisation est prévue au lycée Tani Malandi de Chirongui.

La mobilisation se poursuivra mardi 10 mars avec la 2ᵉ édition du « Village de la Femme Mahoraise », organisée de 7 h 30 à 13 h 30 sur la place Zakia Madi, autour de la sensibilisation aux droits des femmes et de la valorisation des entrepreneures locales.

Pour finir, vendredi 13 mars, un spot TV consacré à la polygamie à Mayotte sera rediffusé sur Mayotte la 1ère.

Le chikungunya progresse, la bronchiolite sous surveillance

Le chikungunya progresse, la bronchiolite sous surveillance

La circulation du chikungunya repart à la hausse à Mayotte. Entre le 23 février et le 1er mars, 74 nouveaux cas ont été recensés, soit une augmentation de 30 % en une semaine.

Depuis le début de l’année, 285 cas confirmés ont été enregistrés sur le territoire, avec des contaminations dans presque toutes les communes, Mamoudzou concentrant à elle seule près d’un quart des cas signalés sur la dernière semaine.

Face aux fortes pluies et fortes chaleurs – favorables à la prolifération des moustiques – les autorités sanitaires redoutent une intensification de la transmission dans les prochaines semaines. Le département reste pour l’instant en phase pré-épidémique du plan ORSEC arbovirose.

Parallèlement, l’épidémie de bronchiolite continue de monter en puissance. La semaine dernière, 21 enfants de moins d’un an ont été pris en charge pour bronchiolite, dont dix ont été hospitalisés. Trois nourrissons ont également été admis en réanimation.

Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent la population à éliminer les eaux stagnantes autour des habitations pour limiter la prolifération des moustiques. Elles rappellent aussi l’importance de protéger les nourrissons contre la bronchiolite : lavage régulier des mains, port du masque en cas de symptômes et limitation des visites auprès des bébés.

Foire du Ramadan 2026 : les commerçants anticipent pour éviter un nouveau fiasco

Foire du Ramadan 2026 : les commerçants anticipent pour éviter un nouveau fiasco
En avance de 10 jours cette année en comparaison de l’année dernière, les foires commerciales du Ramadan, occupent le devant de la scène à Mayotte et éclipsent quelque peu la campagne électorale des municipales de ce mois de mars.

Un mois de Ramadan quasi normal cette année, en comparaison de la catastrophe de 2025 consécutive aux cyclones Chido et Dikeledi. Les commerçants ont su anticiper les commandes et la reconstitution de leurs stocks, en tenant compte des besoins spécifiques et nombreux de la population désireuse de refaire ses logis. La réclame occupe tous les espaces publics depuis une dizaine de jours. L’heure est à la baisse des prix sur tout ce qui touche, de près ou de loin, au cadre de vie des Mahorais.

Pas de répit pour les commerçants cette année : le mois de Ramadan rime avec les bonnes affaires, et ce n’est certainement pas une campagne électorale en demi-teinte qui va casser le mouvement en cours. Il faut dire que, cette année, ils sont très nombreux à avoir pris de l’avance sur le calendrier, à peine les communes avaient-elles donné les autorisations nécessaires.

Les commerçants de la commune chef-lieu ont été les premiers à dresser leurs tentes sur les trottoirs de la rue du Commerce, sans pour autant perturber la circulation routière.

« En fait, après le raté de l’année dernière à cause du cyclone Chido, nous sommes nombreux à nous être retrouvés avec de gros stocks à devoir liquider. Nos commandes pour le mois de Ramadan étaient arrivées avec plusieurs mois de décalage, une fois les installations du port de Longoni remises en état. Quelques grossistes avaient des réserves qui leur ont permis de dépanner d’autres commerçants pour rattraper le coup, mais en général, 2025 a été une vraie catastrophe pour pas mal d’entre nous. Donc il était important que nous anticipions 2026. Cela explique que nous soyons prêts à servir nos clients bien assez tôt », explique Salimata.

Elle fait effectivement partie du peloton de tête des étals garnis pour la préparation de l’Aïd el-Fitr. Les stands vestimentaires ont la cote : le choix est très large entre le made in France et le made in Asia. Les importations de textiles, d’objets décoratifs ou de produits alimentaires naturels en provenance des pays voisins d’Afrique de l’Est connaissent également une percée fulgurante et quelque peu inattendue.

Cette frénésie commerçante ne touche pas seulement les marchands saisonniers : la grande distribution est également de la partie, à grand renfort de publicité qui envahit tous les espaces, sur les réseaux sociaux comme sur les panneaux 4×3 le long des routes. Très attentive aux attentes du consommateur mahorais, elle propose elle aussi des rabais substantiels sur l’alimentaire, la décoration, l’électroménager, le wifi, la cuisine, le mobilier et surtout la peinture et les produits dérivés.

L’Aïd qui arrive dix jours avant la fin du mois de mars, une donnée préoccupante pour les commerçants

En matière de revêtements muraux et de sols, de nouvelles inventions chinoises — des plaques de carbone colorées — ont fait leur apparition, augmentant l’offre disponible. Elles pourraient bien concurrencer sérieusement les classiques carrelages et faïences qui avaient jusque-là pignon sur rue tout au long de l’année.

L’heure est donc à l’embellissement de toutes sortes et aux cache-misère pour tenter d’effacer les stigmates du désastreux cyclone Chido, qui avait fortement impacté la fête de fin de Ramadan en 2025.

« Il suffit de bien regarder les objets exposés sur les étals pour se rendre compte que nous avons tous pris en considération le besoin de la population de refaire l’intérieur des maisons, de remeubler, redécorer et rhabiller les logements. Dans deux semaines, l’Aïd redonnera des couleurs à tous les foyers mahorais et le passé ne sera plus qu’un mauvais souvenir », assure Réhématoullah Fakridine Andhum.

La commerçante s’est fournie en grande partie en métropole cette année, pour échapper, dit-elle, « aux amendes et à la confiscation de produits ne respectant pas les normes françaises ou européennes ».

À quelques exceptions près, la grille tarifaire a peu, voire pas évolué par rapport aux deux années précédentes. Des commerçants assurent toutefois que ces prix pourraient être sensiblement revus à la baisse dans quelques jours en raison d’un fait marquant :

« L’Aïd tombe en plein milieu du mois, à environ onze jours de la fin mars. Nous ignorons si les employeurs pourront suivre le mouvement et faire un geste envers leurs salariés en termes de versement anticipé de salaires. Si c’est le cas, nous pourrons considérer que notre saison est sauvée. Autrement, nous serons soumis à une autre gymnastique. Beaucoup d’entre nous n’auront d’autre choix que d’accorder des paiements échelonnés. C’est une préoccupation que nous partageons tous, et qui a d’ailleurs dicté le démarrage précoce de l’activité. La clientèle avait encore un peu d’argent dans la première dizaine du mois en cours. »

Le maître mot est donc de limiter au maximum la casse dans la trésorerie des marchands. Encore une semaine de patience, et ils seront fixés sur le sort qui les attend avant la fin effective du Ramadan.

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