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« On m’a jeté un sort » : en appel, une sexagénaire condamnée à huit ans de prison pour tentative de meurtre

« On m’a jeté un sort » : en appel, une sexagénaire condamnée à huit ans de prison pour tentative de meurtre

Après deux jours de débats nourris autour de son état mental, la cour d’assises de Mayotte a rendu son verdict. La sexagénaire poursuivie pour avoir violemment agressé la future belle-mère de son fils a été reconnue coupable de tentative de meurtre avec préméditation. Il lui a toutefois été reconnu une altération de son discernement au moment des faits. Elle est condamnée à huit ans d’emprisonnement, assortis de dix ans de suivi socio-judiciaire, avec interdiction d’entrer en contact avec la victime.

Les faits remontent à 2016, à Labattoir. Lors des préparatifs d’un mariage familial, l’accusée avait porté plusieurs coups de chombo à la tête de la victime, alors âgée de 71 ans. Cette dernière, grièvement blessée, avait tenté de se protéger avec les mains. En première instance, la prévenue avait été condamnée à dix ans de réclusion criminelle. En appel, elle contestait sa responsabilité pénale, invoquant une profonde altération de son état mental.

Lors de la deuxième journée d’audience, la cour s’est longuement penchée sur les expertises psychiatriques. À la barre, l’accusée, menue silhouette enveloppée dans un salouva traditionnel, se levant lentement pour s’étirer. Les experts, entendus en visioconférence, ont unanimement diagnostiqué une paranoïa, mais divergé sur sa nature.

« On n’est sûrement pas dans le cadre d’une schizophrénie », tranche l’un d’eux face aux tentatives de la défense d’expliquer le geste. Le désaccord porte sur la qualification : trouble de la personnalité ou délire paranoïaque relevant d’une psychose. « La pathologie paranoïaque est la plus difficile à explorer », souligne un autre expert.

Les psychiatres décrivent une femme ancrée dans des croyances magico-religieuses, persuadée d’être victime de persécutions, tantôt de sa belle-famille, tantôt de son mari décédé. Elle attribue ses douleurs à des sorts, évoque des guérisseurs et affirme que la victime voulait l’éloigner de son fils. « On m’a jeté un sort. Je n’étais pas moi-même. Mon cœur n’était pas sur place », répète-t-elle à la barre.

Un expert estime que le passage à l’acte est « l’aboutissement d’un délire de persécution » et considère que l’accusée n’était plus en mesure de comprendre le sens de ses actes. À l’inverse, un autre psychiatre rejette l’idée de délire : « La pensée magique n’est pas une pensée délirante, c’est une croyance culturelle ». Il pointe surtout l’absence d’un système motivationnel clair et des explications fluctuantes de l’accusée, évoquant même une amnésie qu’il juge « alléguée ».

La question des troubles de la mémoire a ainsi occupé une large part des débats. L’accusée affirme aujourd’hui ne se souvenir de rien, alors que son récit a varié au fil de la procédure. Pour un expert, cette amnésie relèverait d’un « choix conscient » afin d’éviter d’avoir à répondre de ses actes. Un autre n’exclut pas une amnésie ponctuelle au moment des faits, compatible avec une névrose.

Autre point central : la préméditation. L’accusée a expliqué s’être réveillée avec l’idée de tuer la victime, l’avoir cherchée à deux endroits et avoir pris un chombo sur son chemin. Pour certains experts, ces éléments excluent toute abolition du discernement. Pour un autre, il restent compatibles avec un état délirant : « Lorsqu’elle désigne son persécuteur, elle part à sa recherche pour en finir ».

Suivant en grande partie les réquisitions du parquet général, la cour a retenu la préméditation tout en reconnaissant une altération du discernement. Une position intermédiaire, qui maintient la responsabilité pénale de l’accusée mais tient compte de sa fragilité psychique.

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« Le surendettement à Mayotte est plus grave que ne le montrent les chiffres »

« Le surendettement à Mayotte est plus grave que ne le montrent les chiffres »

Réunie en séance plénière ce mercredi 25 février 2026 à Mamoudzou, la commission de surendettement de Mayotte a dressé le bilan de son activité 2025. Derrière des chiffres stables, la réalité sociale apparaît plus préoccupante, selon la directrice de l’IEDOM Mayotte.

La commission de surendettement des particuliers de Mayotte s’est réunie ce mercredi 25 février 2026 pour sa plénière annuelle. L’objectif : présenter le bilan d’activité de l’année 2025 et analyser l’évolution des situations de surendettement sur le territoire.

Compétente pour l’ensemble du département, la commission réunit autour de la table des représentants de la Préfecture, de la DRFIP, de l’IEDOM, des établissements bancaires, mais aussi des juristes et des associations de consommateurs et d’assistance familiale. Sa mission est double : examiner la recevabilité des dossiers déposés par les particuliers et proposer, le cas échéant, des solutions adaptées pour apurer les dettes.

En 2025, 56 dossiers de surendettement ont été déposés à Mayotte, contre 61 en 2024, soit une baisse de 8,2 %. Un chiffre qui reste dans la moyenne observée depuis 2023, autour de 60 dossiers par an.

Pour Florence Mar-Picard, directrice de l’IEDOM Mayotte et secrétaire de la commission, cette légère baisse ne reflète pas une amélioration de la situation : « Compte tenu des événements de fin d’année, les gens avaient d’autres priorités que de déposer un dossier de surendettement. Cette baisse n’est pas révélatrice de l’effectivité du surendettement à Mayotte. »

Avec seulement 29 dossiers déposés pour 100 000 habitants, Mayotte demeure le département où le recours à la procédure est le plus faible. À titre de comparaison, l’Hexagone enregistre 267 dossiers pour 100 000 habitants. Un écart considérable, que la directrice explique par des freins sociologiques, linguistiques et administratifs.

La structure de l’endettement à Mayotte confirme des spécificités locales. En 2025, 56 % des dettes concernent la consommation, 22 % l’immobilier et 20 % les charges courantes, telles que loyers, factures d’eau, d’électricité ou frais de scolarité.

Au total, la commission a traité près de 2 millions d’euros de dettes sur l’année. Le niveau d’endettement par dossier reste particulièrement élevé : l’endettement médian atteint plus de 27 000 € à Mayotte, contre environ 18 000 € en France hexagonale.

Sur les 47 dossiers examinés en 2025, 27 ont été orientés vers des mesures imposées : plans de remboursement, suspensions d’exigibilité ou effacements partiels ou totaux de dettes. Treize dossiers ont été clôturés faute d’éléments suffisants, et sept ont été jugés irrecevables.

Au final, 73,3 % des dossiers ont abouti à des solutions pérennes permettant de régler durablement la situation de surendettement. L’an dernier, 440 000 € de dettes ont ainsi été effacés sur le territoire, soit en moyenne plus de 26 000 € par dossier, un montant supérieur à celui observé dans l’Hexagone.

Si les chiffres restent faibles, la commission estime que le surendettement est en réalité bien plus répandu. « Les Mahorais ont beaucoup de mal à se dévoiler, à reconnaître qu’ils n’y arrivent plus. La solidarité familiale joue encore beaucoup, et les gens préfèrent trouver des solutions entre eux », souligne Florence Mar-Picard.

La complexité du dépôt de dossier, réalisé en français et nécessitant de nombreuses pièces, constitue un autre frein, notamment pour les publics les plus précaires. À l’inverse, la commission observe une hausse des dépôts en ligne, portée par une population plus jeune et plus à l’aise avec le numérique.

La directrice de l’IEDOM insiste sur un point essentiel : la confidentialité totale de la démarche. « Le dépôt d’un dossier de surendettement n’est pas public. Seuls les créanciers sont informés, et ils le sont déjà. »

Elle rappelle également que la procédure s’adresse exclusivement aux particuliers, à l’exclusion des commerçants et professionnels relevant d’autres dispositifs judiciaires.

Pour la commission, l’enjeu des prochaines années sera clair : mieux faire connaître la procédure, renforcer l’accompagnement social et lever les freins culturels afin que les situations de surendettement, souvent invisibles, puissent enfin être prises en charge.

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Feu vert pour la réhabilitation du stade départemental de Pamandzi

Feu vert pour la réhabilitation du stade départemental de Pamandzi
* image d'illustration générée par ia

Le préfet de Mayotte a signé, le 24 février 2026, un arrêté autorisant la poursuite du projet de réhabilitation du stade départemental de Pamandzi. À l’issue d’un examen au cas par cas, les services de l’État ont décidé que le projet ne serait pas soumis à une étude d’impact environnemental, estimant que ses effets sur l’environnement et la santé humaine sont limités.

Porté par la Société publique locale locale (SPL), le chantier prévoit notamment la rénovation des tribunes, la mise aux normes des installations, la gestion des eaux pluviales et l’amélioration des accès et de la voirie autour du site. Les travaux prévoient notamment la réhabilitation des tribunes existantes, la mise aux normes des installations, l’amélioration des accès ainsi que la gestion des eaux pluviales et des réseaux.

L’arrêté précise que les mesures prévues par le maître d’ouvrage permettent de limiter les nuisances pendant la phase de chantier. Bruit, poussières, gestion des déchets et écoulement des eaux ont été pris en compte, tout comme la prévention des risques pour les riverains.

L’administration souligne également l’absence d’atteinte notable aux milieux naturels et aux riverains, dans un secteur déjà urbanisé. La réalisation d’une étude d’impact est ainsi considérée comme non nécessaire.

Deux nouveaux cas de Mpox confirmés à La Réunion

Deux nouveaux cas de Mpox confirmés à La Réunion

L’Agence régionale de santé de La Réunion a confirmé, ce lundi 23 février, deux nouveaux cas de Mpox sur l’île de La Réunion. Les deux personnes, vivant au même domicile, sont liées à un cas importé de Madagascar et diagnostiqué le 9 février. Le nombre total de cas recensés en 2026 à la Réunion s’élève désormais à quatre.

Les autorités sanitaires poursuivent le contact-tracing afin d’identifier les personnes exposées et de leur proposer un suivi médical ainsi qu’une vaccination réactive lorsque nécessaire. L’ARS rappelle que le Mpox se transmet principalement par des contacts étroits et appelle à la vigilance face aux symptômes évocateurs (éruptions cutanées, fièvre, ganglions). En cas de doute, il est recommandé de contacter rapidement son médecin ou le 15 et de s’isoler.

MANDZARSOA sélectionné au FEMI 2025 en Guadeloupe

MANDZARSOA sélectionné au FEMI 2025 en Guadeloupe

Le documentaire Mandzarsoa, troisième film mahorais réalisé par Germain Le Carpentier, poursuit son parcours remarqué en festivals. Après avoir décroché le prestigieux Label « PICKS » au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand, le film est en compétition officielle à la 30ᵉ édition du FEMI – Festival régional et international du cinéma de Guadeloupe, qui se tient du 21 au 28 février 2025 au Lamentin.

Produit par Murielle Thierrin et Orana Larthomas pour Aldabra Films, Mandzarsoa marque la seconde sélection de Germain Le Carpentier au FEMI, après le succès d’Haraka Haraka, lauréat du Grand Prix du court métrage documentaire l’an dernier.

Mineurs isolés : les fractures qui secouent le territoire

Mineurs isolés : les fractures qui secouent le territoire

Au collège de Tsimkoura, des professeurs lancent un cri d’alarme. Ils ne souhaitent plus avoir à gérer des élèves qu’ils estiment ne plus avoir leur place dans une cour de récréation au milieu de leurs paisibles camarades de classe. La députée mahoraise Anchya Bamana a relayé leur demande auprès du ministre de la Justice Gérald Darmanin, destinataire d’autres doléances de l’élue. Elle plaide notamment en faveur d’une cour d’appel de plein exercice à Mayotte ainsi que de la création d’un tribunal administratif indépendant de La Réunion.

Collège de Tsimkoura — Anchya Bamana se fait l’écho de la communauté éducative de cet établissement situé dans le sud de l’île. Dans un communiqué de presse daté d’hier, lundi 23 février 2026, la députée (RN) de la 2ᵉ circonscription de Mayotte indique avoir été saisie à propos d’un sujet majeur : « la prise en charge des élèves délinquants récidivistes ».

Un sujet dont elle affirme avoir fait part à Gérald Darmanin, alors en déplacement sur l’île, qu’elle n’a pas pu accompagner en raison de l’intense activité parlementaire liée à l’examen du projet de loi sur « l’aide à mourir ».

Selon la députée, les enseignants de cet établissement constatent qu’ils scolarisent « des jeunes qui n’ont plus le profil pour se trouver dans les salles de classe et dans les cours de récréation avec des élèves paisibles. Des jeunes qui relèvent désormais du champ judiciaire et non plus de l’instruction, qui est pourtant la mission première des professeurs de l’Éducation nationale ».

Ceci explique sans doute la posture adoptée par le garde des Sceaux lors de sa prise de parole à Pamandzi, lundi après-midi, durant laquelle il a reconnu publiquement l’existence d’une jeunesse mahoraise délinquante. Il a appelé à sa prise en charge par les organismes compétents et demandé la priorisation de son éducation et de sa formation, notamment avec l’appui des armées.

Mais ce sujet n’est pas le seul que la parlementaire a évoqué avec le garde des Sceaux en amont de son déplacement sur le territoire. En effet, Anchya Bamana a rendu publique une missive adressée à Gérald Darmanin dans laquelle elle dresse un constat édifiant sur l’état des locaux et les conditions de travail des magistrats et des greffiers, ainsi que sur le malaise des avocats du barreau de Mayotte, qui subissent par ricochet les conséquences de ces difficultés.

« À Mayotte, la justice ne tient plus, elle survit, difficilement, à force de volonté. Elle survit grâce à des hommes et des femmes, en trop faible nombre, qui compensent au quotidien ce que l’institution ne parvient plus à garantir : des locaux dignes, des effectifs suffisants, une continuité de service saine », souligne-t-elle en introduction de son courrier.

Des éléments de langage que l’on retrouve dans les déclarations publiques du garde des Sceaux après son entretien avec les magistrats, les greffiers et les fonctionnaires de la Justice à la mi-journée.

Outre l’ensemble des difficultés du monde judiciaire sur l’île, déjà largement relayées dans les médias ces derniers jours, la députée évoque un climat de tension sociale et de défiance servant de toile de fond à l’ensemble.

« Nous, élus, relayons un sentiment d’abandon nourri par l’accumulation des inégalités, la crise de l’eau et des annonces sans effets concrets sur le territoire. Dans ce climat, la justice est perçue comme impuissante, voire injuste, protectrice des délinquants et acharnée contre les honnêtes gens », écrit-elle au ministre de la Justice. Elle évoque une perception qui s’installe progressivement et devient un fait politique qu’aucun discours ne suffira à dissiper sans réponses visibles, datées et financées.

La députée demande en outre une modification du mode de désignation des jurés populaires pour les cours d’assises, en guise de signal fort. Elle justifie cette demande par le fait que, selon elle, la majorité des jurés seraient actuellement issus de candidatures spontanées, jugées trop peu représentatives. Une situation qu’elle n’hésite pas à qualifier « d’entorse grave au principe même du jury populaire et non professionnel ».

Elle termine son courrier par un autre sujet : l’autonomie judiciaire de Mayotte par rapport à La Réunion, appelant à l’installation sur place d’un tribunal administratif permanent et d’une cour d’appel de plein exercice capables de rapprocher la décision judiciaire du terrain.

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Projet de loi sur l’aide à mourir : un projet de loi qui inquiète beaucoup à Mayotte

Projet de loi sur l’aide à mourir : un projet de loi qui inquiète beaucoup à Mayotte

L’idée d’une loi qui pourrait autoriser l’aide à mourir ne passe pas au sein de l’opinion publique à Mayotte. Dans les milieux religieux comme laïcs, le projet de loi en cours d’examen à l’Assemblée nationale est perçu comme un pas dangereux vers un inconnu que nul ne saurait canaliser ni maîtriser. Le principe du sacré est mis en avant pour justifier le refus d’une mesure qui affranchirait la France des barrières essentielles de la morale. Les adeptes des théories complotistes y voient un stratagème politique du gouvernement pour rendre le pays encore davantage ingouvernable, entre partisans et adversaires de ce projet de loi.

Débats et amendements vont bon train à l’Assemblée nationale, à Paris, où le projet de loi portant sur l’aide à mourir entre officiellement dans sa dernière ligne droite ce mardi 24 février 2026. Pendant que certains députés favorables à ce texte multiplient les stratagèmes pour arriver à leurs fins, d’autres, au contraire, s’acharnent à déposer autant d’amendements que possible afin de retarder, autant que faire se peut, l’aboutissement du processus en cours.

La députée (RN) mahoraise Anchya Bamana a annoncé qu’elle voterait contre ce texte, qu’elle juge contraire aux valeurs défendues par la société mahoraise dans son ensemble. C’est pour cette raison qu’elle n’a pas effectué le déplacement sur l’île lundi en compagnie du ministre de la Justice Gérald Darmanin.

Loin d’être consensuel, ce projet de loi risque de constituer un nouveau facteur de division au sein d’une société française déjà fracturée et fragilisée par d’autres sujets de société, à la veille d’une échéance électorale qui s’annonce des plus agitées en métropole. Évoqué depuis un moment dans l’agenda législatif du camp présidentiel, le texte actuellement examiné est présenté comme un marqueur de progrès, un affranchissement d’une posture jugée archaïque contre l’euthanasie, notamment en comparaison avec la législation en vigueur aux Pays-Bas.

Hélas, dans l’Hexagone comme en Outre-mer, cette approche est loin d’obtenir l’adhésion d’une majorité de la population, qui la perçoit très négativement, davantage comme un permis de tuer que comme un moyen de mettre un terme à des souffrances inhumaines, par exemple face à des maladies incurables ou à des situations d’acharnement thérapeutique.

« C’est à se demander ce qui arrive à certains de nos parlementaires en ce moment ? Ce texte, c’est du n’importe quoi. Toutes les barrières seront franchies s’il venait à être validé par les deux assemblées. Nos médecins vont être transformés en machines humaines à donner la mort sur commande. »

D’origine malgache, Marie-Hélène Rajoanarivelo, Française depuis plusieurs générations et catholique affirmée, suit de très près l’actualité nationale sur ce sujet.

Un rejet unanime et systématique chez les croyants et les religieux

Elle ne fait aucun mystère du sentiment que lui inspirent les débats, commentaires et chroniques diffusés sur cette question par les chaînes de télévision : « J’ai froid dans le dos ! Voilà où nous en sommes arrivés sur le sol français. Des élus vont jusqu’à préconiser, dans un amendement, que l’on contraigne des médecins à donner la mort alors qu’ils ont prêté serment de défendre la vie. En ce qui me concerne, je ne vois aucun signe de progrès là-dedans. Pourquoi les députés n’interdisent-ils pas simplement de donner la vie en France ? Là, au moins, leur position aurait le mérite d’être limpide », s’insurge-t-elle.

Une chose est certaine : le principe même de légiférer sur la notion « d’aide à mourir » provoque un tollé chez les croyants des trois religions monothéistes.

L’opinion exprimée ci-dessus par Marie-Hélène Rajoanarivelo trouve un écho chez un musulman pratiquant, Madjidi Hanouari, résident à Cavani, à Mamoudzou. « Peu importe l’excuse qu’ils pourront avancer, nul humain n’a le droit d’ôter la vie de son semblable. C’est un don divin : seul le Créateur qui l’a offerte peut décider de la retirer. Il n’y a pas matière à débattre. Nous avons tous l’obligation de préserver la vie par tous les moyens. »

À la mosquée de Boboka, un imam accepte également de s’exprimer sur le sujet de l’aide à mourir. « La société française marche sur la tête. Après le mariage pour tous, nous voici face au permis de tuer des malades physiques et mentaux. Où vont-ils s’arrêter ? À titre personnel, je ne vois aucun progrès dans cette démarche parlementaire. Ce sont des crimes que des parlementaires s’apprêtent à autoriser au moyen de la loi. Il n’y a pas d’autres mots pour qualifier ce que ces députés veulent faire passer. »

Il argumente en mettant en avant l’aspect précieux et sacré de la vie face à la douleur que peuvent provoquer la maladie ou les accidents. « Même confronté à ce genre de situation, l’être humain, quelle que soit sa foi, doit continuer à garder espoir. Un miracle est toujours possible. Les religions révélées citent de nombreux exemples de cas désespérés qui se sont révélés être sources d’une vie prolongée dans de meilleures conditions. Le Coran et la Bible rapportent l’exemple d’Ayoub (Job), confronté à une terrible souffrance sans jamais perdre sa foi en Dieu. Il a été récompensé par une rémission et un bonheur encore plus grand au terme de son parcours. »

Une référence commune aux trois religions du Livre pour signifier son rejet du texte d’origine gouvernementale, qui promet de rudes oppositions et de vives joutes verbales à venir dans les deux chambres du Parlement, et probablement dans la rue.

Pour sortir du champ de la foi, Abdouroihamane Mahafidou, rencontré sur la place de l’ancien marché de Mamoudzou, adopte un point de vue plus terre à terre, purement politique. À ses yeux, ce projet de loi illustre la démagogie des gouvernants français actuels, qui auraient choisi de le ressortir pour faire diversion à un an de la fin du mandat présidentiel.

Certains demandent une consultation des Français par voie référendaire

« Tout cela n’est pas sérieux. Ils se doutent bien que la prochaine majorité qui arrivera aux commandes, si elle n’est pas de gauche, mettra cette loi à la poubelle. La France a toujours défendu des valeurs contraires à ce que contient ce texte. Elle a toujours donné refuge aux personnes menacées de mort dans leurs pays d’origine. Et c’est maintenant qu’elle changerait de posture pour légaliser la mort sous assistance médicale forcée ? Admettez que quelque chose ne tourne pas rond dans la tête de nos dirigeants. Et ils se prennent vraiment au sérieux, ces gens-là ? Si le gouvernement est sûr de son coup, pourquoi n’organise-t-il pas un référendum pour connaître la pensée des citoyens français ? »

Une question jugée pertinente par d’autres personnes en cette période de campagne électorale en vue des municipales du mois prochain. Parmi les personnes interrogées sur ce thème de l’aide à mourir, il se dégage une forte inquiétude quant à l’applicabilité d’une telle loi en Outre-mer, où les populations sont majoritairement plus croyantes que dans l’Hexagone.

Dans le cas spécifique de Mayotte, où les mentalités ne risquent guère d’évoluer aussi rapidement que ne le souhaiterait le législateur, certaines voix appellent les députés à la raison. Elles estiment qu’il n’y a pas urgence à faire adopter ce texte maintenant.

« Emmanuel Macron et les siens préféreraient une fois de plus passer en force contre les Français, au lieu d’engager un dialogue constructif et consensuel avec toutes les couches de la société française avant de s’engager dans ce qui s’annonce déjà comme une voie sans issue. On dirait qu’ils veulent semer le désordre dans le pays et le rendre encore plus ingouvernable pour leurs successeurs », estime un ancien élu mahorais de droite.

Une chose est sûre : le débat ne fait que commencer dans la société française, de droite, du centre ou de gauche, en métropole comme en Outre-mer.

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Inoussa Oussene, un entrepreneur audacieux

Inoussa Oussene, un entrepreneur audacieux

À Mayotte, une nouvelle génération d’entrepreneurs fait émerger des solutions audacieuses pour répondre aux réalités locales. Parmi eux, Inoussa OUSSENE s’impose comme l’un des visages d’un entrepreneuriat moderne, ancré dans son territoire et tourné vers l’innovation. Diplômé d’un Master en Entrepreneuriat et Innovation de l’IAE Clermont Auvergne School of Management, le jeune Mahorais incarne une ambition claire : mettre ses compétences au service du développement économique de son île.

Issu de la première promotion du dispositif Futur Cadre Avenir de Mayotte, alors réservé aux bacheliers ayant obtenu la mention très bien en 2018, il a construit un parcours international riche d’expériences en métropole, à Mayotte, au Maroc et aux États-Unis. Un parcours qui nourrit aujourd’hui sa vision entrepreneuriale.

Une première réussite avec Chronocourse

À peine un mois après son retour à Mayotte, en septembre 2024, Inoussa OUSSENE lance Chronocourse, une solution de livraison inspirée du modèle de Uber Eats, mais adaptée aux réalités locales. Accessible via application iOS, le service répond rapidement aux nouveaux besoins des habitants dans un contexte marqué par les conséquences du cyclone Chido, événement dévastateur ayant profondément bouleversé l’organisation quotidienne sur l’île.

Chronocourse s’impose alors comme une réponse agile, facilitant l’accès à la restauration et aux services de proximité, tout en créant de nouvelles opportunités économiques.

MaoréPunch, une première à Mayotte

Fort de cette première expérience entrepreneuriale, le jeune dirigeant poursuit sur sa lancée. Un an plus tard naît MaoréPunch, un concept inédit sur le territoire. L’entreprise introduit une innovation de

procédé encore jamais vue à Mayotte : une machine à coup de poing foraine nouvelle génération, personnifiée comme une véritable star de MMA.

Imposante — 2,40 mètres de hauteur pour 185 kilos — la machine attire immédiatement les regards et transforme chaque installation en événement. Mais au-delà de la performance physique, c’est surtout le modèle économique qui marque une rupture.

Le divertissement au plus près du quotidien

Contrairement aux salles de jeux traditionnelles, souvent fixes et centralisées, MaoréPunch adopte une stratégie de proximité. Bars, restaurants, salles de sport ou établissements de quartier deviennent des espaces de divertissement accessibles sans déplacement spécifique.

« Le jeu ne nécessite plus de sortie dédiée : il s’invite naturellement là où l’on se retrouve déjà », explique l’entrepreneur.

Défis entre amis, challenges sportifs ou jeux concours rythment désormais certaines soirées mahoraises. Au restaurant Mayda, atteindre 850 points peut permettre de repartir avec une pizza offerte. Chez Dkle Food, les meilleurs scores ouvrent la porte à un menu complet, tandis que les sportifs de la salle Maybodyform peuvent remporter des récompenses en battant les records de leurs partenaires d’entraînement.

Chaque coup porté devient ainsi une expérience sociale, mêlant compétition amicale, animation commerciale et fidélisation de clientèle.

« CHIDO », une machine symbole de résilience

Parmi les installations, une machine se distingue particulièrement : « CHIDO ». Son nom rend hommage à l’événement climatique inédit qui a marqué l’histoire récente de Mayotte.

Plus qu’un simple équipement de loisir, elle incarne un symbole de résilience, de puissance et de détermination collective. À travers cette démarche, MaoréPunch inscrit le divertissement dans une mémoire partagée et une forme de fierté locale.

Des événements sur mesure pour particuliers et professionnels

Au-delà des installations permanentes, l’entreprise propose également la location de ses machines pour divers événements : team building, anniversaires, manifestations culturelles ou animations grand public.

L’objectif affiché est clair : créer des moments fédérateurs capables de rassembler différents publics autour d’expériences originales et mémorables.

Une ambition locale tournée vers l’avenir

Avec MaoréPunch, Inoussa OUSSENE illustre le retour d’une jeunesse qualifiée prête à investir son énergie au service de son territoire. Innovation, proximité et créativité deviennent les moteurs d’un entrepreneuriat mahorais en pleine mutation.

Une initiative locale ambitieuse qui démontre que, même dans un contexte de défis économiques et sociaux, Mayotte peut devenir un terrain fertile pour des projets structurés, innovants et porteurs d’impact.

Pour découvrir l’univers MaoréPunch ou louer une machine pour vos événements :
www.maorepunch.com
contact@maorepunch.com

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Des stagiaires mahorais formés aux métiers de la mer en Bretagne

Des stagiaires mahorais formés aux métiers de la mer en Bretagne

4 stagiaires mahorais – du lagon bleu aux rivages bretons – ont été accueillis par l’association Mayotte Breizh et se forment aux métiers de la mer. Quel meilleur endroit que Lorient pour apprendre un métier de la mer ? Malgré les contraintes, les difficultés liées au climat, les stagiaires se forment et acquièrent de nouvelles compétences, qui seront très utiles une fois rentrés à Mayotte. Le président de l’association Mayotte Breizh, Bacar BACAR-BAMCOLO, toujours attentif au soutien des mahorais de passage, leur a tendu la main afin que leur intégration se passe du mieux possible. Rencontre avec le patron des mahorais bretons.

Qui sont les stagiaires ?

Ils sont 4 stagiaires mahorais arrivés en Bretagne pour bénéficier d’une formation organisée dans le cadre des métiers de la mer. Âgés d’une vingtaine d’années, 3 des stagiaires connaissent déjà les métiers de la mer en tant que matelots ou mécanicien à la STM, tandis que l’un d’entre eux est demandeur d’emploi en insertion. Deux des stagiaires sont originaires de Petite Terre : Labattoir et Dzaoudzi, un autre est originaire de M’Tsapéré.

Arrivés en Bretagne pour suivre une formation au Centre européen de formation continue maritime, ils devraient rester 6 mois sur place, avant d’acquérir les compétences nécessaires à leur métier. « Le centre européen de formation continue maritime est partenaire du Conseil départemental de Mayotte. Il s’agit du meilleur centre de formation en Europe reconnu dans le domaine maritime », souligne le président de l’association Mayotte Breizh. « Les stagiaires logent à différents endroits mis à disposition par l’organisme de formation. »

Arrivée contrariée & solidarités mahoraises

Comme à son habitude, que ce soit avec les étudiants, visiteurs ou stagiaires, l’association Mayotte Breizh met tout en oeuvre pour accueillir au mieux les mahorais de passage. « Les membres de Mayotte Breizh ont été invités au

centre de formation, on a rencontré les stagiaires pour la première fois en présence du directeur adjoint : M.Mustapha EL KETTAB, ce qui a donné lieu à un échange entre membres de l’association et le directeur adjoint », précise Bacar BACAR-BAMCOLO pour le Flash Infos.

L’arrivée des stagiaires n’a pas été aussi simple que possible. « L’accueil depuis l’aéroport jusqu’à l’arrivée à leurs logements a été relativement difficile, lié à un manque d’organisation. Les logements ont été difficiles à trouver et le climat n’a pas aidé à ce bon accueil », l’Ouest de la France étant en proie à la pluie et au froid depuis plusieurs semaines.  « Pour certains, il s’agissait de leur premier séjour en métropole », rappelle le président de l’association Mayotte Breizh.

L’action des membres de l’association participe donc à faciliter l’arrivée des stagiaires et d’entretenir des liens de fraternité. « Nous organiserons le foutari avec eux ce samedi 28 février, afin de manger et de passer un moment de convivialité ensemble pour les rassurer autour des plats et gâteaux mahorais. Ce sera l’occasion d’échanger et de trouver des solutions s’ils ont encore des problèmes à résoudre. »

Au service de Mayotte

Ce passage en Bretagne va permettre aux équipes restées à Mayotte de bénéficier du soutien des stagiaires formés en Bretagne. « Leur passage ici va beaucoup aider Mayotte, car ils vont pouvoir se former, approfondir leurs connaissances théorique et pratique », explique Bacar BACAR-BAMCOLO.

En plus de l’accueil des stagiaires, l’association Mayotte Breizh continue à développer ses activités en Bretagne : avec les étudiants mahorais, le concours Miss Saluva BZH organisé début janvier 2026 ou encore le foutari le 28 février. « Nous continuons à renforcer notre structure et à échanger avec des futurs partenaires pour la communauté mahoraise qui travaille ou qui se trouve en études, qu’elle connaisse des difficultés sociales ou juste une volonté de créer des liens humains. »

La rupture du jeune organisée le 28 février permettra de rassembler environ 50 personnes autour d’un repas partagé, dans une salle à Lorient. L’événement est gratuit mais sur inscription, l’occasion de se rassembler autour des coutumes mahoraises et de garder un lien avec l’archipel et la famille restée à Mayotte.

Une association en plein essor

Des nouvelles devraient arriver prochainement de la part de l’association. « Nous avons des échanges qui portent sur de nouveaux contrats de partenariat ou de collaboration avec d’autres associations pour travailler sur la santé mentale des jeunes. Une journée culturelle sera peut-être organisée cette année à Lorient ainsi qu’une potentielle participation au festival Interceltique de Lorient. »

L’association Mayotte Breizh est riche de ses talents et repose sur l’engagement de ses membres de toutes générations. « Nous pouvons compter, au sein de notre association sur des jeunes comme des anciens qui donnent de leur temps et de leur énergie pour les futurs projets. Je les remercie pour leur engagement », conclut le président de l’association.

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Travaux de voirie : circulation perturbée avenue Baco Mahadali jusqu’au 1er mars

Travaux de voirie : circulation perturbée avenue Baco Mahadali jusqu’au 1er mars

La circulation est temporairement modifiée à Mamoudzou pour permettre des travaux de voirie sur l’avenue Baco Mahadali. Jusqu’au 1er mars 2026 à minuit, l’avenue est fermée dans les deux sens, avec une déviation mise en place par la rue Dahilou. Dans le périmètre des travaux, les voies à sens unique passent provisoirement à double sens et le stationnement est partiellement ou totalement neutralisé selon l’avancée du chantier. Des rotations supplémentaires de transport sont prévues aux heures de pointe, tandis que la circulation est régulée par les forces de l’ordre à certains créneaux. L’accès aux riverains est maintenu sous conditions.

Le bilan 2024 du REMMAT alerte sur la persistance du braconnage

Le bilan 2024 du REMMAT alerte sur la persistance du braconnage

Le Réseau Échouage Mahorais des Mammifères marins et des Tortues marines (REMMAT) a rendu public son bilan annuel 2024, qui dresse un état des lieux préoccupant de la situation des tortues marines à Mayotte. Entre 192 et 213 cas de tortues mortes ou en détresse ont été recensés sur l’année, dont 192 cas sans risque de doublon.

Le braconnage demeure la principale cause de mortalité, représentant 84 % des décès, soit 129 tortues, majoritairement des tortues vertes. En parallèle, 27 tortues en détresse ont pu être renflouées grâce aux interventions du réseau.

Côté mammifères marins, aucun échouage n’a été confirmé en 2024, bien que deux alertes aient mobilisé le REMMAT, dont celle d’une baleine à bosse enchevêtrée. Le bilan complet est disponible en ligne et constitue un outil clé pour le suivi des menaces et l’orientation des actions de conservation à Mayotte.

Ewa Air organise des vols spéciaux pour un rapatriement d’urgence

Ewa Air organise des vols spéciaux pour un rapatriement d’urgence

La compagnie aérienne Ewa Air a annoncé la mise en place de vols spéciaux afin de rapatrier les voyageurs mahorais bloqués à l’étranger après des pannes techniques touchant ses deux avions ATR. Les réparations nécessitent l’acheminement de pièces spécifiques depuis le constructeur, entraînant d’importantes perturbations depuis vendredi.

Avec l’appui exceptionnel de sa maison mère Air Austral, un appareil de plus grande capacité assurera des rotations supplémentaires. Un premier aller-retour est prévu ce lundi entre Mayotte et Nosy Be, suivi mardi de liaisons vers Majunga et Moroni afin de rapatrier les passagers concernés.

La situation reste toutefois plus complexe pour les voyageurs à destination ou au départ de Diego-Suarez, dont la piste ne permet actuellement l’exploitation que par des appareils de type ATR. La compagnie indique étudier d’autres solutions, notamment via des villes malgaches alternatives, pour assurer la continuité des voyages. Les passagers concernés seront contactés individuellement par les équipes commerciales afin d’être informés des solutions proposées et de l’évolution de la situation.

Une prison modulaire pour accueillir 300 prisonniers d’ici deux ans

Une prison modulaire pour accueillir 300 prisonniers d’ici deux ans
Crédit photo : Amélie Constant

Le garde des sceaux est venu assurer le service d’urgence à la prison de Majicavo ce lundi matin. Gérald Darmanin confirme la construction d’un site modulaire de 250 à 300 places pour soulager les locaux actuels, qui accueillent 700 détenus alors qu’ils étaient conçus pour n’en recevoir que 278. Le préfet devra également accentuer le rythme des expulsions d’étrangers condamnés à Mayotte, 270 d’entre eux ayant été expulsés en 2025.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, est arrivé à Mayotte ce lundi matin pour une visite éclair d’une journée. Longtemps annoncée et sans cesse reportée, cette visite a débuté très tôt, à 7 heures, par un passage au pénitencier de Majicavo-Lamir. À son arrivée, le garde des sceaux a été interpellé par des syndicalistes de la CGT qui souhaitaient s’entretenir avec lui. Leur syndicat, minoritaire au sein du personnel pénitentiaire, n’avait pas été inclus dans le programme officiel des rencontres.

« Nous appartenons à une organisation syndicale non représentative et, comme nous dénonçons tout ce qui ne va pas dans cet établissement, nous sommes mis de côté. Nous sommes empêchés de nous exprimer, et c’est po

ur cette raison que nous sommes là ce matin pour ce sit-in », expliquent-ils. Le ministre s’est engagé à les recevoir.

« Oui, nous allons être reçus tout à l’heure. On nous avait proposé de le rencontrer au SPIP à Kawéni, mais nous avons refusé. Nous préférons nous entretenir avec lui au sein de la prison. Il n’y a aucune raison de prendre la voiture pour aller là-bas alors que nous sommes ici sur notre lieu de travail », ajoutent-ils.

Les journalistes ont été tenus à l’écart des discussions entre le ministre et le personnel pénitentiaire, et le contenu de leurs échanges n’a pas été communiqué. Pour sa part, le secrétaire général de la CGT, Attoumani, dénonce les conditions de travail en interne :

« Il y a six détenus par cellule. Les mots nous manquent pour décrire la situation tellement elle est difficile. Certains agents sont sujets au burn-out. Il faudrait revoir le budget en fonction de l’effectif réel sur place et non sur la base initiale de 278 détenus. En vérité, nous avons atteint un nombre de 700 détenus, ce qui engendre des factures impayées auprès des fournisseurs de près d’un demi-million d’euros. »

Le syndicaliste précise que la SMAE est intervenue pour couper l’eau dans l’établissement. Les agents se plaignent d’être en sous-effectif pour gérer ces 700 détenus, tout en devant composer avec les absences de collègues en arrêt maladie suite à des agressions répétitives. « Il y a une semaine, l’une de nos collègues a reçu de l’urine sur elle. Nous demandons des moyens supplémentaires pour faire face à la situation réelle de Mayotte », conclut-il.

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Darmanin reçu au tribunal judiciaire de Mamoudzou

Darmanin reçu au tribunal judiciaire de Mamoudzou
Crédit photo : Amélie Constant

À la recherche désespérée d’un terrain pour bâtir une nouvelle prison dans un délai maximal de deux ans, Gérald Darmanin lance un appel à l’aide en direction des élus locaux. Il souhaite améliorer les conditions d’accueil des usagers ainsi que les conditions de travail des magistrats et des greffiers, tout en prônant une politique de fermeté envers la délinquance des mineurs.

Il n’y a pas qu’à la prison de Majicavo que la visite du garde des Sceaux était très attendue. La deuxième séquence de son déplacement marathon à Mayotte s’est déroulée au tribunal judiciaire de Mamoudzou, où il est arrivé aux environs de 9 heures. Il s’est installé dans la salle d’audience B à l’issue d’un rapide tour du chantier de rénovation des locaux, très endommagés par le cyclone Chido.

Il a remercié les magistrats, les greffiers et les agents qui servent la République à Mayotte dans des conditions toujours difficiles.

« Il y en a beaucoup à Mayotte. Évidemment, Chido est une crise paroxystique, mais il y en a d’autres : celles de l’eau, de l’insécurité, de

l’immigration ou encore celles liées à l’inflation. Les fonctionnaires de la République qui servent ici, qu’ils soient mahorais ou hexagonaux, sont à remercier », a-t-il déclaré.

Avec eux, Gérald Darmanin a évoqué trois sujets, à commencer par l’immobilier. Il estime que l’État se doit d’offrir à ses agents, aux victimes, aux usagers et plus largement à Mayotte des conditions dignes permettant d’assurer une justice efficace.

« On voit bien que ces conditions ne sont pas dignes, du fait de Chido, mais c’était déjà vrai avant ce cyclone puisqu’il y avait un éclatement des services du ministère de la Justice ici à Mayotte. Nous réparons et nous regardons comment réparer au plus vite le tribunal », a-t-il précisé.

Il a annoncé que la deuxième phase des travaux sera terminée en avril prochain et que le 8 juillet 2026 marquera la fin de l’ensemble du chantier. Il prévoit de venir lui-même inaugurer les locaux afin de s’assurer que les choses ont été correctement réalisées.

Un travail sera également engagé, en concertation avec les autorités locales, sur le futur site judiciaire de l’île, qui pourrait regrouper le tribunal administratif et le tribunal judiciaire afin d’améliorer les conditions de travail des magistrats, des greffiers et l’accueil des usagers.

Le deuxième sujet évoqué avec les professionnels de la justice a porté sur les ressources humaines et le manque de magistrats et de greffiers sur le territoire.

« Pourquoi manque-t-il des greffiers et des magistrats ? Parce que ce n’est pas toujours attractif. Il faut loger ces fonctionnaires, les sécuriser — comme tous les Mahorais ils rencontrent des difficultés liées à la sécurité — et parce qu’ils mettent parfois, comme beaucoup d’habitants, une heure et demie à deux heures pour se rendre au travail. Nous travaillons avec le préfet pour loger les fonctionnaires et pour aider les Mahorais à revenir sur leur terre natale en les accompagnant. C’est l’objet de la prime que j’ai débloquée ce matin, par exemple à la prison de Majicavo », a indiqué le ministre de la Justice.

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Inauguration d’un UEMO à Pamandzi : continuer à séparer les personnes en situation irrégulière du territoire national à Mayotte

Inauguration d’un UEMO à Pamandzi : continuer à séparer les personnes en situation irrégulière du territoire national à Mayotte
Crédit photo : Amélie Constant

Dégager des moyens supplémentaires pour éduquer et former les jeunes Mahorais en situation de décrochage scolaire tout en poursuivant l’expulsion des personnes en situation irrégulière avec leurs parents : le garde des Sceaux n’est pas allé par quatre chemins ce lundi après-midi lors de l’inauguration des locaux de l’UEMO de Pamandzi. Une nouvelle fois, Gérald Darmanin s’est montré ferme quant au sort des résidents illégaux sur le sol mahorais.

Le ministre a achevé sa visite éclair à Mayotte par une halte à Pamandzi, où il a inauguré une Unité éducative en milieu ouvert (UEMO), destinée à la prise en charge de mineurs déjà incarcérés, un phénomène en forte progression sur le territoire.

Le garde des Sceaux a remercié l’ensemble des acteurs œuvrant dans cette structure située non loin du stade de Pamandzi : agents du Département, personnels pénitentiaires, éducateurs associatifs, personnels de l’Éducation nationale, agents municipaux et fonctionnaires du ministère de la Justice, qui travaillent

dans des conditions difficiles avec des effectifs insuffisants au regard du nombre de mineurs suivis.

Le ministre souhaite renforcer leurs moyens.

« Nous avons dix postes vacants à Mayotte. Nous devons donc augmenter le nombre d’agents envoyés sur l’île et disposer d’unités dotées de locaux comme ceux que je viens d’inaugurer. Il existe trois unités spécifiques pour la PJJ sur tout le territoire mahorais. Nous devons aussi mieux travailler avec les armées, notamment autour du RSMA. Avec l’Éducation nationale et le Département, nous avons échangé sur le fait que le taux de chômage des jeunes est ici particulièrement élevé : environ 50 % d’entre eux sont sans emploi. Il y a beaucoup de décrocheurs scolaires. Nous devons continuer à investir massivement dans les moyens éducatifs », a-t-il expliqué.

Gérald Darmanin aurait également demandé au directeur national de la PJJ de renforcer l’encadrement éducatif des jeunes confiés à ces structures. Jusqu’à présent, dans les centres éducatifs fermés, en prison ou dans les structures d’hébergement, ils bénéficiaient de cinq à dix heures de cours par semaine, contre vingt-cinq à trente heures en milieu scolaire classique.

S’appuyant sur une réforme récente, matérialisée par une circulaire adressée il y a quelques semaines aux acteurs de la PJJ, le garde des Sceaux souhaite recentrer les efforts sur l’éducation, la formation et le cadre éducatif afin d’éviter que ces jeunes ne récidivent après six à huit mois de prise en charge.

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Comores : il risque un an de prison pour avoir critiqué le gouverneur de Ngazidja

Comores : il risque un an de prison pour avoir critiqué le gouverneur de Ngazidja

Un conseiller de la commune de Mitsamihuli est poursuivi pour diffamation et dénonciation calomnieuse après avoir tenu des propos qui auraient déplu au gouverneur de la Grande Comore, accusé d’avoir joué un rôle dans la suspension de l’ouverture d’une police municipale.

Depuis jeudi, un conseiller municipal de la commune de Mitsamihuli, au nord de la Grande Comore, est en détention. Après une nuit en garde à vue, il a été présenté à un juge le vendredi, qui l’a officiellement inculpé pour diffamation et dénonciation calomnieuse envers une autorité publique.

Athoumani Msaidie aurait reconnu avoir proféré des propos et publié des écrits diffamatoires sur les réseaux sociaux à l’encontre du gouverneur de l’île autonome de Ngazidja, Ibrahim Mze Mohamed, selon l’ordonnance de mise en détention provisoire datée du 20 février.

Le code pénal en vigueur punit la diffamation commise par voie de radiodiffusion d’une peine allant de deux mois à un an de prison, assortie d’une

amende de 150 000 à 300 000 francs (environ 600 euros), ou de l’une de ces deux peines, selon l’article 235.

Originaire de la même commune que le gouverneur lui-même, le conseiller Athoumani Msaidie, alias Pasocco, qui se trouvait chez le juge ce lundi pour une audition, fait les frais de ses interventions publiées en ligne ces derniers temps.

Selon le maire de la commune, Chamsoudine Soulé, tout a commencé par l’annulation d’une cérémonie d’ouverture d’une police municipale destinée aux six villes de la commune. L’événement devait se tenir à la mi-février dans une localité appelée Ndzaouze.

« On a appris que c’est le gouverneur qui l’a bloquée. Notre conseiller a alors expliqué les raisons de l’annulation de la cérémonie. Un proche du gouverneur a rétorqué en guise de droit de réponse. Les débats ont commencé sur les réseaux sociaux. Puis Athoumani a écrit un article avec ses arguments pour prouver que le gouverneur est derrière cette suspension. Le petit frère du gouverneur a également répondu. Enfin, il y a eu une lettre ouverte du conseiller », a relaté le maire de la commune.

Gouverneur informé

À entendre l’édile de Mitsamihuli, ce n’est qu’après la publication de cette lettre ouverte que M. Athoumani Msaidie a été convoqué par la brigade des recherches. Il y passera la nuit jusqu’au vendredi, avant d’être inculpé.

Dans l’un de ses courriers, le conseiller municipal a pris soin de relater chronologiquement les étapes parcourues par la commune en vue de mettre sur pied la police municipale, dont l’une des missions était de lutter contre la délinquance. Selon lui, la décision avait été entérinée à l’issue d’un conseil communal.

« Le 3 février, les invitations ont été imprimées et distribuées au ministère ainsi qu’au gouvernorat. Le ministère a formulé ses recommandations et le gouvernorat n’a donné aucun signe de vie. Le lendemain, la commission d’organisation de la ville de Ndzaouze a convoqué en urgence la mairie pour lui exprimer son inquiétude face à la rumeur selon laquelle le gouverneur n’était pas informé de cette cérémonie. Comme je viens de le mentionner, le maire a présenté toutes les informations et preuves, et la commission a finalement laissé au gouverneur le choix de venir, de ne pas venir ou de saboter », peut-on lire dans un courrier adressé dans un premier temps à un commerçant natif de Mitsamihuli, Mohamed Madouhouli.

Dans sa lettre ouverte adressée au gouverneur de la Grande Comore, le conseiller Athoumani Msaidie l’accuse notamment de saboter les promotions et nominations de personnes originaires de Mitsamihuli.

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Le sort des pêcheurs mahorais, nouveau cheval de bataille de Saïd Omar Oili

Le sort des pêcheurs mahorais, nouveau cheval de bataille de Saïd Omar Oili

Le sénateur mahorais Said Omar Oili, est à nouveau monté au créneau pour défendre les pêcheurs de l’île. A l’occasion d’une table ronde de la délégation sénatoriale aux Outre-mer dédiée à l’économie bleu, le parlementaire a plaidé en faveur d’une solution provisoire permettant au préfet d’autoriser le retour en mer des pêcheurs mahorais. Ceux-ci sont frappés d’une interdiction depuis novembre 2025 sous le motif d’une non-conformité aux normes européens. « On a un lagon, les gens allaient pêcher avec leurs pirogues, il n’y avait pas d’accident et tout se passait bien », « et puis la réglementation est arrivée et nous disait pas de pirogue, les barques sont venues, on les a homologués et puis on nous a dit, vous êtes européens, il vous faut des barques de tant de mètres », s’est indigné Said Omar Oili. En guise de réponse, le gouvernement, par la voix d’Emilia Havez (sous-directrice des politiques internationales, sociales et agricoles à la direction générale des outre-mer) a évoqué des travaux en cours avec la Mission interministérielle pour la refondation et la reconstruction de Mayotte (MIRM) pour institutionnaliser la pêche sur l’île. Un fonds annuel de 250.000 euros serait prévu pour alimenter un fonds de concours sur la base des redevances versées par les thoniers séniors seychellois que l’EU a autorisé à pécher dans les eaux mahoraises.

Après Moscou, Michaël Randrianirina à Paris mardi pour une rencontre avec Emmanuel Macron

Après Moscou, Michaël Randrianirina à Paris mardi pour une rencontre avec Emmanuel Macron

Le président de la République Emmanuel Macron recevra ce mardi 24 février à l’Élysée le nouveau dirigeant de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina. Il s’agira de la première visite officielle en France de celui qui se présente comme le « président de la Refondation », arrivé au pouvoir en octobre à la suite d’un coup d’État ayant conduit au renversement de l’ancien chef de l’État, Andry Rajoelina.

Selon la présidence française, les deux dirigeants partageront un déjeuner de travail consacré à l’accompagnement de la transition politique engagée sur l’île, au soutien à la jeunesse malgache et au renouvellement du partenariat bilatéral entre Paris et Antananarivo. Les conséquences des récents épisodes cycloniques à Madagascar, feront également partie des échanges.

Cette rencontre intervient dans un contexte diplomatique sensible, quelques jours après la visite de Michaël Randrianirina à Moscou et alors que l’influence française est de plus en plus concurrencée en Afrique par la Russie.

Salon de l’agriculture : Emmanuel Macron fait halte au stand de Mayotte

Salon de l’agriculture : Emmanuel Macron fait halte au stand de Mayotte

Comme chaque année, Emmanuel Macron a inauguré le Salon international de l’agriculture ce samedi 21 février. Lors de sa visite, le chef de l’État s’est arrêté au stand de la CAPAM, la chambre de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture de Mayotte, pour échanger avec les producteurs mahorais et découvrir leurs produits.

Au fil des discussions, les agriculteurs ont mis en avant leurs savoir-faire, mais aussi leurs difficultés. Dans une vidéo diffusée par la CAPAM, une exploitante évoque notamment les conséquences du cyclone Chido sur les cultures, rendant certains champs difficilement accessibles. Une occasion pour la filière mahoraise de rappeler les enjeux et fragilités du secteur agricole à Mayotte, au-delà de la vitrine offerte par le salon.

Gérald Darmanin arrive à Mayotte avec une feuille de route

Gérald Darmanin arrive à Mayotte avec une feuille de route

Gérald Darmanin est attendu ce lundi 23 février à Mayotte. Le garde des Sceaux achève sur l’île un déplacement entamé vendredi à La Réunion. C’est à cette occasion que la Chancellerie a diffusé deux circulaires qui fixent désormais le cadre de l’action judiciaire de l’État dans les territoires ultramarins.

L’une est consacrée à la politique pénale territoriale, l’autre au traitement du désordre foncier. Deux textes distincts, mais pensés comme les « deux volets indissociables d’une même politique judiciaire ultramarine », selon les termes du ministre .

Dans la circulaire de politique pénale territoriale signée le 20 février, Gérald Darmanin dresse un constat appuyé sur la situation des outre-mer. « Les territoires ultra-marins sont particulièrement exposés à une structure de la délinquance marquée par la violence, la criminalité organisée, les atteintes à la probité et à l’environnement », écrit le garde des Sceaux .

Face à ce constat, la Chancellerie appelle à une réponse pénale plus ferme et plus visible. Les parquets sont invités à renforcer la lutte contre les violences du quotidien, en particulier les violences intrafamiliales, et à protéger davantage les agents de l’État, régulièrement ciblés dans certains territoires. Le texte insiste également sur la nécessité de mieux faire connaître les

décisions rendues, afin de « réaffirmer la réponse effective de l’autorité judiciaire » et d’éviter les phénomènes de vengeance privée .

La lutte contre la criminalité organisée constitue un autre axe central. « La saisie et la confiscation des avoirs criminels constituent des leviers essentiels pour endiguer les trafics lucratifs », souligne la circulaire, dans un contexte où ces réseaux alimentent un fort sentiment d’injustice sociale .

La seconde circulaire publiée par la Chancellerie cible un problème structurel : le désordre foncier en outre-mer. La difficulté persistante à identifier les propriétaires de biens immobiliers a des conséquences directes sur l’aménagement du territoire, l’accès au droit et la cohésion sociale.

« Source d’insécurité juridique, le désordre foncier nuit aux intérêts des particuliers comme à ceux des collectivités », rappelle le ministère, soulignant que l’absence de titres fiables empêche la transmission des biens, l’accès au crédit et retarde de nombreux projets publics.

À Mayotte, où les situations de possession ancienne sans titre sont nombreuses, la Chancellerie encourage une mobilisation renforcée des juridictions. La circulaire met en avant la procédure accélérée au fond, spécifiquement adaptée au territoire, afin de faciliter l’accès au juge et la sécurisation des droits de propriété. Elle appelle également à la tenue d’audiences dédiées et à la désignation de magistrats référents pour ce contentieux.

Dans son courrier d’accompagnement, Gérald Darmanin assume une approche globale des difficultés ultramarines. « L’insécurité juridique alimente l’insécurité sociale », écrit-il, estimant que la justice constitue l’un des piliers de la cohésion territoriale et républicaine.

À Mayotte, Gérald Darmanin arrive avec une feuille de route : fermeté pénale, lutte contre les trafics, sécurisation du foncier et adaptation de la justice aux réalités locales.

Reste désormais à voir comment ces lignes directrices se traduiront concrètement sur le terrain, où les juridictions fonctionnent sous forte pression et où les attentes, tant en matière de sécurité que d’accès au droit, sont particulièrement élevées.

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