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Barges : trafic déplacé au quai Balou ce week-end

Barges : trafic déplacé au quai Balou ce week-end

Le trafic des barges sera exceptionnellement transféré du quai Issoufali vers le quai Balou, dans la baie de Dzaoudzi, du vendredi 27 au samedi 28 février 2026 inclus. Cette mesure, annoncée par la Direction des Transports Maritimes à Mamoudzou, est liée à une opération d’enlèvement d’épaves de navires menée à proximité du quai Issoufali, dans le cadre des actions post-Chido. Des consignes spécifiques de stationnement sont prévues pour les véhicules, taxis et ambulances. Les usagers sont appelés à respecter les instructions sur site afin d’assurer la sécurité et la fluidité du trafic.

Boulangerie Firdaoussi fermée à Bandraboua, Nou la Fé Marmite Créole rouvre à Mamoudzou

Boulangerie Firdaoussi fermée à Bandraboua, Nou la Fé Marmite Créole rouvre à Mamoudzou
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Par arrêté du 23 février 2026, le préfet de Mayotte a ordonné la fermeture administrative de la boulangerie Firdaoussi, située au carrefour de Dzoumogné, à Bandraboua, à la suite de manquements graves aux règles d’hygiène alimentaire constatés lors d’un contrôle. L’établissement restera fermé jusqu’à mise en conformité.

À Mamoudzou, la fermeture du restaurant “Nou la Fé Marmite Créole”, prononcée en novembre 2025, a été levée après réalisation de mesures correctives jugées conformes par les services de l’État.

Les pêcheurs de Mayotte face à l’impasse administrative

Les pêcheurs de Mayotte face à l’impasse administrative

Triste réalité que celle qui se vérifie sur le terrain au marché aux poissons de Four-à-Chaux, à Labattoir, déserté par les pêcheurs professionnels, interdits d’accès à la mer sur la base d’une directive bruxelloise. Plus aucune possibilité de se fournir en poisson frais à Mayotte. La nature ayant horreur du vide, un marché occulte prend peu à peu le relais. Le poisson se vend désormais à la sauvette, sous le manteau, en dehors de tout contrôle sanitaire. Qui gagne et qui perd dans cette démarche engagée ?

Des pêcheurs contraints par l’administration préfectorale de « pêcher dans l’air », faute d’embarcations homologuées : telle est la situation singulière dans laquelle évolue Mayotte depuis plusieurs semaines. L’expression « serpent de mer », très en usage au sein des institutions européennes, trouve ici tout son sens, car celles-ci seraient à l’origine d’une aberration dont elles seules ont le secret : « un territoire marin qui ne mangeait déjà pas assez de poisson au cours des deux dernières décennies et qui en est aujourd’hui totalement privé ».

Sous d’autres latitudes, cette situation prêterait à sourire. Ce n’est hélas pas le cas à Mayotte, territoire de 374 km² au milieu d’un océan si poissonneux que l’Europe communautaire a choisi d’en ouvrir l’accès à des navires espagnols et seychellois. En ce mois de Ramadan, l’affaire cesse d’être qualifiable de mauvaise farce pour revêtir un caractère profondément scandaleux.

Il n’y a pas assez de mots pour décrire ce qui se passe sous le regard du consommateur désabusé qui revient bredouille du quai des pêcheurs de Four-à-Chaux, sur le front de mer de Labattoir. Un ballet incessant de voitures, de cyclomoteurs, de femmes et d’hommes à la recherche d’une denrée devenue soudainement rare sur le territoire, alors que la mer tout autour en regorge.

« Il n’y a qu’à Mayotte que l’on peut voir des choses pareilles. Tant que nos pêcheurs resteront passifs, la situation va empirer. À la fin, nos enfants finiront par croire que les bâtonnets de colin d’Alaska se pêchent tels quels dans les profondeurs du lagon », ironise Anliane Chamsidine, habitant du quartier informel du Marigot à Labattoir, limitrophe de la zone militarisée des Badamiers.

Il a traversé à pied les trois quarts de la ville pour rejoindre le front de mer de Four-à-Chaux, en quête d’un kilogramme de poisson frais, habituellement vendu au prix fort durant cette période du calendrier religieux musulman. En vain. Depuis deux heures, pas le moindre spécimen en vue.

Des trottoirs où stationnent habituellement une ribambelle de brouettes remplies de poissons aux larges escaliers plongeant dans la mer, où s’opère d’ordinaire la criée dans un brouhaha d’acheteurs, il n’y a plus âme qui vive. Même pas un chat ou un chien errant en quête de résidus abandonnés au soleil.

« C’est ce qui s’appelle faire table rase du passé », s’insurge un syndicaliste de la profession.

Dans le narratif des pêcheurs mahorais, certains faits sont têtus

« Un mois de Ramadan, vous vous rendez compte ? Et au ministère des Outre-mer, nos parlementaires se font balader avec des explications bancales qui ne tiennent pas debout. La vérité, c’est que tous les secteurs d’activité à Mayotte ont été bradés à nos voisins réunionnais par les gouvernements précédents, qui n’ont cessé de nous chercher des poux pour imposer une réglementation toujours plus stricte d’une année sur l’autre. »

Abdallah a du mal à contenir sa colère ce jeudi après-midi. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a décidé de tout dire pour évacuer ce qu’il a sur le cœur, bien que totalement vide en cette journée de jeûne.

Il fustige autant le préfet de Mayotte que les élus du Département-Région, qu’il accuse de collusion pour nuire à la profession. Les mots qu’il emploie sont d’une dureté rare, que notre journal se gardera bien de reproduire.

Il évoque une situation dramatique de sous-emploi et d’endettement résultant, selon lui, des différentes restrictions imposées aux pêcheurs mahorais ces dernières années, indépendamment du passage du cyclone Chido le 14 décembre 2024.

« C’est ce qui leur permet aujourd’hui de quasiment tout justifier, alors que tout le monde voit bien qu’une machine infernale est lancée, avec la complicité du Département et de ses services, pour étouffer les pêcheurs professionnels locaux. Cela a commencé par une réduction drastique du nombre de pêcheurs, puis des zones de pêche, et voilà que cela touche maintenant les embarcations », s’emporte le syndicaliste.

À l’entendre, on pourrait presque se laisser convaincre de l’existence d’une machination visant à entraver la pêche professionnelle locale, sans pour autant sombrer dans une lecture complotiste.

Difficile néanmoins de ne pas lui prêter une oreille attentive lorsqu’il évoque un rouleau compresseur lancé à plein régime contre le développement de la filière pêche. La chronologie qu’il décrit donne une certaine consistance à ses propos, d’autant que les administrations mises en cause peinent à produire des éléments tangibles pour démontrer le contraire.

Certains faits sont têtus : sous prétexte de nouvelles réglementations, toute une flotte a été retirée de la mer. L’imposition d’un type d’embarcation, suivie d’une dérogation censée permettre aux pêcheurs mahorais d’importer leurs nouveaux bateaux depuis le pays de leur choix, a été stoppée net à l’arrivée des premiers prototypes fabriqués à Madagascar, refusés à l’homologation.

Après les « mabawa » importés du Brésil, place désormais au poisson du pôle Nord

Un engrenage s’enclenche désormais au détriment du consommateur mahorais. Dans l’attente d’une hypothétique résolution de cette crise, les importations se renforcent, au mépris — selon les pêcheurs — des règles que l’Union européenne prétend imposer localement.

Quid des conditions et du type d’embarcations utilisées dans les pays tiers pour pêcher ce poisson qui s’est frayé un boulevard sur le marché mahorais ? Quid du respect des normes sanitaires et des conditions de conditionnement avant d’atterrir dans l’assiette du consommateur ? Quel service est mandaté localement pour vérifier les conséquences sanitaires de ces importations ?

On se souvient qu’il n’y a pas si longtemps, un raisonnement similaire avait prévalu pour la viande importée — mavaja (cuisses) et mabawa (ailes) de poulets engraissés aux hormones et exportés massivement depuis le Brésil.

Avec l’aval du Département de Mayotte, Bruxelles préparerait ainsi les conditions du naufrage de la filière pêche locale, après avoir déjà contribué, selon ses détracteurs, à l’effondrement d’une aquaculture marine pourtant prometteuse.

D’un côté, au nom des normes techniques et qualitatives, on ferme le robinet à la pêche mahoraise ; de l’autre, l’autorisation est maintenue pour des flottes étrangères continuant d’exploiter la ressource halieutique environnante, sans contrôle apparent sur les quotas.

Lorsque le sénateur Saïd Omar Oili s’en fait l’écho dans les hautes sphères, la ministre de tutelle adopte un profil bas et renvoie la responsabilité vers le nébuleux établissement public chargé de reconstruire et refonder Mayotte.

Ce que la préfecture omet peut-être d’observer dans son entêtement à ne pas tenir compte des réalités locales, c’est que la nature ayant horreur du vide, un marché clandestin du poisson s’est installé à Labattoir, à Four-à-Chaux.

Le poisson y est vendu sous le manteau, au plus offrant, en dehors de tout contrôle sanitaire et dans une parfaite illégalité.

Reste désormais à savoir ce qu’il en est des autres marchés aux poissons de Grande-Terre.

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Naissances, décès, fécondité : les principaux chiffres de 2025 à Mayotte

Naissances, décès, fécondité : les principaux chiffres de 2025 à Mayotte

Publié ce jeudi 26 février 2026 par l’Insee, le bilan démographique 2025 de Mayotte, fondé sur les données d’état civil communales, fait état d’une légère hausse des naissances.

Après deux années de baisse, la natalité repart légèrement à la hausse. En 2025, 9 070 enfants sont nés de mères domiciliées sur le territoire, soit 160 naissances de plus qu’en 2024, ce qui représente une augmentation de 1,8 %. Le niveau reste élevé à l’échelle nationale et confirme la singularité démographique du département.

La fécondité se stabilise à 3,5 enfants par femme, un niveau sans équivalent en France. À titre de comparaison, elle s’établit à 1,5 enfant par femme dans l’Hexagone, 2,1 à La Réunion et 3 en Guyane. Pour la deuxième année consécutive, l’indicateur demeure toutefois inférieur à quatre enfants par femme.

Comme les années précédentes, trois quarts des bébés nés en 2025 ont une mère étrangère, le plus souvent de nationalité comorienne. Ces naissances augmentent à nouveau après une nette baisse en 2024. Néanmoins, plus d’un nouveau-né sur deux (53 %) a au moins un parent français, et 18 % ont deux parents français, une part en recul sur la dernière décennie.

Les mères sont en moyenne plus jeunes qu’au niveau national. En 2025, 4,5 % des enfants, soit environ 410 naissances, sont nés de mères mineures, une proportion très supérieure à celle observée dans l’Hexagone (0,3 %).

Enfin, les naissances hors du territoire sont de plus en plus fréquentes. En 2025, 530 enfants sont nés en dehors de Mayotte alors que leurs mères y sont domiciliées, soit 5,8 % des naissances. La moitié de ces accouchements ont eu lieu à La Réunion, l’autre moitié dans l’Hexagone. Ce phénomène concerne principalement les mères françaises, dont 21 % accouchent hors du département, contre 0,6 % des mères étrangères. Malgré cette évolution, la grande majorité des naissances ont toujours lieu à Mayotte.

Naissances, décès, fécondité : les principaux chiffres de 2025 à Mayotte

Une mortalité en hausse continue depuis 2019

Côté décès, la tendance est à la hausse. 1 040 personnes domiciliées à Mayotte sont décédées en 2025, soit 30 décès de plus qu’en 2024 (+3 %). Depuis 2019, la progression atteint +34 %, bien au-delà de celle observée au niveau national

Cette évolution s’explique principalement par la croissance rapide de la population et l’augmentation relative du nombre de seniors.

Malgré cette hausse, le solde naturel — différence entre les naissances et les décès — augmente à nouveau, pour atteindre +8 030 personnes en 2025, après deux années consécutives de baisse.

Concernant le chiffre global de la population, l’institut reste volontairement discret. « Pour l’instant, l’Insee ne veut pas communiquer, étant donné qu’on a eu un recensement exhaustif. On préfère attendre ses résultats. », explique Hatubou Antoy. Les premiers chiffres sont attendus en juin 2026, avant une publication définitive en décembre.

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« Vous auriez pu le tuer » : quatre détenus condamnés après l’agression d’un surveillant à Majicavo

« Vous auriez pu le tuer » : quatre détenus condamnés après l’agression d’un surveillant à Majicavo
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Quatre détenus ont été condamnés jeudi par le tribunal judiciaire de Mamoudzou à des peines allant de quatre à cinq ans d’emprisonnement. Ils étaient poursuivis pour l’agression d’un surveillant pénitentiaire à la maison d’arrêt de Majicavo mardi 24 février.

Les faits ont été largement documentés par les caméras de vidéosurveillance de l’établissement. À l’audience, la présidente décide d’en diffuser les images, qu’elle qualifie d’« extrêmement violentes », en prévenant : « Je n’impose à personne de rester. »

Il n’est pas encore 14 heures lorsque la cellule 119 est ouverte pour le départ en promenade. Dès l’ouverture, la porte est repoussée avec force et le surveillant est immédiatement agressé. Sur les images, un détenu frappe l’agent avec une boîte de conserve de lait de coco, un autre avec un pied de ventilateur. Les coups de poing et de pied se succèdent alors que le surveillant est au sol. La présidente résume la scène : « On assiste à un véritable acharnement. » S’adressant à un prévenu filmé en train de frapper la tête de la victime avec ses baskets, elle lance : « Vous avez l’air très content de jouer au foot avec la tête du surveillant. »

À la barre, les détenus tentent d’expliquer leur passage à l’acte par des frustrations liées aux conditions de détention. « On ne l’aurait pas agressé juste comme ça s’il n’avait rien fait.», « Il avait refusé un rab de poulet le midi », « Ce n’est pas seulement ça, les autres jours, quand on demande pour aller à l’hôpital, à la bibliothèque, il dit qu’il n’y a pas de surveillants. « Le jour des ailes de poulet, il m’a insulté. » enchaînent-t-il. La présidente les recadre immédiatement, rappelant « une règle absolue » : « On ne tape pas une personne qui porte un uniforme. »

Interrogés sur la préméditation, un détenu reconnaît s’être dit « Dès que la porte s’ouvre, je le frappe. » Un autre déclare: « Moi, je n’aime pas ce surveillant. » Tous nient cependant s’être concertés au préalable. L’un reconnaît avoir consommé de la « chimique », qu’il dit avoir ramassée en promenade : « C’est quand j’ai vu les images que je me suis rappelé. »

Une seconde séquence est ensuite projetée, montrant l’intervention des équipes de sécurité. On y voit un détenu vider un extincteur, un autre lancer des pommes en direction des agents. « Mettez toute la vidéo » clament-ils à la fin de la diffusion. Les prévenus, dont l’un porte un bandage au poignet, se plaignent d’avoir été frappés alors qu’ils étaient au sol. « Vous n’avez pas l’attitude de gens qui ont compris que la récré était finie. Forcément qu’à la fin, l’intervention est musclée. » conclut la présidente après avoir diffusé la vidéo intégrale.

Bras en écharpe, le surveillant agressé est présent à l’audience. Me Fatih Rahmani, avocat des parties civiles, décrit un homme de 50 ans, surveillant depuis 2016, « C’est une personne qui, au cours de sa carrière, n’a jamais éprouvé de difficulté. C’est grâce à son travail qu’on peut dormir tranquillement. » déclare-t-il avant d’ajouter « Aujourd’hui, il est choqué. Quand il ferme les yeux, il fait des cauchemars. Ce qui l’a le plus marqué, c’est l’absence de regrets». Il sollicite une provision de 5 000 euros en réparation de son préjudice.

« la mort ne leur fait pas peur »

Lors de ses réquisitions, le procureur de la République, Guillaume Dupont, qualifie les faits de « lynchage » et affirme à plusieurs reprises que « la mort ne leur fait pas peur », rappelant que les quatre prévenus sont impliqués dans des procédures criminelles en cours. La défense s’offusque. « Ils sont tous présumés innocents. On nous dit qu’ils n’ont pas peur de la mort. On nous dit que ce sont des meurtriers, c’est à peine voilé », réplique Me Céline Cooper lors de sa plaidoirie.

Le procureur tente ensuite un parallèle avec l’affaire de Quentin : « Vous avez une actualité récente qui aujourd’hui fait le buzz, Lyon. Je mettrais de côté l’aspect politique : un individu qui est au sol et qui est piétiné, violenté, comme la vidéo que vous avez montrée tout à l’heure. » Un rapprochement fermement contesté par Me Céline Cooper : « On vous dit qu’il y a un précédent avec le décès de ce fameux Quentin. On parle de groupes d’ultra-droite fascisants qui ne supportent pas que Rima Hassan fasse une conférence puis on vous dit que c’est la même chose ici. »

La défense évoque un contexte explosif : « C’est invivable dans cette prison. Ils sont six, sept, parfois huit par cellule. Je me suis toujours étonnée, depuis la première mutinerie de 2024, que cela ne se soit pas produit avant. On parle de matière humaine et on les renvoie à quelque chose qui n’est pas de la nature humaine, ce ne sont plus des sujets de droit. » Si le parquet reconnaît la surpopulation carcérale à Majicavo, il refuse d’y voir une justification : « Je ne mets absolument pas de côté la question de la surpopulation carcérale. Mais est-ce que ça veut dire qu’il faut les remettre dehors, les laisser continuer à tuer, les laisser continuer à violenter ? »

« Je n’aurai pas la voix qui tremble. Je l’assume car, en tant que ministère public, nous sommes les protecteurs de la force régalienne et notamment des surveillants pénitentiaires » déclare le procureur avant de requérir six à huit ans d’emprisonnement.

À l’issue des débats, le tribunal judiciaire de Mamoudzou a condamné les quatre prévenus à des peines allant de quatre à cinq ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt, assorties du versement de 5 000 euros de dommages et intérêts à la victime. Les condamnés disposent d’un délai de dix jours pour interjeter appel de la décision.

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Comores : la qualité des services des opérateurs mobiles épinglée

Comores : la qualité des services des opérateurs mobiles épinglée

Durant ce contrôle, qui a duré deux mois, le régulateur comorien des technologies de l’information a mesuré les performances de la data, le délai d’émission des appels ainsi que celui des SMS, qui doivent être conformes aux normes contenues dans les cahiers des charges des opérateurs.

Les conclusions de la dernière campagne de contrôle de la qualité des services des opérateurs titulaires de licences en Union des Comores sont désormais disponibles. Présentés hier, jeudi, dans les locaux de l’Autorité nationale de régulation des technologies de l’information et de la communication (Anrtic), les résultats, tout comme ceux des deux dernières années, pointent du doigt Comores Telecom et Yas.

« Pendant deux mois, nous avons mené cette campagne avec un objectif clair : améliorer la qualité de service offerte aux consommateurs comoriens. Nous avons travaillé avec les opérateurs pour identifier les axes d’amélioration et mettre en place des plans d’action concrets. Je suis heureux de constater que les efforts déployés par Comores Telecom et Yas commencent à porter quelques fruits. Les indicateurs de qualité de service montrent certaines améliorations, notamment en matière de qualité des appels et de capacité de débit de données », a d’abord déclaré le patron de la régulation, Saïd Bouhtane, dans son discours d’ouverture.

Étaient également présents le ministre comorien des Télécommunications ainsi que les directeurs des deux opérateurs mobiles opérant aux Comores. Pour effectuer les contrôles, les équipes du régulateur ont été déployées dans les différentes îles, parcourues en voiture. À la Grande Comore, l’enquête s’est déroulée dans dix villes. Au total, 22 indicateurs de mesure ont été évalués.

Pour Comores Telecom, l’opérateur historique, huit indicateurs restent à améliorer à la Grande Comore, contre douze à Anjouan et dix à Mohéli. Ce mauvais score concerne également son concurrent Yas, qui doit progresser sur onze des vingt-deux indicateurs à la Grande Comore. La situation est particulièrement alarmante à Mohéli, où le second opérateur doit fournir des efforts sur quatorze indicateurs.

« Il reste encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs fixés par les cahiers des charges et répondre aux attentes des consommateurs. Je suis convaincu que nous pouvons faire mieux encore et je compte sur la collaboration continue des opérateurs pour y parvenir », a martelé le directeur de l’Anrtic, qui a ensuite laissé le coordinateur technique et le chef du service qualité présenter des conclusions plus reluisantes uniquement concernant les SMS.

5 secondes pour un SMS

En effet, le contrôle se basait sur des seuils précis. Une fois atteints, ceux-ci signifient que l’opérateur est conforme. Par exemple, le délai d’émission d’un SMS est fixé à cinq secondes.

À la lecture du rapport du régulateur, à Mohéli, Comores Telecom et Yas (nouveau nom de Telco) mettent respectivement 0,57 seconde et 0,80 seconde pour qu’un message arrive dans la boîte de réception du destinataire. Toutefois, pour les abonnés résidant à la Grande Comore, il faut respectivement 2,14 secondes et 1,1 seconde pour voir leurs messages parvenir à destination.

Les équipes de l’Anrtic se sont par ailleurs penchées sur les délais moyens d’établissement d’un appel. À Mohéli, la situation relève du calvaire pour les abonnés des deux opérateurs. Là où un client de Yas attend en moyenne 7,1 secondes, celui de Comores Telecom peut parfois patienter jusqu’à six minutes pour l’établissement d’un appel, alors que le seuil imposé par le régulateur est de huit secondes.

La qualité vocale MOS — indicateur utilisé pour mesurer la qualité perçue d’un appel vocal — a également été analysée. Idem pour le taux d’appels réussis : sur l’île d’Anjouan, il a été constaté que les sociétés de télécommunications mobiles opérant aux Comores respectent les obligations mentionnées dans leurs cahiers des charges.

Jeux de 2027

Le contrôle, qui s’est achevé au mois de décembre, a également inclus la couverture de la 4G, lancée depuis plus de deux ans sur le territoire national. À ce propos, le rapport de l’Anrtic révèle qu’à l’intérieur des véhicules ou des bâtiments, la couverture de quatrième génération n’est pas conforme aux normes. Le même constat est dressé à Mohéli et à Anjouan.

Le taux de connexions (accès web) a, quant à lui, obtenu une bonne notation. Cela n’a toutefois pas empêché le président de l’association des consommateurs des TIC d’étriller les seuils fixés par le régulateur.

« Pour nous, le problème réside dans le niveau d’exigence : les seuils actuels de 1 536 kbps en émission et 3 072 kbps en réception pour les technologies 3G et 4G sont, à notre sens, beaucoup trop bas. Avec de tels débits, il est impossible d’assurer correctement des services à forte valeur ajoutée, comme les visioconférences, pourtant devenues indispensables pour nos professionnels. Si les opérateurs paraissent conformes, c’est simplement parce que la barre est placée trop bas. Aucun opérateur ne répond réellement aux besoins de l’économie numérique moderne », a déploré Hamidou Mhoma.

Le ministre des Télécommunications, Oumouri Mmadi Hassani, a lui aussi interpellé les deux opérateurs. Ce dernier avait accepté de reporter la campagne de contrôle, initialement prévue en juillet, car les opérateurs craignaient des résultats défavorables en raison de la congestion du réseau liée à la présence massive de la diaspora durant cette période.

« Mais je ne ferai plus de cadeaux. Il ne sera plus acceptable qu’avec l’ouverture prochaine de l’hôpital El-Maarouf ou durant les Jeux de 2027, les consommateurs ne puissent pas se connecter. Si vous n’êtes pas capables d’assurer le service, dites-le-nous : nous ferons appel à un troisième opérateur s’il le faut », a prévenu le ministre, révélant dans la foulée que des discussions sont en cours avec Starlink.

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Essais de vidange à Combani : les riverains sensibilisés

Essais de vidange à Combani : les riverains sensibilisés

Les Eaux de Mayotte ont mené ce mercredi matin une opération de sensibilisation auprès des habitants vivant à proximité de la retenue collinaire de Combani. Objectif : informer la population des essais de vidange programmés les 3 et 5 mars à 9 heures, destinés à tester le fonctionnement des vannes.

Il ne s’agira pas d’une vidange complète, mais l’ouverture partielle des vannes pourrait entraîner une hausse temporaire du niveau de l’eau. Des consignes de sécurité ont donc été rappelées par des agents communaux mobilisés par la mairie de Tsingoni, notamment l’éloignement des abords du cours d’eau et le regroupement dans un point sécurisé durant l’opération. Une sirène annoncera le début des essais.

Mayotte, trois fois médaillée au Salon de l’Agriculture de Paris

Mayotte, trois fois médaillée au Salon de l’Agriculture de Paris
©Saveurs et Senteurs de Mayotte

Or et argent pour la vanille de Mayotte, mais pas seulement : la qualité de son miel naturel est également récompensée par une médaille d’argent. De quoi redonner le sourire et de l’espoir aux agriculteurs mahorais qui exposent en ce moment à la porte Maillot, à Paris, au Salon international de l’agriculture.

Comme tous leurs collègues des autres territoires ultramarins, les agriculteurs mahorais ont fait le déplacement dans l’Hexagone pour promouvoir les produits de leur terroir lors de cette vitrine mondiale du savoir-faire, passage obligé pour une multitude de personnalités politiques de premier plan. Le chef de l’État, Emmanuel Macron, figure parmi les autorités nationales ayant visité le stand de Mayotte.

La participation des agriculteurs mahorais à cet événement, cette année, relève du véritable exploit après la dévastation de leurs exploitations respectives par le cyclone Chido en décembre 2024. Malgré un parcours semé d’embûches et, par moments, de désespoir, aucun ne s’est résigné à mettre son « chombo » au placard. Ils se sont, pour ainsi dire, tous retroussé les manches pour redonner vie à leurs activités.

Des efforts récompensés au Concours général agricole de ce Salon de l’agriculture de Paris. Médaillé d’argent en 2023, Foundi Madi remporte l’or cette année, talonné par un autre Mahorais, Mohamadi Sabiti (dans la même catégorie, vanille planifolia), qui obtient la médaille d’argent.

Le bonheur n’arrivant pas seul, une autre médaille d’argent est également au rendez-vous, cette fois pour mettre un coup de projecteur sur l’apiculture de Mayotte. Combo Coco, une exploitation familiale du nord de l’île, se voit décerner cette distinction qui honore une filière en pleine expansion sur le territoire.

Ouangani : un arrêté préfectoral ordonne l’évacuation du quartier Roika

Ouangani : un arrêté préfectoral ordonne l’évacuation du quartier Roika

Un arrêté préfectoral signé le 23 février 2026 ordonne l’évacuation et la destruction des constructions édifiées illicitement dans le quartier Roika, dans les hauteurs de Mangajou, sur la commune d’Ouangani, à la limite de Sada. La décision s’appuie sur une série de constats sanitaires, sociaux et sécuritaires établis par les services de l’État et les forces de l’ordre.

Sur le plan sanitaire, le document décrit une population privée des réseaux essentiels. Le secteur n’est pas raccordé à l’eau potable et, selon les constats, les habitants « s’alimentent en eau soit par la rivière soit par la récupération d’eaux de pluie dans des contenants ne respectant pas les normes de stockage d’eau ». L’absence de tout système d’assainissement est également relevée, avec des latrines sommaires et des rejets directs d’eaux usées, exposant les occupants à des risques sanitaires permanents.

Les habitations, majoritairement en tôle, sont construites sans fondations ni normes de sécurité. Les rapports évoquent des risques élevés d’incendie, d’effondrement et de glissement de terrain, dans un secteur difficilement accessible pour les secours.

L’arrêté insiste également sur la situation sécuritaire du quartier. La gendarmerie indique que, lors des interventions, « les adultes prennent la fuite et laissent les jeunes enfants tout seul ». Le secteur est par ailleurs décrit par la gendarmerie comme un lieu de refuge pour des personnes recherchées : « plusieurs mis en cause étrangers recherchés par nos services trouvent refuge dans ce quartier où l’omerta règne ». Des épisodes de caillassages de patrouilles, ayant entraîné des blessés parmi les forces de l’ordre, sont également mentionnés.

Le décasage concerne 12 ménages soit 61 personnes, tandis que la Deets recense 12 places d’hébergement mobilisables.

Les occupants disposent d’un délai maximal de vingt jours pour quitter les lieux. À l’issue de ce délai, l’arrêté prévoit que l’évacuation pourra être exécutée d’office, avec le concours de la force publique. Les constructions seront ensuite détruites afin d’empêcher toute réinstallation sur le site. Un recours devant le tribunal administratif reste possible, sans effet suspensif.

Agression violente à la maison d’arrêt de Majicavo : débrayage des agents et comparution immédiate des détenus

Agression violente à la maison d’arrêt de Majicavo : débrayage des agents et comparution immédiate des détenus
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Au lendemain de la visite du Garde des sceaux, Gérald Darmanin, un agent pénitentiaire a été violemment agressé mardi 24 février à la maison d’arrêt de Majicavo. Quatre détenus se sont acharnés sur lui lors de l’ouverture d’une cellule à l’heure des promenades. L’agent, blessé, a été évacué à l’hôpital. Les agents pénitentiaires ont entamé un débrayage dès le lendemain.

Il est environ 14 heures, mardi 24 février, lorsque l’agent ouvre une cellule dans la coursive, à la sortie des promenades. Dès l’ouverture de la porte, quatre détenus l’attaquent violemment, raconte Houmadi Mouhamadi, représentant FO Justice à Majicavo.

« Dans un premier temps, ils l’ont assommé avec une boîte de conserve sur la tête. Il est tombé par terre. Ensuite, ils se sont acharnés avec des coups de pied et des objets : casseroles, poêles, pied de ventilateur », témoigne-t-il.

L’agent souffre de nombreux hématomes, de blessures au visage et d’un déboîtement de l’épaule. Il a été pris en charge par les pompiers après une intervention longue et délicate des équipes pénitentiaires, appuyées par la gendarmerie.

L’agression s’est produite alors que les promenades étaient en cours. Dès le déclenchement de l’attaque, l’ensemble des mouvements a été bloqué, laissant les détenus dans la coursive. Deux équipes de surveillants, composées de quatre à cinq agents chacune, ont dû intervenir, ainsi que la gendarmerie, pour maîtriser les agresseurs.

« Ils ont résisté. Ils nous ont jeté des affaires. On a dû aller les chercher manu militari, parce qu’ils ne se sont pas laissés faire », explique Houmadi Mouhamadi. Les secours n’ont pu intervenir qu’une fois la situation totalement sécurisée.

Sur les cinq détenus présents dans la cellule, quatre ont participé à l’agression. Le cinquième n’a pris aucune part aux violences et ne sera pas présenté à la justice. Les quatre détenus impliqués doivent en revanche être présentés en comparution immédiate ce jeudi.

L’émotion reste vive au sein du personnel pénitentiaire, d’autant que certains agents présents mardi ont déjà été victimes ou témoins de la mutinerie de 2024, au cours de laquelle un surveillant avait été pris en otage. L’un des agents, agressé lors de ces événements passés et témoin de la scène mardi, n’a pas été en mesure de reprendre son service et est rentré chez lui, choqué.

Agression violente à la maison d’arrêt de Majicavo : débrayage des agents et comparution immédiate des détenus

En soutien à leur collègue, les agents ont entamé un débrayage depuis mercredi matin. Celui-ci se poursuivra jusqu’à vendredi. Les prises de service débutent désormais à 8 heures au lieu de 7 heures, ce qui entraîne un retard de l’ensemble des mouvements au sein de l’établissement.

Mercredi matin, l’agent agressé a déposé plainte. Il s’est également rendu à l’Unité médico-judiciaire (UMJ) dans l’après-midi afin de faire constater ses blessures.

Les agents réclament le transfert immédiat des détenus agresseurs hors de Mayotte. Le syndicat FO Justice dénonce par ailleurs l’engorgement chronique de la maison d’arrêt de Majicavo, où des cellules de 9 m² accueillent jusqu’à cinq détenus.

« Le principe de la cellule individuelle prévaut depuis 1875, mais on n’arrive pas à le mettre en place », souligne Houmadi Mouhamadi. Il appelle à un désengorgement rapide par des transferts, avec un objectif d’un à deux détenus par cellule, afin de réduire les tensions et les risques pour le personnel.

La veille de l’agression, des échanges avaient eu lieu avec le conseiller du ministre de la Justice, à l’occasion de la visite de Gérald Darmanin. Des réponses jugées insuffisantes par les agents. « Sur le futur établissement, Éric Dupond-Moretti nous avait annoncé 400 places. Aujourd’hui, on nous parle de 250 à 300 places. C’est clairement sous-dimensionné », dénonce le représentant syndical, qui regrette également que les transferts promis après la mutinerie de 2024 n’aient pas été réalisés à la hauteur des besoins.

Cette nouvelle agression remet une fois encore en lumière la dangerosité du métier de surveillant pénitentiaire à Mayotte et l’urgence de mesures concrètes pour garantir la sécurité des agents.

Accès à l’eau potable : Mayotte mise sur un procédé inédit venu de Perpignan

Accès à l’eau potable : Mayotte mise sur un procédé inédit venu de Perpignan

Bientôt un meilleur procédé pour dessaler l’eau de mer à Mayotte, sans doute plus écologique et plus respectueux de l’environnement que l’usine d’Hironi-Bé actuellement en cours de construction. Une société de Perpignan aurait conçu des cuves permettant de retirer le sel de l’eau de mer avant qu’elle ne soit rendue potable. Il s’agirait d’un concept en cours de vulgarisation à l’international, exporté sur l’île à la suite d’un appel d’offres remporté par la société Technofil Industrie, installée à Perpignan. Huit de ces cuves seraient en route pour notre île.

Mayotte post-Chido serait-elle devenue la terre promise des vendeurs de rêves toutes catégories, entre nouvel « eldorado » et Far West ? Tout (ou presque) est bon pour être fourgué à ses populations, des concepts les plus novateurs à forte utilité avérée aux idées les plus farfelues, n’ayant jamais été expérimentées ailleurs mais que d’aucuns pensent vendre comme du sûr, à grand renfort de fonds publics.

Un petit tour sur les réseaux sociaux et l’on s’aperçoit que l’île est quasiment devenue le dernier label en vogue pour tous les marchands de vent de la planète. Il y a les yourtes mongoles garanties contre la chaleur et l’humidité, la case de l’oncle Tom à fibres de bambou et de raphia, la crème miracle des vahinés à base d’huile de ricin venue de Chine, la vache cambodgienne à trois têtes pour l’Aïd El-Fitr, le gnou tibétain à fourrure super épaisse pour se protéger des

pluies de mousson, le thé de la lévitation du Bangladesh, le moulin à briques pour pyramides à degrés made in Thaïlande, le bronze pour les clôtures à l’épreuve des vandales de Tsoundzou venu de Turquie, le filet à moustiques géant de la Gouloué et de l’Ourovéni fabriqué en Ukraine libre, et j’en passe.

Tout est proposé à des prix imparablement élevés, sans comparaison aucune. Mais les notices d’emploi vous expliquent évidemment le processus à mettre en œuvre sans que cela ne coûte un seul centime aux Mahorais, puisque ces procédés de dernière génération sont supposés être finançables au moyen des quatre milliards d’euros de la reconstruction-refondation de Mayotte post-Chido, à défaut d’une cagnotte miraculeuse qui pourrait tomber de Ministère de l’Économie et des Finances par on ne sait quel enchantement.

C’est une frénésie sans pareille qui fait tourner la tête et perdre la boule aux plus audacieux attrapeurs de nigauds. Certains débarquent de l’avion quasiment en guenilles, d’autres sapés comme des flambeurs monégasques, et s’étonnent de ne pas trouver où se loger à la hauteur de leurs prétentions, en oubliant l’essentiel : ils prennent pied sur l’archipel de Mayotte, « la terre de la résilience ».

Par conséquent, « rien ne sert de courir : il faut juste prendre sa patience à deux mains et savoir partir à point ». Cette remarque nous vient d’Alfred, un petit malin à la chevelure touffue, à mi-chemin entre l’ère punk des îles et la période post-Rasta.

« Aïe, aïe, aïe, aïe », chantonne-t-il sur un air innocent, tel un pêcheur du dimanche faisant mine d’attendre la marée montante sur le platier de Gnoumakouni, face à la piste d’aviation de Pamandzi, qui ne cesse de s’enfoncer inexorablement dans l’océan. Sans doute sous le poids des rêves inatteignables de ces porteurs de projets sans aucune chance de se réaliser un jour sur la « terre de la résilience ».

Alfred se réveille tout d’un coup de sa torpeur de reggae man attardé, comme piqué par une scolopendre des sables :

« Hey, ils ne seraient pas totalement chleus et un peu fadas, ces types ? Ici, on a la mer en pagaille depuis des lustres, man. Nous savons que c’est de l’or ailleurs dans le monde, mais jamais pour nous, Mahorais ! Tu vois l’ami, on est loin du désert du Kalahari, mais on a vachement soif, wallah ! »

Hilarité générale autour de lui… Mais Alfred a-t-il tort dans sa tirade ? Ses propos ne reflètent-ils pas un message caché ?

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« On m’a jeté un sort » : en appel, une sexagénaire condamnée à huit ans de prison pour tentative de meurtre

« On m’a jeté un sort » : en appel, une sexagénaire condamnée à huit ans de prison pour tentative de meurtre

Après deux jours de débats nourris autour de son état mental, la cour d’assises de Mayotte a rendu son verdict. La sexagénaire poursuivie pour avoir violemment agressé la future belle-mère de son fils a été reconnue coupable de tentative de meurtre avec préméditation. Il lui a toutefois été reconnu une altération de son discernement au moment des faits. Elle est condamnée à huit ans d’emprisonnement, assortis de dix ans de suivi socio-judiciaire, avec interdiction d’entrer en contact avec la victime.

Les faits remontent à 2016, à Labattoir. Lors des préparatifs d’un mariage familial, l’accusée avait porté plusieurs coups de chombo à la tête de la victime, alors âgée de 71 ans. Cette dernière, grièvement blessée, avait tenté de se protéger avec les mains. En première instance, la prévenue avait été condamnée à dix ans de réclusion criminelle. En appel, elle contestait sa responsabilité pénale, invoquant une profonde altération de son état mental.

Lors de la deuxième journée d’audience, la cour s’est longuement penchée sur les expertises psychiatriques. À la barre, l’accusée, menue silhouette enveloppée dans un salouva traditionnel, se levant lentement pour s’étirer. Les experts, entendus en visioconférence, ont unanimement diagnostiqué une paranoïa, mais divergé sur sa nature.

« On n’est sûrement pas dans le cadre d’une schizophrénie », tranche l’un d’eux face aux tentatives de la défense d’expliquer le geste. Le désaccord porte sur la qualification : trouble de la personnalité ou délire paranoïaque relevant d’une psychose. « La pathologie paranoïaque est la plus difficile à explorer », souligne un autre expert.

Les psychiatres décrivent une femme ancrée dans des croyances magico-religieuses, persuadée d’être victime de persécutions, tantôt de sa belle-famille, tantôt de son mari décédé. Elle attribue ses douleurs à des sorts, évoque des guérisseurs et affirme que la victime voulait l’éloigner de son fils. « On m’a jeté un sort. Je n’étais pas moi-même. Mon cœur n’était pas sur place », répète-t-elle à la barre.

Un expert estime que le passage à l’acte est « l’aboutissement d’un délire de persécution » et considère que l’accusée n’était plus en mesure de comprendre le sens de ses actes. À l’inverse, un autre psychiatre rejette l’idée de délire : « La pensée magique n’est pas une pensée délirante, c’est une croyance culturelle ». Il pointe surtout l’absence d’un système motivationnel clair et des explications fluctuantes de l’accusée, évoquant même une amnésie qu’il juge « alléguée ».

La question des troubles de la mémoire a ainsi occupé une large part des débats. L’accusée affirme aujourd’hui ne se souvenir de rien, alors que son récit a varié au fil de la procédure. Pour un expert, cette amnésie relèverait d’un « choix conscient » afin d’éviter d’avoir à répondre de ses actes. Un autre n’exclut pas une amnésie ponctuelle au moment des faits, compatible avec une névrose.

Autre point central : la préméditation. L’accusée a expliqué s’être réveillée avec l’idée de tuer la victime, l’avoir cherchée à deux endroits et avoir pris un chombo sur son chemin. Pour certains experts, ces éléments excluent toute abolition du discernement. Pour un autre, il restent compatibles avec un état délirant : « Lorsqu’elle désigne son persécuteur, elle part à sa recherche pour en finir ».

Suivant en grande partie les réquisitions du parquet général, la cour a retenu la préméditation tout en reconnaissant une altération du discernement. Une position intermédiaire, qui maintient la responsabilité pénale de l’accusée mais tient compte de sa fragilité psychique.

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« Le surendettement à Mayotte est plus grave que ne le montrent les chiffres »

« Le surendettement à Mayotte est plus grave que ne le montrent les chiffres »

Réunie en séance plénière ce mercredi 25 février 2026 à Mamoudzou, la commission de surendettement de Mayotte a dressé le bilan de son activité 2025. Derrière des chiffres stables, la réalité sociale apparaît plus préoccupante, selon la directrice de l’IEDOM Mayotte.

La commission de surendettement des particuliers de Mayotte s’est réunie ce mercredi 25 février 2026 pour sa plénière annuelle. L’objectif : présenter le bilan d’activité de l’année 2025 et analyser l’évolution des situations de surendettement sur le territoire.

Compétente pour l’ensemble du département, la commission réunit autour de la table des représentants de la Préfecture, de la DRFIP, de l’IEDOM, des établissements bancaires, mais aussi des juristes et des associations de consommateurs et d’assistance familiale. Sa mission est double : examiner la recevabilité des dossiers déposés par les particuliers et proposer, le cas échéant, des solutions adaptées pour apurer les dettes.

En 2025, 56 dossiers de surendettement ont été déposés à Mayotte, contre 61 en 2024, soit une baisse de 8,2 %. Un chiffre qui reste dans la moyenne observée depuis 2023, autour de 60 dossiers par an.

Pour Florence Mar-Picard, directrice de l’IEDOM Mayotte et secrétaire de la commission, cette légère baisse ne reflète pas une amélioration de la situation : « Compte tenu des événements de fin d’année, les gens avaient d’autres priorités que de déposer un dossier de surendettement. Cette baisse n’est pas révélatrice de l’effectivité du surendettement à Mayotte. »

Avec seulement 29 dossiers déposés pour 100 000 habitants, Mayotte demeure le département où le recours à la procédure est le plus faible. À titre de comparaison, l’Hexagone enregistre 267 dossiers pour 100 000 habitants. Un écart considérable, que la directrice explique par des freins sociologiques, linguistiques et administratifs.

La structure de l’endettement à Mayotte confirme des spécificités locales. En 2025, 56 % des dettes concernent la consommation, 22 % l’immobilier et 20 % les charges courantes, telles que loyers, factures d’eau, d’électricité ou frais de scolarité.

Au total, la commission a traité près de 2 millions d’euros de dettes sur l’année. Le niveau d’endettement par dossier reste particulièrement élevé : l’endettement médian atteint plus de 27 000 € à Mayotte, contre environ 18 000 € en France hexagonale.

Sur les 47 dossiers examinés en 2025, 27 ont été orientés vers des mesures imposées : plans de remboursement, suspensions d’exigibilité ou effacements partiels ou totaux de dettes. Treize dossiers ont été clôturés faute d’éléments suffisants, et sept ont été jugés irrecevables.

Au final, 73,3 % des dossiers ont abouti à des solutions pérennes permettant de régler durablement la situation de surendettement. L’an dernier, 440 000 € de dettes ont ainsi été effacés sur le territoire, soit en moyenne plus de 26 000 € par dossier, un montant supérieur à celui observé dans l’Hexagone.

Si les chiffres restent faibles, la commission estime que le surendettement est en réalité bien plus répandu. « Les Mahorais ont beaucoup de mal à se dévoiler, à reconnaître qu’ils n’y arrivent plus. La solidarité familiale joue encore beaucoup, et les gens préfèrent trouver des solutions entre eux », souligne Florence Mar-Picard.

La complexité du dépôt de dossier, réalisé en français et nécessitant de nombreuses pièces, constitue un autre frein, notamment pour les publics les plus précaires. À l’inverse, la commission observe une hausse des dépôts en ligne, portée par une population plus jeune et plus à l’aise avec le numérique.

La directrice de l’IEDOM insiste sur un point essentiel : la confidentialité totale de la démarche. « Le dépôt d’un dossier de surendettement n’est pas public. Seuls les créanciers sont informés, et ils le sont déjà. »

Elle rappelle également que la procédure s’adresse exclusivement aux particuliers, à l’exclusion des commerçants et professionnels relevant d’autres dispositifs judiciaires.

Pour la commission, l’enjeu des prochaines années sera clair : mieux faire connaître la procédure, renforcer l’accompagnement social et lever les freins culturels afin que les situations de surendettement, souvent invisibles, puissent enfin être prises en charge.

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Feu vert pour la réhabilitation du stade départemental de Pamandzi

Feu vert pour la réhabilitation du stade départemental de Pamandzi
* image d'illustration générée par ia

Le préfet de Mayotte a signé, le 24 février 2026, un arrêté autorisant la poursuite du projet de réhabilitation du stade départemental de Pamandzi. À l’issue d’un examen au cas par cas, les services de l’État ont décidé que le projet ne serait pas soumis à une étude d’impact environnemental, estimant que ses effets sur l’environnement et la santé humaine sont limités.

Porté par la Société publique locale locale (SPL), le chantier prévoit notamment la rénovation des tribunes, la mise aux normes des installations, la gestion des eaux pluviales et l’amélioration des accès et de la voirie autour du site. Les travaux prévoient notamment la réhabilitation des tribunes existantes, la mise aux normes des installations, l’amélioration des accès ainsi que la gestion des eaux pluviales et des réseaux.

L’arrêté précise que les mesures prévues par le maître d’ouvrage permettent de limiter les nuisances pendant la phase de chantier. Bruit, poussières, gestion des déchets et écoulement des eaux ont été pris en compte, tout comme la prévention des risques pour les riverains.

L’administration souligne également l’absence d’atteinte notable aux milieux naturels et aux riverains, dans un secteur déjà urbanisé. La réalisation d’une étude d’impact est ainsi considérée comme non nécessaire.

Deux nouveaux cas de Mpox confirmés à La Réunion

Deux nouveaux cas de Mpox confirmés à La Réunion

L’Agence régionale de santé de La Réunion a confirmé, ce lundi 23 février, deux nouveaux cas de Mpox sur l’île de La Réunion. Les deux personnes, vivant au même domicile, sont liées à un cas importé de Madagascar et diagnostiqué le 9 février. Le nombre total de cas recensés en 2026 à la Réunion s’élève désormais à quatre.

Les autorités sanitaires poursuivent le contact-tracing afin d’identifier les personnes exposées et de leur proposer un suivi médical ainsi qu’une vaccination réactive lorsque nécessaire. L’ARS rappelle que le Mpox se transmet principalement par des contacts étroits et appelle à la vigilance face aux symptômes évocateurs (éruptions cutanées, fièvre, ganglions). En cas de doute, il est recommandé de contacter rapidement son médecin ou le 15 et de s’isoler.

MANDZARSOA sélectionné au FEMI 2025 en Guadeloupe

MANDZARSOA sélectionné au FEMI 2025 en Guadeloupe

Le documentaire Mandzarsoa, troisième film mahorais réalisé par Germain Le Carpentier, poursuit son parcours remarqué en festivals. Après avoir décroché le prestigieux Label « PICKS » au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand, le film est en compétition officielle à la 30ᵉ édition du FEMI – Festival régional et international du cinéma de Guadeloupe, qui se tient du 21 au 28 février 2025 au Lamentin.

Produit par Murielle Thierrin et Orana Larthomas pour Aldabra Films, Mandzarsoa marque la seconde sélection de Germain Le Carpentier au FEMI, après le succès d’Haraka Haraka, lauréat du Grand Prix du court métrage documentaire l’an dernier.

Mineurs isolés : les fractures qui secouent le territoire

Mineurs isolés : les fractures qui secouent le territoire

Au collège de Tsimkoura, des professeurs lancent un cri d’alarme. Ils ne souhaitent plus avoir à gérer des élèves qu’ils estiment ne plus avoir leur place dans une cour de récréation au milieu de leurs paisibles camarades de classe. La députée mahoraise Anchya Bamana a relayé leur demande auprès du ministre de la Justice Gérald Darmanin, destinataire d’autres doléances de l’élue. Elle plaide notamment en faveur d’une cour d’appel de plein exercice à Mayotte ainsi que de la création d’un tribunal administratif indépendant de La Réunion.

Collège de Tsimkoura — Anchya Bamana se fait l’écho de la communauté éducative de cet établissement situé dans le sud de l’île. Dans un communiqué de presse daté d’hier, lundi 23 février 2026, la députée (RN) de la 2ᵉ circonscription de Mayotte indique avoir été saisie à propos d’un sujet majeur : « la prise en charge des élèves délinquants récidivistes ».

Un sujet dont elle affirme avoir fait part à Gérald Darmanin, alors en déplacement sur l’île, qu’elle n’a pas pu accompagner en raison de l’intense activité parlementaire liée à l’examen du projet de loi sur « l’aide à mourir ».

Selon la députée, les enseignants de cet établissement constatent qu’ils scolarisent « des jeunes qui n’ont plus le profil pour se trouver dans les salles de classe et dans les cours de récréation avec des élèves paisibles. Des jeunes qui relèvent désormais du champ judiciaire et non plus de l’instruction, qui est pourtant la mission première des professeurs de l’Éducation nationale ».

Ceci explique sans doute la posture adoptée par le garde des Sceaux lors de sa prise de parole à Pamandzi, lundi après-midi, durant laquelle il a reconnu publiquement l’existence d’une jeunesse mahoraise délinquante. Il a appelé à sa prise en charge par les organismes compétents et demandé la priorisation de son éducation et de sa formation, notamment avec l’appui des armées.

Mais ce sujet n’est pas le seul que la parlementaire a évoqué avec le garde des Sceaux en amont de son déplacement sur le territoire. En effet, Anchya Bamana a rendu publique une missive adressée à Gérald Darmanin dans laquelle elle dresse un constat édifiant sur l’état des locaux et les conditions de travail des magistrats et des greffiers, ainsi que sur le malaise des avocats du barreau de Mayotte, qui subissent par ricochet les conséquences de ces difficultés.

« À Mayotte, la justice ne tient plus, elle survit, difficilement, à force de volonté. Elle survit grâce à des hommes et des femmes, en trop faible nombre, qui compensent au quotidien ce que l’institution ne parvient plus à garantir : des locaux dignes, des effectifs suffisants, une continuité de service saine », souligne-t-elle en introduction de son courrier.

Des éléments de langage que l’on retrouve dans les déclarations publiques du garde des Sceaux après son entretien avec les magistrats, les greffiers et les fonctionnaires de la Justice à la mi-journée.

Outre l’ensemble des difficultés du monde judiciaire sur l’île, déjà largement relayées dans les médias ces derniers jours, la députée évoque un climat de tension sociale et de défiance servant de toile de fond à l’ensemble.

« Nous, élus, relayons un sentiment d’abandon nourri par l’accumulation des inégalités, la crise de l’eau et des annonces sans effets concrets sur le territoire. Dans ce climat, la justice est perçue comme impuissante, voire injuste, protectrice des délinquants et acharnée contre les honnêtes gens », écrit-elle au ministre de la Justice. Elle évoque une perception qui s’installe progressivement et devient un fait politique qu’aucun discours ne suffira à dissiper sans réponses visibles, datées et financées.

La députée demande en outre une modification du mode de désignation des jurés populaires pour les cours d’assises, en guise de signal fort. Elle justifie cette demande par le fait que, selon elle, la majorité des jurés seraient actuellement issus de candidatures spontanées, jugées trop peu représentatives. Une situation qu’elle n’hésite pas à qualifier « d’entorse grave au principe même du jury populaire et non professionnel ».

Elle termine son courrier par un autre sujet : l’autonomie judiciaire de Mayotte par rapport à La Réunion, appelant à l’installation sur place d’un tribunal administratif permanent et d’une cour d’appel de plein exercice capables de rapprocher la décision judiciaire du terrain.

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Projet de loi sur l’aide à mourir : un projet de loi qui inquiète beaucoup à Mayotte

Projet de loi sur l’aide à mourir : un projet de loi qui inquiète beaucoup à Mayotte

L’idée d’une loi qui pourrait autoriser l’aide à mourir ne passe pas au sein de l’opinion publique à Mayotte. Dans les milieux religieux comme laïcs, le projet de loi en cours d’examen à l’Assemblée nationale est perçu comme un pas dangereux vers un inconnu que nul ne saurait canaliser ni maîtriser. Le principe du sacré est mis en avant pour justifier le refus d’une mesure qui affranchirait la France des barrières essentielles de la morale. Les adeptes des théories complotistes y voient un stratagème politique du gouvernement pour rendre le pays encore davantage ingouvernable, entre partisans et adversaires de ce projet de loi.

Débats et amendements vont bon train à l’Assemblée nationale, à Paris, où le projet de loi portant sur l’aide à mourir entre officiellement dans sa dernière ligne droite ce mardi 24 février 2026. Pendant que certains députés favorables à ce texte multiplient les stratagèmes pour arriver à leurs fins, d’autres, au contraire, s’acharnent à déposer autant d’amendements que possible afin de retarder, autant que faire se peut, l’aboutissement du processus en cours.

La députée (RN) mahoraise Anchya Bamana a annoncé qu’elle voterait contre ce texte, qu’elle juge contraire aux valeurs défendues par la société mahoraise dans son ensemble. C’est pour cette raison qu’elle n’a pas effectué le déplacement sur l’île lundi en compagnie du ministre de la Justice Gérald Darmanin.

Loin d’être consensuel, ce projet de loi risque de constituer un nouveau facteur de division au sein d’une société française déjà fracturée et fragilisée par d’autres sujets de société, à la veille d’une échéance électorale qui s’annonce des plus agitées en métropole. Évoqué depuis un moment dans l’agenda législatif du camp présidentiel, le texte actuellement examiné est présenté comme un marqueur de progrès, un affranchissement d’une posture jugée archaïque contre l’euthanasie, notamment en comparaison avec la législation en vigueur aux Pays-Bas.

Hélas, dans l’Hexagone comme en Outre-mer, cette approche est loin d’obtenir l’adhésion d’une majorité de la population, qui la perçoit très négativement, davantage comme un permis de tuer que comme un moyen de mettre un terme à des souffrances inhumaines, par exemple face à des maladies incurables ou à des situations d’acharnement thérapeutique.

« C’est à se demander ce qui arrive à certains de nos parlementaires en ce moment ? Ce texte, c’est du n’importe quoi. Toutes les barrières seront franchies s’il venait à être validé par les deux assemblées. Nos médecins vont être transformés en machines humaines à donner la mort sur commande. »

D’origine malgache, Marie-Hélène Rajoanarivelo, Française depuis plusieurs générations et catholique affirmée, suit de très près l’actualité nationale sur ce sujet.

Un rejet unanime et systématique chez les croyants et les religieux

Elle ne fait aucun mystère du sentiment que lui inspirent les débats, commentaires et chroniques diffusés sur cette question par les chaînes de télévision : « J’ai froid dans le dos ! Voilà où nous en sommes arrivés sur le sol français. Des élus vont jusqu’à préconiser, dans un amendement, que l’on contraigne des médecins à donner la mort alors qu’ils ont prêté serment de défendre la vie. En ce qui me concerne, je ne vois aucun signe de progrès là-dedans. Pourquoi les députés n’interdisent-ils pas simplement de donner la vie en France ? Là, au moins, leur position aurait le mérite d’être limpide », s’insurge-t-elle.

Une chose est certaine : le principe même de légiférer sur la notion « d’aide à mourir » provoque un tollé chez les croyants des trois religions monothéistes.

L’opinion exprimée ci-dessus par Marie-Hélène Rajoanarivelo trouve un écho chez un musulman pratiquant, Madjidi Hanouari, résident à Cavani, à Mamoudzou. « Peu importe l’excuse qu’ils pourront avancer, nul humain n’a le droit d’ôter la vie de son semblable. C’est un don divin : seul le Créateur qui l’a offerte peut décider de la retirer. Il n’y a pas matière à débattre. Nous avons tous l’obligation de préserver la vie par tous les moyens. »

À la mosquée de Boboka, un imam accepte également de s’exprimer sur le sujet de l’aide à mourir. « La société française marche sur la tête. Après le mariage pour tous, nous voici face au permis de tuer des malades physiques et mentaux. Où vont-ils s’arrêter ? À titre personnel, je ne vois aucun progrès dans cette démarche parlementaire. Ce sont des crimes que des parlementaires s’apprêtent à autoriser au moyen de la loi. Il n’y a pas d’autres mots pour qualifier ce que ces députés veulent faire passer. »

Il argumente en mettant en avant l’aspect précieux et sacré de la vie face à la douleur que peuvent provoquer la maladie ou les accidents. « Même confronté à ce genre de situation, l’être humain, quelle que soit sa foi, doit continuer à garder espoir. Un miracle est toujours possible. Les religions révélées citent de nombreux exemples de cas désespérés qui se sont révélés être sources d’une vie prolongée dans de meilleures conditions. Le Coran et la Bible rapportent l’exemple d’Ayoub (Job), confronté à une terrible souffrance sans jamais perdre sa foi en Dieu. Il a été récompensé par une rémission et un bonheur encore plus grand au terme de son parcours. »

Une référence commune aux trois religions du Livre pour signifier son rejet du texte d’origine gouvernementale, qui promet de rudes oppositions et de vives joutes verbales à venir dans les deux chambres du Parlement, et probablement dans la rue.

Pour sortir du champ de la foi, Abdouroihamane Mahafidou, rencontré sur la place de l’ancien marché de Mamoudzou, adopte un point de vue plus terre à terre, purement politique. À ses yeux, ce projet de loi illustre la démagogie des gouvernants français actuels, qui auraient choisi de le ressortir pour faire diversion à un an de la fin du mandat présidentiel.

Certains demandent une consultation des Français par voie référendaire

« Tout cela n’est pas sérieux. Ils se doutent bien que la prochaine majorité qui arrivera aux commandes, si elle n’est pas de gauche, mettra cette loi à la poubelle. La France a toujours défendu des valeurs contraires à ce que contient ce texte. Elle a toujours donné refuge aux personnes menacées de mort dans leurs pays d’origine. Et c’est maintenant qu’elle changerait de posture pour légaliser la mort sous assistance médicale forcée ? Admettez que quelque chose ne tourne pas rond dans la tête de nos dirigeants. Et ils se prennent vraiment au sérieux, ces gens-là ? Si le gouvernement est sûr de son coup, pourquoi n’organise-t-il pas un référendum pour connaître la pensée des citoyens français ? »

Une question jugée pertinente par d’autres personnes en cette période de campagne électorale en vue des municipales du mois prochain. Parmi les personnes interrogées sur ce thème de l’aide à mourir, il se dégage une forte inquiétude quant à l’applicabilité d’une telle loi en Outre-mer, où les populations sont majoritairement plus croyantes que dans l’Hexagone.

Dans le cas spécifique de Mayotte, où les mentalités ne risquent guère d’évoluer aussi rapidement que ne le souhaiterait le législateur, certaines voix appellent les députés à la raison. Elles estiment qu’il n’y a pas urgence à faire adopter ce texte maintenant.

« Emmanuel Macron et les siens préféreraient une fois de plus passer en force contre les Français, au lieu d’engager un dialogue constructif et consensuel avec toutes les couches de la société française avant de s’engager dans ce qui s’annonce déjà comme une voie sans issue. On dirait qu’ils veulent semer le désordre dans le pays et le rendre encore plus ingouvernable pour leurs successeurs », estime un ancien élu mahorais de droite.

Une chose est sûre : le débat ne fait que commencer dans la société française, de droite, du centre ou de gauche, en métropole comme en Outre-mer.

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Inoussa Oussene, un entrepreneur audacieux

Inoussa Oussene, un entrepreneur audacieux

À Mayotte, une nouvelle génération d’entrepreneurs fait émerger des solutions audacieuses pour répondre aux réalités locales. Parmi eux, Inoussa OUSSENE s’impose comme l’un des visages d’un entrepreneuriat moderne, ancré dans son territoire et tourné vers l’innovation. Diplômé d’un Master en Entrepreneuriat et Innovation de l’IAE Clermont Auvergne School of Management, le jeune Mahorais incarne une ambition claire : mettre ses compétences au service du développement économique de son île.

Issu de la première promotion du dispositif Futur Cadre Avenir de Mayotte, alors réservé aux bacheliers ayant obtenu la mention très bien en 2018, il a construit un parcours international riche d’expériences en métropole, à Mayotte, au Maroc et aux États-Unis. Un parcours qui nourrit aujourd’hui sa vision entrepreneuriale.

Une première réussite avec Chronocourse

À peine un mois après son retour à Mayotte, en septembre 2024, Inoussa OUSSENE lance Chronocourse, une solution de livraison inspirée du modèle de Uber Eats, mais adaptée aux réalités locales. Accessible via application iOS, le service répond rapidement aux nouveaux besoins des habitants dans un contexte marqué par les conséquences du cyclone Chido, événement dévastateur ayant profondément bouleversé l’organisation quotidienne sur l’île.

Chronocourse s’impose alors comme une réponse agile, facilitant l’accès à la restauration et aux services de proximité, tout en créant de nouvelles opportunités économiques.

MaoréPunch, une première à Mayotte

Fort de cette première expérience entrepreneuriale, le jeune dirigeant poursuit sur sa lancée. Un an plus tard naît MaoréPunch, un concept inédit sur le territoire. L’entreprise introduit une innovation de

procédé encore jamais vue à Mayotte : une machine à coup de poing foraine nouvelle génération, personnifiée comme une véritable star de MMA.

Imposante — 2,40 mètres de hauteur pour 185 kilos — la machine attire immédiatement les regards et transforme chaque installation en événement. Mais au-delà de la performance physique, c’est surtout le modèle économique qui marque une rupture.

Le divertissement au plus près du quotidien

Contrairement aux salles de jeux traditionnelles, souvent fixes et centralisées, MaoréPunch adopte une stratégie de proximité. Bars, restaurants, salles de sport ou établissements de quartier deviennent des espaces de divertissement accessibles sans déplacement spécifique.

« Le jeu ne nécessite plus de sortie dédiée : il s’invite naturellement là où l’on se retrouve déjà », explique l’entrepreneur.

Défis entre amis, challenges sportifs ou jeux concours rythment désormais certaines soirées mahoraises. Au restaurant Mayda, atteindre 850 points peut permettre de repartir avec une pizza offerte. Chez Dkle Food, les meilleurs scores ouvrent la porte à un menu complet, tandis que les sportifs de la salle Maybodyform peuvent remporter des récompenses en battant les records de leurs partenaires d’entraînement.

Chaque coup porté devient ainsi une expérience sociale, mêlant compétition amicale, animation commerciale et fidélisation de clientèle.

« CHIDO », une machine symbole de résilience

Parmi les installations, une machine se distingue particulièrement : « CHIDO ». Son nom rend hommage à l’événement climatique inédit qui a marqué l’histoire récente de Mayotte.

Plus qu’un simple équipement de loisir, elle incarne un symbole de résilience, de puissance et de détermination collective. À travers cette démarche, MaoréPunch inscrit le divertissement dans une mémoire partagée et une forme de fierté locale.

Des événements sur mesure pour particuliers et professionnels

Au-delà des installations permanentes, l’entreprise propose également la location de ses machines pour divers événements : team building, anniversaires, manifestations culturelles ou animations grand public.

L’objectif affiché est clair : créer des moments fédérateurs capables de rassembler différents publics autour d’expériences originales et mémorables.

Une ambition locale tournée vers l’avenir

Avec MaoréPunch, Inoussa OUSSENE illustre le retour d’une jeunesse qualifiée prête à investir son énergie au service de son territoire. Innovation, proximité et créativité deviennent les moteurs d’un entrepreneuriat mahorais en pleine mutation.

Une initiative locale ambitieuse qui démontre que, même dans un contexte de défis économiques et sociaux, Mayotte peut devenir un terrain fertile pour des projets structurés, innovants et porteurs d’impact.

Pour découvrir l’univers MaoréPunch ou louer une machine pour vos événements :
www.maorepunch.com
contact@maorepunch.com

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Des stagiaires mahorais formés aux métiers de la mer en Bretagne

Des stagiaires mahorais formés aux métiers de la mer en Bretagne

4 stagiaires mahorais – du lagon bleu aux rivages bretons – ont été accueillis par l’association Mayotte Breizh et se forment aux métiers de la mer. Quel meilleur endroit que Lorient pour apprendre un métier de la mer ? Malgré les contraintes, les difficultés liées au climat, les stagiaires se forment et acquièrent de nouvelles compétences, qui seront très utiles une fois rentrés à Mayotte. Le président de l’association Mayotte Breizh, Bacar BACAR-BAMCOLO, toujours attentif au soutien des mahorais de passage, leur a tendu la main afin que leur intégration se passe du mieux possible. Rencontre avec le patron des mahorais bretons.

Qui sont les stagiaires ?

Ils sont 4 stagiaires mahorais arrivés en Bretagne pour bénéficier d’une formation organisée dans le cadre des métiers de la mer. Âgés d’une vingtaine d’années, 3 des stagiaires connaissent déjà les métiers de la mer en tant que matelots ou mécanicien à la STM, tandis que l’un d’entre eux est demandeur d’emploi en insertion. Deux des stagiaires sont originaires de Petite Terre : Labattoir et Dzaoudzi, un autre est originaire de M’Tsapéré.

Arrivés en Bretagne pour suivre une formation au Centre européen de formation continue maritime, ils devraient rester 6 mois sur place, avant d’acquérir les compétences nécessaires à leur métier. « Le centre européen de formation continue maritime est partenaire du Conseil départemental de Mayotte. Il s’agit du meilleur centre de formation en Europe reconnu dans le domaine maritime », souligne le président de l’association Mayotte Breizh. « Les stagiaires logent à différents endroits mis à disposition par l’organisme de formation. »

Arrivée contrariée & solidarités mahoraises

Comme à son habitude, que ce soit avec les étudiants, visiteurs ou stagiaires, l’association Mayotte Breizh met tout en oeuvre pour accueillir au mieux les mahorais de passage. « Les membres de Mayotte Breizh ont été invités au

centre de formation, on a rencontré les stagiaires pour la première fois en présence du directeur adjoint : M.Mustapha EL KETTAB, ce qui a donné lieu à un échange entre membres de l’association et le directeur adjoint », précise Bacar BACAR-BAMCOLO pour le Flash Infos.

L’arrivée des stagiaires n’a pas été aussi simple que possible. « L’accueil depuis l’aéroport jusqu’à l’arrivée à leurs logements a été relativement difficile, lié à un manque d’organisation. Les logements ont été difficiles à trouver et le climat n’a pas aidé à ce bon accueil », l’Ouest de la France étant en proie à la pluie et au froid depuis plusieurs semaines.  « Pour certains, il s’agissait de leur premier séjour en métropole », rappelle le président de l’association Mayotte Breizh.

L’action des membres de l’association participe donc à faciliter l’arrivée des stagiaires et d’entretenir des liens de fraternité. « Nous organiserons le foutari avec eux ce samedi 28 février, afin de manger et de passer un moment de convivialité ensemble pour les rassurer autour des plats et gâteaux mahorais. Ce sera l’occasion d’échanger et de trouver des solutions s’ils ont encore des problèmes à résoudre. »

Au service de Mayotte

Ce passage en Bretagne va permettre aux équipes restées à Mayotte de bénéficier du soutien des stagiaires formés en Bretagne. « Leur passage ici va beaucoup aider Mayotte, car ils vont pouvoir se former, approfondir leurs connaissances théorique et pratique », explique Bacar BACAR-BAMCOLO.

En plus de l’accueil des stagiaires, l’association Mayotte Breizh continue à développer ses activités en Bretagne : avec les étudiants mahorais, le concours Miss Saluva BZH organisé début janvier 2026 ou encore le foutari le 28 février. « Nous continuons à renforcer notre structure et à échanger avec des futurs partenaires pour la communauté mahoraise qui travaille ou qui se trouve en études, qu’elle connaisse des difficultés sociales ou juste une volonté de créer des liens humains. »

La rupture du jeune organisée le 28 février permettra de rassembler environ 50 personnes autour d’un repas partagé, dans une salle à Lorient. L’événement est gratuit mais sur inscription, l’occasion de se rassembler autour des coutumes mahoraises et de garder un lien avec l’archipel et la famille restée à Mayotte.

Une association en plein essor

Des nouvelles devraient arriver prochainement de la part de l’association. « Nous avons des échanges qui portent sur de nouveaux contrats de partenariat ou de collaboration avec d’autres associations pour travailler sur la santé mentale des jeunes. Une journée culturelle sera peut-être organisée cette année à Lorient ainsi qu’une potentielle participation au festival Interceltique de Lorient. »

L’association Mayotte Breizh est riche de ses talents et repose sur l’engagement de ses membres de toutes générations. « Nous pouvons compter, au sein de notre association sur des jeunes comme des anciens qui donnent de leur temps et de leur énergie pour les futurs projets. Je les remercie pour leur engagement », conclut le président de l’association.

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Mardi 7 avril 2026

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