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Des fientes de poules transformées en engrais : une solution novatrice pour préserver les sols mahorais

Des fientes de poules transformées en engrais : une solution novatrice pour préserver les sols mahorais

À Mayotte, la gestion des déchets d’élevage est un enjeu environnemental majeur. Depuis plusieurs années, une coopérative agricole à Ironi Be s’organise pour transformer les fientes de poules en engrais organique. Elle relance enfin sa production depuis le cyclone Chido. Un procédé qui améliore les sols agricoles, réduit les risques de pollution et offre une alternative aux engrais chimiques. 1 000 tonnes d’engrais par an

Depuis 2021, la coopérative agricole d’Ironi Be, Mayotte Agricoop, transforme en un engrais organique les fientes des 125 000 poules de l’agriculteur-éleveur Pierre Bubet, installé à Mayotte depuis une quinzaine d’années. Forte de son succès, la coopérative redémarre enfin sa production, temporairement interrompue par le passage du cyclone Chido, alors que la production venait tout juste de démarrer. Pierre Bobet, agriculteur-éleveur, s’est lancé dans la production d’environ 1 000 tonnes par an d’engrais organique déshydratés, intégralement destinés aux agriculteurs mahorais. Cette quantité permet d’améliorer la fertilité d’environ 700 hectares de cultures. Un chiffre encore modeste à l’échelle du territoire : Mayotte compte près de 6000 hectares de surfaces agricoles utilisées.

Des résultats encourageants dans les plantations

Pour mesurer l’efficacité de cet engrais organique, des essais sont menés dans différentes cultures par Caroline Joubert, responsable des productions végétales au sein de la coopérative agricole Mayotte Agricoop et spécialiste de la vie des sols. Depuis sept mois, Caroline Joubert compare cet engrais avec des fertilisants chimiques en l’utilisant dans une plantation de bananiers. Les premiers résultats sont encourageants : les plants nourris avec l’engrais organique se développent mieux et entrent en production plus rapidement. « Avec un engrais organique, le développement des plants est meilleur et la fructification est plus précoce », explique-t-elle. Dans de nombreuses exploitations mahoraises, les bananiers mettent plus d’un an avant de produire faute de fertilisation suffisante. Dans ces essais, les régimes apparaissent environ huit mois après la plantation.

Améliorer les sols et protéger le lagon

Au-delà du rendement agricole, l’objectif est aussi environnemental. L’utilisation d’engrais organiques, ici, biologique, permet d’améliorer la structure des sols tropicaux, de limiter l’érosion et de réduire la lixiviation, phénomène par lequel la pluie « lessive » le sol et entraîne les nutriments ou les engrais vers les cours d’eau, pouvant contribuer à la pollution du lagon. La valorisation des fientes de poules s’inscrit aussi dans le principe du « pollueur-payeur » : tous les éleveurs doivent aujourd’hui trouver des solutions pour traiter les déchets issus de leurs exploitations.

Une réponse à une obligation réglementaire

Dans les élevages, les déchets organiques ne peuvent pas être laissés ou épandus n’importe où. Leur gestion est strictement encadrée par la réglementation afin d’éviter les pollutions. « Les règles d’épandage sont toutefois difficiles à appliquer à Mayotte, notamment en raison du relief accidenté et du manque de surfaces adaptées », selon Pierre Bobet. Pour répondre à cette contrainte, l’éleveur a choisi une solution plus simple et accessible localement : la déshydratation des fientes de poules. Ce procédé permet de transformer ce déchet en amendement organique, puis en véritable engrais biologique. Contrairement à un engrais classique qui nourrit directement la plante, un amendement agit d’abord sur le sol en améliorant sa structure et sa fertilité.

De la fiente fraîche à un engrais stabilisé

La transformation consiste à réduire fortement l’humidité des fientes. À l’état frais, elles contiennent environ 85 % d’eau. Après déshydratation, il ne reste plus que 15 % d’humidité. Le résultat donne un produit sec qui prend la forme de granulés, plus faciles à épandre et moins encombrants. La déshydratation permet également de stabiliser l’azote présent dans les fientes. À l’état brut, cet azote ammoniacal peut provoquer des brûlures sur les plants. Une fois séchées, les fientes perdent cet effet agressif. Un procédé nécessaire car les fientes peuvent contenir des bactéries ou des virus. Elles ne sont donc pas adaptées à certaines cultures sensibles, notamment les productions maraîchères à cycle court comme les salades ou les brèdes. Pour obtenir un produit totalement sûr, les fientes sont donc séchées à plus de 60 degrés par un traitement thermique qui élimine les bactéries. Du calcium et de la potasse sont également ajoutés afin d’obtenir un engrais équilibré.

Une filière locale soutenue par l’Europe

Ce projet a été accompagné par des financements européens dans le cadre du développement de pratiques agricoles plus durables. La transformation des effluents d’élevage s’inscrit en effet dans les objectifs de l’agroécologie, promue par l’Europe pour limiter la pollution des sols. La déshydratation reste aujourd’hui la solution la plus simple techniquement, même si les équipements représentent un investissement important : une machine coûte jusqu’à un million d’euros, en partie financé par les fonds européens

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À Mayotte, les femmes bousculent les héritages

À Mayotte, les femmes bousculent les héritages

À Mayotte, l’émancipation des femmes avance par petites secousses, souvent discrètes, parfois douloureuses. Entre traditions familiales, normes culturelles et interprétations religieuses, beaucoup racontent avoir grandi dans un cadre strict où la place des femmes est conditionnée d’avance. Mais les lignes bougent. Lentement. À travers trois générations — 56 ans, 42 ans et 16 ans — trois voix racontent leurs luttes intimes, leurs contradictions et leurs espoirs. « J’avais l’impression d’être du bétail »

Asma*, 42 ans, parle d’une voix calme devant l’une de ses filles, âgée de 9 ans. Elle revient sur une jeunesse qu’elle refuse de reproduire pour ses enfants. Dans son enfance, tout tournait autour d’un impératif : rester vierge jusqu’au mariage. « J’avais l’impression d’être comme du bétail. Comme une vache. Personne ne se préoccupait de ce que je ressentais. Tout ce qu’on voulait de moi, c’était que je reste pure jusqu’au mariage. » Les sorties sont interdites ou accompagnées. Seule l’école lui permet une bouffée d’air : « Quand je demandais à sortir, on me répondait : Quand tu seras mariée, ton mari te fera sortir. » À 19 ans, elle pense trouver la liberté en se mariant avec un homme de neuf ans son aîné. « J’ai choisi mon homme à la va-vite, juste pour sortir de chez moi. J’ai pris le premier venu. » Mais le mariage ne change rien. « Je me suis retrouvée enfermée à nouveau avec quelqu’un qui n’avait pas de vie sociale. » Sept ans s’ensuivent avant qu’elle ne prenne la décision de quitter le foyer. Une rupture difficile, mais nécessaire. « Mes parents savaient que la situation était compliquée, même si on n’en parlait pas. Quand je suis partie, ils ont compris et ils m’ont soutenue. » Aujourd’hui, Asma ne regrette qu’une chose : le silence qui entourait ces situations. « Ici, la religion et la culture se mélangent beaucoup. On ne sait plus toujours ce qui relève de l’une ou de l’autre. » Depuis qu’elle s’est détachée de ses chaînes, Asma pose un doux regard sur sa personne, loin des regrets passés, et se dit fière de la femme qu’elle est devenue. * ce nom a été changé pour respecter l’anonymat du témoignage

Entre tradition et doute

À 55 ans, Echata travaille comme aide médico-psychologique et médiatrice culturelle. Elle appartient à une génération charnière : celle qui a grandi dans la stricte obéissance mais qui voit déjà les mentalités évoluer.

Elle se souvient d’un père autoritaire. « On avait peur de lui. Je n’avais pas le droit d’avoir une copine… alors un copain ? Encore moins ! » Dans cette famille de dix enfants, dont sept filles, les soeurs formaient un monde clos. « On restait entre nous mais j’avais envie de sortir. Je souffrais. » Même certaines pratiques culturelles lui étaient interdites. « Je ne pouvais pas aller au Debaa, alors que c’est notre culture. » Elle avoue aujourd’hui un sentiment jamais exprimé : « J’en veux à mon père. Je n’ai jamais osé lui dire et maintenant il est mort. » Pourtant, elle reconnaît aussi ce que cette sévérité lui a apporté. « Je le remercie aussi. S’il n’avait pas été aussi strict, j’aurais peut-être fait des bêtises. » Echata observe les transformations de la société mahoraise avec lucidité. « Dans quelques générations, je pense que ça va bouger. » Mais elle-même se retrouve parfois prise dans ses propres contradictions, notamment avec sa fille de 24 ans. « On se dispute tous les jours à ce sujet. Elle veut partager les tâches avec son frère. Elle ne comprend pas pourquoi je lui en demande plus. » Elle en est consciente : elle reproduit une partie de l’éducation qu’elle a reçue. « Je l’élève pour être une bonne femme. » Dans la culture locale, explique-t-elle, la responsabilité domestique retombe encore sur la femme. Selon elle, « le monde autour de nous n’est pas prêt à changer. J’aurais peur qu’elle ne trouve pas quelqu’un et que ça me mette dans l’embarras. Si elle ne sait pas faire certaines choses, qu’est-ce que dira la belle-famille ? » Pourtant, elle tente d’ouvrir le dialogue : « Je la laisse sortir. Je ne peux pas l’empêcher d’avoir un copain. Mais on parle librement de ce qui est acceptable ou non. » Pour elle, ce déséquilibre est culturel avant tout. « Les filles doivent être préparées à devenir de “bonnes femmes”. Dans beaucoup de pays d’Afrique, c’est comme ça. Et ici à Mayotte, c’est encore très présent. » Même l’éducation des enfants peut refléter cette différence. « Les garçons ne sont pas contrôlés de la même façon. On les protège plus, on leur demande moins. » Elle évoque aussi le quotidien des femmes, encore très marqué par les rôles traditionnels. Pendant le Ramadan, par exemple, la préparation du Futari, le repas de rupture du jeûne, reste une affaire de femmes. Derrière son sourire, Echata ne cache pas son agacement : « La plupart des hommes arrivent une fois que tout est prêt. Ils s’assoient. Et nous, on débarrasse, on fait la vaisselle avec les enfants. On en a marre. »

“Nous ne voulons plus être des servantes »

Rahama, 16 ans, n’a jamais quitté Mayotte et ne le souhaite pas. Elle incarne une nouvelle génération audacieuse, celle qui veut renverser le patriarcat. Son regard sur la société est déjà très critique. « Avec ma mamie, on se dispute tous les jours sur ces questions. » Elle évoque souvent l’idée répandue que la société mahoraise serait matriarcale : « Matriarcale dans le sens où la femme est indispensable dans le foyer. Mais c’est surtout parce qu’elle doit tout faire : la maison, les enfants, la cuisine… pendant que l’homme ramène l’argent. » Pour Rahama, ce modèle ne relève d’aucune logique. « Il y en a qui pensent qu’un homme ne doit même pas se servir un verre d’eau. » Elle décrit un système où les femmes deviennent surtout des exécutantes. « On profite tous d’un repas, alors pourquoi ne pas tous mettre la main à la pâte ? » Chez les adolescentes de son âge, le discours change. « Avec mes copines, nous pensons que nous ne sommes pas des femmes de ménage chargées de répondre aux besoins des hommes. » Elle évoque aussi certaines attentes encore très fortes envers les femmes : rester coquette, s’occuper du mari même lorsqu’elles sont malades. Son propre couple lui a montré une autre réalité. « Mon copain cuisine et fait le ménage chez lui. Il a 16 ans. Parfois il m’appelle parce qu’il ne sait pas faire certaines choses. Au début j’étais surprise. Il aide sa mère qui travaille. » La réaction de l’entourage l’étonne. « Si ça ne le dérange pas, pourquoi ça dérange les autres ? » Pour elle, la clé du changement se trouve chez les mères. « Ce sont les mamans d’aujourd’hui qui peuvent changer les choses. » Certaines grands-mères s’inquiètent encore. « Elles disent que ça va efféminer les hommes s’ils font la vaisselle. » Inquiètudes auxquelles la jeune fille répond simplement : « Non. Ça va les rendre indépendants. » Rahama, elle, a déjà fixé ses priorités. « On m’a toujours dit que le but dans ma vie était de me marier. Mais moi je ne veux pas me marier tant que je n’ai pas un emploi stable. » La jeune fille de 16 ans évoquent s’être émancipée des codes traditionnels par les réseaux sociaux, une fenêtre sur d’autres possibles qui lui a permis de comparer d’un pays à l’autre la question des inégalités hommes-femmes. « Ils m’ont montré qu’une autre façon de vivre est possible. »

Trois générations, un même mouvement

Entre Asma qui a brisé un mariage pour respirer, Echata qui oscille entre héritage et changement, et Rahama qui revendique une égalité simple dans le quotidien, l’évolution des mentalités apparaît clairement. À Mayotte, la transformation ne passe pas toujours par des slogans ou des combats publics. Elle se joue souvent dans les cuisines, dans les discussions familiales et l’éducation des enfants. Et peut-être surtout dans cette question que les jeunes filles posent désormais sans détour : pourquoi les choses devraient-elles rester comme avant si cela fait souffrir les femmes ?

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Tribunal administratif : un nouveau président pour une juridiction sous pression

Tribunal administratif : un nouveau président pour une juridiction sous pression

Nommé le 1er mars 2026 à la tête des tribunaux administratifs de La Réunion et de Mayotte, Jean-Michel Laso a d’abord pris ses fonctions à La Réunion avant de rejoindre Mayotte mercredi 5 mars. À peine arrivé, il a rencontré le préfet et la présidente du tribunal judiciaire. Le magistrat, qui succède à Thierry Sorin, découvre une juridiction confrontée à une activité dense.

« Je viens des Caraïbes, c’est mon deuxième poste de chef de juridiction. J’ai déjà eu à gérer deux tribunaux administratifs en même temps, mais la situation est très différente ici. À La Réunion, on traite environ 2 500 dossiers par an, et à Mayotte le volume est bien plus important », explique-t-il. Depuis 2023, Jean-Michel Laso présidait les tribunaux administratifs de la Martinique et de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Un tribunal dominé par le contentieux des étrangers

À Mayotte, le tribunal administratif traite surtout des dossiers liés au droit des étrangers. « Environ 85 % de notre activité concerne le contentieux des étrangers », explique Jean-Michel Laso. « Ce sont très souvent des procédures d’urgence, avec des décisions à rendre en 48 ou 96 heures. »

Ces recours concernent principalement des demandes de renouvellement ou de régularisation de titres de séjour. Dans de nombreux cas, les requérants saisissent le tribunal faute de réponse de l’administration après plusieurs mois d’attente. D’autres démarches portent aussi sur l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer leur demande.

« La préfecture m’explique que pendant plusieurs mois elle n’a pas pu fonctionner correctement. Avant, elle pouvait statuer sur environ 1 500 demandes. Avec les grèves et les blocages, ce chiffre est tombé à environ 350. La différence est énorme. » explique le président du tribunal après sa rencontre avec le Préfet.

Un retard d’autant plus inquiétant que les premiers chiffres de l’année laissent entrevoir une activité encore plus soutenue. « Les deux premiers mois de 2026 montrent une hausse de 30 à 40 % des dossiers par rapport à l’année dernière », indique le magistrat. Si cette tendance se confirme, le tribunal administratif de Mayotte pourrait atteindre près de 6 000 dossiers sur l’année, une charge considérable pour une équipe d’une douzaine d’agents.

Des dossiers ordinaires relégués au second plan

Si les contentieux liés aux étrangers représentent l’essentiel de l’activité, le tribunal traite également d’autres litiges : fonction publique, fiscalité, urbanisme, environnement ou encore dommages liés aux travaux publics. Mais ces affaires passent souvent après les procédures d’urgence. « On a des dossiers qui attendent depuis plus de deux ans. Ce n’est pas normal, surtout en première instance », reconnaît Jean-Michel Laso.

L’année 2026 pourrait également apporter son lot de recours liés aux élections municipales. « Cela risque d’être assez conflictuel », anticipe le président. Ces contentieux doivent eux aussi être jugés dans des délais très courts, ce qui pourrait accentuer la pression sur la juridiction.

Le projet d’un tribunal administratif autonome à Mayotte

Pour l’heure, aucune augmentation du nombre de magistrats n’est prévue. « On ne recrute pas des magistrats pour quelques mois. Ce sont des agents publics », rappelle Jean-Michel Laso. En cas de hausse durable de l’activité, des renforts ponctuels pourraient toutefois être sollicités. Par le passé, des magistrats basés à La Réunion sont déjà venus prêter main-forte, sur la base du volontariat. Du côté du greffe, le recours à des vacataires reste également possible pour absorber un pic d’activité.

À plus long terme, un autre projet est sur la table : la création d’un tribunal administratif de plein exercice à Mayotte. Aujourd’hui, la juridiction reste rattachée à celle de La Réunion. Les magistrats ne sont pas installés de manière permanente à Mayotte et une partie des audiences se tient encore à distance. « L’idée serait d’avoir un tribunal administratif de Mayotte avec ses propres magistrats et son chef de juridiction », explique Jean-Michel Laso.

Reste la question des locaux. Le bâtiment actuel, déjà exigu, a été partiellement endommagé par le cyclone Chido. Certains espaces ont dû être abandonnés et les agents travaillent à sept ou huit dans des bureaux partagés. La perspective d’une future cité judiciaire pourrait offrir une solution, mais le projet reste encore flou. « C’est une volonté de l’État d’avoir un lieu de justice mieux identifié, mais concrètement, où et selon quelle échéance, c’est plus compliqué », reconnaît le président « C’est aussi un peu ma feuille de route. Quand j’ai été désigné pour venir, on m’a demandé de porter ce projet ».

Dans l’immédiat, la priorité reste la gestion de l’afflux de dossiers. « On est tous soumis à des indicateurs. L’idée, c’est d’essayer de juger autant de dossiers que ce qui entre, et surtout d’éviter que le nombre de dossiers de plus de deux ans n’augmente », souligne le président.

Mieux faire connaître la justice administrative pourrait aussi soulager le tribunal. « Les agents passent beaucoup de temps à répondre au téléphone pour expliquer que tel dossier ne relève pas du tribunal administratif mais du tribunal judiciaire ou d’une autre juridiction », note Jean-Michel Laso.

Pour y remédier, Jean-Michel Laso envisage d’organiser pour la première fois une audience solennelle de rentrée du tribunal administratif à Mayotte. L’objectif : présenter l’activité de la juridiction et renforcer les liens avec les avocats, les institutions et les partenaires locau

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Asma, 17 000 abonnés et une parole sans détour

Asma, 17 000 abonnés et une parole sans détour
Surnommée As_chocs sur les réseaux sociaux, Asma partage ses prises de parole sur la société mahoraise et la condition féminine.

Connue sur les réseaux sociaux sous le nom d’As_chocs, Asma publie des vidéos suivies par des milliers d’abonnés. Infirmière et mère de deux enfants, elle y aborde des sujets de société à Mayotte, notamment la santé et la condition féminine. Une prise de parole apparue après le cyclone Chido.

« La condition féminine est un sujet qui me tient à cœur. » Voile rose et épingle à fleur sur le côté droit du visage, Asma, surnommée As_chocs sur les réseaux sociaux, rassemble près de 17 000 followers. Certaines de ses vidéos dépassent les 500 000 vues. Pour Le Flash Info, elle accepte de revenir sur son parcours et sur la manière dont elle s’est retrouvée à prendre la parole en ligne.

Le cyclone Chido, point de départ de ses publications

Asma a 32 ans. Elle est née à Marseille, dans l’Hexagone, et est originaire de Barakani (Ouangani). « Je suis plutôt métropolitaine. Je sais que ça ne se voit pas, mais c’est le cas. » Mère de deux filles, elle explique avoir souhaité leur offrir un cadre de vie différent. « Pour elles, j’ai souhaité vivre à Mayotte », explique-t-elle, avec l’idée d’un environnement plus sain, en accord avec son identité familiale et religieuse. À son arrivée, elle remarque « une confusion entre la culture et la religion » , avec quelques difficultés à s’approprier les codes de la société mahoraise. « Je ne parlais pas le shimaoré. On m’a fait remarquer que j’avais une mentalité de mzungu. » narre t-elle sourire en coin.

« Polémique, santé et tabous de Mayotte »

A ses début, Asma affirme ne pas avoir cherché la visibilité. « Je n’avais jamais pensé à rejoindre les réseaux sociaux. Je trouve ça lisse, surfait, pas très naturel. » Pourtant, sa première vidéo tournée après le cyclone change la donne. « Je finissais le travail. On disait que l’eau était rétablie alors que c’était faux. » Elle décide alors de se filmer. La vidéo circule et marque le début d’une série de publications qui totalisent aujourd’hui plusieurs centaines de milliers de vues. « Je pense que ça a pris parce que je suis naturel. » La mère de famille aborde aussi la question de la condition féminine, un thème central pour elle. Elle évoque notamment les débats autour de la polygamie, le confiage d’enfant ou de l’accès des femmes à l’enseignement religieux. Ses prises de parole sont parfois tranchées. « Je parle parfois de sexualité, ce qui choque. On me prend pour une djaoulla, mais je suis libre de ma parole. Ça peut paraître paradoxal car je porte le voile, mais c’est un choix », poursuit-elle.

Approchée par des listes municipales, elle explique en avoir rejoint une avant d’y renoncer. Son choix est fait. Elle dit vouloir se fier à une nouvelle génération «  Nouvelle génération ». Avant de prendre la pose sa photo d’illustration.

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Comores : l’hôpital national suspend son anesthésiste sans préavis

Comores : l’hôpital national suspend son anesthésiste sans préavis

Abdillah Mdohoma assurait, avant sa suspension, avec un second spécialiste, les activités du service de réanimation d’El-Maarouf, qui fait face à une fuite d’infirmiers et de médecins qualifiés en raison, notamment, des conditions de travail et salariales.

On sait tous à quel point le service d’anesthésie et de réanimation est important dans n’importe quel centre hospitalier. Pourtant, la direction d’El-Maarouf, le plus grand hôpital des Comores situé à Moroni, n’hésite pas à se séparer de certains de ses rares spécialistes du domaine, qui ont la lourde tâche de s’occuper de toutes les interventions chirurgicales de l’hôpital.

El-Maarouf ne disposait que de deux médecins anesthésistes, mais il vient de suspendre l’un d’eux dans des conditions floues. Recruté depuis 2017, le Dr Abdillah Mdohoma a appris sa suspension à travers une note affichée par son chef hiérarchique le 18 février, alors qu’il affirme ne pas se rappeler avoir commis une faute dans l’exercice de ses fonctions.

Douze jours plus tard, c’est le directeur général de l’hôpital qui a officialisé la mesure en signant à son tour une décision visant le médecin anesthésiste. Dans sa note de service du 3 mars, la direction de l’hôpital de référence informe tous les services que le Dr Abdillah Mdohoma n’est plus autorisé à pénétrer dans les services de soins, les blocs opératoires ou les zones réservées au personnel, au même titre qu’un membre du corps médical en service.

À ce titre, poursuit la note, l’entrée de l’intéressé au sein de l’enceinte de l’hôpital est strictement limitée au statut de visiteur ou d’accompagnant. Il doit ainsi se soumettre aux règles communes de l’établissement (horaires de visite, accueil général).

Le bémol : ni la note du chef de service ni celle de la direction ne mentionnent la cause ayant conduit à cette sanction.

« J’ai même demandé au responsable des ressources humaines, mais il dit ne rien savoir. Donc officiellement, j’ignore les raisons de ma suspension », a fait savoir le médecin anesthésiste, contacté par Flash Infos.

Sollicitée par certains médias de la place, la direction de l’hôpital n’avait toujours pas réagi, avons-nous appris auprès de quelques confrères.

Doléances du service

Le spécialiste s’est même rapproché du ministère de la Santé pour en savoir un peu plus. À la surprise générale, il découvre qu’en plus de la suspension, une demande de révocation au sein de la fonction publique aurait été introduite.

« À ma connaissance, la plus grande sanction en cas de faute consiste à remettre le médecin à la disposition du ministère. Et cela intervient après convocation de la personne incriminée, qui doit s’expliquer. Mais moi, je n’ai jamais été entendu », souligne le Dr Abdillah Mdohoma, qui, depuis quelques jours, n’a pas mis les pieds à El-Maarouf.

Si le flou entoure sa suspension, il pense que ce qui lui arrive pourrait avoir un lien avec les mouvements que son service a entamés fin décembre afin de réclamer de meilleures conditions de travail.

Dans un courrier adressé à la direction de l’hôpital de référence le 23 décembre 2025, les infirmiers anesthésistes ont formulé trois principales revendications, dont l’introduction d’une indemnité de risque professionnel.

« Nous sollicitons la régularisation et l’octroi des indemnités de risque liées à l’exposition permanente à des substances et produits dangereux tels que les rayons X, le sang, le formol, les gaz anesthésiques, ainsi qu’à la manipulation des bouteilles d’oxygène — tâche qui ne relève pas de nos obligations professionnelles », écrit le personnel.

La deuxième doléance concerne les primes de garde, actuellement fixées à 3 500 francs, soit près de 8 euros.

« Alors que jusqu’en 2016, les infirmiers anesthésistes percevaient la même indemnité que lors des astreintes. Les infirmiers anesthésistes occupent officiellement un seul service, mais nous travaillons actuellement dans quatre services (bloc opératoire, salle de réveil, réanimation et service d’imagerie) afin d’assurer la couverture complète des soins. Cette situation témoigne d’un besoin urgent de renforcer le nombre d’infirmiers anesthésistes pour garantir la sécurité et la continuité des soins aux patients, ainsi que le bon fonctionnement des différents services », ajoute la lettre que nous avons consultée.

Selon le Dr Abdillah Mdohoma, qui a fait le choix de rentrer servir le pays après sa spécialisation en France, ce sont ces conditions déplorables qui ont entraîné une fuite des meilleurs éléments.

Service débordé

« Les infirmières et médecins que nous avions dans notre service partent ailleurs dès qu’une offre intéressante se présente. À chaque fois que nous essayons d’expliquer aux responsables qu’il faut de meilleures conditions, car la charge de notre travail est importante, ils le prennent mal », regrette le médecin anesthésiste, dont le départ risque de fragiliser encore davantage le service, qui ne disposait que de deux anesthésistes.

« Déjà, nous étions débordés avec deux médecins généralistes, un urgentiste, puis il y avait moi et le chef de service. Pour assurer les consultations précédant une intervention chirurgicale, nous étions obligés d’alterner tous les vendredis. Le 13 février, j’ai dû les annuler car j’étais débordé et il y avait des urgences au bloc et en réanimation. Mais j’ai été accusé d’avoir refusé de consulter. Ils se servent même de cela pour justifier ma suspension, alors que j’avais tout expliqué à la direction », a indiqué le Dr Abdillah Mdohoma.

Financé par les Émirats arabes unis, à travers la fondation Cheikh Khalifa Ben Zayed Al-Nahyan, à hauteur de 3,3 millions d’euros, le pôle chirurgical d’El-Maarouf a été inauguré le 22 mai 2014. Il abrite notamment le service de réanimation et de soins intensifs.

Douze ans plus tard, ce pôle vital de l’hôpital de référence tente tant bien que mal d’offrir des soins aux Comoriens, mais n’échappe pas aux critiques qui collent à El-Maarouf, en raison notamment de présumées négligences médicales, dont certaines se révèlent fatales.

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Petite-Terre : les jeunes mobilisés contre le tabac, le public invité à voter pour les clips #StopLaFumette

Petite-Terre : les jeunes mobilisés contre le tabac, le public invité à voter pour les clips #StopLaFumette

À Petite-Terre, plusieurs jeunes se mobilisent pour sensibiliser aux dangers du tabac et de la cigarette électronique. Dans le cadre du projet « J’arrête aujourd’hui pour mieux vivre demain », porté par la Communauté de communes de Petite-Terre (CCPT), quatre clips de prévention réalisés par des jeunes ont été mis en ligne sur les réseaux sociaux. Le public est invité à voter pour ses vidéos préférées en likant jusqu’au 23 mars à 12 h.

Ces clips, tournés fin 2025 à la plage des Badamiers, ont été imaginés et interprétés par les jeunes eux-mêmes, accompagnés par un vidéaste professionnel. Deux équipes se sont affrontées autour de deux thèmes : le tabac et la « puff », une cigarette électronique jetable particulièrement répandue chez les adolescents.

Cette initiative s’inscrit dans une série d’actions de prévention menées depuis novembre auprès de la jeunesse du territoire : sensibilisation au lycée de Petite-Terre, tournage des vidéos, escape game sur les addictions et prochaines interventions d’une infirmière dans les classes du 9 au 13 mars. L’objectif est de prévenir l’entrée dans le tabagisme et d’encourager les jeunes à devenir acteurs de la prévention.

Le projet se conclura par une restitution finale comprenant une épreuve de slam, avant la remise de diplômes d’Ambassadeurs du Mois Sans Tabac aux participants.

Conséquences de la guerre en Iran : la crainte de manquer de gaz domestique à Mayotte

Conséquences de la guerre en Iran : la crainte de manquer de gaz domestique à Mayotte

Des problèmes logistiques et d’organisation chez l’une des deux sociétés locales importatrices de gaz domestique, ainsi qu’un début de panique, sont palpables auprès de la population de Petite-Terre. La bonbonne verte de Somagaz se fait désirer depuis plusieurs semaines. Sa livraison est irrégulière, bien avant le déclenchement des hostilités opposant Israël et les États-Unis d’Amérique à l’Iran. Les usagers restent sourds aux appels au calme des grands importateurs de l’île qui assurent disposer de quantités suffisantes de gaz pour tenir encore un moment.

Le mouvement de panique constaté dans l’Hexagone cette semaine après l’embrasement du Moyen-Orient et l’intensification de la guerre que les États-Unis d’Amérique et Israël livrent à l’Iran se manifeste pareillement à Mayotte, mais différemment. Sous nos latitudes, ce n’est pas le risque de pénurie de carburant qui inquiète les consommateurs, mais plutôt celui du gaz liquéfié.

Période de Ramadan oblige, ce produit constitue un élément indispensable dans les foyers, en raison de la quantité importante de nourriture consommée. Le Ramadan étant avant tout un mois de partage, de solidarité et de convivialité, les familles reçoivent beaucoup au moment de la rupture du jeûne, « l’Iftar ».

En conséquence, tous les habitants de l’île suivent de très près les événements qui ont cours dans le golfe Persique et dans le détroit d’Ormuz, d’où provient un quart du gaz liquéfié consommé dans l’Union européenne. Il faut bien se nourrir après une journée entière de privation de nourriture et d’eau.

Le souci est que l’approvisionnement en gaz domestique est problématique sur le territoire bien avant le déclenchement de cette guerre par Donald Trump et Benjamin Netanyahou, en particulier pour celui commercialisé par Somagaz dans des bouteilles métalliques de couleur verte.

« Le gaz ne nous est plus livré qu’un seul jour par semaine, et donc en quantité insuffisante. À peine les bouteilles sont-elles déchargées qu’il n’en reste quasiment plus. La demande est trop forte en cette période de Ramadan », nous explique un commerçant de Labattoir.

Selon lui, le gaz ne manque pas à Mayotte, qui disposerait d’un stock suffisant pour couvrir au moins deux mois de besoins. Ce rythme inhabituel de faible quantité de gaz serait dû à une nécessité d’entretien du parc de camions de livraison.

« Cela fait plusieurs jours que je fais les quatre cents pas devant les boutiques qui en vendent, mais je retourne chaque fois bredouille à la maison. Il faut s’assurer d’être sur place au moment où les camions de livraison déchargent leur cargaison, sinon on n’a rien », observe Rahadati, qui s’inquiète pour la préparation du repas de ce soir dans sa maisonnée.

D’aucuns se résignent à l’idée de subir une pénurie de gaz malgré le contexte particulier du mois de Ramadan

« La modernité est vraiment un problème pour nous autres insulaires. Jadis, nous cuisinions au bois de chauffage, au charbon et au pétrole pour les plus aisés. Il a été progressivement mis un terme à cela : désormais, tout le monde est dépendant du gaz, au prix fluctuant, lorsqu’il ne vient pas tout bonnement à manquer, comme c’est le cas en ce moment », relaie Ben Ardane, qui a dû interrompre son travail sur un chantier de construction pour se lancer à la recherche d’une de ces précieuses bonbonnes métalliques vertes bien remplies.

« Hallo tou bhé ritso vouka » (expression courante en shimaoré pour signifier qu’il n’y a pas lieu de paniquer et qu’il existe une solution à toutes les situations), lance-t-il en ricanant au tenancier d’un « douka » (petite épicerie) au carrefour des Trois Points, à proximité de l’hôtel de ville de Dzaoudzi. Celui-ci lui fait signe de poursuivre son chemin en lui montrant les trois rangées de bouteilles de gaz désespérément vides, posées sur des étagères en fer forgé spécialement conçues pour les abriter.

Au final, sa quête aura été d’assez courte durée. Une riveraine s’arrête non loin de là et demande de l’aide pour décharger du gaz de son véhicule.

« Dieu soit loué, on dirait que c’est mon jour de chance, ce jeudi », se plaît-il à déclarer d’une voix forte.

Toute la rue suit du regard le coffre arrière de la voiture rouge qui se lève lentement. Eh oui, c’est bien du gaz domestique que l’on en retire, mais de couleur orange vif, reconnaissable au logo de la société TotalEnergies.

Petit conciliabule, et la nouvelle se répand comme une traînée de poudre dans tout le quartier.

« Un camion a été vu en train de décharger sa précieuse cargaison à la station-service du bord de mer, à côté du cimetière chrétien qui sépare les villes de Labattoir et Pamandzi. »

Information qui n’a pas tardé à se vérifier. En vérité, il n’y a pas encore vraiment foule sur les lieux, mais plutôt une certaine effervescence due au fait que le camion n’avait pas fini de décharger que des clients se sont déjà agglutinés autour, demandant à être servis.

Plus de peur donc que de mal.

Toutefois, cette situation n’a été que de très courte durée. En moins de trente minutes, une file de voitures s’est allongée le long de la route. La nouvelle est désormais connue de toute la Petite-Terre : « il y a du gaz chez Total ».

Tout le monde veut s’en procurer de peur d’en manquer.

« Calmez-vous, s’il vous plaît. Ce n’est pas la peine de paniquer : il y a du gaz à Mayotte et le prix ne va pas augmenter », annonce aux usagers l’un des employés de la station-service.

Succomber à la tentation d’accumuler les bouteilles de gaz pleines chez soi pour se prémunir d’un manque potentiel concourt à générer la pénurie que tout le monde veut éviter

Mais c’est peine perdue. Il y a ceux et celles qui demandent deux à trois bouteilles, et ceux qui se contentent d’une seule, parce que, n’ayant pas initialement prévu d’en acheter ni de se munir d’une recharge, ils se voient contraints de débourser 69 euros, un prix comprenant le gaz et son contenant.

Il faut d’abord passer dans le magasin attenant pour s’acquitter du paiement, lequel donne droit à une quittance indispensable pour être servi.

Amélia se rendait à son travail à l’aéroport de Pamandzi mais s’est trouvée contrainte de suivre le mouvement de personnes qui se sont arrêtées devant le camion de livraison.

« Je n’en ai pas réellement besoin. J’ai encore deux bouteilles de Somagaz à mon domicile, mais avec tout ce qui se passe en ce moment en Orient, je préfère jouer la prudence. On ne sait jamais, au cas où les choses iraient encore plus mal et qu’on en viendrait à en manquer. »

C’est justement ce type de réflexe qui est déconseillé aux usagers, tant dans l’Hexagone qu’à Mayotte. Aussi compréhensible sur le plan humain que puisse être cette attitude, c’est malheureusement ce geste qui risque de générer une pénurie de gaz sur le territoire.

Un foyer va disposer de plusieurs bouteilles de gaz en réserve pendant que d’autres vont cruellement en manquer.

Il est à espérer qu’il n’en sera pas de même pour le carburant et les denrées alimentaires de première nécessité, à l’approche de l’Aïd el-Fitr qui marquera dans quelques jours la fin du mois sacré du Ramadan.

Les gros importateurs de l’île se veulent rassurants : il y a suffisamment de réserves de nourriture dans le département pour tenir aisément deux mois sans aucune crainte.

Donc pas de panique inutile !

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Municipales à Mamoudzou : plusieurs candidats face aux défis de la capitale

Municipales à Mamoudzou : plusieurs candidats face aux défis de la capitale
* image d'illustration générée par ia

Avec 72 974 habitants en 2025, Mamoudzou est de loin la commune la plus peuplée de Mayotte et le principal centre urbain du territoire. Chef-lieu du département et porte d’entrée vers la Grande-Terre, la ville concentre une grande partie des administrations, des services publics et des activités économiques de l’île. De nombreux habitants s’y rendent chaque jour pour travailler, étudier ou accéder aux services.

Cette centralité en fait le véritable moteur économique de Mayotte. La commune abrite notamment la principale zone industrielle du territoire à Kawéni, ainsi qu’une grande partie du commerce local. Sur les quatre grandes surfaces recensées en Grande-Terre, trois se trouvent à Mamoudzou. La ville joue également un rôle majeur dans le domaine de la santé avec la présence du Centre hospitalier de Mayotte et de nombreux professionnels de santé.

Mais ce rôle de capitale s’accompagne aussi de contraintes importantes. La forte croissance démographique et la densité de population, estimée à plus de 1 700 habitants par km², exercent une pression constante sur les infrastructures et les équipements publics. Les embouteillages quotidiens et le manque de foncier disponible figurent parmi les principaux freins au développement de la commune.

La situation financière de la municipalité constitue également un enjeu pour les années à venir. En 2024, le budget de fonctionnement présente un déficit de 2,39 millions d’euros, tandis que le budget d’investissement affiche un déficit de 7,64 millions d’euros. Dans ce contexte, certains chantiers, notamment la reconstruction d’écoles après le passage du cyclone Chido, ont été ralentis dans l’attente d’aides de l’État.

Dans ce contexte, les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 seront un rendez-vous politique important pour l’avenir de la capitale mahoraise. Sept candidats sont en lice dans la commune. Parmi eux, Ambdilwahedou Soumaila (LLR), maire sortant avec la liste Encore plus proche de vous, Ahamada Haribou (LDIV) avec la liste Rassemblons-nous, et Soiyinri Mhoudhoir (LDVC) avec la liste Mouvement pour le développement de Mayotte.

Ambdilwahedou SOUMAILA (LLR)

Liste : Encore plus proche de vous

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Je suis le maire sortant. En lien avec les partenaires institutionnels, associatifs et les habitants, nous avons lancé ensemble une vision qui a été partagée pour les dix prochaines années dans ce que l’on appelle Mamoudzou 2030.

C’est tout naturellement que je demande, comme ça a été le cas en 2020, la confiance de la population pour continuer les bases que nous avons posées ensemble.

Mamoudzou m’a tout donné. Mamoudzou m’a vu naître, m’a vu grandir, Mamoudzou m’a éduqué. C’est tout naturellement que j’essaie d’apporter, à ce niveau de responsabilité, ce que Mamoudzou m’a donné.

Depuis Chido, la population m’accompagne, elle est à côté de moi, les partenaires nous font confiance et les agents de la ville sont mobilisés pour accélérer le développement de Mamoudzou.

J’ai aussi été beaucoup dans l’associatif. C’est l’école de la vie ici à Mamoudzou et à Mayotte. J’ai été trésorier de la deuxième promotion de BTS au lycée de Mamoudzou et président de plusieurs associations dans mon village à Tsoundzou. J’ai également été joueur et vice-président du club de football de M’tsapéré. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« La jeunesse qui n’a pas de perspectives d’avenir et les jeunes mineurs isolés.

On a des jeunes, c’est une chance. On demande aux collectivités de construire des écoles pour scolariser les enfants, ce qu’on fait. À Mamoudzou, par exemple, on a un schéma directeur des écoles. Le jeune va au primaire, au collège, au lycée, il a son bac, mais il n’a pas de perspectives. Il ne peut pas poursuivre ses études ni trouver une formation parce qu’il n’est pas officiellement reconnu, il n’a pas d’identité. Tant qu’on n’aura pas réglé cette problématique de ni expulsable ni régularisable, on prendra des jeunes, on les regroupera sans leur donner de perspectives alors que la société a investi sur eux.

Ces jeunes finissent par se faire happer par d’autres qui n’ont pas fait d’études et deviennent des voyous mais des voyous diplômés.

Il y a aussi la question de l’incivisme. On met beaucoup de moyens pour la propreté urbaine, on installe du mobilier, des poubelles, et les gens continuent à jeter les déchets par terre. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« L’avantage d’être un élu sortant, c’est qu’on ne commence pas à zéro. On a déjà posé les bases. Quand nous sommes arrivés, cela nous a pris une année pour faire un projet de territoire. Nous avons défini une vision sur dix ans avec Mamoudzou 2030.

Nous avons investi 30 millions d’euros sur six ans pour faire les études de tout ce qui est dans ce projet de territoire. Cela veut dire qu’on est prêt pour ne pas perdre encore de temps. Mamoudzou ne se construit pas seule. Il y a les partenaires financiers, institutionnels, le rectorat, le département, l’État. On construit Mamoudzou ensemble.

Le rectorat construit les collèges et les lycées à Mamoudzou et la carte scolaire, on l’a faite ensemble. Tous les projets du département on les fait ensemble.

Le front de mer qui va être totalement métamorphosé dans quelques années, c’est un projet porté avec plusieurs partenaires. Il y a l’État à travers la DEALM, la CCI à travers le ponton, et la Cadema avec le Caribus.

Tout ce qui concerne la transformation du centre-ville se fait avec ces partenaires. Des conventions ont été données pour donner la main à la ville afin que l’animation de ces projets puisse aller jusqu’au bout.

C’est ce que j’appelle la gouvernance partagée. C’est ce qui nous permet de bénéficier de la confiance de tous les partenaires et de faire avancer les projets. »

4 – Si vous êtes réélu, que mettrez-vous en place la première année ?

« La première chose c’est finir ce que nous avons engagé et ouvrir de nouvelles perspectives. À Tsoundzou II, un nouveau village est lancé avec Alma Action Logement, avec plus de 260 logements. Les travaux ont commencé depuis décembre et ces logements seront livrés dans environ une année.

Avec le syndicat des eaux, nous devons finir la station d’épuration de Tsoundzou. C’est une question de santé publique et ce projet doit être terminé dans l’année. Il y a aussi le stade de Tsoundzou qui sera livré l’été prochain.

Nous devons lancer d’autres projets comme le complexe sportif de Passamainty et continuer les projets d’écoles qui sont déjà engagés.

Il y a aussi la crèche de M’Gombani qui sera livrée l’année prochaine et les crèches de Kawéni qui vont être lancées. Il faut continuer la transformation du centre-ville et lancer officiellement le projet du front de mer de Mamoudzou.

Ahamada HARIBOU (LDIV)

Liste : Rassemblons-nous

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Je suis né dans la commune de Mamoudzou. J’habite à M’tsapéré. J’y ai fondé ma famille et ai toujours vécu dans la commune.

J’ai quitté Mayotte après le bac pour mes études supérieures et je suis revenu en 2002. Toute ma famille est ici, ma mère, mes frères, mes sœurs. C’est plus qu’une attache de domicile, c’est familial.

J’ai participé au mouvement associatif. J’ai été joueur dans l’équipe du volley club de M’tsapéré et quand je suis revenu à Mayotte j’en ai pris la présidence, de 2002 à 2014.

Quand j’étais lycéen, j’étais déjà dans les associations environnementales du village. J’ai aussi participé à la création du premier journal à M’tsapéré où j’écrivais des articles sur la vie du village et ses événements.

Je n’ai jamais eu de fonction d’élu. J’ai toujours travaillé dans les collectivités avec des fonctions de direction et d’encadrement. J’ai intégré la ville de Mamoudzou en 2014 comme directeur du développement économique puis DGA action citoyenne et vie publique jusqu’en 2021.

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« La problématique centrale de la commune aujourd’hui, c’est l’insécurité.  Sans une situation de sécurité saine, on ne peut rien développer. Ce qui est réalisé aujourd’hui se retrouve parfois dégradé le lendemain. 

On est dans un éternel recommencement parce que la situation sécuritaire ne permet pas d’avoir un climat apaisé pour développer des activités et réaliser des investissements.

Tant que cette situation ne sera pas maîtrisée, il sera difficile de pérenniser les projets et les investissements dans la commune. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Ce que je pense pouvoir apporter aujourd’hui, c’est mon expérience et mon expertise acquises durant toutes ces années au service de la population dans les collectivités. J’ai commencé à la mairie de Koungou pendant douze ans comme secrétaire général adjoint puis directeur général adjoint. Ensuite j’ai intégré la ville de Mamoudzou en 2014 comme directeur du développement économique puis DGA action citoyenne et vie publique. Depuis 2021, je travaille au syndicat des eaux comme directeur général adjoint ressources et moyens.

J’ai travaillé longtemps dans les collectivités et j’ai vu comment les choses se font, ce qui peut marcher et ce qui peut manquer. Toute cette expérience me sera utile pour définir les politiques publiques et mieux les adapter aux attentes de la population.

Le projet que je mets en avant, c’est l’éducation. Si on arrive à créer de bonnes bases et de bonnes conditions pour instruire nos enfants, nous aurons demain des adultes qui pourront mieux s’intégrer dans la société.

Ces adultes pourront aussi contribuer à lutter contre les problèmes d’insécurité et les problèmes environnementaux comme la gestion des déchets. »

4 – Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

« La première chose à mettre en place, c’est une organisation.

Quand on parle de projets et de politiques publiques, il faut d’abord une organisation structurée qui permette de les mettre en œuvre.

Dans la première année, cette organisation devra permettre d’engager un plan de redressement budgétaire et financier de la commune.

La commune traverse aujourd’hui des difficultés financières importantes.

Si on n’a pas une organisation solide et une situation financière saine, on ne pourra pas lancer de projets.

La première année doit donc poser les bases pour pouvoir ensuite, dans les années suivantes, lancer des projets concrets. »

Soiyinri MHOUDHOIR (LDVC)

Liste : Mouvement pour le développement de Mayotte

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Je suis adjoint au maire dans la mandature actuelle, chargé du numérique.

J’ai œuvré pour une association qui est Maounga Dounia Ya Mamoudzou pendant six ans. Depuis cinq ans que je suis élu, je me suis mis en retrait pour son bon fonctionnement et pour me consacrer pleinement à ma mission d’élu. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« La problématique centrale, c’est la mise en œuvre de la politique opérationnelle, la déclinaison opérationnelle et le manque de transparence sur certains aspects. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« Ce que je peux apporter, c’est une organisation et plus d’anticipation sur les différentes actions politiques à mettre en place.

Cela passe d’abord par la prise en compte des différents documents et rapports existants, notamment les rapports de la Cour régionale des comptes, de l’IEDOM ou encore de l’Insee, qui mettent en avant les problématiques financières, d’organisation et d’ingénierie.

C’est ce qui constitue le premier axe de notre programme : trouver des équipes capables de mettre en place ce type d’actions.

Quand on se fie à la Cour des comptes, on voit que la mairie de Mamoudzou dispose de moyens financiers non négligeables.

L’observatoire de la Cour des comptes entre 2018 et 2023 a montré une augmentation importante de la Dotation globale de fonctionnement, qui représente une grande partie des recettes de la mairie. Il y a également l’octroi de mer qui permet de collecter des recettes non négligeables.

Tout cela constitue des leviers financiers qui pourraient permettre la réalisation de projets, sauf que ce sont des points très peu connus de la population et qui ne sont pas maîtrisés par la majorité actuelle de la commune. »

4 – Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

« La première chose sera la réduction des taxes foncières et la réduction des tarifs de collation des administrés.

À mon sens, notamment après les événements comme le cyclone Chido, ces tarifs sont élevés et ne permettent pas de redonner du pouvoir d’achat à la population. Ces mesures pourraient être mises en place dans les trois premiers mois.

Ensuite, nous allons nous appuyer sur les données existantes, notamment les rapports de l’Insee sur la population. L’objectif est de voir concrètement, par rapport à la population de Mamoudzou, quelles sont les infrastructures nécessaires.

Par exemple, aujourd’hui, on ne connaît pas réellement le nombre d’enfants de 3 à 10 ans sur Mamoudzou. Une fois que nous aurons cette information, nous pourrons identifier les besoins en écoles à construire et travailler en parallèle sur la maîtrise foncière.

Une grande partie du foncier de Mamoudzou appartient à l’État et au Conseil départemental. Dès que les besoins seront identifiés, nous irons voir les services de l’État et du département pour mobiliser du foncier et réaliser les écoles nécessaires. »

D’autres candidats sont également en lice dans la commune : Christophe Soimihi Youssouffa (LDIV) avec la liste Mamoudzou mérite mieux, Munia Dinouraini (LDIV) avec la liste Résilience, Farianti M’Dallah (LDIV) avec la liste L’Espérance et Nassurdine Said Ali (LDIV) avec la liste Mamoudzou Nouvel Élan</em

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Piste de l’aéroport de Pamandzi : Saïd Omar Oili demande des éclaircissements sur le coût et la durée des travaux

Piste de l'aéroport de Pamandzi : Saïd Omar Oili demande des éclaircissements sur le coût et la durée des travaux

Une clarification indispensable et rapide est demandée sur le calendrier réel du projet de rallongement de la piste de l’aéroport de Pamandzi. Le sénateur Saïd Omar Oili demande au ministre des Transports, Philippe Tabarot, de réactualiser le coût de ce projet et de préciser les solutions prévues pour assurer la continuité de la desserte aérienne à compter de 2035. Il souhaite également rencontrer le ministre afin d’aborder directement avec lui ce sujet d’une importance capitale pour l’île.

Saïd Omar Oili a échangé avec le ministre des Transports, Philippe Tabarot, à propos de la piste longue de Bouyouni et de la piste courte de Pamandzi. Leurs courriers réciproques font suite à l’audition du ministre, la semaine dernière à Paris, par une commission sénatoriale. Estimant ne pas avoir eu suffisamment de temps pour se faire entendre, le parlementaire mahorais a opté pour l’envoi d’une missive à son interlocuteur.

Dans cette lettre datée du mardi 3 mars 2026, le sénateur Saïd Omar Oili demande une clarification sur les coûts et le calendrier des travaux de rallongement de la piste de l’aéroport actuel. Il se réfère à l’article 2 de la loi du 11 août 2025 qui prévoit une enveloppe de 1,2 milliard d’euros pour « la réalisation d’une piste à Bouyouni » et s’interroge sur le manque de cohérence et de sincérité de la programmation financière du projet.

« L’analyse des services de la Commission des finances du Sénat met en lumière un décalage significatif entre les montants inscrits dans la loi et ceux programmés par l’exécutif. Elle soulève également des doutes sur la pertinence du chiffrage actuel », souligne Saïd Omar Oili.

Il explique au ministre des Transports qu’à ses yeux, le choix d’une piste longue à Bouyouni reposait sur une « approche fondée sur des coûts maîtrisés », l’option d’une piste convergente sur Petite-Terre ayant été estimée à 7 milliards d’euros. En conséquence, il demande une actualisation indispensable du coût global du projet à ce jour.

Autre incohérence soulevée par le parlementaire dans son courrier : les études de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) font état d’une indisponibilité de la piste de Pamandzi plusieurs semaines par an, à l’horizon 2035, en raison de la montée des eaux. Il observe également que la livraison d’une nouvelle piste ne pourrait intervenir avant 2036.

Il ajoute : « À ces contraintes s’ajoutent les risques de retards liés à l’absence de schéma d’aménagement régional, aux procédures d’expropriation de terrains agricoles et aux recours juridiques concernant une zone stratégique pour les ressources en eau de Mayotte. »

Face à ces éléments, le sénateur Saïd Omar Oili demande au ministre des Transports, Philippe Tabarot, une clarification rapide et indispensable sur le coût réel et le calendrier du projet de rallongement de la piste de l’aéroport de Pamandzi. Il souhaite que ce coût soit réactualisé et accompagné de solutions permettant d’assurer la continuité de la desserte aérienne à partir de 2035.

Il a par ailleurs sollicité une rencontre avec le ministre des Transports afin d’aborder directement avec lui ce dossier d’une importance capitale pour l’île.

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Défense nationale : fête régimentaire du 5ème Régiment Étranger à Dzaoudzi

Défense nationale : fête régimentaire du 5eme Régiment Étranger à Dzaoudzi

Une page importante de l’histoire militaire de Mayotte s’est tournée mardi soir, 3 mars 2026, sur le rocher de Dzaoudzi. Connue durant près d’un demi-siècle sous l’appellation de Détachement de la Légion étrangère de Mayotte (DLEM), la principale caserne des forces armées stationnées sur le territoire change désormais officiellement de nom. Elle porte à présent celui de 5ᵉ Régiment étranger (5ᵉ RE), une dénomination que les autorités militaires invitent désormais la population et les partenaires institutionnels à adopter. Ce changement marque une nouvelle étape dans l’évolution de la présence de la Légion étrangère à Mayotte et symbolise le renforcement du rôle stratégique du régiment dans la zone sud-ouest de l’océan Indien.

Mardi 3 mars 2026, le 5ᵉ Régiment étranger a célébré sa fête régimentaire de Tuyen Quang sur la place d’armes du quartier Cabaribère, à Dzaoudzi. Cette cérémonie annuelle rend hommage à la défense héroïque menée par les légionnaires lors de la bataille de Tuyen Quang, en 1885, au Tonkin, durant laquelle une poignée de soldats résista pendant plusieurs semaines à des forces largement supérieures. Au-delà du souvenir de cet épisode marquant de l’histoire de la Légion étrangère, cette célébration constitue également un moment de recueillement et de reconnaissance envers tous ces hommes venus des quatre coins du monde qui ont choisi de servir sous le képi blanc.

La cérémonie militaire s’est déroulée sous la présidence du général de division (GDI) Valéry Putz, en présence de nombreuses autorités civiles et militaires, parmi lesquelles le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville. Dans un moment particulièrement solennel, le capitaine Xavier a lu le récit historique de la bataille de Tuyen Quang, retraçant le courage et la détermination des légionnaires engagés dans ce combat devenu légendaire. Ce moment de mémoire a suscité une vive émotion parmi les militaires présents, mais également parmi les invités venus assister à l’événement.

La cérémonie s’est poursuivie par la remise de décorations. Six récipiendaires ont ainsi été distingués par le général Valéry Putz, accompagné du colonel Renaud Voyer, chef de corps du 5ᵉ Régiment étranger et commandant militaire de Mayotte. Cette remise d’insignes a permis de mettre à l’honneur l’engagement exemplaire de plusieurs personnels du régiment. Elle a également été l’occasion de saluer le dévouement des officiers de réserve, des civils de la défense et des légionnaires, hommes et femmes, qui contribuent quotidiennement au fonctionnement et au rayonnement du régiment.

La prise d’armes s’est achevée par un défilé militaire particulièrement applaudi par les nombreux invités présents. Parmi eux figuraient notamment le préfet de Mayotte François-Xavier Bieuville, le colonel Soubra, chef de corps du RSMA, ainsi que le capitaine de frégate Kauffmann, commandant — ou « pacha » — de la base navale de Mayotte. Les familles des légionnaires et de nombreux partenaires institutionnels avaient également fait le déplacement pour partager ce moment de tradition et de cohésion.

Comme le veut la tradition de la Légion étrangère, les célèbres pionniers ont ouvert le défilé. Ces légionnaires-bâtisseurs, reconnaissables à leur tablier de sapeur, leur barbe et leur hache portée sur l’épaule, incarnent l’héritage et les traditions du corps. Ils ont défilé en tête du cortège, précédant le colonel Renaud Voyer et son commandant en second, le lieutenant-colonel Régis. Derrière eux ont ensuite marché les différentes unités du régiment, notamment la compagnie de commandement et de logistique ainsi que la 1ʳᵉ compagnie, qui constituent aujourd’hui les principales forces opérationnelles du 5ᵉ RE à Mayotte.

Vibrante, solennelle et empreinte de tradition, cette cérémonie aura marqué les esprits et rappelé l’importance du rôle joué par la Légion étrangère dans la protection du territoire et la stabilité régionale. Elle témoigne également de la continuité d’un héritage militaire vieux de près de deux siècles, toujours porté par l’engagement de femmes et d’hommes venus du monde entier.

Le prochain rendez-vous est d’ores et déjà fixé : la cérémonie militaire de Camerone se tiendra le 30 avril à 9h30, devant la mairie de Dzaoudzi. Elle sera suivie des portes ouvertes du régiment, organisées les 1er et 2 mai sur le Rocher, permettant au grand public de découvrir les missions, les traditions et les équipements du 5ᵉ Régiment étranger.

Comme le rappelle avec fierté la devise du régiment : « Legio Patria Nostra » et « Legio Ultra Maria » — la Légion, notre patrie, au-delà des mers.

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Victoire des acteurs publics : la délégation de Mayotte à Paris parmi les lauréats

Victoire des acteurs publics : la délégation de Mayotte à Paris parmi les lauréats

Dans un contexte où de nombreux territoires ultramarins cherchent à retenir leurs compétences et à renforcer leurs capacités locales, Mayotte tente une approche originale. À Paris, la délégation du département a mis en place un dispositif destiné à reconnecter les diplômés mahorais formés en métropole avec les opportunités professionnelles de leur territoire d’origine. Une initiative qui vient d’être remarquée au niveau national, puisqu’elle figure parmi les projets sélectionnés pour les Victoires des acteurs publics, un concours qui met en lumière les initiatives les plus innovantes portées par les administrations françaises.

Organisée depuis 2008 par le média spécialisé Acteurs publics, cette compétition distingue chaque année des projets issus des trois fonctions publiques – d’État, hospitalière et territoriale – qui contribuent à moderniser l’action publique et à répondre aux défis contemporains. Parmi les douze projets retenus cette année, la Délégation de Mayotte à Paris se démarque dans la catégorie Innovation grâce à une stratégie pensée pour répondre à un problème récurrent : la fuite des talents mahorais vers l’Hexagone.

Une réponse concrète à la fuite des compétences

Chaque année, de nombreux jeunes originaires de Mayotte quittent l’archipel pour poursuivre leurs études supérieures en métropole. Mais une fois diplômés, beaucoup choisissent d’y rester, attirés par un marché du travail plus vaste et des perspectives professionnelles souvent plus nombreuses. Ce phénomène prive progressivement le territoire de compétences pourtant essentielles à son développement.

Pour inverser cette tendance, la délégation du territoire à Paris a imaginé un dispositif simple mais efficace : mettre directement en relation les diplômés mahorais avec les entreprises et institutions qui recrutent à Mayotte. L’objectif est de créer un véritable pont entre la formation acquise en métropole et les besoins économiques du territoire.

Au cœur de ce dispositif figure notamment l’organisation d’un forum de l’emploi à Paris. Cet événement permet aux jeunes diplômés de rencontrer des employeurs mahorais venus spécialement pour présenter leurs offres et échanger avec de potentiels candidats. Au-delà du simple recrutement, l’initiative vise aussi à sensibiliser ces jeunes à l’importance de leur rôle dans le développement du territoire.

Renforcer les capacités locales

L’enjeu dépasse largement la question de l’emploi individuel. Mayotte fait face à d’importants défis en matière de développement économique et d’aménagement du territoire. Les besoins en ingénierie, en encadrement et en main-d’œuvre spécialisée sont particulièrement élevés.

La situation est d’autant plus cruciale que le territoire doit régulièrement faire face à des catastrophes naturelles, notamment des cyclones, qui nécessitent des compétences techniques et administratives pour reconstruire et moderniser les infrastructures. En facilitant le retour de diplômés qualifiés, l’initiative contribue ainsi à renforcer les capacités locales et à structurer un vivier de talents capables de participer à la transformation du territoire.

Une compétition nationale relevée

Pour cette édition des Victoires des acteurs publics, la délégation de Mayotte se retrouve en compétition avec d’autres projets innovants portés par des institutions publiques françaises. Parmi eux figure notamment la plateforme numérique Relocalisons.bzh, développée par le Conseil régional de Bretagne afin d’accompagner les entreprises dans leurs projets de relocalisation économique.

Autre initiative concurrente : le programme « entreprendre à l’école », porté par le Rectorat de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui vise à encourager l’esprit entrepreneurial chez les élèves.

La diversité des projets en lice témoigne de l’ampleur des transformations à l’œuvre dans l’action publique, où l’innovation devient un levier essentiel pour répondre aux enjeux sociaux, économiques et territoriaux.

Verdict attendu au printemps

Les lauréats de cette édition seront révélés le 15 avril prochain lors d’une cérémonie organisée à l’Hôtel de Lassay, résidence officielle de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.

Quelle que soit l’issue du concours, la sélection du projet mahorais constitue déjà une reconnaissance nationale pour cette initiative qui place la mobilisation des talents au cœur de la stratégie de développement du territoire. En misant sur ses jeunes diplômés et en cherchant à renforcer les liens entre la diaspora étudiante et l’économie locale, Mayotte tente ainsi de transformer un défi démographique en véritable opportunité pour son avenir.

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Comores : les bidons interdits dans les stations-service pour limiter la panique

Comores : les bidons interdits dans les stations-service pour limiter la panique

En depit des déclarations rassurantes faites par le gouvernement et la société comorienne en charge de la distribution des produits énergétiques, le pays fait toujours face à un branle-bas, obligeant le parquet de la République de Moroni à demander aux forces de l’ordre d’intervenir pour faire respecter sa réquisition. 

Effet boomerang. C’est de cette façon que beaucoup  qualifient la sortie médiatique du gouvernement comorien, après sa conférence de presse tenue en début de semaine. Le 2 mars, le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, fils aîné du président et 4 ministres, dont celui de l’Energie, avaient convié les médias pour informer la population que les produits pétroliers étaient disponibles. A travers cette déclaration, les autorités voulaient rassurer les Comoriens, à l’heure où de nombreux pays craignent une rupture des chaines d’approvisionnement de carburant, à cause de la guerre qui sévit au Moyen-Orient, après les attaques menées en Iran par les Etats-Unis et Israël.

Mais, trois jours plus tard, les messages du pouvoir, ont produit l’effet inverse. Dès le lendemain, on constate une ruée vers les stations-service, qu’elles soient dans la capitale, ou en dehors de Moroni. Depuis mardi, s’approvisionner en carburant relève du travail de combattant. Au fil des jours, les files d’attente s’allongent sur plusieurs  mètres, aussi bien à Anjouan, qu’à Moheli.  » On avait ramené un bidon de 5 litres pour la moto d’un collègue. Avant le pompiste se concentrait sur le ravitaillement des bidons, puis il alternait avec les véhicules. Mais à un moment, il ne respectait plus le rythme. La foule était en colère et il a fini par baisser les rideaux. J’ai dû me rendre à la station Bonzami au sud de Moroni, vers midi. Je suis resté jusqu’à 14h, le temps que le carburant soit rationné. Au bout de deux heures, j’ai rempli ma moto et je suis rentré chez moi« , a raconté, Irchad.

4h du matin

Sur les réseaux sociaux, les images des files interminables dans les stations-service tournaient en boucle jusqu’à ce jeudi. Certains, usagers, ont décidé d’éviter la capitale, où la situation devenait insoutenable. Badrou, est de ceux-là.  » Je suis là depuis 4h du matin. J’ai accompli la prière de l’aube ici, à Moindzaza Djoumbe dans l’espoir de pouvoir acheter  quelques litres. Le camion est déjà à l’intérieur. Nous attendons le début du ravitaillement et donc de la vente« , a-t-il confié, hier, vers 11h du matin. A cette-heure-là, la voiture de Badrou occupait la 26ème place sur le parking .  » J’ai fait le choix de venir ici car si je ne trouve pas du carburant, le peu qui me reste dans le réservoir me suffira pour rentrer chez moi« , a-t-il ajouté. Cette pagaille a été à l’origine de la réquisition signée par la toute nouvelle procureure de la République au niveau de Moroni.  » Vu les impératifs d’ordre public, de sécurité publique et de prévention des infractions, considérant les risques d’incendie, d’explosion et de trouble à l’ordre public, liés au transport et à la conservation non-sécurisé. Il est formellement interdit à toutes les stations-service situées dans le ressort du tribunal de première instance, de procéder à la vente de carburant en bidon ou dans toute autre récipient mobile sauf autorisation expresse délivrée la société comorienne des hydrocarbures« , a écrit, la procureure, Saidatte Fatuma Said Boina, dans sa réquisition, datée du 4 mars. La magistrate a prévenu, que tout contrevenant s’exposerait à des poursuites judiciaires et a ordonné dans le même temps, aux forces de l’ordre de veiller sur le respect strict de la mesure.

Stockage de 3 mois

De son côté, la société comorienne des hydrocarbures (Sch), principal fournisseur national des produits pétroliers a dans une vidéo, publiée sur sa page Facebook, ce mercredi, appelé à la retenue en invitant la population à se ravitailler au rythme habituel et à éviter le stockage à domicile.  » Il n’y a pas lieu de déclarer une pénurie. Ça fait presque deux semaines que nous avons réceptionné notre cargaison. Celle-ci, couvre une période de 3 mois maximum, un stock qui est suffisant pour alimenter les îles et nous attendons une nouvelle cargaison, d’ici la fin du mois de mars « , a déclaré, à Flash Infos, le conseiller chargé des affaires publiques de la Sch, Soudjay Kifia. Selon ce dernier, la société comorienne des hydrocarbures, commande jusqu’à 17 000 tonnes de produits pétroliers durant la haute saison, comme pendant l’été, qui coïncide avec la période des mariages ou encore à l’approche du ramadan. D’ailleurs moins de deux semaines avant le début du ramadan, la Sch avait tenu une conférence de presse pour annoncer la disponibilité des produits énergétiques.  Le ministre de l’Energie, Aboubacar Said Anli, et son collègue de l’économie, ont à leur tour martelé, le 2 mars, que pour l’heure, malgré le déclanchement de la guerre, aucune pénurie, pas même en produits de première nécessité ne menaçait le pays. Mais, ces appels ne rassurent toujours pas.  » Aujourd’hui il y a énormément de files d’attente après la rationnement des stations. Chacun a ramené son bidon de 20 litres. Même chez les détaillants, le litre est introuvable« , a rapporté un habitant de Mutsamudu, à Anjouan. Dépourvue d’un point de dépôt de carburant, contrairement aux autres îles, Moheli vit encore plus mal cette « crise » qui persiste.  » On a commencé le ramadan avec des pénuries. La distribution dans les stations se fait au compte-goutte. Actuellement, les motards n’ont droit qu’à 4 litres maximum, pendant que les automobiles recevaient entre 10 et 15 litres« , a confié, un habitant de Fomboni.

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Construction à Mayotte les prix se stabilisent en 2025

Construction à Mayotte les prix se stabilisent en 2025

À Mayotte, les prix de la construction poursuivent leur stabilisation en 2025, selon l’IEDOM (Institut d’Émission des Départements d’Outre-Mer), qui publie chaque mois les indices BTM 01 (bâtiment) et TPM 01 (travaux publics) à partir des données de la Fédération mahoraise du bâtiment et des travaux publics (FMBTP).

L’indice du bâtiment BTM 01, utilisé pour réviser les prix des chantiers de construction et de rénovation, atteint 193 au 31 décembre 2025. Après des hausses fortes en 2022 (+6 à +7 % sur un an) et un pic en 2023 (jusqu’à +10 %), la progression ralentit nettement : en 2025, l’augmentation annuelle est très modérée, autour de +1 %, avec des variations trimestrielles quasi nulles.

Les travaux publics suivent la même tendance. L’indice TPM 01, référence pour les marchés d’infrastructures, s’établit à 194,7 fin 2025. Après des hausses exceptionnelles en 2022 et un maintien élevé en 2023, la dynamique se calme : les évolutions annuelles en 2025 varient entre légère baisse et petite hausse, traduisant une quasi-stagnation des coûts.

Cette accalmie met fin au cycle inflationniste lié à la hausse des matières premières et aux difficultés d’approvisionnement post-crise sanitaire. Les prix restent élevés, mais leur évolution redevient plus prévisible pour les entreprises et maîtres d’ouvrage.

L’ADIM lance un appel à manifestation d’intérêt pour financer des thèses à Mayotte

L’ADIM lance un appel à manifestation d’intérêt pour financer des thèses à Mayotte
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Dans le cadre du programme France 2030 décliné à Mayotte, l’ADIM annonce le lancement d’un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) pour soutenir des projets de thèse ancrés sur le territoire. L’initiative s’adresse aux entreprises prêtes à accueillir des doctorants (terrain, données, encadrement) ainsi qu’aux étudiants de niveau M2 ou jeunes diplômés souhaitant engager un doctorat.

Les recherches porteront notamment sur les transports et mobilités, l’économie bleue, l’aéronautique, le numérique, l’énergie, l’environnement et l’agroalimentaire-PAPAM. Les thèses seront financées à 100 %, dans la limite de 200 000 euros sur trois ans, avec un cofinancement du Conseil départemental de Mayotte et de la Banque des Territoires. Les candidatures sont attendues avant le 6 avril 2026.

Bandrélé modifie la localisation et la dénomination de ses bureaux de vote dans le cadre des élections

Bandrélé modifie la localisation et la dénomination de ses bureaux de vote dans le cadre des élections

Dans un communiqué de presse diffusé par la mairie de Bandrélé, le maire Ali Moussa Moussa Ben informe les électeurs de la commune de modifications apportées aux bureaux de vote de la ville, dans le cadre des élections à venir. Par délibération n°41/2024 en date du 14 août 2024, la dénomination ainsi que la localisation des cinq bureaux de vote de la ville de Bandrélé ont été modifiées. Le communiqué précise que le bureau n°009 demeure le bureau centralisateur de la commune. Les dénominations et localisations des autres bureaux de vote de la commune restent inchangées. Pour toute information complémentaire, la presse peut contacter Ahmed-Abdou Aboul-Anzize à l’adresse cabinet@bandrele.yt ou au 06 39 40 04 19.

Accident mortel à Malamani : le propriétaire de la camionnette reconnaît les faits

Accident mortel à Malamani : le propriétaire de la camionnette reconnaît les faits

À la suite de l’accident mortel survenu à Malamani, le propriétaire de la camionnette a reconnu les faits lors de sa garde à vue, selon le procureur de la République, Guillaume Dupont. Il s’était présenté de lui-même à la gendarmerie mardi matin pour signaler le vol de son véhicule, avant d’admettre son implication dans l’accident. Placée en garde à vue dans le cadre de l’enquête, la personne doit être déférée ce jeudi matin devant le parquet.

Les circonstances précises du drame restent à éclaircir. L’enquête se poursuit afin de déterminer les responsabilités dans cet accident qui a coûté la vie à une personne. Elle porte sur une infraction d’homicide routier aggravée par deux circonstances : le délit de fuite et la non-assistance à personne en danger.

Municipales 2026 : de faux sondages circulent sur Facebook

Municipales 2026 : de faux sondages circulent sur Facebook

La Commission des sondages, chargée de contrôler les enquêtes d’opinion électorales en France, dénonce la diffusion de faux sondages sur Facebook concernant les élections municipales dans les communes de Chiconi et Koungou.

Elle indique avoir été alertée de la publication sur les réseaux sociaux « d’informations présentées comme les résultats d’un sondage sur les intentions de vote aux municipales » dans ces deux communes. Or, précise-t-elle, ces estimations « n’ont pas été réalisées par un organisme déclaré auprès d’elle et n’ont fait l’objet d’aucun dépôt de notice comme l’exige la loi ». Elles « ne sont en aucune manière les résultats d’un sondage au sens de l’article 1er de la loi du 19 juillet 1977 ».

La commission souligne également que ces enquêtes ont été réalisées « sans les garanties de représentativité et de méthode qui sont exigées d’un sondage lié au débat électoral ». Les contenus ont été signalés à la plateforme.

Elle appelle enfin à la vigilance, estimant qu’il ne faut « pas donner aux résultats la valeur d’un sondage qui indiquerait l’opinion des habitants et habitantes de ces communes », fondé sur l’interrogation d’un échantillon représentatif.

Conflit au Moyen-Orient : Mayotte face au risque d’isolement économique

Conflit au Moyen-Orient : Mayotte face au risque d'isolement économique

Dépendante des importations et de l’énergie thermique, Mayotte pourrait subir de plein fouet les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient. Hausse du prix du pétrole, tensions sur les routes maritimes, spéculation : l’ampleur de l’impact dépendra surtout de la durée de la crise. Analyse avec Philippe Jean-Pierre, expert en prospective territoriale, Innovation et en stratégie de développement des territoires.

À des milliers de kilomètres des zones de combat, Mayotte pourrait pourtant ressentir rapidement les secousses du conflit au Moyen-Orient. « Plus un territoire est petit et dépendant de l’extérieur, plus il subit les chocs internationaux », résume Philippe Jean-Pierre, économiste basé à La Réunion. L’île repose en grande partie sur une production d’électricité issue de centrales thermiques alimentées par des hydrocarbures importés. Une flambée du prix du baril de pétrole se traduirait donc mécaniquement par une augmentation des coûts de production, de transport et, in fine, des prix à la consommation.

Dans une économie fortement dépendante des importations, notamment pour les biens de première nécessité, la hausse des coûts logistiques pourrait rapidement se répercuter sur le panier des ménages. « C’est dans ces moments-là que l’on mesure notre vulnérabilité », souligne-t-il.

De la crise ponctuelle au choc durable

Selon lui, tout dépendra de la durée du conflit. « Si l’on passe d’une crise ponctuelle à un choc qui s’installe dans le temps, les effets seront bien plus profonds. » À court terme, les conséquences pourraient être limitées ou quasi nulles. Mais si le conflit devait durer plusieurs mois, les prochains cycles de production intégreraient déjà la hausse des coûts de l’énergie et du gaz dans leurs prix de vente, car au-delà des hausses immédiates du carburant, c’est l’ensemble de la chaîne de production qui pourrait être affectée. Autre risque : celui des comportements spéculatifs. Face à l’incertitude, certains acteurs économiques pourraient être tentés d’anticiper les hausses et d’augmenter leurs tarifs. « Les logiques spéculatives apparaissent très vite dans ce type de contexte », prévient-il.

Des routes maritimes sous tension

Les inquiétudes concernent également les voies de navigation stratégique, notamment autour du canal de Suez. En cas de perturbations prolongées, les navires pourraient être contraints de contourner la zone en passant par le cap de Bonne-Espérance, allongeant les délais et renchérissant les coûts de transport. Pour Mayotte, île éloignée des grands hubs commerciaux, la situation est particulièrement sensible. « Être une île est un inconvénient : les bateaux ne nous priorisent pas. » Toutefois, un scénario alternatif pourrait émerger. Si les routes commerciales évoluent durablement, l’Océan Indien pourrait retrouver une position plus centrale dans les échanges mondiaux. Mayotte pourrait alors diversifier ses partenaires et se tourner davantage vers l’Afrique australe plutôt que vers Dubaï. « Cette partie du monde est aujourd’hui en clignotant orange. Il faut peut-être envisager de nouveaux importateurs », estime-t-il. Selon le rapport de l’IEDOM basé sur l’année 2024, les importations en provenance du Proche et Moyen‑Orient représentent 9,6 % du total des importations de Mayotte contre 4 % provenant de l’Océan Indien avec La Réunion, l’Afrique du Sud et Maurice en tête. La Chine, elle, consolide sa position de troisième pays exportateur sur l’île (5,4 % du total). Les importations provenant de l’Afrique (hors Océan Indien) demeurent très faibles et ne représentent que 1,6 % du total des importations sur l’île.

L’enjeu de la résilience

À ce stade, il reste trop tôt pour établir des prévisions définitives. Les incertitudes géopolitiques demeurent fortes. Les actions militaires et les menaces sur la navigation créent un climat d’insécurité qui peut également influencer les assureurs maritimes, avec des répercussions indirectes sur les coûts des marchandises.

Si l’État pourrait être amené à jouer un rôle d’amortisseur, ses marges de manoeuvre budgétaires restent contraintes. « On peut attendre un soutien public, mais à quel prix en termes d’endettement ? Il faudra surtout apprendre à renforcer notre résilience. » Dans un contexte mondial instable, Mayotte se retrouve ainsi confrontée à une réalité structurelle : sa dépendance énergétique et commerciale demeure son principal talon d’Achille.

Quelles solutions ?

Selon l’ADEME, dans son rapport spécifique sur l’autonomie énergétique en Zones Non Interconnectées (ZNI) à horizon 2050, « pour réduire sa vulnérabilité, Mayotte pourrait exploiter davantage ses ressources locales d’énergie renouvelable, notamment le solaire, la biomasse et la géothermie ». Un mix énergétique diversifié permettrait de diminuer la dépendance aux importations et de stabiliser les coûts, même en cas de hausse du pétrole sur les marchés internationaux.

Développer des capacités de stockage et un réseau adapté pour assurer une alimentation en énergie stable même en cas de forte variabilité de production est possible « en améliorant l’efficacité des bâtiments et en adoptant des pratiques de sobriété, Mayotte pourrait réduire sa consommation globale et rendre son système électrique plus résilient aux chocs extérieurs. » Pour atteindre cet objectif, des investissements importants sont toutefois cruciaux. L’ADEME estime un budget de 800 millions d’euros jusqu’en 2050 pour que Mayotte concentre un niveau suffisant d’autonomie pour résister aux crises mondiales. Un coût colossal qui pourrait, selon l’étude, être compensé à long terme par la réduction des coûts d’importation de combustibles fossiles.

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Menaces hybrides : quand l’influenceuse de Vladimir Poutine en Afrique s’adresse aux Mahorais

Menaces hybrides : quand l’influenceuse de Vladimir Poutine en Afrique s’adresse aux Mahorais
© Lemonde.fr

Nathalie Yamb, souvent présentée comme un relais des positions du Kremlin sur le continent africain, a récemment ciblé la population mahoraise. Tantôt mielleuse, tantôt virulente, parfois condescendante, elle a investi les réseaux sociaux pour diffuser un discours appelant à une recomposition politique des Comores et de Mayotte. Dans sa ligne de mire : la France et ses intérêts stratégiques à Mayotte, notamment au sein de sa zone économique exclusive. Les Mahorais n’ont qu’à bien se tenir : leur devise, « Rahachiri », prend désormais une résonance particulière.

Son hostilité envers la France et ses intérêts en Afrique — et plus largement dans le monde — est constante. Nathalie Yamb vient ainsi de jeter son dévolu sur Mayotte et ses habitants. Dans un podcast circulant actuellement sur Facebook, elle affirme sans détour que les jeunes des Comores et de Mayotte n’auraient, selon elle, « rien compris à l’histoire » et devraient s’unir pour mettre un terme à l’« hégémonie française » dans l’archipel et « bouter la France hors de Mayotte ».

Lorsque l’on évoque les menaces hybrides — notamment celles que la Russie pourrait instrumentaliser contre la France via Mayotte — certains tendent à en minimiser la portée, sous-estimant l’importance stratégique du 101e département dans les équilibres géopolitiques mondiaux. Les rares acteurs locaux qui osent aborder ce sujet sont parfois qualifiés d’affabulateurs. Pourtant, au-delà des limites du lagon, la réalité apparaît plus complexe.

Les spécialistes des questions stratégiques alertent régulièrement sur les risques de déstabilisation régionale et sur la vulnérabilité que pourrait représenter Mayotte pour la préservation des intérêts français. Les déclarations récentes de diplomates russes accrédités auprès des autorités comoriennes — notamment dans la presse locale — évoquant l’accès de la jeunesse comorienne aux nouvelles technologies, interrogent. Certains y voient la volonté de développer des compétences numériques avancées susceptibles d’être mobilisées dans des stratégies d’influence ou de cyberaction.

Dans son intervention, Nathalie Yamb affirme avoir établi depuis plusieurs années des contacts avec des membres de la diaspora comorienne en métropole et à l’étranger.

S’adressant directement aux Mahorais, elle déclare :
« Je veux m’adresser au peuple mahorais qui semble être victime du syndrome de Stockholm. Ne voyez-vous pas que vous êtes la cinquième roue du carrosse ? Cela fait des décennies que vous voulez être Français, mais que la France vous méprise… »

Elle soutient que la France conserverait Mayotte principalement pour des raisons géopolitiques et pour l’accès aux ressources maritimes de la zone économique exclusive, tout en négligeant, selon elle, la situation sociale des habitants.

Dans son propos, elle évoque également les indicateurs socio-économiques du territoire, citant des données attribuées à l’INSEE pour souligner le niveau de pauvreté et les écarts de développement avec la métropole et d’autres territoires ultramarins.

Elle appelle les Mahorais à « s’unir » avec leurs « frères comoriens » et critique vivement les dirigeants locaux, qu’elle accuse d’inaction ou de compromission. Elle indique par ailleurs avoir animé, en 2020 à Paris, une conférence à la demande de membres de la diaspora comorienne.

Préserver la jeunesse mahoraise face aux tentatives d’influence

Dans son message, Nathalie Yamb exhorte les populations des différentes îles des Comores à se détourner des partis politiques qu’elle juge inféodés à des intérêts extérieurs, et à construire un projet de société souverain fondé sur des réformes foncières, agricoles et maritimes. Son intervention se conclut sur un appel à l’unité et à la prise de pouvoir par les populations locales.

Au-delà de la mise en scène – sur fond d’hymne national comorien — ce podcast pose la question de l’influence informationnelle et des stratégies d’ingérence indirecte dans des territoires à forte sensibilité géopolitique.

Pour certains observateurs, il s’agit d’un signal d’alerte : les opérations d’influence contemporaines passent par les réseaux sociaux, les diasporas et la mobilisation des frustrations sociales. Elles ciblent en priorité la jeunesse, considérée comme un levier stratégique.

Dans un contexte local déjà marqué par des tensions sociales et des problématiques d’insécurité, la question se pose : comment interpréter ce type de discours et y répondre de manière adaptée ? Comment prémunir la jeunesse mahoraise contre les tentatives de manipulation et de récupération politique ?

Les exemples récents de pays africains où l’influence russe s’est accrue ces dernières années — notamment dans la région du Sahel ou en République centrafricaine — montrent que les recompositions géopolitiques s’accompagnent souvent d’instabilités durables.

Face à ces enjeux, il appartient aux responsables politiques, aux acteurs institutionnels et à la société civile de mesurer la portée de ces discours et de renforcer les outils de résilience démocratique, d’éducation aux médias et de cohésion sociale.

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Municipales à M’Tsangamouji : paroles de candidats et visions pour la commune

Municipales à M’Tsangamouji : paroles de candidats et visions pour la commune
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La commune de M’Tsangamouji, située au nord-ouest de Mayotte, s’organise autour de trois villages principaux : M’Tsangamouji, M’Liha et Chembenyoumba, qui structurent la vie quotidienne de ses habitants. Elle dispose d’un équipement de santé de proximité avec la pharmacie Manta, implantée rue Bacar Ridjali, jouant un rôle essentiel dans l’accès aux soins.

Le territoire est également valorisé par ses atouts naturels et patrimoniaux, notamment la cascade de Soulou et l’ancienne sucrerie du même site, classée monument historique, qui constituent un lieu de promenade apprécié et un repère fort du patrimoine local.

Ces dernières années, la commune a développé ses équipements sportifs et de loisirs, avec la création de city-stades et du gymnase de Chembenyoumba. Au 1er janvier 2024, sa population était estimée à un peu plus de 7 200 habitants, faisant de M’Tsangamouji une commune de taille moyenne à l’échelle du département, portée par une croissance démographique régulière.

Allaoui Zoubert

Liste : Alliance Solidaire

Flash-Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Allaoui Zoubert : J’habite à M’Tsangamouji. Je suis enseignant et j’ai été entraîneur de football dans la commune. Je suis marié, père de cinq enfants, et j’y vis avec ma famille. Je souhaite aider la commune de M’Tsangamouji. J’ai fait partie de l’équipe municipale actuelle, mais compte tenu de l’attitude du maire envers les administrés, la jeunesse et le personnel communal, j’ai créé « Nouvel Élan » en 2020. Ces élections m’ont permis d’élargir mon équipe à des personnes de différents horizons au nom de l’Alliance Solidaire.

F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

A.Z. : C’est la jeunesse oubliée. Durant cette mandature, nous avions des équipes de football bien classées. Aujourd’hui, M’Tsangamouji est descendue en R4, ce qui montre un désintérêt pour la jeunesse. Les acteurs locaux sont également oubliés dans l’attribution des marchés, avec une préférence donnée à des intervenants extérieurs. C’est cela qui ne fonctionne pas.

F.I. : Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

A.Z. : J’ai une équipe pluridisciplinaire composée d’enseignants, de commerçants et d’agriculteurs. Leurs compétences apporteront une vraie plus-value à la commune, notamment dans l’éducation et l’économie locale. Nous payons une taxe foncière assez élevée ; nous mènerons une politique visant à augmenter le nombre de propriétaires fonciers et à alléger cette charge. Nous serons transparents avec les acteurs locaux. Le tissu associatif est laissé à l’abandon, alors qu’il joue un rôle essentiel dans l’accompagnement de la jeunesse.

F.I. : Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

A.Z. : Permettre à tous les enfants en âge d’être scolarisés d’être inscrits à l’école. Mettre en place une maison de santé : malgré la présence d’une pharmacie, nos aînés doivent parcourir plusieurs kilomètres pour consulter un médecin. Enfin, travailler en étroite collaboration avec les agriculteurs. Le président de la CAPAM étant originaire de la commune, des actions concrètes pourraient être menées dans ce domaine.

Ousmane Ahamada Siaka

Liste : MDM-Tifaki (Entente)

Flash-Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Ousmane Ahamada Siaka : Je suis natif du village et conseiller municipal depuis 2014, dans l’opposition. Je suis attaché à la vie de la commune depuis mon engagement en politique. Je suis profondément démocrate et attaché aux valeurs démocratiques. J’aime ma commune et je souhaite la développer, comme certains l’ont déjà fait.

F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

O.A.S. : Il n’y a plus de cohésion sociale à M’Tsangamouji. Les habitants ne se parlent plus entre eux, et le dialogue entre les élus et la population est rompu. La municipalité actuelle a mis la population à l’écart. Cette fracture est visible au quotidien et même au sein de l’administration. Les agents municipaux ont perdu confiance dans la gestion de la mairie. Il s’agit d’une gouvernance autoritaire : le maire décide seul. Il a d’ailleurs perdu plusieurs conseillers pour cette raison, dont deux anciens adjoints aujourd’hui à mes côtés.

F.I. : Que pensez-vous pouvoir apporter ?

O.A.S. : J’incarne le renouveau attendu par la population que je m’engage à servir. Je veux restaurer le vivre-ensemble, accompagner les acteurs économiques et soutenir les associations. Aujourd’hui, aucun club n’évolue au niveau de l’excellence, alors qu’ils y étaient autrefois.

F.I. : Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

O.A.S. : La priorité sera la problématique de l’eau. À M’Tsangamouji, l’eau déborde des bassins et se perd dans la nature. Nous ne pouvons pas accepter d’être pénalisés alors que nous disposons de cette ressource. Ce n’est pas normal, et je m’engage à me battre sur ce sujet.

Saïd Maanrifa Ibrahima (LLR)

Liste : Ensemble Plus Loin Encore

Flash-Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Saïd Maanrifa Ibrahima : Ce qui me motive à me représenter, c’est l’amour que je porte à ma commune. J’ai envie d’apporter ma contribution au territoire, de rendre à M’Tsangamouji ce qu’elle m’a donné, et d’en faire une commune vivante et paisible pour sa population.

F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de M’Tsangamouji ?

S.M.I. : C’est de rester compétitifs à l’échelle de Mayotte. M’Tsangamouji mérite de prendre toute sa place et de rayonner dans l’océan Indien pour une population qui mérite mieux.

F.I. : Que pensez-vous pouvoir apporter ?

S.M.I. : En douze années d’exercice, mon équipe a démontré sa capacité à construire la ville, à créer des infrastructures sportives et à agir en faveur de la jeunesse. Nous avons développé les réseaux de voirie et de nouveaux services dans les établissements scolaires. Cela nous distingue de nos adversaires. Certains siègent depuis longtemps sans réelle implication, d’autres sont dans l’opposition sans accompagner la collectivité ni participer régulièrement aux conseils municipaux, ce qui interroge.

F.I. : Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

S.M.I. : Nous poursuivrons et finaliserons les projets en cours. Ils sont financés à hauteur de douze millions d’euros, avec des subventions confirmées après le passage de Chido. Les projets scolaires sont financés. Il reste la réhabilitation des bâtiments publics endommagés et le rehaussement du plateau sportif de Chembenyoumba. Nous portons également un projet d’équipement public de mille places, comprenant une salle numérique, une salle de cinéma et des espaces dédiés aux activités culturelles au sein de M’Tsangamouji.

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Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes