Accueil Blog Page 12

Mayotte : hausse des prix des carburants au 1er mars 2026

Mayotte : hausse des prix des carburants au 1er mars 2026

Le préfet de Mayotte a annoncé, dans un communiqué publié le 28 février à Dzaoudzi, une révision des prix maximaux des produits pétroliers applicable à compter du 1er mars 2026.

Le supercarburant sans plomb passe à 1,68 € le litre, soit une hausse de 2 centimes. Le gazole enregistre une augmentation plus marquée de 4 centimes, à 1,44 € le litre. Le gazole marin progresse également de 3 centimes, atteignant 1,00 € le litre.

En revanche, les prix du pétrole lampant (1,26 € le litre), du mélange détaxé (1,10 € le litre) et du gaz de pétrole liquéfié (24,00 € la bouteille de 12 kg) restent inchangés.

Selon la préfecture, cette évolution s’explique notamment par la progression de la parité euro/dollar, établie à 1,18 en mars, renchérissant le coût d’approvisionnement.

Mamoudzou by night : marche et trail nocturnes le 8 mars

Mamoudzou by night : marche et trail nocturnes le 8 mars

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Ville de Mamoudzou organise le 8 mars 2026 une nouvelle édition de « Mamoudzou by night ». Deux parcours sont proposés : une marche de 8 km et un trail urbain de 10 km, avec départ et arrivée à l’Hôtel de Ville.

La soirée débutera par un fitness géant à 19h30, avant le départ des épreuves à 20h. Un ravitaillement est prévu à Cavani Vétiver ainsi qu’à l’arrivée. L’événement, gratuit et ouvert à tous dès 8 ans (avec autorisation parentale), nécessite une inscription obligatoire avant le 6 mars à minuit. Pour créer une ambiance harmonieuse, les participants sont invités à porter un t-shirt blanc.

Des navettes seront mises en place à 19h30 depuis Vahibé, Kaweni et Tsoundzou 2, dans la limite de 120 places par départ.

Mamoudzou by night : marche et trail nocturnes le 8 mars

La course de pneu de Mamoudzou de retour le 26 avril

La course de pneu de Mamoudzou de retour le 26 avril

La Ville de Mamoudzou organise sa traditionnelle course de pneus communale le dimanche 26 avril 2026, de 7h à 12h, dans les rues de M’tsapéré. Le départ sera donné au plateau sportif de Mbalamanga, avec une arrivée prévue derrière la halle de pêche. Le circuit sera adapté selon les catégories : jeunes (filles et garçons de 8 à 12 ans), parents, séniors et personnes en situation de handicap.

À l’issue de la course, 300 jeunes seront sélectionnés pour représenter la commune lors de la finale prévue le 28 juin 2026 face aux autres communes. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au vendredi 17 avril 2026 à 12h.

Réouverture partielle de l’avenue Baco Mahadali à Cavani

Réouverture partielle de l’avenue Baco Mahadali à Cavani

Après plusieurs semaines de travaux, la circulation reprend progressivement sur l’avenue Baco Mahadali, située dans le quartier de Cavani. La municipalité annonce la réouverture de cet axe routier à compter du lundi 2 mars 2026, exclusivement pour les véhicules légers.

Les aménagements réalisés ont permis de lever les restrictions de circulation dans le périmètre concerné. Les voies adjacentes retrouvent ainsi leurs règles habituelles de circulation, facilitant à nouveau les déplacements quotidiens.

Logements sociaux à Mayotte : enquête sur un modèle importé qui inquiète

Logements sociaux à Mayotte : enquête sur un modèle importé qui inquiète
La demande locale en matière de logements sociaux mettra du temps à se résorber tant les disponibilités sont dessous des attentes du public.

Des promesses de logements modernes pourraient très vite se transformer en cauchemars quotidiens, vecteurs de problèmes de diverses natures dans un avenir proche. Les logements sociaux, dont la construction se limite au strict minimum, constituent l’une des promesses phares des candidats aux élections municipales du mois prochain. Si le compte n’y est pas du tout, et que l’offre ne risque pas de sitôt d’avoir la capacité d’absorber la demande colossale du territoire, ces promesses électorales ont de très fortes chances de rester sans suite, car jusqu’à présent, les annonces budgétaires formulées n’ont aucune chance d’être au rendez-vous.

« Il faut arrêter de stigmatiser chaque fois les étrangers présents et les primo-arrivants sous prétexte qu’on ne sait pas où les loger. Singapour et Hong Kong sont surpeuplés : on ne compte même plus le nombre de personnes qui y vivent au mètre carré, et pourtant, il y a chaque année plus de monde qui s’y ajoute ! Nous n’avons qu’à construire des tours, normées antisismiques et anticycloniques, et le problème de la surpopulation à Mayotte sera réglé », avance un candidat de gauche aux responsabilités à Mayotte.

Hélas, il n’est pas le seul à s’inscrire dans cette trajectoire. Certains maires locaux n’hésitent pas à les vendre à leurs administrés comme un remède miracle contre la crise du logement sans précédent que connaît Mayotte depuis ces dix dernières années. Les candidats aux élections municipales du mois prochain ne sont pas en reste.

Et pourtant, les logements sociaux sont loin d’être ce qu’ils sont supposés être. Construits en R+2 ou R+3 par la Société Immobilière de Mayotte (SIM), ce type de logements a depuis changé de format : ils sont désormais pensés plus denses et plus hauts afin d’y accueillir un nombre plus élevé de ménages. Certaines collectivités locales appellent même de leurs vœux la construction de tours HLM, au nom de la modernité et du développement.

Un grand paradoxe au moment où les communes de métropole cherchent à s’en débarrasser et où leur démolition devient la norme dans les grandes métropoles françaises. À peine quelques exemples sont visibles ici et là, comme dans les quartiers Toutouroucha et Marzouk à Labattoir, visibles depuis les barges de la DSTM au quai Issoufali, sur le rocher de Dzaoudzi.

En Afrique, le béton utilisé à toutes les sauces continue d’être perçu comme « LA RÉFÉRENCE » en matière d’évolution. Mais ce qui est bon et justifié en Asie, en Europe ou dans les Amériques ne l’est pas forcément pour une île comme Mayotte, quand bien même serait-elle actuellement confrontée à une explosion démographique.

Des investissements et un nombre de logements très en dessous des besoins de la population

En seulement trente ans, l’habitat traditionnel mahorais a quasiment disparu (hormis quelques cas évolutifs en briques de terre, dites « cases SIM », dont certains spécimens, en guise de témoins, ont fort heureusement survécu à la violence du cyclone Chido). Malheureusement, la production de logements a connu un arrêt brutal pendant plus d’une décennie.

En parallèle, les fondamentaux de la société traditionnelle ont volé en éclats sous l’effet de la monétarisation progressive et de l’augmentation du marché de l’emploi. S’il est légitime pour tout un chacun d’aspirer à un meilleur cadre de vie, la réflexion sur l’évolution de l’habitat traditionnel mahorais n’est pas allée au-delà de celle conduite précédemment par la SIM dans les années 1980.

Copier tous azimuts ce que l’on voit ailleurs est devenu la norme acceptée par tous, quitte à tomber dans une absence totale d’homogénéisation et de marquage identitaire, ce qui n’arrange absolument rien. Les coûts de construction ne cessent d’exploser, au même rythme que les banques locales accordent leurs prêts immobiliers. Pourtant, tous les jeunes actifs ne sont pas en capacité de se loger, car la demande est trois à quatre fois supérieure à l’offre (30 000 demandes officiellement enregistrées en 2023).

Il en résulte des listes d’attente vertigineuses, en particulier chez les jeunes couples désireux de s’éloigner de leurs cercles familiaux pour gagner en indépendance, ainsi que chez les jeunes célibataires en quête de logements modernes à l’occidentale.

La Caisse des dépôts et consignations a annoncé fin 2024 une enveloppe de 30 millions d’euros pour construire 2 600 logements sociaux (dont 1 500 d’ici l’année prochaine) et 13 000 mètres carrés d’équipements publics (scolaires, culturels, etc.).

La SIM a depuis été rejointe par une nouvelle structure en 2024, appelée AL’MA, indépendamment d’autres projets émergents ici et là dans certaines collectivités locales, notamment dans le cadre de l’ANRU, à Kawéni et à La Vigie, en Petite-Terre.

Bien avant de se lancer dans une course effrénée visant à construire plus de logements sociaux que les autres — alors même que de nombreuses familles sont parties vivre à La Réunion ou dans l’Hexagone en quête de logements décents — le Ramadan 2026 met en évidence des situations que l’on ne s’attendait pas à trouver sur un territoire insulaire tel que Mayotte.

Des désagréments similaires à ceux que l’on connaît déjà en métropole et dans les outre-mer

Ces logements sociaux font apparaître des problèmes similaires à ceux déjà observés dans les banlieues métropolitaines et dans d’autres départements ultramarins. Ils sont inadaptés au mode de vie classique des Mahorais.

Plafonds de balcons couverts de suie à cause des grillades répétées — mode de cuisson privilégié pour certains aliments —, bruit infernal dans les couloirs et les cages d’escalier, odeurs de cannabis qui embaument l’air et indisposent les riverains, jets d’eaux usées sur les résidents des appartements situés au rez-de-chaussée depuis des balcons au quatrième étage, sans oublier les éternels problèmes de voisinage que tous ces éléments génèrent régulièrement.

À cela s’ajoute une grande insécurité, notamment dans les garages en sous-sol, mal conçus, sous-éclairés, avec des portails défectueux qui ne sont jamais réparés. Des personnes étrangères à ces immeubles viennent squatter des places de parking, au risque de bloquer pendant des heures les entrées et sorties des véhicules des résidents.

Un cocktail explosif rappelant de tristes souvenirs en métropole, notamment en matière d’insécurité chronique, qui ont souvent conduit à des écarts de langage de la part de personnalités politiques, dont certains sont devenus célèbres, comme « le Kärcher » de Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur.

Comme dans ces territoires hexagonaux devenus la référence des élus mahorais en matière de développement et d’aménagement, ces logements sociaux sont dépourvus de ce qui fait l’essentiel des standards de la vie familiale ou collective à Mayotte.

« En raison du climat, les gens sont habitués à vivre à l’extérieur, dans une cour ou des espaces dédiés. Il n’en est absolument rien. Il suffit de passer deux heures en ces lieux pour s’en rendre compte. Aucun air de jeux pour les enfants : les mamans sont obligées de faire deux à trois kilomètres à pied pour trouver des espaces insuffisants au regard de la demande », confie Yasmina Abdoulkader, résidente de Marouzoukou à Labattoir.

Les cours de ces immeubles sont exposées à des va-et-vient incessants jusqu’à très tard dans la nuit, générant des nuisances pour les travailleuses et travailleurs devant se lever tôt le matin.

À défaut d’une réflexion poussée sur l’évolution de l’habitat à Mayotte

D’autres résidents se plaignent des conséquences de ces situations sur leur état de santé et leur sérénité, et n’hésitent pas à déménager au profit d’habitations plus classiques.

Il faut dire que le clientélisme politique a conduit à certaines aberrations notables. Des élus ont facilité l’accès à ces logements sociaux à des personnes disposant déjà de logements personnels qu’ils ont ensuite mis en location, tout en vivant eux-mêmes en appartement social.

Beaucoup ont fini par les abandonner en raison des conditions de vie qu’ils y ont trouvées, notamment la cohabitation — comme en métropole — avec d’autres populations auxquelles ils n’étaient pas habitués.

« Parfois, l’on se demande si nos élus ont les yeux ouverts sur les réalités qui les entourent. Ils nous donnent l’impression de cesser d’être Mahorais dès qu’ils s’installent sur un siège de pouvoir. Ils ne cherchent jamais à connaître les conditions de vie des populations, encore moins à les améliorer. Pourtant, leur recherche de qualité de vie est la même que celle de tout un chacun sur cette île », s’étonne Abdillah Ousséni, un autre bénéficiaire de ces logements sociaux.

Originaire d’une localité du nord de l’île, il affirme n’avoir pas d’autre choix pour se loger que ces immeubles sociaux.

Il est clair qu’il y a urgence à revoir les règles de conception et de réalisation de ces tours que certains candidats aux municipales 2026 vendent à leur électorat, si l’on veut anticiper les difficultés que vivent déjà d’autres élus à 10 000 kilomètres du lagon de Mayotte.

Outre les crises passées et présentes, l’île s’expose à des problèmes nouveaux, de grande ampleur, dont elle pourrait très bien se passer si les élus faisaient preuve de davantage de clairvoyance.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Reconstruction de Mayotte : entretien avec Christophe Millet, président du Conseil national de l’Ordre des architectes

Reconstruction de Mayotte : entretien avec Christophe Millet, président du Conseil national de l’Ordre des architectes

En déplacement à Mayotte du 25 au 27 février, Christophe Millet, président du Conseil national de l’Ordre des architectes, est venu échanger avec les élus, les services de l’État et les professionnels autour des enjeux de reconstruction, d’adaptation aux risques naturels et de structuration de la profession sur le territoire.

Flash Infos : Quel est le sens de votre déplacement à Mayotte ?

Christophe Millet : L’objet de la visite du Conseil national ici, à Mayotte, est de préfigurer ce que pourrait être un Ordre régional des architectes. Aujourd’hui, il existe un ordre régional dans chacune des régions de France dont un ordre Réunion-Mayotte.

Avec la régionalisation de l’île, on pourrait imaginer dans les mois qui viennent avoir un ordre Réunion et un ordre Mayotte, comme étant le 18ᵉ ordre régional que je dois coordonner.

L’avantage serait d’avoir une représentation locale sous tutelle du ministère de la Culture et une identification des architectes ici. Nous en avons environ 35 identifiés, mais ils sont sans doute 70 ou 80 à travailler régulièrement à Mayotte.

Le rôle de l’Ordre est d’être au service des élus, pour leur apporter de l’ingénierie culturelle et de l’aide publique. Cela permettra aux élus d’avoir une représentation locale des architectes pour accompagner leurs décisions.

F.I. : Lors de vos rencontres, quels points ont particulièrement émergé sur la manière de reconstruire et d’aménager à Mayotte ?

C.M. : Le fruit de nos échanges, c’est de rappeler que la notion quantitative et l’urgence, notamment en matière de production de logements, ne doivent pas mettre à mal la qualité.

On ne peut pas importer des recettes européennes ou hexagonales ici à Mayotte. La façon dont vivent les Européens, avec des logements non traversants et des typologies qui ne correspondent pas aux usages locaux, n’est pas forcément adaptée.

Un logement mahorais, historiquement, n’est pas un logement européen. Le rapport à l’extérieur n’est pas le même. Par exemple, un balcon de huit mètres carrés n’a pas nécessairement d’intérêt ici.

Il ne faut pas importer les modèles, mais la méthodologie, c’est-à-dire la capacité à organiser, à structurer et à aller vite. En revanche, il faut puiser dans les ressources locales et dans l’expression de la culture mahoraise pour traduire cela en architecture.

C’est précisément pour cela que la création d’un ordre régional à Mayotte est importante. Il permettrait d’être aux côtés des pouvoirs publics pour réinitier un véritable volet d’architecture locale.

L’ordre local aurait vocation à gérer les aspects propres au territoire, c’est-à-dire mobiliser les architectes qui connaissent Mayotte, son climat, ses usages, sa culture, et les mettre à disposition des établissements publics.

F.I. : Mayotte a récemment obtenu une ATEx sur le bambou. Quelle place peuvent prendre ces matériaux locaux dans la reconstruction ?

C.M. : L’enjeu, c’est le développement des filières locales. C’est une forme de résilience pour l’île de pouvoir se construire, se reconstruire et s’entretenir avec des ressources et des artisans locaux.

Le bambou, la pierre, la terre, la brique, le bois existent ici et ont façonné l’architecture vernaculaire. Il faut, par une impulsion politique, recréer des chaînes de valeur qui permettront aux architectes de puiser dans ces ressources pour proposer des bâtiments qui alimentent d’abord une économie locale.

Mais il y a aussi la question de l’acceptabilité, la volonté des mahorais à vivre dans des bâtiments qui sont faits avec ces matériaux-là. Si la modernité européenne est attendue à Mayotte, c’est normal, il faut la comprendre. Mais la modernité ne se traduit pas par des bâtiments en béton. La modernité n’est pas le béton. Elle se traduit par la capacité à faire vivre une économie locale et une identité territoriale.

F.I. : Mayotte est-elle prête face aux risques naturels ?

C.M. : Sur les sept risques naturels, il y en a six qui sont concentrés à Mayotte. Seules les avalanches ne concernent pas l’île.

Un travail de cartographie des risques naturels est en cours pour permettre d’appréhender le développement futur en tenant compte des risques. Donc le futur Mayotte est prêt.

Mais le Mayotte déjà là non, puisqu’il y a encore des personnes qui vivent dans des zones exposées à plusieurs risques.

La solution, c’est un plan pluriannuel pour l’avenir de Mayotte, mais aussi une meilleure connaissance du territoire par les mahorais puisque quand on connaît son territoire, on ne s’implante pas là où c’est dangereux. C’est le rôle de l’État et des permis de construire – qui ne sont pas utilisés alors qu’ils sont obligatoires – qui permettront de s’assurer que les implantations se feront dans de bonnes conditions.

F.I. : Quel bilan faites-vous après ces trois jours sur le terrain ?

C.M. : Je compare avec ma venue il y a deux ans, avant le passage du cyclone Chido. À l’époque, on me disait souvent : « Ici, c’est compliqué, mais c’est comme ça, on ne peut rien faire. »

Deux ans après, j’ai senti un enthousiasme, que ce soit de la préfecture, des architectes, du CAUE, du rectorat ou des personnes rencontrées.

Il y a une envie de faire mieux et différemment. Une volonté de respecter les normes et d’essayer de faire évoluer les choses. Cet enthousiasme, c’est le bilan que je fais.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Municipales 2026 : 88 listes, une bataille électorale inédite dans les 17 communes de l’île

Municipales 2026 : 88 listes, une bataille électorale inédite dans les 17 communes de l’île

À deux semaines du premier tour des élections municipales, prévu les 15 et 22 mars prochains, le paysage politique mahorais s’annonce particulièrement animé. Le ministère de l’Intérieur a dévoilé les listes officiellement déposées en préfecture : pas moins de 88 équipes briguent les suffrages des électeurs dans les 17 communes de Mayotte. Une multiplication des candidatures qui témoigne d’une forte mobilisation politique locale et d’enjeux majeurs pour l’avenir du territoire. Tour d’horizon commune par commune.

Ces élections municipales dépassent largement le simple renouvellement des conseils municipaux. Gestion de la croissance démographique, sécurité, logement, développement économique ou encore accès aux services publics : les défis sont immenses pour les futurs maires.

Avec 88 listes déposées, le scrutin 2026 confirme une tendance observée ces dernières années : la montée des candidatures indépendantes et des mouvements locaux, souvent construits autour de personnalités ancrées dans leur commune plutôt que sur des étiquettes partisanes nationales.
Le ministère de l’Intérieur précise toutefois que ces candidatures restent sous réserve de la délivrance des récépissés définitifs et d’éventuels recours administratifs.

Mamoudzou : sept prétendants pour la capitale

Dans le chef-lieu, la bataille électorale s’annonce particulièrement ouverte avec sept listes en compétition.
Le maire sortant Ambdilwahedou Soumaila, à la tête de la liste Encore plus proche de vous, devra faire face à plusieurs challengers : Soiyinri Mhoudhoir (Mouvement pour le développement de Mayotte), Christophe Soimihi Youssouffa (Mamoudzou mérite mieux), Munia Dinouraini (Résilience), Farianti M’Dallah (L’Espérance), Ahamada Haribou (Rassemblons-nous) et Nassurdine Said Ali (Mamoudzou Nouvel Élan).
Dans une commune confrontée à une urbanisation rapide et à des problématiques sécuritaires fortes, le scrutin pourrait être particulièrement disputé.

Koungou : six listes pour convaincre les électeurs

À Koungou, six équipes se disputent la mairie. M’Dallah Mahamoudou mène la liste Équipe pour l’avenir de Koungou, face notamment à Ayouba Ridjali (Nouveau souffle) et Amidou Dzanga Hamidou Salim (Ji La Comini Ya Koungou).
Farda Rachid (Ensemble construisons le Koungou de demain), Ibrahim Moussa Mroivili (Le renouveau de Koungou) et Saïd Raos Ahamadi (Le bonheur simple) complètent cette offre politique variée.

Pamandzi : la commune la plus convoitée

Avec onze listes déposées, Pamandzi détient le record du nombre de candidatures. Une fragmentation qui annonce une campagne intense.
Parmi les candidats figurent Soufou Nizar (Djama La famille), Labyade Mahaladi (Sibabou Ya Pamandze), Abassi Archadi (Pamandzi Soyons Unis), Dayane Nourdine (Pamandzi Oye), El-Anzize Hamidou (Pamandzi en Grand) ou encore Wilfried Hassani (Pourquoi pas nous).
Issoufi Maandhui, Arbabiddini Chanfi, Siti Ali M’Dahoma, Myriam Maiob et Issa Ahamada complètent cette longue liste de prétendants.

Dembeni et Acoua : la jeunesse politique en mouvement

À Dembeni, cinq listes sont engagées, dont celles d’Abdourahamane Batrolo (Agir pour la commune de Dembeni) et Ibrahim Kamal (Dembeni Debout).
Même configuration à Acoua avec cinq listes également, parmi lesquelles Issouffi Matoiri (Union Acoua Dreka Mtsangadoua), Toiher-Eddine Saandani (Jeunesse Éducation Sécurité et Développement Avec Vous) ou Ahmed Darouech (Nouvelle Impulsion Active Pour La Commune).

Bandraboua et Bandrélé : des campagnes structurées

À Bandraboua, cinq listes sont en lice. Issoufi Hadj Mhoko porte Bandraboua Ya Leo, tandis que Saindou Aboutoihi défend Nouvel Élan pour Bandraboua. Soidri Ben Abdou, Alifani Mahavita et Abdou-Lihariti Antoissi complètent la compétition.

À Bandrélé, trois candidats seulement s’affrontent : Ali Moussa Moussa Ben (S’unir pour construire notre commune), Daniel Rama (S’unir pour réussir) et Wirdani Djae (Mouvement pour le progrès de la commune de Bandrélé).

Bouéni, Chiconi et Chirongui : le sud en pleine compétition

Bouéni compte cinq listes, menées notamment par Madi Djidji Sidi (Mouvement pour l’émergence du Sud Soroda) et Ousseni Mirhane (Bouéni de demain).
À Chiconi, trois listes se disputent les suffrages avec Bibi Hadidja Madi-Assani (Construisons autrement), Rifay Boina (Notre priorité c’est vous) et Mohamadi Madi Ousseni (Agir ensemble).
Chirongui affiche quant à elle cinq candidatures dont celles de Bihaki Daouda (Maesha), Adrachi Velou (Oui à la nouvelle ère) et Hanima Ibrahima (Nya Moja de Chirongui).

Dzaoudzi et Kani-Kéli : des enjeux stratégiques

À Dzaoudzi-Labattoir, quatre listes sont enregistrées : Freddy Novou (Un souffle nouveau), Mikidache Houmadi (Ensemble pour Dzaoudzi-Labattoir), Darmi Salim (Wakazi Oi Labattoir) et Saïd Omar Oili (Nouvel Élan pour Mayotte).

À Kani-Kéli, sept équipes entrent dans la course. Said Aboudou (Dzeri Areki), Abdou Rachadi (Mouvement pour le développement de Kani-Kéli) ou encore Faina Ousseni (Mama M’lezi Alouha) tenteront de convaincre les électeurs.

Le Nord très disputé : Mtsamboro et M’Tsangamouji

Mtsamboro présente six listes dont celles d’Amina Oili Attoumani M’Colo (Mtsamboro Yatru) et Abdou Hamidou (Wusukani Wa Kiblani).
À M’Tsangamouji, trois équipes sont en lice : Allaoui Zoubert (Alliance solidaire), Ousmane Ahamada Siaka (MDM-Tifaki) et Saïd Maanrifa Ibrahima (Ensemble plus loin encore).

Ouangani, Sada et Tsingoni complètent le tableau

Ouangani compte quatre listes, parmi lesquelles Issoufi Madi (L’avenir c’est aujourd’hui) et Youssouf Ambdi (Mouvement pour le développement de Mayotte).
Même nombre de candidatures à Sada avec Abdel-Lattuf Ibrahim (La Force commune), Houssamoudine Abdallah (Unis pour construire Sada-Mangajou), Djamalidine Djabiri (Alliance du développement et de la sécurité) et Chaharmane Houlame (Osons demain).
Enfin, à Tsingoni, cinq listes s’opposent, dont Antoine Abdallah (Bâtir une commune forte) et Hamada Issilamou (Ensemble pour une dynamique d’avenir).

Une campagne sous haute tension

Avec un nombre élevé de candidatures dans plusieurs communes, les municipales 2026 pourraient réserver des seconds tours serrés et des alliances inattendues. Dans un département confronté à des défis structurels majeurs, les électeurs devront arbitrer entre continuité et renouvellement.
Les prochaines semaines de campagne seront donc décisives pour convaincre une population attentive aux réponses concrètes sur le quotidien, la sécurité et le développement économique.

Rendez-vous les 15 et 22 mars pour connaître le verdict des urnes.

Circulation routière perturbée entre Mamoudzou et Passamaïnti

Circulation routière perturbée entre Mamoudzou et Passamaïnti

Opération escargot des conducteurs de taxi (FSATVM) dans la ville chef-lieu, entre Passamaïnti et le rond-point des taxis à Mamoudzou. Un mouvement coup de gueule qui fait suite à celui de juin 2025 sur la revendication à pouvoir utiliser les voies réservées aux navettes du Caribus sur un segment routier très encombré. Malgré des discussions régulières entre autorités et chauffeurs de taxis, aucune entente ne se dégage.

4 ème édition de « Baruwa la Saïd Omar Oili »

4 ème édition de « Baruwa la Saïd Omar Oili »

Le sénateur de Mayotte Saïd Omar Oili vient a publié hier, pour la quatrième fois, sa lettre d’information. Une édition qui relate les tables rondes organisées sur la protection civile, réunissant les membres du groupe SER au Sénat et ceux de la profession, autour de la thématique, « risques naturels majeurs : quels enseignements pour la gestion de crise suite au cyclone Chido ».

Autre sujet abordé dans cette lettre d’information, l’Union Européenne, avec les enjeux pour l’Outre-mer du prochain cadre financier pluriannuel de l’institution, l’organisation de l’audition des Présidents des conseils régionaux de Mayotte.

Y sont également traités, l’examen du rapport d’information « filières d’avenir Outre-mer : l’économie bleue », les infrastructures portuaires avec le projet gazier mozambicain et la présence de la CAPAM au Salon de l’Agriculture de Paris 2026, l’aménagement du territoire par une question posée au ministre de tutelle sur la reconstruction de Mayotte post-Chido. Dernier sujet évoqué dans ce bulletin d’information, la gestion des déchets du cyclone Chido.

Barges : trafic déplacé au quai Balou ce week-end

Barges : trafic déplacé au quai Balou ce week-end

Le trafic des barges sera exceptionnellement transféré du quai Issoufali vers le quai Balou, dans la baie de Dzaoudzi, du vendredi 27 au samedi 28 février 2026 inclus. Cette mesure, annoncée par la Direction des Transports Maritimes à Mamoudzou, est liée à une opération d’enlèvement d’épaves de navires menée à proximité du quai Issoufali, dans le cadre des actions post-Chido. Des consignes spécifiques de stationnement sont prévues pour les véhicules, taxis et ambulances. Les usagers sont appelés à respecter les instructions sur site afin d’assurer la sécurité et la fluidité du trafic.

Boulangerie Firdaoussi fermée à Bandraboua, Nou la Fé Marmite Créole rouvre à Mamoudzou

Boulangerie Firdaoussi fermée à Bandraboua, Nou la Fé Marmite Créole rouvre à Mamoudzou
* image d'illustration générée par ia

Par arrêté du 23 février 2026, le préfet de Mayotte a ordonné la fermeture administrative de la boulangerie Firdaoussi, située au carrefour de Dzoumogné, à Bandraboua, à la suite de manquements graves aux règles d’hygiène alimentaire constatés lors d’un contrôle. L’établissement restera fermé jusqu’à mise en conformité.

À Mamoudzou, la fermeture du restaurant “Nou la Fé Marmite Créole”, prononcée en novembre 2025, a été levée après réalisation de mesures correctives jugées conformes par les services de l’État.

Les pêcheurs de Mayotte face à l’impasse administrative

Les pêcheurs de Mayotte face à l’impasse administrative

Triste réalité que celle qui se vérifie sur le terrain au marché aux poissons de Four-à-Chaux, à Labattoir, déserté par les pêcheurs professionnels, interdits d’accès à la mer sur la base d’une directive bruxelloise. Plus aucune possibilité de se fournir en poisson frais à Mayotte. La nature ayant horreur du vide, un marché occulte prend peu à peu le relais. Le poisson se vend désormais à la sauvette, sous le manteau, en dehors de tout contrôle sanitaire. Qui gagne et qui perd dans cette démarche engagée ?

Des pêcheurs contraints par l’administration préfectorale de « pêcher dans l’air », faute d’embarcations homologuées : telle est la situation singulière dans laquelle évolue Mayotte depuis plusieurs semaines. L’expression « serpent de mer », très en usage au sein des institutions européennes, trouve ici tout son sens, car celles-ci seraient à l’origine d’une aberration dont elles seules ont le secret : « un territoire marin qui ne mangeait déjà pas assez de poisson au cours des deux dernières décennies et qui en est aujourd’hui totalement privé ».

Sous d’autres latitudes, cette situation prêterait à sourire. Ce n’est hélas pas le cas à Mayotte, territoire de 374 km² au milieu d’un océan si poissonneux que l’Europe communautaire a choisi d’en ouvrir l’accès à des navires espagnols et seychellois. En ce mois de Ramadan, l’affaire cesse d’être qualifiable de mauvaise farce pour revêtir un caractère profondément scandaleux.

Il n’y a pas assez de mots pour décrire ce qui se passe sous le regard du consommateur désabusé qui revient bredouille du quai des pêcheurs de Four-à-Chaux, sur le front de mer de Labattoir. Un ballet incessant de voitures, de cyclomoteurs, de femmes et d’hommes à la recherche d’une denrée devenue soudainement rare sur le territoire, alors que la mer tout autour en regorge.

« Il n’y a qu’à Mayotte que l’on peut voir des choses pareilles. Tant que nos pêcheurs resteront passifs, la situation va empirer. À la fin, nos enfants finiront par croire que les bâtonnets de colin d’Alaska se pêchent tels quels dans les profondeurs du lagon », ironise Anliane Chamsidine, habitant du quartier informel du Marigot à Labattoir, limitrophe de la zone militarisée des Badamiers.

Il a traversé à pied les trois quarts de la ville pour rejoindre le front de mer de Four-à-Chaux, en quête d’un kilogramme de poisson frais, habituellement vendu au prix fort durant cette période du calendrier religieux musulman. En vain. Depuis deux heures, pas le moindre spécimen en vue.

Des trottoirs où stationnent habituellement une ribambelle de brouettes remplies de poissons aux larges escaliers plongeant dans la mer, où s’opère d’ordinaire la criée dans un brouhaha d’acheteurs, il n’y a plus âme qui vive. Même pas un chat ou un chien errant en quête de résidus abandonnés au soleil.

« C’est ce qui s’appelle faire table rase du passé », s’insurge un syndicaliste de la profession.

Dans le narratif des pêcheurs mahorais, certains faits sont têtus

« Un mois de Ramadan, vous vous rendez compte ? Et au ministère des Outre-mer, nos parlementaires se font balader avec des explications bancales qui ne tiennent pas debout. La vérité, c’est que tous les secteurs d’activité à Mayotte ont été bradés à nos voisins réunionnais par les gouvernements précédents, qui n’ont cessé de nous chercher des poux pour imposer une réglementation toujours plus stricte d’une année sur l’autre. »

Abdallah a du mal à contenir sa colère ce jeudi après-midi. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a décidé de tout dire pour évacuer ce qu’il a sur le cœur, bien que totalement vide en cette journée de jeûne.

Il fustige autant le préfet de Mayotte que les élus du Département-Région, qu’il accuse de collusion pour nuire à la profession. Les mots qu’il emploie sont d’une dureté rare, que notre journal se gardera bien de reproduire.

Il évoque une situation dramatique de sous-emploi et d’endettement résultant, selon lui, des différentes restrictions imposées aux pêcheurs mahorais ces dernières années, indépendamment du passage du cyclone Chido le 14 décembre 2024.

« C’est ce qui leur permet aujourd’hui de quasiment tout justifier, alors que tout le monde voit bien qu’une machine infernale est lancée, avec la complicité du Département et de ses services, pour étouffer les pêcheurs professionnels locaux. Cela a commencé par une réduction drastique du nombre de pêcheurs, puis des zones de pêche, et voilà que cela touche maintenant les embarcations », s’emporte le syndicaliste.

À l’entendre, on pourrait presque se laisser convaincre de l’existence d’une machination visant à entraver la pêche professionnelle locale, sans pour autant sombrer dans une lecture complotiste.

Difficile néanmoins de ne pas lui prêter une oreille attentive lorsqu’il évoque un rouleau compresseur lancé à plein régime contre le développement de la filière pêche. La chronologie qu’il décrit donne une certaine consistance à ses propos, d’autant que les administrations mises en cause peinent à produire des éléments tangibles pour démontrer le contraire.

Certains faits sont têtus : sous prétexte de nouvelles réglementations, toute une flotte a été retirée de la mer. L’imposition d’un type d’embarcation, suivie d’une dérogation censée permettre aux pêcheurs mahorais d’importer leurs nouveaux bateaux depuis le pays de leur choix, a été stoppée net à l’arrivée des premiers prototypes fabriqués à Madagascar, refusés à l’homologation.

Après les « mabawa » importés du Brésil, place désormais au poisson du pôle Nord

Un engrenage s’enclenche désormais au détriment du consommateur mahorais. Dans l’attente d’une hypothétique résolution de cette crise, les importations se renforcent, au mépris — selon les pêcheurs — des règles que l’Union européenne prétend imposer localement.

Quid des conditions et du type d’embarcations utilisées dans les pays tiers pour pêcher ce poisson qui s’est frayé un boulevard sur le marché mahorais ? Quid du respect des normes sanitaires et des conditions de conditionnement avant d’atterrir dans l’assiette du consommateur ? Quel service est mandaté localement pour vérifier les conséquences sanitaires de ces importations ?

On se souvient qu’il n’y a pas si longtemps, un raisonnement similaire avait prévalu pour la viande importée — mavaja (cuisses) et mabawa (ailes) de poulets engraissés aux hormones et exportés massivement depuis le Brésil.

Avec l’aval du Département de Mayotte, Bruxelles préparerait ainsi les conditions du naufrage de la filière pêche locale, après avoir déjà contribué, selon ses détracteurs, à l’effondrement d’une aquaculture marine pourtant prometteuse.

D’un côté, au nom des normes techniques et qualitatives, on ferme le robinet à la pêche mahoraise ; de l’autre, l’autorisation est maintenue pour des flottes étrangères continuant d’exploiter la ressource halieutique environnante, sans contrôle apparent sur les quotas.

Lorsque le sénateur Saïd Omar Oili s’en fait l’écho dans les hautes sphères, la ministre de tutelle adopte un profil bas et renvoie la responsabilité vers le nébuleux établissement public chargé de reconstruire et refonder Mayotte.

Ce que la préfecture omet peut-être d’observer dans son entêtement à ne pas tenir compte des réalités locales, c’est que la nature ayant horreur du vide, un marché clandestin du poisson s’est installé à Labattoir, à Four-à-Chaux.

Le poisson y est vendu sous le manteau, au plus offrant, en dehors de tout contrôle sanitaire et dans une parfaite illégalité.

Reste désormais à savoir ce qu’il en est des autres marchés aux poissons de Grande-Terre.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Naissances, décès, fécondité : les principaux chiffres de 2025 à Mayotte

Naissances, décès, fécondité : les principaux chiffres de 2025 à Mayotte

Publié ce jeudi 26 février 2026 par l’Insee, le bilan démographique 2025 de Mayotte, fondé sur les données d’état civil communales, fait état d’une légère hausse des naissances.

Après deux années de baisse, la natalité repart légèrement à la hausse. En 2025, 9 070 enfants sont nés de mères domiciliées sur le territoire, soit 160 naissances de plus qu’en 2024, ce qui représente une augmentation de 1,8 %. Le niveau reste élevé à l’échelle nationale et confirme la singularité démographique du département.

La fécondité se stabilise à 3,5 enfants par femme, un niveau sans équivalent en France. À titre de comparaison, elle s’établit à 1,5 enfant par femme dans l’Hexagone, 2,1 à La Réunion et 3 en Guyane. Pour la deuxième année consécutive, l’indicateur demeure toutefois inférieur à quatre enfants par femme.

Comme les années précédentes, trois quarts des bébés nés en 2025 ont une mère étrangère, le plus souvent de nationalité comorienne. Ces naissances augmentent à nouveau après une nette baisse en 2024. Néanmoins, plus d’un nouveau-né sur deux (53 %) a au moins un parent français, et 18 % ont deux parents français, une part en recul sur la dernière décennie.

Les mères sont en moyenne plus jeunes qu’au niveau national. En 2025, 4,5 % des enfants, soit environ 410 naissances, sont nés de mères mineures, une proportion très supérieure à celle observée dans l’Hexagone (0,3 %).

Enfin, les naissances hors du territoire sont de plus en plus fréquentes. En 2025, 530 enfants sont nés en dehors de Mayotte alors que leurs mères y sont domiciliées, soit 5,8 % des naissances. La moitié de ces accouchements ont eu lieu à La Réunion, l’autre moitié dans l’Hexagone. Ce phénomène concerne principalement les mères françaises, dont 21 % accouchent hors du département, contre 0,6 % des mères étrangères. Malgré cette évolution, la grande majorité des naissances ont toujours lieu à Mayotte.

Naissances, décès, fécondité : les principaux chiffres de 2025 à Mayotte

Une mortalité en hausse continue depuis 2019

Côté décès, la tendance est à la hausse. 1 040 personnes domiciliées à Mayotte sont décédées en 2025, soit 30 décès de plus qu’en 2024 (+3 %). Depuis 2019, la progression atteint +34 %, bien au-delà de celle observée au niveau national

Cette évolution s’explique principalement par la croissance rapide de la population et l’augmentation relative du nombre de seniors.

Malgré cette hausse, le solde naturel — différence entre les naissances et les décès — augmente à nouveau, pour atteindre +8 030 personnes en 2025, après deux années consécutives de baisse.

Concernant le chiffre global de la population, l’institut reste volontairement discret. « Pour l’instant, l’Insee ne veut pas communiquer, étant donné qu’on a eu un recensement exhaustif. On préfère attendre ses résultats. », explique Hatubou Antoy. Les premiers chiffres sont attendus en juin 2026, avant une publication définitive en décembre.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

« Vous auriez pu le tuer » : quatre détenus condamnés après l’agression d’un surveillant à Majicavo

« Vous auriez pu le tuer » : quatre détenus condamnés après l’agression d’un surveillant à Majicavo
* image d'illustration générée par ia

Quatre détenus ont été condamnés jeudi par le tribunal judiciaire de Mamoudzou à des peines allant de quatre à cinq ans d’emprisonnement. Ils étaient poursuivis pour l’agression d’un surveillant pénitentiaire à la maison d’arrêt de Majicavo mardi 24 février.

Les faits ont été largement documentés par les caméras de vidéosurveillance de l’établissement. À l’audience, la présidente décide d’en diffuser les images, qu’elle qualifie d’« extrêmement violentes », en prévenant : « Je n’impose à personne de rester. »

Il n’est pas encore 14 heures lorsque la cellule 119 est ouverte pour le départ en promenade. Dès l’ouverture, la porte est repoussée avec force et le surveillant est immédiatement agressé. Sur les images, un détenu frappe l’agent avec une boîte de conserve de lait de coco, un autre avec un pied de ventilateur. Les coups de poing et de pied se succèdent alors que le surveillant est au sol. La présidente résume la scène : « On assiste à un véritable acharnement. » S’adressant à un prévenu filmé en train de frapper la tête de la victime avec ses baskets, elle lance : « Vous avez l’air très content de jouer au foot avec la tête du surveillant. »

À la barre, les détenus tentent d’expliquer leur passage à l’acte par des frustrations liées aux conditions de détention. « On ne l’aurait pas agressé juste comme ça s’il n’avait rien fait.», « Il avait refusé un rab de poulet le midi », « Ce n’est pas seulement ça, les autres jours, quand on demande pour aller à l’hôpital, à la bibliothèque, il dit qu’il n’y a pas de surveillants. « Le jour des ailes de poulet, il m’a insulté. » enchaînent-t-il. La présidente les recadre immédiatement, rappelant « une règle absolue » : « On ne tape pas une personne qui porte un uniforme. »

Interrogés sur la préméditation, un détenu reconnaît s’être dit « Dès que la porte s’ouvre, je le frappe. » Un autre déclare: « Moi, je n’aime pas ce surveillant. » Tous nient cependant s’être concertés au préalable. L’un reconnaît avoir consommé de la « chimique », qu’il dit avoir ramassée en promenade : « C’est quand j’ai vu les images que je me suis rappelé. »

Une seconde séquence est ensuite projetée, montrant l’intervention des équipes de sécurité. On y voit un détenu vider un extincteur, un autre lancer des pommes en direction des agents. « Mettez toute la vidéo » clament-ils à la fin de la diffusion. Les prévenus, dont l’un porte un bandage au poignet, se plaignent d’avoir été frappés alors qu’ils étaient au sol. « Vous n’avez pas l’attitude de gens qui ont compris que la récré était finie. Forcément qu’à la fin, l’intervention est musclée. » conclut la présidente après avoir diffusé la vidéo intégrale.

Bras en écharpe, le surveillant agressé est présent à l’audience. Me Fatih Rahmani, avocat des parties civiles, décrit un homme de 50 ans, surveillant depuis 2016, « C’est une personne qui, au cours de sa carrière, n’a jamais éprouvé de difficulté. C’est grâce à son travail qu’on peut dormir tranquillement. » déclare-t-il avant d’ajouter « Aujourd’hui, il est choqué. Quand il ferme les yeux, il fait des cauchemars. Ce qui l’a le plus marqué, c’est l’absence de regrets». Il sollicite une provision de 5 000 euros en réparation de son préjudice.

« la mort ne leur fait pas peur »

Lors de ses réquisitions, le procureur de la République, Guillaume Dupont, qualifie les faits de « lynchage » et affirme à plusieurs reprises que « la mort ne leur fait pas peur », rappelant que les quatre prévenus sont impliqués dans des procédures criminelles en cours. La défense s’offusque. « Ils sont tous présumés innocents. On nous dit qu’ils n’ont pas peur de la mort. On nous dit que ce sont des meurtriers, c’est à peine voilé », réplique Me Céline Cooper lors de sa plaidoirie.

Le procureur tente ensuite un parallèle avec l’affaire de Quentin : « Vous avez une actualité récente qui aujourd’hui fait le buzz, Lyon. Je mettrais de côté l’aspect politique : un individu qui est au sol et qui est piétiné, violenté, comme la vidéo que vous avez montrée tout à l’heure. » Un rapprochement fermement contesté par Me Céline Cooper : « On vous dit qu’il y a un précédent avec le décès de ce fameux Quentin. On parle de groupes d’ultra-droite fascisants qui ne supportent pas que Rima Hassan fasse une conférence puis on vous dit que c’est la même chose ici. »

La défense évoque un contexte explosif : « C’est invivable dans cette prison. Ils sont six, sept, parfois huit par cellule. Je me suis toujours étonnée, depuis la première mutinerie de 2024, que cela ne se soit pas produit avant. On parle de matière humaine et on les renvoie à quelque chose qui n’est pas de la nature humaine, ce ne sont plus des sujets de droit. » Si le parquet reconnaît la surpopulation carcérale à Majicavo, il refuse d’y voir une justification : « Je ne mets absolument pas de côté la question de la surpopulation carcérale. Mais est-ce que ça veut dire qu’il faut les remettre dehors, les laisser continuer à tuer, les laisser continuer à violenter ? »

« Je n’aurai pas la voix qui tremble. Je l’assume car, en tant que ministère public, nous sommes les protecteurs de la force régalienne et notamment des surveillants pénitentiaires » déclare le procureur avant de requérir six à huit ans d’emprisonnement.

À l’issue des débats, le tribunal judiciaire de Mamoudzou a condamné les quatre prévenus à des peines allant de quatre à cinq ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt, assorties du versement de 5 000 euros de dommages et intérêts à la victime. Les condamnés disposent d’un délai de dix jours pour interjeter appel de la décision.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Comores : la qualité des services des opérateurs mobiles épinglée

Comores : la qualité des services des opérateurs mobiles épinglée

Durant ce contrôle, qui a duré deux mois, le régulateur comorien des technologies de l’information a mesuré les performances de la data, le délai d’émission des appels ainsi que celui des SMS, qui doivent être conformes aux normes contenues dans les cahiers des charges des opérateurs.

Les conclusions de la dernière campagne de contrôle de la qualité des services des opérateurs titulaires de licences en Union des Comores sont désormais disponibles. Présentés hier, jeudi, dans les locaux de l’Autorité nationale de régulation des technologies de l’information et de la communication (Anrtic), les résultats, tout comme ceux des deux dernières années, pointent du doigt Comores Telecom et Yas.

« Pendant deux mois, nous avons mené cette campagne avec un objectif clair : améliorer la qualité de service offerte aux consommateurs comoriens. Nous avons travaillé avec les opérateurs pour identifier les axes d’amélioration et mettre en place des plans d’action concrets. Je suis heureux de constater que les efforts déployés par Comores Telecom et Yas commencent à porter quelques fruits. Les indicateurs de qualité de service montrent certaines améliorations, notamment en matière de qualité des appels et de capacité de débit de données », a d’abord déclaré le patron de la régulation, Saïd Bouhtane, dans son discours d’ouverture.

Étaient également présents le ministre comorien des Télécommunications ainsi que les directeurs des deux opérateurs mobiles opérant aux Comores. Pour effectuer les contrôles, les équipes du régulateur ont été déployées dans les différentes îles, parcourues en voiture. À la Grande Comore, l’enquête s’est déroulée dans dix villes. Au total, 22 indicateurs de mesure ont été évalués.

Pour Comores Telecom, l’opérateur historique, huit indicateurs restent à améliorer à la Grande Comore, contre douze à Anjouan et dix à Mohéli. Ce mauvais score concerne également son concurrent Yas, qui doit progresser sur onze des vingt-deux indicateurs à la Grande Comore. La situation est particulièrement alarmante à Mohéli, où le second opérateur doit fournir des efforts sur quatorze indicateurs.

« Il reste encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs fixés par les cahiers des charges et répondre aux attentes des consommateurs. Je suis convaincu que nous pouvons faire mieux encore et je compte sur la collaboration continue des opérateurs pour y parvenir », a martelé le directeur de l’Anrtic, qui a ensuite laissé le coordinateur technique et le chef du service qualité présenter des conclusions plus reluisantes uniquement concernant les SMS.

5 secondes pour un SMS

En effet, le contrôle se basait sur des seuils précis. Une fois atteints, ceux-ci signifient que l’opérateur est conforme. Par exemple, le délai d’émission d’un SMS est fixé à cinq secondes.

À la lecture du rapport du régulateur, à Mohéli, Comores Telecom et Yas (nouveau nom de Telco) mettent respectivement 0,57 seconde et 0,80 seconde pour qu’un message arrive dans la boîte de réception du destinataire. Toutefois, pour les abonnés résidant à la Grande Comore, il faut respectivement 2,14 secondes et 1,1 seconde pour voir leurs messages parvenir à destination.

Les équipes de l’Anrtic se sont par ailleurs penchées sur les délais moyens d’établissement d’un appel. À Mohéli, la situation relève du calvaire pour les abonnés des deux opérateurs. Là où un client de Yas attend en moyenne 7,1 secondes, celui de Comores Telecom peut parfois patienter jusqu’à six minutes pour l’établissement d’un appel, alors que le seuil imposé par le régulateur est de huit secondes.

La qualité vocale MOS — indicateur utilisé pour mesurer la qualité perçue d’un appel vocal — a également été analysée. Idem pour le taux d’appels réussis : sur l’île d’Anjouan, il a été constaté que les sociétés de télécommunications mobiles opérant aux Comores respectent les obligations mentionnées dans leurs cahiers des charges.

Jeux de 2027

Le contrôle, qui s’est achevé au mois de décembre, a également inclus la couverture de la 4G, lancée depuis plus de deux ans sur le territoire national. À ce propos, le rapport de l’Anrtic révèle qu’à l’intérieur des véhicules ou des bâtiments, la couverture de quatrième génération n’est pas conforme aux normes. Le même constat est dressé à Mohéli et à Anjouan.

Le taux de connexions (accès web) a, quant à lui, obtenu une bonne notation. Cela n’a toutefois pas empêché le président de l’association des consommateurs des TIC d’étriller les seuils fixés par le régulateur.

« Pour nous, le problème réside dans le niveau d’exigence : les seuils actuels de 1 536 kbps en émission et 3 072 kbps en réception pour les technologies 3G et 4G sont, à notre sens, beaucoup trop bas. Avec de tels débits, il est impossible d’assurer correctement des services à forte valeur ajoutée, comme les visioconférences, pourtant devenues indispensables pour nos professionnels. Si les opérateurs paraissent conformes, c’est simplement parce que la barre est placée trop bas. Aucun opérateur ne répond réellement aux besoins de l’économie numérique moderne », a déploré Hamidou Mhoma.

Le ministre des Télécommunications, Oumouri Mmadi Hassani, a lui aussi interpellé les deux opérateurs. Ce dernier avait accepté de reporter la campagne de contrôle, initialement prévue en juillet, car les opérateurs craignaient des résultats défavorables en raison de la congestion du réseau liée à la présence massive de la diaspora durant cette période.

« Mais je ne ferai plus de cadeaux. Il ne sera plus acceptable qu’avec l’ouverture prochaine de l’hôpital El-Maarouf ou durant les Jeux de 2027, les consommateurs ne puissent pas se connecter. Si vous n’êtes pas capables d’assurer le service, dites-le-nous : nous ferons appel à un troisième opérateur s’il le faut », a prévenu le ministre, révélant dans la foulée que des discussions sont en cours avec Starlink.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Essais de vidange à Combani : les riverains sensibilisés

Essais de vidange à Combani : les riverains sensibilisés

Les Eaux de Mayotte ont mené ce mercredi matin une opération de sensibilisation auprès des habitants vivant à proximité de la retenue collinaire de Combani. Objectif : informer la population des essais de vidange programmés les 3 et 5 mars à 9 heures, destinés à tester le fonctionnement des vannes.

Il ne s’agira pas d’une vidange complète, mais l’ouverture partielle des vannes pourrait entraîner une hausse temporaire du niveau de l’eau. Des consignes de sécurité ont donc été rappelées par des agents communaux mobilisés par la mairie de Tsingoni, notamment l’éloignement des abords du cours d’eau et le regroupement dans un point sécurisé durant l’opération. Une sirène annoncera le début des essais.

Mayotte, trois fois médaillée au Salon de l’Agriculture de Paris

Mayotte, trois fois médaillée au Salon de l’Agriculture de Paris
©Saveurs et Senteurs de Mayotte

Or et argent pour la vanille de Mayotte, mais pas seulement : la qualité de son miel naturel est également récompensée par une médaille d’argent. De quoi redonner le sourire et de l’espoir aux agriculteurs mahorais qui exposent en ce moment à la porte Maillot, à Paris, au Salon international de l’agriculture.

Comme tous leurs collègues des autres territoires ultramarins, les agriculteurs mahorais ont fait le déplacement dans l’Hexagone pour promouvoir les produits de leur terroir lors de cette vitrine mondiale du savoir-faire, passage obligé pour une multitude de personnalités politiques de premier plan. Le chef de l’État, Emmanuel Macron, figure parmi les autorités nationales ayant visité le stand de Mayotte.

La participation des agriculteurs mahorais à cet événement, cette année, relève du véritable exploit après la dévastation de leurs exploitations respectives par le cyclone Chido en décembre 2024. Malgré un parcours semé d’embûches et, par moments, de désespoir, aucun ne s’est résigné à mettre son « chombo » au placard. Ils se sont, pour ainsi dire, tous retroussé les manches pour redonner vie à leurs activités.

Des efforts récompensés au Concours général agricole de ce Salon de l’agriculture de Paris. Médaillé d’argent en 2023, Foundi Madi remporte l’or cette année, talonné par un autre Mahorais, Mohamadi Sabiti (dans la même catégorie, vanille planifolia), qui obtient la médaille d’argent.

Le bonheur n’arrivant pas seul, une autre médaille d’argent est également au rendez-vous, cette fois pour mettre un coup de projecteur sur l’apiculture de Mayotte. Combo Coco, une exploitation familiale du nord de l’île, se voit décerner cette distinction qui honore une filière en pleine expansion sur le territoire.

Ouangani : un arrêté préfectoral ordonne l’évacuation du quartier Roika

Ouangani : un arrêté préfectoral ordonne l’évacuation du quartier Roika

Un arrêté préfectoral signé le 23 février 2026 ordonne l’évacuation et la destruction des constructions édifiées illicitement dans le quartier Roika, dans les hauteurs de Mangajou, sur la commune d’Ouangani, à la limite de Sada. La décision s’appuie sur une série de constats sanitaires, sociaux et sécuritaires établis par les services de l’État et les forces de l’ordre.

Sur le plan sanitaire, le document décrit une population privée des réseaux essentiels. Le secteur n’est pas raccordé à l’eau potable et, selon les constats, les habitants « s’alimentent en eau soit par la rivière soit par la récupération d’eaux de pluie dans des contenants ne respectant pas les normes de stockage d’eau ». L’absence de tout système d’assainissement est également relevée, avec des latrines sommaires et des rejets directs d’eaux usées, exposant les occupants à des risques sanitaires permanents.

Les habitations, majoritairement en tôle, sont construites sans fondations ni normes de sécurité. Les rapports évoquent des risques élevés d’incendie, d’effondrement et de glissement de terrain, dans un secteur difficilement accessible pour les secours.

L’arrêté insiste également sur la situation sécuritaire du quartier. La gendarmerie indique que, lors des interventions, « les adultes prennent la fuite et laissent les jeunes enfants tout seul ». Le secteur est par ailleurs décrit par la gendarmerie comme un lieu de refuge pour des personnes recherchées : « plusieurs mis en cause étrangers recherchés par nos services trouvent refuge dans ce quartier où l’omerta règne ». Des épisodes de caillassages de patrouilles, ayant entraîné des blessés parmi les forces de l’ordre, sont également mentionnés.

Le décasage concerne 12 ménages soit 61 personnes, tandis que la Deets recense 12 places d’hébergement mobilisables.

Les occupants disposent d’un délai maximal de vingt jours pour quitter les lieux. À l’issue de ce délai, l’arrêté prévoit que l’évacuation pourra être exécutée d’office, avec le concours de la force publique. Les constructions seront ensuite détruites afin d’empêcher toute réinstallation sur le site. Un recours devant le tribunal administratif reste possible, sans effet suspensif.

Agression violente à la maison d’arrêt de Majicavo : débrayage des agents et comparution immédiate des détenus

Agression violente à la maison d’arrêt de Majicavo : débrayage des agents et comparution immédiate des détenus
* image d'illustration générée par ia

Au lendemain de la visite du Garde des sceaux, Gérald Darmanin, un agent pénitentiaire a été violemment agressé mardi 24 février à la maison d’arrêt de Majicavo. Quatre détenus se sont acharnés sur lui lors de l’ouverture d’une cellule à l’heure des promenades. L’agent, blessé, a été évacué à l’hôpital. Les agents pénitentiaires ont entamé un débrayage dès le lendemain.

Il est environ 14 heures, mardi 24 février, lorsque l’agent ouvre une cellule dans la coursive, à la sortie des promenades. Dès l’ouverture de la porte, quatre détenus l’attaquent violemment, raconte Houmadi Mouhamadi, représentant FO Justice à Majicavo.

« Dans un premier temps, ils l’ont assommé avec une boîte de conserve sur la tête. Il est tombé par terre. Ensuite, ils se sont acharnés avec des coups de pied et des objets : casseroles, poêles, pied de ventilateur », témoigne-t-il.

L’agent souffre de nombreux hématomes, de blessures au visage et d’un déboîtement de l’épaule. Il a été pris en charge par les pompiers après une intervention longue et délicate des équipes pénitentiaires, appuyées par la gendarmerie.

L’agression s’est produite alors que les promenades étaient en cours. Dès le déclenchement de l’attaque, l’ensemble des mouvements a été bloqué, laissant les détenus dans la coursive. Deux équipes de surveillants, composées de quatre à cinq agents chacune, ont dû intervenir, ainsi que la gendarmerie, pour maîtriser les agresseurs.

« Ils ont résisté. Ils nous ont jeté des affaires. On a dû aller les chercher manu militari, parce qu’ils ne se sont pas laissés faire », explique Houmadi Mouhamadi. Les secours n’ont pu intervenir qu’une fois la situation totalement sécurisée.

Sur les cinq détenus présents dans la cellule, quatre ont participé à l’agression. Le cinquième n’a pris aucune part aux violences et ne sera pas présenté à la justice. Les quatre détenus impliqués doivent en revanche être présentés en comparution immédiate ce jeudi.

L’émotion reste vive au sein du personnel pénitentiaire, d’autant que certains agents présents mardi ont déjà été victimes ou témoins de la mutinerie de 2024, au cours de laquelle un surveillant avait été pris en otage. L’un des agents, agressé lors de ces événements passés et témoin de la scène mardi, n’a pas été en mesure de reprendre son service et est rentré chez lui, choqué.

Agression violente à la maison d’arrêt de Majicavo : débrayage des agents et comparution immédiate des détenus

En soutien à leur collègue, les agents ont entamé un débrayage depuis mercredi matin. Celui-ci se poursuivra jusqu’à vendredi. Les prises de service débutent désormais à 8 heures au lieu de 7 heures, ce qui entraîne un retard de l’ensemble des mouvements au sein de l’établissement.

Mercredi matin, l’agent agressé a déposé plainte. Il s’est également rendu à l’Unité médico-judiciaire (UMJ) dans l’après-midi afin de faire constater ses blessures.

Les agents réclament le transfert immédiat des détenus agresseurs hors de Mayotte. Le syndicat FO Justice dénonce par ailleurs l’engorgement chronique de la maison d’arrêt de Majicavo, où des cellules de 9 m² accueillent jusqu’à cinq détenus.

« Le principe de la cellule individuelle prévaut depuis 1875, mais on n’arrive pas à le mettre en place », souligne Houmadi Mouhamadi. Il appelle à un désengorgement rapide par des transferts, avec un objectif d’un à deux détenus par cellule, afin de réduire les tensions et les risques pour le personnel.

La veille de l’agression, des échanges avaient eu lieu avec le conseiller du ministre de la Justice, à l’occasion de la visite de Gérald Darmanin. Des réponses jugées insuffisantes par les agents. « Sur le futur établissement, Éric Dupond-Moretti nous avait annoncé 400 places. Aujourd’hui, on nous parle de 250 à 300 places. C’est clairement sous-dimensionné », dénonce le représentant syndical, qui regrette également que les transferts promis après la mutinerie de 2024 n’aient pas été réalisés à la hauteur des besoins.

Cette nouvelle agression remet une fois encore en lumière la dangerosité du métier de surveillant pénitentiaire à Mayotte et l’urgence de mesures concrètes pour garantir la sécurité des agents.

Accès à l’eau potable : Mayotte mise sur un procédé inédit venu de Perpignan

Accès à l’eau potable : Mayotte mise sur un procédé inédit venu de Perpignan

Bientôt un meilleur procédé pour dessaler l’eau de mer à Mayotte, sans doute plus écologique et plus respectueux de l’environnement que l’usine d’Hironi-Bé actuellement en cours de construction. Une société de Perpignan aurait conçu des cuves permettant de retirer le sel de l’eau de mer avant qu’elle ne soit rendue potable. Il s’agirait d’un concept en cours de vulgarisation à l’international, exporté sur l’île à la suite d’un appel d’offres remporté par la société Technofil Industrie, installée à Perpignan. Huit de ces cuves seraient en route pour notre île.

Mayotte post-Chido serait-elle devenue la terre promise des vendeurs de rêves toutes catégories, entre nouvel « eldorado » et Far West ? Tout (ou presque) est bon pour être fourgué à ses populations, des concepts les plus novateurs à forte utilité avérée aux idées les plus farfelues, n’ayant jamais été expérimentées ailleurs mais que d’aucuns pensent vendre comme du sûr, à grand renfort de fonds publics.

Un petit tour sur les réseaux sociaux et l’on s’aperçoit que l’île est quasiment devenue le dernier label en vogue pour tous les marchands de vent de la planète. Il y a les yourtes mongoles garanties contre la chaleur et l’humidité, la case de l’oncle Tom à fibres de bambou et de raphia, la crème miracle des vahinés à base d’huile de ricin venue de Chine, la vache cambodgienne à trois têtes pour l’Aïd El-Fitr, le gnou tibétain à fourrure super épaisse pour se protéger des

pluies de mousson, le thé de la lévitation du Bangladesh, le moulin à briques pour pyramides à degrés made in Thaïlande, le bronze pour les clôtures à l’épreuve des vandales de Tsoundzou venu de Turquie, le filet à moustiques géant de la Gouloué et de l’Ourovéni fabriqué en Ukraine libre, et j’en passe.

Tout est proposé à des prix imparablement élevés, sans comparaison aucune. Mais les notices d’emploi vous expliquent évidemment le processus à mettre en œuvre sans que cela ne coûte un seul centime aux Mahorais, puisque ces procédés de dernière génération sont supposés être finançables au moyen des quatre milliards d’euros de la reconstruction-refondation de Mayotte post-Chido, à défaut d’une cagnotte miraculeuse qui pourrait tomber de Ministère de l’Économie et des Finances par on ne sait quel enchantement.

C’est une frénésie sans pareille qui fait tourner la tête et perdre la boule aux plus audacieux attrapeurs de nigauds. Certains débarquent de l’avion quasiment en guenilles, d’autres sapés comme des flambeurs monégasques, et s’étonnent de ne pas trouver où se loger à la hauteur de leurs prétentions, en oubliant l’essentiel : ils prennent pied sur l’archipel de Mayotte, « la terre de la résilience ».

Par conséquent, « rien ne sert de courir : il faut juste prendre sa patience à deux mains et savoir partir à point ». Cette remarque nous vient d’Alfred, un petit malin à la chevelure touffue, à mi-chemin entre l’ère punk des îles et la période post-Rasta.

« Aïe, aïe, aïe, aïe », chantonne-t-il sur un air innocent, tel un pêcheur du dimanche faisant mine d’attendre la marée montante sur le platier de Gnoumakouni, face à la piste d’aviation de Pamandzi, qui ne cesse de s’enfoncer inexorablement dans l’océan. Sans doute sous le poids des rêves inatteignables de ces porteurs de projets sans aucune chance de se réaliser un jour sur la « terre de la résilience ».

Alfred se réveille tout d’un coup de sa torpeur de reggae man attardé, comme piqué par une scolopendre des sables :

« Hey, ils ne seraient pas totalement chleus et un peu fadas, ces types ? Ici, on a la mer en pagaille depuis des lustres, man. Nous savons que c’est de l’or ailleurs dans le monde, mais jamais pour nous, Mahorais ! Tu vois l’ami, on est loin du désert du Kalahari, mais on a vachement soif, wallah ! »

Hilarité générale autour de lui… Mais Alfred a-t-il tort dans sa tirade ? Ses propos ne reflètent-ils pas un message caché ?

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes