Le vendredi 20 février, le Jardin Maore Écolodge a marqué une étape importante pour la protection de la biodiversité à Mayotte en inaugurant officiellement le premier site mahorais certifié May’Refuge LPO. Une reconnaissance symbolique, fruit d’un partenariat étroit entre le GEPOMAY, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et le Jardin Maore, scellé par la signature officielle de la convention en présence de Monsieur Alain Bougrain-Dubourg, président national de la LPO.
Le Jardin Maore devient ainsi la vitrine locale d’un dispositif centenaire, le Refuge LPO, adapté au contexte mahorais sous l’appellation May’Refuge LPO. Cette démarche volontaire s’adresse aux collectivités, établissements publics, entreprises et particuliers souhaitant s’engager concrètement en faveur de la nature, en conciliant activités humaines et protection du vivant.
En intégrant le réseau May’Refuge LPO, le Jardin Maore s’engage à appliquer 15 gestes éco-citoyens, issus de la Charte Refuge LPO et adaptés aux spécificités locales.
Parmi eux : une construction sur pilotis, limitant l’emprise sur le sol vivant, l’interdiction de la chasse du tang sur le site toute l’année, la valorisation des déchets organiques par le compostage mais aussi la participation active aux
sciences participatives, en lien avec le Parc naturel marin, le CETA Maore ou encore le GEPOMAY.
Le Jardin Maore a fait le choix de créer un poste dédié à l’environnement et à la biodiversité. Ses missions couvrent aussi bien le suivi scientifique des tortues marines, mené en lien avec le CEDTM de La Réunion, que la gestion environnementale quotidienne : traitement des déchets, valorisation de l’eau de pluie, restauration de la biodiversité au sein de l’hôtel.
Des inventaires faune-flore ont déjà été réalisés avec le GEPOMAY et un sentier pédagogique, ouvert à tous les visiteurs, permet de sensibiliser le public. « L’idée est d’offrir aux clients une véritable expérience nature, tout en améliorant nos connaissances scientifiques », explique le chargé de mission environnementale et biodiversité du site.
Un engagement rendu possible grâce à la synergie des partenaires et au soutien financier du GAL Ouest Grand Sud.
Pour Émilien Dautrey, représentant du GEPOMAY, cette inauguration dépasse le simple cadre symbolique : « Nous n’affirmons pas seulement une convention, mais une conviction : la biodiversité mahoraise mérite d’être protégée partout, y compris dans les sites touristiques, urbains, publics et privés. »
Il rappelle que protéger ne signifie pas exclure : « Intégrer la nature dans le quotidien des Mahoraises et des Mahorais est essentiel. Le Jardin Maore démontre qu’il est possible de concilier activité économique, accueil du public et engagement fort pour la biodiversité. »
Très ému lors de la plantation symbolique d’un baobab sur le site, Alain Bougrain-Dubourg a salué une initiative fondatrice :
« Mayotte est un joyau de l’outre-mer, où se concentre 80 % de la biodiversité française. Ce jardin est le début d’une grande histoire. » Soulignant l’importance de la pédagogie, il a insisté sur la transmission aux plus jeunes : « Si l’on apprend à un enfant à s’émerveiller devant la plus modeste des créatures, il embrassera la biodiversité avec passion et curiosité. »
La journée inaugurale s’est conclue par une présentation grand public de la charte des 15 gestes May’Refuge LPO, ainsi que par la présentation de l’outil participatif Faune Mayotte, destiné à améliorer les connaissances naturalistes sur l’île.
Avec cette première labellisation, le Jardin Maore ouvre la voie à une nouvelle dynamique environnementale à Mayotte, où tourisme et protection de la nature avancent désormais main dans la main
sciences participatives, en lien avec le Parc naturel marin, le CETA Maore ou encore le GEPOMAY.
Le Jardin Maore a fait le choix de créer un poste dédié à l’environnement et à la biodiversité. Ses missions couvrent aussi bien le suivi scientifique des tortues marines, mené en lien avec le CEDTM de La Réunion, que la gestion environnementale quotidienne : traitement des déchets, valorisation de l’eau de pluie, restauration de la biodiversité au sein de l’hôtel.
Des inventaires faune-flore ont déjà été réalisés avec le GEPOMAY et un sentier pédagogique, ouvert à tous les visiteurs, permet de sensibiliser le public. « L’idée est d’offrir aux clients une véritable expérience nature, tout en améliorant nos connaissances scientifiques », explique le chargé de mission environnementale et biodiversité du site.
Un engagement rendu possible grâce à la synergie des partenaires et au soutien financier du GAL Ouest Grand Sud.
Pour Émilien Dautrey, représentant du GEPOMAY, cette inauguration dépasse le simple cadre symbolique : « Nous n’affirmons pas seulement une convention, mais une conviction : la biodiversité mahoraise mérite d’être protégée partout, y compris dans les sites touristiques, urbains, publics et privés. »
Il rappelle que protéger ne signifie pas exclure : « Intégrer la nature dans le quotidien des Mahoraises et des Mahorais est essentiel. Le Jardin Maore démontre qu’il est possible de concilier activité économique, accueil du public et engagement fort pour la biodiversité. »
Très ému lors de la plantation symbolique d’un baobab sur le site, Alain Bougrain-Dubourg a salué une initiative fondatrice :
« Mayotte est un joyau de l’outre-mer, où se concentre 80 % de la biodiversité française. Ce jardin est le début d’une grande histoire. » Soulignant l’importance de la pédagogie, il a insisté sur la transmission aux plus jeunes : « Si l’on apprend à un enfant à s’émerveiller devant la plus modeste des créatures, il embrassera la biodiversité avec passion et curiosité. »
La journée inaugurale s’est conclue par une présentation grand public de la charte des 15 gestes May’Refuge LPO, ainsi que par la présentation de l’outil participatif Faune Mayotte, destiné à améliorer les connaissances naturalistes sur l’île.
Avec cette première labellisation, le Jardin Maore ouvre la voie à une nouvelle dynamique environnementale à Mayotte, où tourisme et protection de la nature avancent désormais main dans la main
Tronçon de voie rapide en bordure de mer ou route traditionnelle à l’intérieur du village de Mtsapéré, les bouchons quotidiens mettent à vif les nerfs des automobilistes et leurs
passagers en direction du sud comme à l’entrée de Mamoudzou.
Évoqué depuis 2024 par les élus locaux, le projet de voie de contournement de la ville chef-lieu de Mayotte par les hauteurs, récemment baptisé boulevard urbain de Mamoudzou (BUM), est devenu une véritable Arlésienne. Chaque nouvelle équipe qui s’installe aux commandes du département s’en empare un temps, le temps de nouvelles études et de modifications de son tracé. Une pirouette politicienne plus tard, le voilà renvoyé dans les cartons pour une durée indéterminée, prolongeant la détresse des usagers des routes du sud, qui n’en peuvent plus. Plus de deux heures pour s’extirper d’un bouchon d’à peine quelques centaines de mètres entre les carrefours de Doujani et du Baobab, aux deux extrémités du village de Mtsapéré.
Qu’est-il devenu, le fameux projet de boulevard urbain de Mamoudzou ? A-t-il définitivement été enterré avec la mise hors jeu de son porteur initial, l’ancien conseiller départemental de Bouéni, Salim Mdéré ? La Région, qui tergiverse depuis bien avant le cyclone Chido sur des projets structurants, serait bien inspirée de ressusciter le BUM — et fissa — car il en va de la santé physique et mentale de milliers de Mahorais résidant dans la moitié sud de Mayotte.
Emprunter les routes menant vers cette zone relève désormais du cauchemar quotidien, entre embouteillages monstres et insécurité chronique. Les coups de gueule du conseiller départemental de Sada, Soula Saïd-Souffou, sur les réseaux sociaux ne sont nullement le fruit d’une mauvaise farce, et encore moins d’une
démagogie politicienne.
À Flash Info, nous avons choisi de vérifier les faits en fin de semaine dernière, en effectuant ce circuit routier dans les deux sens (aller-retour), en partant de Mamoudzou au coucher du soleil pour revenir le lendemain dès l’aurore.
Le goulot d’étranglement s’étend sur environ 100 mètres entre le carrefour du Baobab, à Mamoudzou, et celui de Doujani en direction de Passamainty. Plus de deux heures ont été nécessaires pour franchir ces deux points. La patience des passagers est très rapidement mise à rude épreuve. Impossible de faire marche arrière : notre véhicule est coincé dans la nasse.
Ça râle de partout. Les gesticulations en disent long sur l’état de nervosité dans les véhicules en file indienne, derrière comme devant nous. Même les opérations escargot menées par les conducteurs de bus scolaires ou certains syndicats de chauffeurs de taxi ne sont pas aussi lentes.
Seules les motos et les scooters parviennent à se faufiler en slalomant entre les voitures dès qu’un espace infime se dégage.
« On se croirait sur les routes réunionnaises entre Saint-Pierre et Saint-Denis, avant la route des Tamarins. Je ne pensais pas qu’il y avait autant de véhicules à Mayotte. Bonjour l’empreinte carbone ! Cette fois-ci, on n’entend guère la voix des naturalistes ou d’autres associations environnementales, alors qu’il y a urgence à pousser la chansonnette ? Sans doute l’enjeu n’est-il pas assez porteur médiatiquement ? Pourtant, il y a vraiment matière à s’inquiéter pour la santé des personnes qui font ce trajet chaque jour », s’interroge Haoussidine Madi, le chauffeur de taxi que nous avons engagé pour mener cette expérience sur les routes du sud
démagogie politicienne.
À Flash Info, nous avons choisi de vérifier les faits en fin de semaine dernière, en effectuant ce circuit routier dans les deux sens (aller-retour), en partant de Mamoudzou au coucher du soleil pour revenir le lendemain dès l’aurore.
Le goulot d’étranglement s’étend sur environ 100 mètres entre le carrefour du Baobab, à Mamoudzou, et celui de Doujani en direction de Passamainty. Plus de deux heures ont été nécessaires pour franchir ces deux points. La patience des passagers est très rapidement mise à rude épreuve. Impossible de faire marche arrière : notre véhicule est coincé dans la nasse.
Ça râle de partout. Les gesticulations en disent long sur l’état de nervosité dans les véhicules en file indienne, derrière comme devant nous. Même les opérations escargot menées par les conducteurs de bus scolaires ou certains syndicats de chauffeurs de taxi ne sont pas aussi lentes.
Seules les motos et les scooters parviennent à se faufiler en slalomant entre les voitures dès qu’un espace infime se dégage.
« On se croirait sur les routes réunionnaises entre Saint-Pierre et Saint-Denis, avant la route des Tamarins. Je ne pensais pas qu’il y avait autant de véhicules à Mayotte. Bonjour l’empreinte carbone ! Cette fois-ci, on n’entend guère la voix des naturalistes ou d’autres associations environnementales, alors qu’il y a urgence à pousser la chansonnette ? Sans doute l’enjeu n’est-il pas assez porteur médiatiquement ? Pourtant, il y a vraiment matière à s’inquiéter pour la santé des personnes qui font ce trajet chaque jour », s’interroge Haoussidine Madi, le chauffeur de taxi que nous avons engagé pour mener cette expérience sur les routes du sud
Lieu de savoir et d’apprentissage par excellence, l’Université de Mayotte a accueilli samedi la 18ᵉ édition de la Journée internationale des langues maternelles à Mayotte, lui apportant un éclat particulier. Le monde enseignant dans son ensemble s’est saisi de la problématique de l’enseignement de ces langues à l’école et à tous les niveaux afin d’éviter leur disparition prochaine. Cette nouvelle dynamique de développement des langues mahoraises s’inscrit dans un cadre d’outillage, d’intelligence numérique et d’enseignement.
Samedi 21 février 2026, le Département-Région de Mayotte a célébré pour la 18ᵉ fois sur le territoire la Journée internationale des langues maternelles. L’Université de Mayotte, à Dembéni, a accueilli cet événement dans ses locaux, en association avec « Chimé », à qui le Département a confié la mise en œuvre des festivités.
Au programme : un accueil coloré assuré par des associations de « débah », avant les prises de parole officielles, des débats et des échanges d’idées à travers plusieurs tables rondes réunissant public, enseignants, doctorants, chercheurs, écrivains, associations et
spécialistes des langues étrangères enseignées.
La manifestation a bénéficié d’une grande médiatisation avec une retransmission en direct par Mayotte La 1ʳᵉ radio, à travers l’émission « Regards croisés », de 9 h à 11 heures. Un public nombreux s’est déplacé à l’Université de Dembéni pour prendre part aux discussions, preuve, s’il en est, de l’intérêt que les familles mahoraises portent à la question de l’apprentissage des langues maternelles, qui ne passionne pas uniquement les spécialistes et les enseignants.
Sous l’intitulé « Vers une nouvelle dynamique de développement des langues mahoraises, entre outillage, intelligence numérique et enseignement », cette 18ᵉ édition de la JILM s’est avérée des plus passionnantes pour les intervenants, notamment en ce qui concerne la méthodologie arrêtée par les spécialistes du Département-Région pour écrire le « Shimaoré », la réflexion sur le « Kibushi » étant encore à ses balbutiements.
Plusieurs évidences sont apparues durant les échanges entamés sur le plateau radio délocalisé de Mayotte La 1ʳᵉ. Selon le professeur et écrivain Nassur Attoumani, il n’existerait pas un seul « Shimaoré » en usage sur l’île, mais plusieurs : « Il y a celui considéré par certains comme le vrai, celui influencé par le Shindzouani ou le Shingazidza, ou encore celui pratiqué par un grand nombre d’individus dans les grandes agglomérations de Mamoudzou, Koungou et ailleurs. »
spécialistes des langues étrangères enseignées.
La manifestation a bénéficié d’une grande médiatisation avec une retransmission en direct par Mayotte La 1ʳᵉ radio, à travers l’émission « Regards croisés », de 9 h à 11 heures. Un public nombreux s’est déplacé à l’Université de Dembéni pour prendre part aux discussions, preuve, s’il en est, de l’intérêt que les familles mahoraises portent à la question de l’apprentissage des langues maternelles, qui ne passionne pas uniquement les spécialistes et les enseignants.
Sous l’intitulé « Vers une nouvelle dynamique de développement des langues mahoraises, entre outillage, intelligence numérique et enseignement », cette 18ᵉ édition de la JILM s’est avérée des plus passionnantes pour les intervenants, notamment en ce qui concerne la méthodologie arrêtée par les spécialistes du Département-Région pour écrire le « Shimaoré », la réflexion sur le « Kibushi » étant encore à ses balbutiements.
Plusieurs évidences sont apparues durant les échanges entamés sur le plateau radio délocalisé de Mayotte La 1ʳᵉ. Selon le professeur et écrivain Nassur Attoumani, il n’existerait pas un seul « Shimaoré » en usage sur l’île, mais plusieurs : « Il y a celui considéré par certains comme le vrai, celui influencé par le Shindzouani ou le Shingazidza, ou encore celui pratiqué par un grand nombre d’individus dans les grandes agglomérations de Mamoudzou, Koungou et ailleurs. »
Alors que le gouvernement a payé deux des dix mois d’arriérés réclamés par les agents de l’aérodrome de Mohéli la semaine dernière, les femmes de ménage travaillant à Ouani demandent elles aussi la régularisation de leur situation, au même titre qu’un prestataire de nettoyage qui compte également douze mois d’impayés.
Plus d’une semaine après leurs collègues de l’aéroport de Mohéli, les agents d’entretien de l’aérodrome de Ouani, à Anjouan, sont montés au créneau vendredi pour réclamer la régularisation de leur situation salariale, dont le volume des arriérés donne déjà le tournis. Selon les cinq femmes de ménage qui organisaient la conférence, cela fait deux ans qu’elles n’ont pas été payées.
Recrutées depuis 2008 pour l’entretien de l’aéroport de Ouani, elles assurent qu’entre 2024 et 2026, seuls quatre mois de salaire leur ont été versés.
« Nous sommes les femmes de ménage de l’aéroport de Ouani. Cela fait un peu plus de deux ans que nous ne sommes pas payées. Nous ne sommes pas des personnes venant de l’extérieur, mais des employées de l’aéroport, disposant de
décisions attestant de notre statut », a déclaré Mme Chakila Said.
Au total, elles sont huit femmes à assurer l’entretien, mais l’une d’entre elles, actuellement malade, se trouverait à Mayotte pour des soins.
Il faut savoir que cette énième conférence sur les impayés intervient quelques jours après la sortie médiatique des agents de l’aérodrome de Mohéli, qui réclamaient dix mois d’arriérés. Eux ont promis de ne pas faire grève. Au lendemain de leur déclaration, l’État a versé seulement deux mois de salaire.
C’est d’ailleurs à cause de cette méthode que les arriérés se sont accumulés, avait expliqué Baco Style, agent de l’aérodrome de Mohéli, dans une intervention filmée et publiée en ligne.
Les femmes de ménage de l’aérodrome de Ouani en appellent elles aussi au président Azali Assoumani et à la ministre des Transports aérien et maritime, Yasmine Hassane Alfeine, originaire d’Anjouan.
Jamais licenciées
Les conférencières assurent que, malgré le passage d’un prestataire de nettoyage qui a fini par partir à cause des impayés, aucune décision de licenciement ne leur a jamais été notifiée.
« Dernièrement, nous avons entendu que les employés des trois aérodromes ont perçu deux mois de salaire. Mais, à la surprise générale, sur nos comptes, il n’y avait rien. On nous fait travailler gratuitement, ce n’est pas juste. Nous sommes des mères avec des enfants, certaines sont des veuves. Aujourd’hui, nous sommes là devant l’État, devant le Président, pour lui faire part de nos revendications. Nous souffrons. Quand on appelle Moroni, on nous dit que ce sont la ministre des Transports et la directrice régionale qui ont les signatures. Or nous savons que la direction de l’aéroport de Ouani n’a pas les moyens, car les recettes ne rentrent pas directement dans ses caisses », a poursuivi Chakila Said.
décisions attestant de notre statut », a déclaré Mme Chakila Said.
Au total, elles sont huit femmes à assurer l’entretien, mais l’une d’entre elles, actuellement malade, se trouverait à Mayotte pour des soins.
Il faut savoir que cette énième conférence sur les impayés intervient quelques jours après la sortie médiatique des agents de l’aérodrome de Mohéli, qui réclamaient dix mois d’arriérés. Eux ont promis de ne pas faire grève. Au lendemain de leur déclaration, l’État a versé seulement deux mois de salaire.
C’est d’ailleurs à cause de cette méthode que les arriérés se sont accumulés, avait expliqué Baco Style, agent de l’aérodrome de Mohéli, dans une intervention filmée et publiée en ligne.
Les femmes de ménage de l’aérodrome de Ouani en appellent elles aussi au président Azali Assoumani et à la ministre des Transports aérien et maritime, Yasmine Hassane Alfeine, originaire d’Anjouan.
Jamais licenciées
Les conférencières assurent que, malgré le passage d’un prestataire de nettoyage qui a fini par partir à cause des impayés, aucune décision de licenciement ne leur a jamais été notifiée.
« Dernièrement, nous avons entendu que les employés des trois aérodromes ont perçu deux mois de salaire. Mais, à la surprise générale, sur nos comptes, il n’y avait rien. On nous fait travailler gratuitement, ce n’est pas juste. Nous sommes des mères avec des enfants, certaines sont des veuves. Aujourd’hui, nous sommes là devant l’État, devant le Président, pour lui faire part de nos revendications. Nous souffrons. Quand on appelle Moroni, on nous dit que ce sont la ministre des Transports et la directrice régionale qui ont les signatures. Or nous savons que la direction de l’aéroport de Ouani n’a pas les moyens, car les recettes ne rentrent pas directement dans ses caisses », a poursuivi Chakila Said.
La famille d’Anaïs Ali Madi, une jeune Mahoraise de 20 ans originaire de Bouéni, lance un appel à l’aide face à son absence prolongée de nouvelles. Jusqu’en octobre, elle vivait chez sa sœur à Saint-Étienne avant d’annoncer son départ pour un foyer, mais depuis, elle n’a plus donné signe de vie. Plusieurs démarches ont été effectuées auprès des commissariats de Vaulx-en-Velin et de Saint-Étienne pour signaler sa disparition, sans résultat concret. Les autorités estiment que, majeure et vivant de manière indépendante, Anaïs peut choisir de couper le contact volontairement. Sa famille, qui la décrit comme timide et naïve, reste néanmoins inquiète et mobilise la communauté mahoraise en métropole pour obtenir des nouvelles et s’assurer de sa sécurité.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, sera en visite à Mayotte ce lundi 23 février dans le cadre d’une tournée dans l’océan Indien, qui le conduira également à La Réunion. Cette mission sur le territoire mahorais se concentrera sur les enjeux judiciaires, pénitentiaires et éducatifs, avec plusieurs rencontres prévues à Mamoudzou et en Petite-Terre.
La journée commencera dès 7h00 par une visite du centre pénitentiaire de Majicavo, où le garde des Sceaux échangera avec les agents de l’établissement. Cette étape intervient dans un contexte sensible pour Mayotte, où la surpopulation carcérale et les conditions de détention suscitent régulièrement l’attention et les critiques. La visite permettra d’évaluer la situation sur place et d’évoquer les perspectives d’amélioration.
Le déplacement se poursuivra au tribunal judiciaire de Mamoudzou, où Gérald Darmanin visitera le chantier du futur tribunal et rencontrera magistrats et personnels du ministère de la Justice. Cette rencontre vise à renforcer les liens entre l’institution judiciaire et le ministère, tout en abordant les défis structurels et organisationnels rencontrés sur l’île.
En fin de matinée, le ministre se rendra au tribunal administratif de Mamoudzou. Les discussions porteront sur le contentieux local ainsi que sur les conditions de travail des personnels, dans un souci de mieux comprendre les besoins et contraintes des agents judiciaires.
La dernière étape de cette visite se déroulera en Petite-Terre, à l’unité éducative en milieu ouvert de Pamandzi. Dans l’après-midi, Gérald Darmanin participera à une table ronde consacrée aux chantiers jeunes, aux partenariats culturels et à la coopération avec l’Éducation nationale, soulignant l’importance d’un accompagnement éducatif adapté pour les jeunes du territoire.
Cette tournée à Mayotte s’inscrit dans une démarche plus large du ministère visant à renforcer l’efficacité du système judiciaire et pénitentiaire dans les outre-mer, tout en mettant l’accent sur la prévention, l’insertion et le soutien aux jeunes.
Un important dispositif de secours et de sécurité a été déployé tôt ce jeudi matin à Pamandzi après la découverte du corps sans vie d’un homme âgé de 37 ans, à proximité du magasin Shopi. L’alerte a été donnée aux alentours de 6 heures, mobilisant rapidement pompiers et gendarmes sur les lieux.
Selon les premiers éléments constatés sur place, la victime était allongée au sol et ne présentait aucune trace apparente de coups ou de violence. Toutefois, la rigidité cadavérique observée par les secours laisse penser que le décès serait survenu plusieurs heures avant la découverte du corps.
Les forces de l’ordre ont procédé aux premières constatations afin de déterminer les circonstances exactes de la mort. À ce stade, aucune hypothèse officielle n’a été communiquée concernant les causes du décès. Une enquête devrait permettre d’établir si celui-ci résulte d’un malaise, d’un accident ou d’autres circonstances.
Jeudi 19 février, Valérie Debuchy, rectrice de l’académie de Mayotte, s’est rendue au Lycée polyvalent Gustave Eiffel de Kahani dans le cadre des Cordées de la réussite.
Aux côtés de délégations de l’INSA Lyon et de l’ENSA La Réunion, près d’une centaine d’élèves ont participé à des échanges et ateliers dédiés aux parcours scientifiques, à l’architecture et aux énergies renouvelables, visant à encourager l’ambition et l’accès à l’enseignement supérieur.
À l’occasion du mois de ramadan et des six jours de chawal, la Ville de Mamoudzou adapte temporairement ses horaires d’accueil afin de mieux tenir compte du quotidien des usagers et des agents.
Les services municipaux accueillent désormais le public du lundi au jeudi de 7h30 à 14h00, et le vendredi de 7h30 à 11h00.
Les guichets de l’état civil ouvrent plus tôt à l’hôtel de ville ainsi qu’à la mairie annexe de Kawéni, avec des horaires fixés de 6h30 à 14h00 du lundi au jeudi, et de 6h30 à 11h00 le vendredi.
Dans les mairies annexes de Passamaïnty et Vahibé, l’accueil du public reste programmé de 7h30 à 14h00 du lundi au jeudi, et de 7h30 à 11h00 le vendredi.
Ces aménagements resteront en vigueur jusqu’à la fin de cette période religieuse.
Les promesses électorales ne riment pas forcément avec des projets réalisés. Mayotte a intégré les rangs de ces collectivités locales françaises où des infrastructures en construction ne sont jamais finalisées. Et lorsqu’elles le sont, elles tombent très rapidement en désuétude faute d’entretien. Ces reliques, symbolisant les promesses électorales non tenues, ont hélas le défaut de creuser des trous abyssaux dans les finances publiques, que l’électeur d’hier, d’aujourd’hui et de demain aura l’obligation de reboucher à coups d’impôts et de taxes nouvelles.
La vanité de certains élus locaux, déguisée en ambitions électoralistes, s’avère souvent très coûteuse pour les contribuables mahorais. À chaque équipe municipale ou départementale qui s’installe aux manettes du pouvoir, ses bourdes et ses dérives inexplicables, si ce n’est qu’elles permettent de gagner une élection. Et tant pis si celles-ci se transforment en bourbier inextricable pour les politiciens qui les portent.
En ces temps de campagne électorale où les fleuves de promesses invraisemblables débordent aisément de leur lit (à l’instar de la Garonne et de la Charente cette semaine), certains mensonges politiques ne tardent pas à rattraper leurs
auteurs. « Le pouvoir finit toujours par devenir une drogue lorsqu’on n’y prend pas garde », indique un proverbe africain que ne méconnaissent pas les électeurs mahorais.
Au temps de la toute-puissance des grandes formations politiques (MPM et RPR), qui polarisaient naguère l’attention du public dans l’archipel, ce type de promesses pouvait finir par se matérialiser un jour grâce au consensus qui pouvait se dégager entre majorité et opposition dans l’intérêt général du territoire.
« Ce temps-là est hélas bien révolu et n’a aucune chance de retrouver un jour droit de cité, parce que, de nos jours, tout est question d’ego et rien d’autre. L’exercice d’un mandat électoral, particulièrement communal ou intercommunal, n’est une affaire de groupe que pour un temps très éphémère, le temps que la tête de liste prenne ses marques. Une fois que c’est fait, il n’y a plus d’unité : il concentre le pouvoir sur sa personne et s’appuie sur deux ou trois fidèles avec lesquels il prendra toutes ses décisions dans l’arbitraire jusqu’au terme de son mandat », indique « Majic », un coach sportif habitué de ce lieu
auteurs. « Le pouvoir finit toujours par devenir une drogue lorsqu’on n’y prend pas garde », indique un proverbe africain que ne méconnaissent pas les électeurs mahorais.
Au temps de la toute-puissance des grandes formations politiques (MPM et RPR), qui polarisaient naguère l’attention du public dans l’archipel, ce type de promesses pouvait finir par se matérialiser un jour grâce au consensus qui pouvait se dégager entre majorité et opposition dans l’intérêt général du territoire.
« Ce temps-là est hélas bien révolu et n’a aucune chance de retrouver un jour droit de cité, parce que, de nos jours, tout est question d’ego et rien d’autre. L’exercice d’un mandat électoral, particulièrement communal ou intercommunal, n’est une affaire de groupe que pour un temps très éphémère, le temps que la tête de liste prenne ses marques. Une fois que c’est fait, il n’y a plus d’unité : il concentre le pouvoir sur sa personne et s’appuie sur deux ou trois fidèles avec lesquels il prendra toutes ses décisions dans l’arbitraire jusqu’au terme de son mandat », indique « Majic », un coach sportif habitué de ce lieu
Le choix de l’administration de l’établissement public chargé de la reconstruction et du développement de Mayotte de recourir à un prestataire privé pour définir sa stratégie d’intervention et ses moyens sur les cinq prochaines années déclenche une réaction virulente du public. Le site Internet « Ra Hachiri » crie au scandale et interpelle.
Une avalanche de questions (de la part du public) a suivi hier, jeudi 19 février 2026, la parution d’un article consacré à un appel d’offres lancé par l’Établissement public chargé de la reconstruction et du développement de Mayotte (EPRDM). Repris depuis par Outremers 360, cet article, axé sur la consultation visant à recruter le prestataire qui accompagnera cet organisme dans l’élaboration de son projet stratégique de développement pour la période 2026-2031, a été perçu par certains acteurs locaux comme « révélateur de l’absence de volonté de l’État à véritablement développer Mayotte ».
Le site « Ra Hachiri » s’interroge : « Pourquoi un opérateur public fait-il appel à un prestataire privé pour définir sa stratégie ? Pourquoi cet établissement public, qui dispose d’une administration propre, va-t-il confier sa stratégie à un cabinet de conseil privé ? »
À l’attention de son lectorat, « Ra Hachiri » choisit d’adopter une posture pédagogique et précise que ce choix de l’EPRDM consiste « à confier, en pratique, à des consultants juniors, qui ne connaissent rien du tout de Mayotte, une mission pour un montant très élevé, sinon exorbitant ».
Une nouvelle cascade de questionnements suit : « N’y a-t-il pas des fonctionnaires qui pourraient être détachés auprès de l’EPRDM pour définir ses missions et remplir ce rôle, sans faire appel au secteur privé ? Ou faut-il considérer que l’administration française en général, et celle du territoire de Mayotte en particulier, est devenue incapable au point de recourir au secteur privé pour définir les priorités d’intervention, les modalités d’action et les leviers opérationnels mobilisables sur les cinq prochaines années ? »
Le site laisse libre cours à sa consternation face à ce qu’il considère comme l’incapacité de cette administration à définir elle-même sa mission et les moyens de la remplir. Se servant de cet exemple précis, « Ra Hachiri » affirme que « l’administration publique est devenue une machine folle à faire proliférer des normes, mais qu’elle n’est plus en mesure de savoir pourquoi elle est instituée, quel est son rôle et quels sont les moyens à mobiliser pour y parvenir ».
Aïe, aïe, aïe… Assurément, la refondation post-Chido ne sera pas une simple promenade de santé.
Sourire franc, rouge à lèvres rouge, Fatima Bacar parle avec calme, mais sans détour. À 45 ans, mère de trois enfants, elle est devenue en novembre 2025 directrice adjointe de Star Mayotte et Star Urahafu, une filiale de Suez qui gère le traitement des déchets. Vingt ans après son arrivée dans l’entreprise, elle continue d’avancer avec la même idée en tête : faire sa part, convaincue que le développement de Mayotte passe aussi par l’engagement de ses propres enfants.
Flash Infos : Comment avez-vous commencé, et comment en êtes-vous arrivée là aujourd’hui ?
Fatima Bacar : J’ai fait mon collège et mon lycée à Mayotte, à Doujani puis à Mamoudzou. Après le bac, je suis partie en métropole. J’ai fait un BTS comptabilité, puis une licence que je n’ai pas pu terminer pour des raisons personnelles. Je suis rentrée à Mayotte en 2005.
À mon retour, j’ai fait des petits boulots, dans des mairies, dans des écoles. Et puis, en décembre 2005, j’ai intégré Star Mayotte comme assistante d’exploitation. C’était à l’époque où l’entreprise mettait en place le marché de la collecte des ordures ménagères. Il y avait tout à construire.
J’arrivais avec un bac +2 en compta-gestion et une licence non validée. Je n’avais pas forcément vocation à travailler dans le milieu des déchets. Mais l’offre est arrivée, et je me suis dit que ça participait aussi au développement de l’île. À l’époque, on ne parlait pas autant des déchets qu’aujourd’hui. Je me suis dit : “On y va, on verra bien.” Et finalement, vingt ans après, je suis toujours là.
F.I. : Comment s’est passée cette entrée dans un milieu très masculin ?
F.B. : C’était pas simple au début. Quand je suis passée attachée d’exploitation, en 2008, j’avais une équipe de six personnes, six hommes. Je gérais les déchets non dangereux et dangereux, avec toute la partie planification, management, relation client. Et clairement, au départ, les gars se disaient : “Elle ne connaît pas, elle ne connaît rien, qu’est-ce qu’elle va nous apprendre ?”
Mais à force, quand tu mets la main à la pâte, quand ils voient que toi aussi tu es dedans, que tu n’es pas juste là à regarder mais que tu es dans le cambouis, les choses changent. À un moment, ils se sont posé la question, et ils se sont dit qu’ils s’étaient peut-être trompés. C’est comme ça que j’ai commencé à gagner leur confiance.
J’arrivais avec un bac +2 en compta-gestion et une licence non validée. Je n’avais pas forcément vocation à travailler dans le milieu des déchets. Mais l’offre est arrivée, et je me suis dit que ça participait aussi au développement de l’île. À l’époque, on ne parlait pas autant des déchets qu’aujourd’hui. Je me suis dit : “On y va, on verra bien.” Et finalement, vingt ans après, je suis toujours là.
F.I. : Comment s’est passée cette entrée dans un milieu très masculin ?
F.B. : C’était pas simple au début. Quand je suis passée attachée d’exploitation, en 2008, j’avais une équipe de six personnes, six hommes. Je gérais les déchets non dangereux et dangereux, avec toute la partie planification, management, relation client. Et clairement, au départ, les gars se disaient : “Elle ne connaît pas, elle ne connaît rien, qu’est-ce qu’elle va nous apprendre ?”
Mais à force, quand tu mets la main à la pâte, quand ils voient que toi aussi tu es dedans, que tu n’es pas juste là à regarder mais que tu es dans le cambouis, les choses changent. À un moment, ils se sont posé la question, et ils se sont dit qu’ils s’étaient peut-être trompés. C’est comme ça que j’ai commencé à gagner leur confiance.
L’association Le Jardin océanique de Mayotte met en place des actions de bouturage coralien et de restauration des mangroves
Depuis 2021, l’association du Jardin océanique de Mayotte sensibilise les jeunes à la préservation du lagon, met en place des actions de bouturage coralien et de restauration des mangroves. L’école primaire de Kani Bé, le lycée agricole de Coconi et le collège de Kani-Kéli ont apporté leur soutien pour protéger leur île.
Fin 2025, l’association Le Jardin océanique de Mayotte est partie à la rencontre des jeunes de l’école primaire de Kani-Kéli le temps d’une journée. L’objectif ? Les sensibiliser à l’importance des palétuviers et des mangroves pour protéger les littoraux. Les enfants sont ensuite passés à l’action en menant des actions de nettoyage des déchets et de plantation de mangroves. Face au succès de cette intervention, le lycée agricole de Coconi et le collège de Kani-Kéli ont également bénéficié d’une journée de sensibilisation à la protection du récif coralien.
« C’étaient de très beaux échanges, on aimerait mener des journées similaires toute l’année avec des élèves de primaire, voire de maternelle. » se réjouit El Assade Hamada, créateur de l’association. Le public prioritaire : les enfants. « On s’est rendu compte que cette jeunesse entend peu parler d’environnement. On met de côté tout ce qui concerne l’écologie et arrivés à un certain âge, on essaie de leur inculquer l’amour de la nature et de leur territoire sur le tard alors qu’on aurait pu les sensibiliser depuis tout petits » explique El Assade Hamada.
Des résultats visibles… et un changement de comportement
El Assade Hamada a commencé à s’intéresser à la préservation du lagon dès 2008. C’est en 2021 qu’il se lance en créant l’association. « J’y pensais de plus en plus. J’avais envie d’agir. Il a fallu que je rencontre des biologistes, des écologistes et d’autres associations pour que l’idée émerge. J’avais envie de faire comprendre à mes amis et aux jeunes qui vivent ici la chance qu’on avait d’avoir le lagon et l’importance de le protéger. »
El Assade Hamada commence par le bouturage de coraux, mais réalise vite que pour protéger le récif, il faut d’abord protéger la mangrove. À partir de là, il décide de sensibiliser davantage sur les coraux et sur le récif et de se concentrer sur la restauration de la mangrove.
« Quand j’ai commencé à planter les coraux, les gens se moquaient un peu. Quand ils ont vu les résultats, ils ont arrêté de chasser les poulpes dans cette zone. Ils respectaient vraiment les résultats. De temps en temps, ils passaient pour me dire que les coraux avaient poussé. » Une sensibilité à l’environnement qui contamine les voisins. « Maintenant, ils voient les déchets aux abords du lagon et font le maximum pour les enlever. »
« C’étaient de très beaux échanges, on aimerait mener des journées similaires toute l’année avec des élèves de primaire, voire de maternelle. » se réjouit El Assade Hamada, créateur de l’association. Le public prioritaire : les enfants. « On s’est rendu compte que cette jeunesse entend peu parler d’environnement. On met de côté tout ce qui concerne l’écologie et arrivés à un certain âge, on essaie de leur inculquer l’amour de la nature et de leur territoire sur le tard alors qu’on aurait pu les sensibiliser depuis tout petits » explique El Assade Hamada.
Des résultats visibles… et un changement de comportement
El Assade Hamada a commencé à s’intéresser à la préservation du lagon dès 2008. C’est en 2021 qu’il se lance en créant l’association. « J’y pensais de plus en plus. J’avais envie d’agir. Il a fallu que je rencontre des biologistes, des écologistes et d’autres associations pour que l’idée émerge. J’avais envie de faire comprendre à mes amis et aux jeunes qui vivent ici la chance qu’on avait d’avoir le lagon et l’importance de le protéger. »
El Assade Hamada commence par le bouturage de coraux, mais réalise vite que pour protéger le récif, il faut d’abord protéger la mangrove. À partir de là, il décide de sensibiliser davantage sur les coraux et sur le récif et de se concentrer sur la restauration de la mangrove.
« Quand j’ai commencé à planter les coraux, les gens se moquaient un peu. Quand ils ont vu les résultats, ils ont arrêté de chasser les poulpes dans cette zone. Ils respectaient vraiment les résultats. De temps en temps, ils passaient pour me dire que les coraux avaient poussé. » Une sensibilité à l’environnement qui contamine les voisins. « Maintenant, ils voient les déchets aux abords du lagon et font le maximum pour les enlever. »
Un technicien d’une société allemande de renommée internationale n’a pas réussi à se faire comprendre par deux cadres de la Direction du Service des Transports Maritimes, et les barges ont tourné à moitié vides toute la journée, mercredi 18 février 2026. À la suite d’un communiqué publié plus tôt dans la presse, les conducteurs de véhicules se sont abstenus de faire traverser leurs engins. Il y a eu, comme qui dirait l’autre, un couac dans l’affaire.
Un communiqué à destination du grand public, diffusé par la Direction du Service des Transports Maritimes (DSTM), gestionnaire des barges au sein du Département-Région de Mayotte, annonçait une immobilisation de deux navires hier mercredi 18 février et ce jour, jeudi 19 février 2026, pour des raisons d’entretien technique.
« Pour une fois, on ne saurait leur reprocher d’avoir anticipé les choses suffisamment tôt », se plaisaient à remarquer nombre d’usagers des barges. Un satisfecit qui fut de courte durée, car le désagrément annoncé n’a finalement pas eu lieu, au grand étonnement des passagers comme du personnel embarqué et non embarqué de la DSTM.
Au départ de Dzaoudzi, les deux quais avaient été désertés par les automobilistes, et les piétons ont eu droit à des barges à moitié vides toute la journée, sans les traditionnelles bousculades au moment d’embarquer.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, les agents de la DSTM en service dans les gares maritimes ne disposaient d’aucune information particulière sur cette situation pour le moins inhabituelle.
« Nous ne savons absolument rien ! Nous avons appris, comme tout le monde, que le trafic allait être perturbé pendant deux jours, mais aucune consigne ne nous a été donnée à ce sujet », a répondu l’un des responsables positionnés à la gare maritime du quai Ballou, vers 11 heures hier mercredi.
Une fluidité inhabituelle dans les mouvements de camions — empruntant quotidiennement les barges à cet endroit — qui n’a pas échappé aux conducteurs de taxis, rangés avec discipline devant la clôture de l’embarcadère pour récupérer leur clientèle sans avoir à s’égosiller. Mais alors, à quoi rime toute cette histoire ?
Renseignements pris auprès du Département-Région de Mayotte, cette situation serait la conséquence d’une incompréhension entre deux cadres de la DSTM et leur homologue allemand employé par la société « Shuttle », qui fabrique les propulseurs utilisés dans les moteurs des barges. Ses interlocuteurs mahorais n’auraient pas compris qu’il n’était pas nécessaire de mettre à l’arrêt les navires « Chatouilleuses » et « Iman » pour procéder à l’inspection.
Au départ de Dzaoudzi, les deux quais avaient été désertés par les automobilistes, et les piétons ont eu droit à des barges à moitié vides toute la journée, sans les traditionnelles bousculades au moment d’embarquer.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, les agents de la DSTM en service dans les gares maritimes ne disposaient d’aucune information particulière sur cette situation pour le moins inhabituelle.
« Nous ne savons absolument rien ! Nous avons appris, comme tout le monde, que le trafic allait être perturbé pendant deux jours, mais aucune consigne ne nous a été donnée à ce sujet », a répondu l’un des responsables positionnés à la gare maritime du quai Ballou, vers 11 heures hier mercredi.
Une fluidité inhabituelle dans les mouvements de camions — empruntant quotidiennement les barges à cet endroit — qui n’a pas échappé aux conducteurs de taxis, rangés avec discipline devant la clôture de l’embarcadère pour récupérer leur clientèle sans avoir à s’égosiller. Mais alors, à quoi rime toute cette histoire ?
Renseignements pris auprès du Département-Région de Mayotte, cette situation serait la conséquence d’une incompréhension entre deux cadres de la DSTM et leur homologue allemand employé par la société « Shuttle », qui fabrique les propulseurs utilisés dans les moteurs des barges. Ses interlocuteurs mahorais n’auraient pas compris qu’il n’était pas nécessaire de mettre à l’arrêt les navires « Chatouilleuses » et « Iman » pour procéder à l’inspection.
Accompagner les enfants, soutenir les familles et ouvrir de nouveaux horizons à la jeunesse mahoraise : telle est l’ambition renouvelée de la Cité éducative de Petite-Terre, qui vient de lancer son appel à projets pour l’année 2026. Associations, établissements scolaires, structures culturelles ou sportives et acteurs locaux sont invités à proposer des initiatives capables de renforcer les parcours éducatifs avant, pendant et après le temps scolaire.
Portée par la Communauté de Communes de Petite-Terre, la Préfecture de Mayotte et l’Académie de Mayotte, avec le Collège Zéna M’Déré comme établissement chef de file, le dispositif bénéficie également du soutien financier de l’Agence nationale de la cohésion des territoires. Une mobilisation institutionnelle forte au service d’un objectif clair : répondre concrètement aux réalités éducatives locales.
Une dynamique éducative installée sur tout le territoire
Labellisée en 2022, la Cité éducative couvre aujourd’hui l’ensemble de Petite-Terre, territoire classé quartier prioritaire de la politique de la ville jusqu’en 2030. Elle repose sur une alliance étroite entre écoles, associations, institutions et partenaires de terrain afin d’assurer une continuité éducative pour les jeunes, de la petite enfance jusqu’à l’insertion professionnelle.
Chaque année, les projets retenus témoignent de la vitalité associative et de la créativité des acteurs locaux. Résidences artistiques, accompagnement scolaire, actions sport-santé, initiatives numériques ou programmes favorisant la mobilité figurent parmi les actions soutenues.
Pour 2026, trois grandes priorités structurent l’appel à projets : renforcer le rôle de l’école et les conditions d’apprentissage, développer l’implication des familles dans le parcours éducatif et offrir aux jeunes de nouvelles perspectives à travers la culture, le sport, le numérique ou encore la mobilité.
Une attention particulière sera accordée aux initiatives favorisant le bien-être des élèves, la prévention santé, la persévérance scolaire ou encore l’accès au numérique, devenu un enjeu majeur d’égalité des chances.
Des projets déjà porteurs d’impact
Les actions menées ces dernières années illustrent concrètement l’impact du dispositif sur le territoire.
Avec « Play Urban Mayotte », l’association Kazyadance a ainsi permis la rencontre entre jeunes artistes mahorais et étudiants venus d’écoles d’art de métropole et de l’océan Indien. Pendant trois semaines à Mayotte, les participants ont imaginé collectivement des performances inspirées de leurs réalités culturelles, avant de poursuivre l’expérience lors d’une résidence à Strasbourg. Pour une dizaine de jeunes Mahorais, cette mobilité artistique a constitué une première immersion professionnelle et interculturelle hors du territoire.
Pour 2026, trois grandes priorités structurent l’appel à projets : renforcer le rôle de l’école et les conditions d’apprentissage, développer l’implication des familles dans le parcours éducatif et offrir aux jeunes de nouvelles perspectives à travers la culture, le sport, le numérique ou encore la mobilité.
Une attention particulière sera accordée aux initiatives favorisant le bien-être des élèves, la prévention santé, la persévérance scolaire ou encore l’accès au numérique, devenu un enjeu majeur d’égalité des chances.
Des projets déjà porteurs d’impact
Les actions menées ces dernières années illustrent concrètement l’impact du dispositif sur le territoire.
Avec « Play Urban Mayotte », l’association Kazyadance a ainsi permis la rencontre entre jeunes artistes mahorais et étudiants venus d’écoles d’art de métropole et de l’océan Indien. Pendant trois semaines à Mayotte, les participants ont imaginé collectivement des performances inspirées de leurs réalités culturelles, avant de poursuivre l’expérience lors d’une résidence à Strasbourg. Pour une dizaine de jeunes Mahorais, cette mobilité artistique a constitué une première immersion professionnelle et interculturelle hors du territoire.
Pas de surprise : le Ramadan a débuté ce jeudi matin. C’est parti pour un mois de jeûne, d’entraide, de partage et de piété pour une large majorité des habitants de Mayotte. Cette édition du mois sacré s’annonce dans une ambiance différente de celle de 2025, les conditions de vie s’étant quelque peu améliorées par rapport à l’année précédente. La nourriture ne devrait pas manquer, même si la production locale ne suffira pas encore à couvrir toute la demande.
Un mois sous le signe du recueillement
Le début du Ramadan a officiellement été annoncé hier soir par l’autorité cadiale, levant toute ambiguïté.
Les musulmans de Mayotte — comme ceux des Comores voisines, de Madagascar, du Kenya ou encore de Tanzanie — entament un mois où les activités professionnelles tournent au ralenti. Secteur public comme privé adaptent le temps de travail à cette période particulière.
Mais la principale préoccupation des Mahorais de confession musulmane demeure la même : comment se nourrir convenablement à des prix raisonnables.
Heureusement, la saison des pluies favorise une meilleure disponibilité en fruits et légumes locaux, pour peu que le portefeuille suive. Les bananiers plantés après le cyclone Chido, tout comme les arbres à pain, commencent à produire à nouveau.
« La quantité disponible n’est pas encore celle d’avant le cyclone, mais les fruits arrivent à maturité dans plusieurs zones de l’île », confie Fatima, vendeuse au marché de Tsoundzou 1.
Les marchés mieux approvisionnés
La pomme de terre, substitut au manioc et à la banane l’an dernier, réapparaît sur les étals, aux côtés des tubercules de songe (majinbi) importés de Madagascar, très prisés des consommateurs. Les patates douces et bananes importées complètent l’offre.
Les produits frais locaux, plus rares, partent aussitôt mis en vente, malgré un prix élevé dû à la faiblesse de l’offre face à la demande. Les habitués ont pris leurs dispositions en direct avec les producteurs pour garantir leurs approvisionnements, privilégiant ainsi des circuits courts.
Importateurs et marchés sous surveillance
Les importateurs affirment avoir anticipé la période du Ramadan, tout en prévenant qu’ils ne peuvent garantir une stabilité des prix. La vie reprend lentement son cours sur l’île malgré les stigmates encore visibles du cyclone Chido.
Une visite à Kawéni, auprès des grossistes, laisse entrevoir une continuité de la chaîne d’approvisionnement entre les pays voisins et le port de Longoni.
Cependant, ils avertissent : une hausse du prix au kilo est attendue, liée aux augmentations des taxes douanières et des coûts de transport. « Rien de dramatique en sortie de conteneur », tempère un importateur. « En revanche, nous ne pouvons garantir les marges que pratiqueront les revendeurs sur les marchés. »
Une allusion à certains commerçants africains, souvent non musulmans, accusés de majorer les prix en période de Ramadan. Côté distribution, l’offre est abondante : fruits importés d’Afrique du Sud, d’Égypte ou d’Europe, viandes rouges et blanches en stock dans les congélateurs, et produits de base (riz, farine, huile, sucre, jus) bien approvisionnés.
Seule inconnue au tableau : la disponibilité de poissons frais, selon les conditions de pêche et les marées.
Une reprise progressive et un espoir de stabilité
Sur le plan financier, les fêtes de fin d’année 2025, marquées par une consommation raisonnable, laissent espérer que les ménages ont pu conserver une petite réserve pour bien commencer le jeûne. Et comme l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du Ramadan, tombera avant la fin du mois de mars 2026, les fidèles n’auront pas à attendre longtemps avant de célébrer.
Seule ombre au tableau : le coût global de la vie, toujours élevé, invite chacun à gérer prudemment ses dépenses. Mais rien qui puisse entamer la ferveur : cette année, le Ramadan devrait se dérouler dans le calme, la foi et la solidarité.
Le casier numéro 1 du site d’enfouissement de Dzoumogné
À Dzoumogné, le centre d’enfouissement reçoit chaque jour les ordures ménagères de toute l’île. Un flux continu, indispensable à l’équilibre sanitaire de Mayotte. Depuis le passage du cyclone Chido, le site a été soumis à une pression continue, marquée par des dégâts sur les installations puis une instabilité du casier historique.
L’installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) est exploitée par Star Urahafu, filiale de Suez Outre-mer, dans le cadre de la délégation de service public confiée par le SIDEVAM. Créée en 2013, la société gère à la fois les quais de transfert répartis sur l’île et le centre d’enfouissement. Chaque jour, les déchets collectés à Mayotte transitent par quatre quais — Badamiers, Hamaha, Kahani et Malamani — avant d’être acheminés vers le site. En régime normal, environ 300 tonnes de déchets sont traitées quotidiennement. Après Chido, certaines journées ont dépassé les 1 000 tonnes.
Sur le casier numéro 2, un camion vide les déchets, un tracteur les étales et une pelleteuse recouvre provisoirement de terre les zones non utilisées pour éviter les départs de feu.
La délégation de service public, attribuée en 2014, devait initialement s’achever fin 2023. Mais à l’approche de l’échéance, les signaux d’alerte s’accumulent : crise de l’eau, barrages routiers, tensions sociales, et surtout un casier d’enfouissement — le casier 1 — arrivé en fin de cycle. « On était vraiment en fin d’exploitation », reconnaît Ambroise Permalnaïck, directeur de Star Mayotte. Le risque de rupture de service devient trop important. L’État, le SIDEVAM et l’exploitant actent alors une prolongation exceptionnelle de la DSP d’un an puis de trois, jusqu’en 2027, en contrepartie du financement étatique d’un nouveau casier, le casier 2.
Les travaux démarrent à l’été 2024. Le 13 décembre, l’alvéole du casier 2 est réceptionnée. Le 14, le cyclone Chido frappe Mayotte. La violence des vents est extrême. Les protections latérales du casier et des géomembranes, encore à nu, sont arrachées. Dès le 16 décembre, une décision s’impose : remettre temporairement en service le casier historique numéro 1 pour éviter l’accumulation incontrôlée des déchets sur l’île.
Dix jours plus tard, le 26 décembre, le centre d’enfouissement est de nouveau pleinement opérationnel. Il n’y aura pas de rupture totale de service. « La gestion de crise, elle est avec tous les acteurs. Nous, on a tout fait pour éviter la rupture de service. Après le cyclone, les conditions sanitaires auraient été catastrophiques », résume Ambroise Permalnaïck.
La pression se reporte alors sur les quais de transfert. Conçus pour du transit, ils deviennent des zones de stockage prolongé. À Hamaha, qui absorbe habituellement près de 25 000 tonnes par an, le quai est entièrement soufflé par le cyclone et restera inutilisable jusqu’en mars. Les déchets sont stockés au sol.
En parallèle, les réparations du casier 2 s’engagent. « On a eu beaucoup de chance dans notre malheur », reconnaît le directeur ; les géomembranes sont disponibles à La Réunion et quatre conteneurs sont expédiés vers Mayotte entre Noël et le jour de l’An. « Les partenaires reviennent sur site. On ne s’est pas sentis laissés tomber, au contraire. Ils ont mis un point d’honneur à revenir », souligne la direction. Le 26 février, le casier est réparé. Le 13 mars, l’exploitation du casier 2 peut enfin débuter.
Un tracteur recouvre provisoirement le sommet du casier numéro 1 de terre.
C’est alors qu’apparaissent des mouvements de terrain sur le casier 1. Sur le pourtour, les équipes observent un décrochage du massif de déchets. Ce qui est d’abord perçu comme une fissure s’avère être un tassement accompagné d’un possible glissement. L’exploitation est immédiatement arrêtée. Le site est situé à flanc de colline, et le risque connu : plus le volume de déchets augmente, plus le coefficient de sécurité diminue. « L’idée initiale, c’était d’exploiter le casier 2 jusqu’à un certain niveau pour qu’il vienne en appui sur le casier 1 et assure sa stabilité », explique l’exploitant. Le tassement intervient avant que cet équilibre ne soit atteint.
Le danger est accentué par la présence des géomembranes, susceptibles de créer des plans de glissement avec la pluie. Par précaution, toute exploitation du casier 1 est stoppée.
Des expertises sont lancées. Une étude contradictoire est confiée au BRGM, qui confirme globalement les analyses initiales, avec quelques recommandations supplémentaires. La solution retenue est la construction d’une digue de butée de 50 000 m³ de terre, tassée au pied du casier 1 pour empêcher tout mouvement. En parallèle, une couverture provisoire est mise en place sur le pourtour afin de limiter les infiltrations d’eau à l’approche de la saison des pluies.
Depuis, le site est placé sous surveillance permanente. Chaque semaine, un drone survole le casier et génère des milliers de points GPS analysés dans un logiciel de suivi. Des relevés topographiques réguliers complètent le dispositif. « Toutes les semaines, on regarde la courbe, on essaye de tirer des conclusions », explique l’exploitant. Les données sont transmises aux services de l’État et toute intervention fait désormais l’objet d’une autorisation préalable.
À ces enjeux géotechniques s’ajoutent des risques plus quotidiens, comme les incendies. « Les gens ne se rendent pas compte que laisser une batterie ou une pile de lithium dans les déchets peut avoir de vraies conséquences pour les collaborateurs », alerte Ambroise Permalnaïck. Les départs de feu sont traités en urgence, par étouffement entre des couches de terre.
Sous les déchets, le site continue de produire du gaz, capté puis brûlé en torchère, faute de volumes suffisants pour produire de l’électricité. Les lixiviats sont traités par osmose inverse et, depuis plus d’un an, ne sont plus rejetés dans le milieu naturel mais réutilisés pour les chantiers et le nettoyage des engins.
En 2025, le site a traité 111 000 tonnes de déchets, bien au-delà des 85 000 tonnes prévues à l’origine et des 100 000 tonnes de l’autorisation préfectorale initiale. « On a le client qui a besoin de vider ses déchets, la réglementation et nous, notre capacité », résume l’exploitant.
Dans le scénario initial, les casiers 1 et 2 devaient permettre une exploitation du site jusqu’en 2042. Cet horizon reste atteignable, mais il dépend désormais de choix collectifs : réduction des déchets, amélioration du tri et développement de nouvelles filières de traitement. Sans amélioration du tri à la source, la pression restera forte et la durée de vie du site se réduira mécaniquement.
L’État pousse à réduire l’enfouissement. Le foncier est rare à Mayotte, les possibilités d’extension limitées. Le SIDEVAM travaille sur un projet d’unité de valorisation énergétique, un incinérateur à horizon de six ans, ainsi que sur une refonte globale de la politique déchets.
La délégation de service public prendra fin en juin 2027. Un nouvel appel d’offres est attendu. « On a démontré une certaine expertise. On a montré qu’on pouvait compter sur nous », affirme la direction. D’ici là, à Dzoumogné, les équipes continuent d’avancer, souvent dans l’ombre, parfois au bord de la rupture. « Ce n’est pas facile de venir le matin et de constater tous les jours les problèmes », confie Fatima Bacar, directrice adjointe.
À Dzoumogné, le centre d’enfouissement continue de fonctionner sous étroite surveillance. Après le cyclone, puis les difficultés de stabilité du casier historique, le site est entré dans une phase de vigilance permanente. Sa capacité à durer dépend désormais d’un équilibre fragile : maîtrise des volumes, amélioration du tri et mise en œuvre des projets de valorisation des déchets.
L’heure n’est pas encore à la ruée vers les pommes de terre, les bananes et les songes importés de Tanzanie ou de Madagascar, ni vers les fruits à pain et le manioc introduits illégalement par Kawasa depuis Anjouan. À quarante-huit heures de l’entrée dans le mois de jeûne, le consommateur mahorais commence à s’interroger sur le sort qui lui sera réservé cette année, un an après le passage du cyclone Chido et la disette qui a marqué le Ramadan 2025. Une expérience que tous les musulmans de l’île préfèrent oublier, tant les privations alimentaires avaient été difficiles à vivre.
À l’approche du mois sacré du Ramadan, l’état de l’agriculture refait surface dans le débat public à Mayotte. Par principe et par coutume, les fidèles aiment ne se priver de rien à l’heure de la rupture du jeûne, privilégiant les produits locaux à la nourriture importée. Mais cela reste souvent une théorie. Confrontée à une société de consommation d’inspiration occidentale, la ménagère mahoraise a depuis longtemps adopté de nouvelles habitudes alimentaires et culinaires. La facilité l’emporte sans doute sur la recherche d’authenticité.
L’incapacité du monde agricole mahorais — du moins celui qui opère dans la légalité — à produire suffisamment pour répondre à la demande n’est pas étrangère à ce changement rapide des habitudes alimentaires. On en vient ainsi à s’alimenter n’importe comment, surtout chez les plus jeunes, plus sensibles aux tentations de la « malbouffe » promues par certaines enseignes.
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« Il faut aussi souligner un manque évident de contrôle sur la composition des prix. On vous dira que le commerce est libre de fixer ses tarifs et que la clientèle est libre d’acheter ou non, mais tout système a ses limites. Comment expliquer l’expansion d’un tel Far West en si peu de temps ? Ni le prix du carburant ni d’autres indicateurs économiques ne justifient cette inflation. Même les effets du cyclone Chido, aujourd’hui derrière nous, n’expliquent pas cette situation », déplore Mathoir Mohamed Abdou, venu collecter des dons à la sortie d’un centre commercial pour les plus démunis.
Membre d’une association d’entraide musulmane, il se soucie particulièrement de pouvoir satisfaire les besoins alimentaires des ménages sans ressources, de plus en plus nombreux sur l’île.
« Beaucoup de nos concitoyens n’osent pas manifester leur détresse. Il faudrait que certaines structures redoublent d’efforts en ce mois béni pour leur venir en aide », confie-t-il.
Deux de ses collègues septuagénaires abondent dans son sens et évoquent à leur tour la situation de l’agriculture locale, laissée pour compte faute de financement et de coordination publique.
Pour un véritable plan de relance de l’agriculture mahoraise
« On ne comprend rien à l’action publique dans ce domaine. Même le monde agricole semble s’éloigner des véritables enjeux de Mayotte. À trois reprises, l’ancien président du Conseil général, feu Younoussa Bamana, a décrété une année de l’agriculture. De vastes ressources financières ont alors été allouées à ce secteur, et les résultats ont été probants. Conclusion : c’est la volonté qui manque aujourd’hui à ses successeurs pour relancer ce secteur », observe Saïd Hamissi, habitant des hauteurs de Cavani-Mtsapéré.
Il se souvient de l’époque où les Mahorais produisaient une partie de ce qu’ils consommaient. Certes, la population a été multipliée par quinze en quarante-cinq ans, mais l’espace agricole, lui, n’a pas autant diminué.
« La même Chambre d’agriculture existe toujours, tout comme les deux administrations — étatique et départementale — chargées du secteur. Mais quels plans concrets ont-elles mis en place ? On ne parle que de trois ou quatre exploitations agricoles privées, qui survivent péniblement, sans soutien conséquent pour se développer. »
Saïd Hamissi déplore également que les responsables locaux multiplient les déplacements à l’étranger pour “s’inspirer” des réussites agricoles voisines, sans jamais mettre en œuvre les leçons apprises.
« Des techniques utilisées ailleurs pourraient être adaptées ici. Tout le monde se déclare agriculteur pour espérer toucher des subventions, mais personne n’est capable de vous vendre un régime de bananes quand il le faut. Résultat : ce qui pousse naturellement devient un produit de luxe. »
Très informé, « le papy » de Cavani-Mtsapéré remarque que l’heure est aux préparatifs pour le Salon de l’agriculture à Paris…
À quand le recours aux nouvelles technologies pour développer sérieusement l’agriculture à Mayotte ?
« Les médias vont encore vanter la vanille mahoraise et ses médailles, mais jamais on ne parle de sa production à grande échelle pour créer des emplois. De la salade, encore de la salade, comme si rien d’autre ne poussait ici ! On fait venir des produits de Madagascar, des Comores, d’Afrique, alors qu’ils pourraient très bien être cultivés à Mayotte. J’ai honte de voir à la télévision des reportages sur le gingembre ou le café de Madagascar alors que rien n’est fait chez nous », s’indigne encore Saïd Hamissi.
Reprenant la parole, Mathoir Mohamed Abdou insiste sur l’urgence de reboiser l’île après les ravages du cyclone Chido en 2024, afin d’éviter une sécheresse dévastatrice.
« On nous impose une multitude d’interdictions et d’études avant d’agir. On dirait qu’il y a une volonté planifiée de laisser Mayotte sombrer dans l’oubli, le sous-emploi et la dépendance totale aux importations — donc à la vie chère sans fin », affirme-t-il, amer.
Il regrette que les autorités évoquent sans cesse les dégâts des eaux de pluie dans le lagon ou les zones urbanisées, sans jamais parler de reboisement massif le long des cours d’eau pour retenir et canaliser cette eau.
« On oublie que certaines cultures, comme le poivre, nécessitent des supports végétaux. Mayotte, l’île aux parfums, a fait autrefois la gloire du basilic, du patchouli ou du vétiver. Pourquoi ne pas redonner vie à ces filières ? On encourage les jeunes à planter des pommes de terre alors que leur culture exige des surfaces qu’on n’a pas ici. »
Pour lui, il serait impensable de renoncer au développement d’une agriculture sérieuse, moderne et durable à Mayotte. Une agriculture respectueuse des normes sanitaires, certes, mais surtout capable de nourrir les Mahorais dans le respect de leurs traditions et de leurs besoins.
La commission d’enquête du Sénat sur les inégalités systémiques dans les outre-mer qui a débuté le 27 janvier dernier a consacré une audition dense à la question des modèles économiques ce mardi 17 février. Derrière les constats techniques, les échanges ont surtout révélé une lassitude politique et sociale.
Le sénateur Thani Mohamed Soilihi a replacé les travaux de la commission dans une continuité politique. Il a rappelé que la lutte contre la vie chère traverse les législatures et structure depuis longtemps le débat public dans les outre-mer. « Nous avons une impression de tourner en rond, et ce n’est pas qu’une impression », a-t-il déclaré, évoquant aussi bien la loi Égalité réelle outre-mer que les multiples dispositifs censés réduire les écarts de prix.
Face aux experts, le sénateur a insisté sur la nécessité de passer d’une logique d’accumulation de rapports à une stratégie opérationnelle. Il a notamment interrogé la faisabilité d’une intégration régionale plus poussée, présentée comme un levier potentiel pour diversifier les approvisionnements et renforcer la concurrence. « L’une des façons d’y arriver serait peut-être une meilleure intégration régionale », a-t-il avancé, avant de questionner l’adéquation des outils économiques et concurrentiels dont disposent réellement les territoires.
Les réponses des spécialistes, ont confirmé que l’intégration régionale représente une piste crédible, à condition de renforcer les infrastructures, d’harmoniser les normes et d’accompagner durablement les acteurs économiques locaux. Les experts ont également souligné l’impact des écarts de charges fiscales et sociales avec les pays voisins, qui influencent directement la compétitivité des économies ultramarines.
Saïd Omar Oili a dressé un constat sans détour de l’évolution récente du territoire : « J’ai le sentiment que depuis l’an dernier, la situation à Mayotte s’est encore dégradée », a-t-il affirmé. Il a décrit le fonctionnement quotidien des collectivités locales, confrontées à des marchés très concentrés. « Nous savons travailler dans la transparence, mais la structure économique limite fortement le jeu de la concurrence », a-t-il expliqué, évoquant la domination de quelques entreprises dans des secteurs clés comme le BTP.
Au-delà des mécanismes économiques, Saïd Omar Oili a élargi le débat à ses conséquences sociales. « Mayotte cumule des prix très élevés, une pauvreté importante et des dispositifs sociaux parmi les plus faibles », a-t-il rappelé, avant d’attirer l’attention sur la jeunesse, l’accès à l’éducation et les perspectives d’avenir sur l’île.
Les experts ont également été interrogés sur l’indexation et la surrémunération des salaires, dispositifs historiques des départements d’outre-mer. Leur analyse a souligné l’utilité de ces mécanismes pour soutenir le pouvoir d’achat, tout en rappelant leurs effets limités sur la réduction des inégalités structurelles.
Au fil de l’audition, une ligne directrice s’est imposée : les leviers existent, les diagnostics convergent, et la commission entend désormais formuler des propositions capables de transformer durablement les modèles économiques ultramarins. Pour Mayotte, l’enjeu dépasse largement la question de la vie chère. Il touche à la cohésion sociale, à l’avenir de la jeunesse et à la capacité du territoire à se projeter dans un développement plus équilibré.
Antoissi Ahamada et Rafiou Issa ont été condamnés à la peine capitale par contumace. La cour a également ordonné l’émission de mandats d’arrêt à leur encontre, après les avoir déclarés coupables de l’assassinat de Youssouf Ali, sauvagement tué le 8 juin 2025.
Le verdict après deux jours de procès
Après deux longues journées d’audience, les noms des personnes impliquées dans l’assassinat de Youssouf Ali, 36 ans, originaire de Ndruani, au sud de la capitale, sont désormais connus.
Le verdict a été rendu ce mardi 17 janvier, après huit mois de procédure ayant conduit à l’inculpation de plus de 25 personnes.
Les prévenus, renvoyés devant la cour d’assises, étaient poursuivis pour association de malfaiteurs, assassinat et complicité.
Seuls 17 d’entre eux ont comparu, les autres étant toujours en fuite, parmi lesquels Antoissi Ahamada alias Rando et Rafiou Issa, les deux seuls reconnus coupables d’assassinat.
Jamais retrouvés depuis la commission du crime, ils se seraient réfugiés à Mayotte.
Le 101e département français est souvent perçu comme un refuge pour de nombreux condamnés venus de l’autre côté de l’archipel. Certains profitent d’une liberté provisoire ou d’une autorisation d’hospitalisation pour fuir avant même la tenue du procès.
Des auteurs de violences, de crimes sexuels ou de coups et blessures ayant entraîné la mort y trouvent parfois refuge.
Il est rare que les mandats d’arrêt internationaux annoncés aboutissent à des arrestations.
Lors de ce procès, un autre prévenu poursuivi pour association de malfaiteurs n’a d’ailleurs pas comparu, alors qu’il était pourtant sous contrôle judiciaire.
Des incisives arrachées
Dans son réquisitoire, le parquet général a rappelé que l’association de malfaiteurs implique une entente en vue de commettre des actes graves.
Depuis un an, les localités voisines de Ndruani et Mwandzaza Mboini, dans la commune de Bambao Ya Mboini, sont en conflit.
Des affrontements ont d’abord fait des blessés, avant que ne survienne un assassinat, trois mois après le début des hostilités.
Le meurtre de Youssouf Ali aurait été planifié via un groupe WhatsApp, regroupant des habitants de Mwandzaza.
La brigade de recherches dépêchée à l’hôpital le soir de l’attaque a constaté que la victime avait deux incisives arrachées et une plaie au thorax gauche, probablement causée par une arme blanche, selon le parquet.
Lors de l’enquête, les forces de l’ordre ont découvert un tricot sans manches, un couteau et une casquette bleue près du lieu du crime.
Selon une source judiciaire, « les messages échangés tendaient à préparer des actes graves à Ndruani : certains évoquaient la prise d’otages, d’autres l’incendie d’habitations. »
Durant les audiences, certains prévenus ont reconnu appartenir à ce groupe, mais nié toute participation aux échanges.
Au terme des débats, la cour a condamné 11 personnes pour association de malfaiteurs et complicité, tandis que 13 prévenus ont été relaxés.
Un cas, cependant, a suscité l’incompréhension de la partie civile : celui de Mouhad Daffar, qui a admis avoir accompagné les deux auteurs, tout en niant avoir pris part au meurtre.
Un pourvoi en cassation annoncé
La cour a acquitté Mouhad Daffar du chef de complicité d’assassinat, mais l’a condamné à 7 ans de prison pour association de malfaiteurs.
Le greffier a relaté les faits : « Il se trouvait sur la plage à boire. Sur le chemin du retour, il a croisé Antoissi Ahamada et Rafiou Issa, qui lui ont demandé de les suivre. Il s’est assis sous un arbre, car il était ivre, et a gardé leurs affaires personnelles. Un peu plus tard, il les a vus revenir en courant, lui demandant de fuir avec eux. »
Pour la partie civile, ces aveux font de lui un complice :
« Nous saluons la tenue du procès, car nous connaissons désormais les meurtriers de Youssouf Ali. Mais voir un prévenu présent sur les lieux être acquitté pour complicité nous surprend », a déclaré Maître Soilahoudine Soulé, avocat de la partie civile.
L’avocat de la défense n’est pas de cet avis : « La cour a statué sur la base des éléments du dossier. Toutefois, déclarer mon client coupable d’association de malfaiteurs sans preuve concrète constitue une décision juridiquement contestable », a rétorqué l’avocat de la défense.
Maître Issa, un autre conseil de la partie civile, a également critiqué la légèreté des peines infligées à certains condamnés pour association de malfaiteurs — seulement deux ans de prison, alors que la loi prévoit entre six et vingt ans fermes.
Il a annoncé son intention de former un pourvoi en cassation.