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Abdoul Kamardine : « Bruno Retailleau vient s’imprégner des réalités mahoraises »

Abdoul Kamardine : « Bruno Retailleau vient s’imprégner des réalités mahoraises »

Bruno Retailleau sera en déplacement à Mayotte les 10 et 11 mars 2026. Abdoul Kamardine, président de la fédération Les Républicains de Mayotte, détaille les enjeux et les objectifs de cette visite politique. Une venue qui vise à la fois à s’imprégner des réalités mahoraises et à apporter un soutien aux candidats et élus LR engagés dans la campagne municipale.

Parmi les temps forts du programme figure la rencontre avec les acteurs économiques. Une séquence motivée par la situation difficile que traverse l’île après le passage du cyclone Chido. « Beaucoup d’entreprises connaissent encore des difficultés à reprendre leurs activités. Il veut s’imprégner de leurs problématiques pour voir comment, au niveau national, il peut orienter les choses et ajuster son programme afin d’aider les entrepreneurs mahorais et le secteur d’activité à s’en sortir. »

Seront notamment conviés le groupement patronal de Mayotte, les chambres consulaires, la CAPAM (Chambre d’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture de Mayotte) et la CMA (Chambre des métiers et de l’artisanat). « Ce sont ces structures qui permettront de faire remonter le ressenti du monde économique », précise Abdoul Kamardine.

Autre étape clé : un échange avec les représentants religieux. « Mayotte est une terre musulmane. C’est une spécificité de notre territoire dans la République. » précise le responsable LR. « Lorsqu’un candidat à la présidence de la République se déplace, il doit s’imprégner des problématiques spécifiques des territoires de la République », explique Abdoul Kamardine selon qui « Venir s’entretenir avec les responsables religieux de Mayotte permet de bien s’assurer du caractère modéré de la pratique religieuse ici. »

Autres enjeux majeurs : la gestion des déchets, aggravée depuis le cyclone, et la crise de l’eau. « Ce sont des sujets dangereux pour notre territoire. On a du mal à sortir de la situation des déchets, et la crise de l’eau reste très préoccupante. »

Ces questions figurent d’ailleurs explicitement au programme, avec une séquence consacrée à la gestion des déchets à M’tsapéré et une visite de l’usine de dessalement d’Ironi Bé.

Pour le président de la fédération LR, l’opération doit avant tout permettre une meilleure compréhension des problématiques locales. « Il s’agit de comprendre le territoire, ses difficultés, et de voir comment il orientera ses actions au regard des problématiques soulevées. »

Un déplacement politique en pleine campagne municipale

Ce déplacement intervient en pleine période de campagne municipale. Abdoul Kamardine en assume pleinement sa dimension partisane.

« Il est le président des LR. Il a une fédération ici. C’est normal qu’il vienne mobiliser les troupes et donner de la force pendant cette campagne. »

Ce dernier évoque d’ailleurs un « soutien clair et assumé aux candidats investis et soutenus par LR ». Selon Abdoul Kamardine, il s’agit d’un geste politique cohérent : « C’est le dirigeant d’un grand parti qui vient voir ses amis à Mayotte. Ce n’est pas un ministre en déplacement officiel. »

À ses yeux, aucune ambiguïté institutionnelle : « Il est interdit à personne de faire ce genre d’opération. Tout le monde va au Salon de l’agriculture. Il n’y a pas de mal à venir s’imprégner des problématiques du territoire. »

Bruno Retailleau est par ailleurs lui-même en campagne, engagé dans la course à l’Élysée. « C’est un candidat à la présidence de la République. À ce titre, il doit venir comprendre les réalités de tous les territoires, y compris Mayotte. » précise Abdoul Karmadine.

L’enjeu dépasse donc la seule échéance municipale : « L’idée, c’est de comprendre en profondeur les problématiques du territoire pour pouvoir, ensuite, les relayer et orienter son action au niveau national. » Les Républicains réaffirment à cette occasion leur engagement pour Mayotte, afin que le territoire bénéficie « des moyens, de la sécurité et du respect qu’il mérite ».

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Comores : 91 agents remerciés à l’aéroport

Comores : 91 agents remerciés à l’aéroport

La ministre des Transports, évoquant un souci d’assainissement budgétaire et de viabilité financière, a justifié cette mesure de dégraissage par la baisse des recettes, corollaire de la cession à une société émiratie de l’aéroport international de Moroni, dont les principaux revenus permettaient de supporter les charges des aérodromes secondaires.

La reprise par Terminals Holding, une société émiratie, de l’aéroport de Moroni Prince-Saïd-Ibrahim (Aimpsi), pour une durée de 30 ans, n’en finit pas d’impacter les agents aéroportuaires. Après le licenciement d’une première vague, c’est au tour des employés des aérodromes d’Anjouan et de Mohéli de subir le même sort.

La semaine dernière, les agents de Ouani, sur l’île d’Anjouan, ont été les premiers à être informés, verbalement, de leur licenciement. Dans une déclaration faite lundi sur les médias sociaux, ces derniers ont indiqué avoir appris la nouvelle lors d’une réunion. « On a sorti une liste. La méthode était simple : si le nom n’était pas appelé, cela voulait dire qu’on n’était plus employé. Nous ne contestons pas notre congédiement, mais nous demandons à être indemnisés, comme nos collègues de la Grande Comore. Ils ne peuvent pas nous radier sans régler les huit mois d’impayés. Comment va-t-on faire avec ce mois de ramadan ? Quid de ceux qui ont des enfants à l’extérieur ? », s’interroge un agent de l’aérodrome de Ouani, recruté depuis 2014.

À Anjouan, sur 217 agents, seuls 64 ont été gardés par la direction. Donc 153 sont désormais au chômage. Sur l’île de Mohéli, l’aérodrome de Bandar-es-Salam sera géré par 38 personnes, tandis que 25 collègues ont été licenciés. À la Grande Comore, 9 agents du pavillon présidentiel font partie des 111 agents retenus à l’issue du dernier plan de dégraissage, concocté par les directions des trois aéroports.

Les compétences 

D’après le secrétaire général du ministère des Transports, Djinti Ahamada, les licenciements obéissaient à des critères précis. « Dans chaque service, nous avons privilégié les compétences, c’est-à-dire le profil qui convenait aux missions », a-t-il précisé.

En effet, après l’arrivée du nouveau concessionnaire, l’aéroport international est placé sous la gestion de Terminal Moroni Airport Management (Tam), coentreprise créée entre le repreneur émirati et la partie comorienne. Cependant, dans les îles, c’est l’État qui s’occupe des aérodromes secondaires.

Face à la grogne des employés congédiés, la ministre des Transports aérien et maritime, Yasmine Hassane Alfeine, a tenu à défendre ces vagues de licenciements. Si elle a dit partager la peine des familles touchées, elle a expliqué, lors d’une conférence de presse organisée hier, que le gouvernement n’avait pas d’autre choix, évoquant des difficultés financières qui auraient contraint les autorités à se séparer des 91 agents, dont la majorité cumule huit mois d’arriérés.

« Le ministère des Transports tient à informer l’opinion publique de la mise en œuvre d’un plan de restructuration de la société d’État Aéroports des Comores (ADC). Pour rappel, le gouvernement a signé un contrat de cession concédant la gestion de l’Aimpsi à la société Tam. Mais cette cession concerne uniquement l’Aimpsi, les aéroports secondaires d’Anjouan et de Mohéli continuant à être gérés par l’ADC », a précisé le ministère dans un communiqué de presse.

Ce dernier a ajouté que « les deux aérodromes concernés fonctionnaient en grande partie grâce à un mécanisme de solidarité financière interne ».

700 millions de francs

Les recettes générées par l’aéroport international Prince-Saïd-Ibrahim permettaient d’assurer l’équilibre et la continuité des plateformes insulaires. Maintenant que ces revenus ne rentrent plus dans les caisses des aéroports secondaires, ceux-ci rencontrent des difficultés à payer leurs employés.

« Raison pour laquelle nous avons été obligés d’arrêter l’hémorragie », a indiqué la ministre, qui a promis aux 91 agents licenciés qu’ils toucheront tous leurs droits.

Selon Yasmine Hassane Alfeine, le plan social nécessite plus de 700 millions de francs (1 423 000 euros). Cette somme suffira à payer les indemnités de licenciement ainsi que les arriérés de salaires.

Interrogée sur le calendrier de paiement, la ministre n’a pas souhaité avancer de date. « Un audit administratif a été ordonné pour s’assurer que toutes les procédures légales ont été respectées. À l’instar de la procédure déjà effectuée pour l’Aimpsi, tous les droits dus, incluant les indemnités et les arriérés de salaire, seront honorés conformément à la loi en vigueur. Le versement de ces droits s’effectuera selon un échéancier précis qui sera communiqué directement aux intéressés », a promis le ministère dans son communiqué transmis à la presse après la conférence tenue ce mardi.

Avant l’arrivée du nouveau repreneur, le gouvernement avait annoncé un plan de licenciement qui toucherait 500 agents dans un premier temps. Si ces derniers ont fini par percevoir leurs droits, le combat n’a pas été facile : ils avaient dû multiplier les sit-in et les conférences de presse pour obtenir une régularisation.

Le bémol : plus de sept mois après le transfert des compétences à la société émiratie, aucun changement notable n’a été observé en matière d’infrastructures à l’aéroport. Les voyageurs continuent notamment de se plaindre de l’état de l’aérogare.

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Koungou : un mini-forum pour rapprocher les jeunes de l’emploi

Koungou : un mini-forum pour rapprocher les jeunes de l’emploi

Le CRIJ Mayotte organise, mercredi 4 mars 2026, un mini-Forum de la formation professionnelle et de l’insertion à l’école Maraîcher de Koungou. Prévu de 8h30 à 12h30, l’événement ambitionne d’accueillir entre 100 et 150 jeunes et jeunes adultes en recherche d’orientation ou d’emploi.

Organisé en partenariat avec la politique de la ville, ce rendez-vous réunira des centres de formation, des structures d’insertion et des entreprises locales afin de favoriser la mise en relation directe avec le public. Au programme : accueil et orientation, discours d’ouverture, découverte des métiers et échanges avec les professionnels.

Dans un contexte marqué par un fort taux de chômage des jeunes à Mayotte, l’initiative vise à mieux faire connaître les dispositifs de formation existants et à aider les participants à construire un projet professionnel réaliste, en identifiant les secteurs porteurs du territoire.

Koungou : un mini-forum pour rapprocher les jeunes de l’emploi

Mangajou : “Carton Rouge aux VSS !”, une matinée pour lutter contre les violences dans le football

Mangajou : “Carton Rouge aux VSS !”, une matinée pour lutter contre les violences dans le football

L’Association Sportive Papillon d’Honneur de Mangajou organise, samedi 7 mars 2026 à la MJC de Mangajou, une matinée de sensibilisation intitulée « Carton Rouge aux VSS ! », dédiée à la prévention des violences sexuelles et sexistes dans le football mahorais.

Ouvert aux dirigeants, éducateurs, partenaires, sympathisants et acteurs du sport, l’événement vise à promouvoir l’égalité des sexes, le respect mutuel et la lutte contre toute forme de discrimination. En collaboration avec les associations Haki Za Wanatsa et Nariké M’sada, des ateliers interactifs, des échanges en groupe et des témoignages de professionnels de santé seront proposés afin de mieux comprendre les comportements appropriés et les dispositifs d’accompagnement des victimes.

Des outils pratiques seront également mis à disposition des encadrants pour les aider à réagir face à des situations inappropriées. À travers cette initiative, le club entend rappeler le rôle central du football dans la vie sociale mahoraise et renforcer son engagement en faveur de la protection des plus jeunes.

Mangajou : “Carton Rouge aux VSS !”, une matinée pour lutter contre les violences dans le football

Nomination de Jean-Michel Laso comme président des tribunaux administratifs de La Réunion et de Mayotte

Nomination de Jean-Michel Laso comme président des tribunaux administratifs de La Réunion et de Mayotte

Diplômé d’un DEA en droit européen en 1992, Jean-Michel Laso est nommé attaché d’administration centrale au ministère de l’économie et des finances à la sortie de ses études.

Dès 1997, il est mis à disposition auprès de la section du contentieux du Conseil d’État en tant qu’assistant du contentieux et intègre le corps des magistrats administratifs en 1999.

À partir de 2000, il occupe les fonctions de rapporteur au tribunal administratif de Bastia avant de rejoindre le tribunal administratif de Montpellier en 2002 en tant que rapporteur puis comme rapporteur public. Il effectue sa mobilité au Conseil général de Vaucluse (2005-2007) avant d’être affecté au tribunal administratif de Nice en 2007.

Promu au grade de président en 2015, Jean-Michel Laso devient président assesseur à la cour administrative d’appel de Marseille. Dès 2017, il assure la vice-présidence du tribunal administratif de Marseille.

Depuis 2023, Jean-Michel Laso occupait le poste de président des tribunaux administratifs de la Martinique et de Saint-Pierre-et-Miquelon.

« Je veux faire voyager cette clientèle mahoraise »

« Je veux faire voyager cette clientèle mahoraise »
Saoudati Saindou, gérante de SOEL VOYAGES, propose des séjours sur mesure vers Mayotte et l’océan Indien, pour faire voyager la clientèle mahoraise autrement.

Basée à La Réunion, Saoudati Saindou lance SOEL VOYAGES après plus de dix ans dans le tourisme. Elle propose des séjours sur mesure vers Mayotte et l’océan Indien, avec prestations sur place et assistance. Elle vise la clientèle mahoraise et veut valoriser une autre façon de voyager.

Après plus de dix ans à explorer le tourisme et à faire découvrir des destinations, Saoudati Saindou prend enfin son envol avec SOEL VOYAGES, son agence sur mesure basée à La Réunion. « J’ai longtemps exercé dans le secteur du tourisme », confie-t-elle. Son expérience s’est forgée dans le tourisme réceptif à La Réunion : « Une agence réceptive, c’est faire venir les touristes sur la destination et gérer toutes les prestations sur place ». Forte de ce parcours, elle franchit aujourd’hui un nouveau cap : « Je me lance à mon compte après plus de dix ans d’expérience dans le voyage. »

Des séjours sur mesure dans l’océan Indien

Avec SOEL VOYAGES, elle propose des prestations vers Mayotte, La Réunion, Nosy Be et les îles de l’océan Indien. Son fonctionnement repose sur l’échange avec le client. « Je travaille par contact ou en visio, et je fais du

sur-mesure en m’adaptant aux besoins du client, en échangeant avec lui », précise-t-elle. Si les billets d’avion ne sont pas inclus, elle prend en charge l’ensemble des prestations sur place : « Le transport n’est pas pris en charge, mais toutes les prestations sur place le sont : hôtel, voiture de location. » Elle insiste également sur l’accompagnement : « Une assistance est garantie jusqu’à la fin du séjour. »

Encourager une autre manière de voyager

Saoudati Saindou souhaite particulièrement s’adresser à la clientèle mahoraise. « Je vise cette clientèle mahoraise. Je veux faire voyager cette clientèle », affirme-t-elle. Elle observe certaines habitudes ancrées : « L’habitude des Mahorais, c’est d’être hébergés chez la famille. » Son objectif est d’apporter une alternative : « L’idée est de dire que vous pouvez faire confiance pour vos vacances. Je m’occupe de l’hôtel, des circuits, tout est fait clé en main, avec des activités. » Pour elle, le contexte évolue : « On est dans une génération connectée, avec l’envie de sortir de l’île et de voyager sur des destinations de proximité. » Elle cite notamment La Réunion, Nosy Be et les Seychelles : « Ce sont des destinations que je connais. » Elle rappelle qu’il est possible de voyager sans partir loin : « On peut consacrer une semaine à découvrir une destination. »

Valoriser les atouts de Mayotte

Basée à La Réunion, la gérante de SOEL VOYAGES souhaite également « se faire connaître » et mieux faire connaître Mayotte auprès de la population réunionnaise. « Mayotte a des atouts. C’est une destination authentique, il n’y a pas de tourisme de masse », souligne-t-elle. Elle met en avant plusieurs richesses de l’île : « Le lagon, la culture, les traditions, la cuisine, les massages, les savoir-faire locaux peuvent intéresser les futurs touristes, surtout sur la partie traditionnelle et culturelle de l’île. »

Consciente des réalités du territoire, elle nuance : « Je ne pense pas que toute l’île rencontre ces problèmes de discrimination, mais le chemin sera long pour changer. » À travers SOEL VOYAGES, Saoudati Saindou entend ainsi proposer des séjours adaptés aux besoins de ses clients tout en mettant en avant les destinations de l’océan Indien qu’elle connaît et dans lesquelles elle évolue professionnellement depuis plus de dix ans.

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Municipales à Chiconi : entre continuité, rupture et ambition, trois visions pour la commune

Municipales à Chiconi : entre continuité, rupture et ambition, trois visions pour la commune
* image d'illustration générée par ia

Avec près de 8 300 habitants répartis sur un territoire compact de moins de 9 km², Chiconi se distingue par sa forte identité culturelle, son dynamisme démographique mais aussi par la multiplicité des enjeux auxquels elle doit faire face.

À première vue, Chiconi bénéficie de nombreux atouts : une structure urbaine concentrée dans deux villages, facilitant la gestion locale, des paysages naturels riches (plage de Sohoa, reliefs et espaces boisés), et un potentiel économique lié notamment à l’agroforesterie, à la pêche et au tourisme. Cette configuration a permis de préserver un cadre de vie paisible recherché par de nombreuses familles et constitue un terreau important pour des projets communautaires ambitieux.

Pourtant, derrière ce tableau séduisant, se dessinent aussi de réelles contraintes. La taille limitée de la commune restreint son extension et ses ressources fiscales, tandis que son enclavement géographique et la faiblesse des infrastructures (routes sinueuses, équipements publics parfois insuffisants) posent des défis concrets pour le développement économique et social. L’urbanisation sur des pentes prononcées, les problématiques environnementales autour des zones naturelles et l’accessibilité des services essentiels sont également au cœur des préoccupations.

Longtemps présenté comme un village dynamique et festif, certains habitants parlent aujourd’hui d’un « village mort ». La place du Sicotram, autrefois lieu de rencontre bien aménagé, peine à retrouver son animation d’antan. Sur la plage de Sohoa, les questions de prostitution et de délinquance inquiètent. Dans le même temps, la commune conserve des atouts : un tissu associatif actif, une identité culturelle forte et une population attachée à ses racines.

Trois candidats briguent les suffrages : Mohamadi Madi Ousseni (LDVC), maire sortant avec la liste Agir Ensemble ; Rifay Boina (LDIV) avec Sohoa, Chiconi, Notre Priorité C’est Vous ; et Bibi Hadidja Madi-Assani (LLR) avec Construisons Autrement. Tous ont répondu à quatre questions : leur lien avec la commune, la problématique centrale, ce qu’ils pensent pouvoir apporter, et leurs priorités pour la première année de mandat.

Mohamadi MADI OUSSENI (LDVC)

Liste : Agir Ensemble

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Je suis né à Chiconi. Je suis élu depuis 2014 et maire depuis 2017. De 2014 à 2017 j’étais adjoint au maire chargé des finances et à la suite de la démission de l’ancien maire j’ai été choisi par le conseil municipal pour prendre le relais de 2017 à 2020. Je me suis représenté en 2020 pour la mandature en cours.

Naturellement, j’ai un attachement fort envers ma commune composée de deux villages, Sohoa et Chiconi. Je me suis engagé en 2014 pour faire avancer ma commune qui à ce moment-là était dans une situation budgétaire et financière catastrophique. Aujourd’hui la commune retrouve peu à peu son aura d’antan. On est engagés dans des grands projets d’investissement pour les années à venir et j’aspire à renouveler cette mandature à travers la confiance qu’on va demander auprès de la population. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« Je ne dirais pas qu’il y a une problématique centrale. La situation budgétaire et financière des communes n’est pas la meilleure. La problématique sécuritaire et l’immigration sont aussi une réalité. Il y a la difficulté d’engager des opérations d’investissement importantes, la question de la scolarité avec l’insuffisance des salles de classe.

Ce n’est pas un sujet particulier à Chiconi, c’est une problématique du département dans l’ensemble. Malgré tout, on arrive à tirer notre épingle du jeu avec des opérations engagées en faveur de l’éducation, de la culture et de l’aménagement du territoire. Il reste encore des efforts à faire pour atteindre le standard national. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

« J’apporte déjà depuis une dizaine d’années. On a rénové les écoles, équipé les salles de classe en matériel et en mobilier. On a désenclavé des quartiers historiques comme Bilambou et le quartier pauvre.

On a engagé une opération structurante pour l’écoquartier d’Ourini. Ce n’est pas ce qu’on va faire, c’est ce qu’on a déjà fait et ce qu’on aspire à développer : construction du gymnase, salle de spectacle, salle de cinéma, crèche municipale et poursuite des opérations de RHI. On est en plein dedans depuis dix ans et on aspire à continuer. »

4 – Si vous êtes réélu, que mettrez-vous en place la première année ?

« Il y a des grandes opérations déjà lancées : la salle de spectacle, la salle de cinéma destinée à accueillir de grands événements culturels, le gymnase à vocation régionale, la poursuite des RHI, la construction des logements à Ourini.

On est dans un projet de continuité. Ce n’est pas parce qu’il y a la campagne électorale qu’on n’avance pas sur les chantiers. On est dans l’action au quotidien.

Et une priorité pour nous, c’est d’améliorer la relation entre les deux villages, Sohoa et Chiconi, en termes de cohésion et de mixité sociale. »

Bibi Hadidja MADI-ASSANI (LLR)

Liste : Construisons Autrement

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« Ça fait au moins six générations que ma famille est originaire du village.

Je suis engagée dans plusieurs associations : Ose libérer ta parole contre les violences sexuelles et sexistes, vice-présidente de Samby Tsara pour la culture et l’accompagnement éducatif et social, membre de Reska Ni Kalamu autour de la littérature, de l’association des parents d’élèves, du collectif de Mayotte, j’interviens avec la Fédération Mahoraise des Associations des Personnes Âgées et des Retraités, et je fais partie d’un groupe de voisins vigilants. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

« Il y a deux problématiques qui se rejoignent énormément : le social et la sécurité. Les deux vont de pair et sont l’urgence. Lorsqu’on parle de la vie sociale, c’est la vie au quotidien des personnes, de la jeunesse, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Pour la sécurité, c’est vraiment la sécurité des personnes et de leurs biens.

La question sécuritaire, c’est quelque chose de très épineux à Mayotte mais à Chiconi en particulier, parce qu’on a deux procès de meurtre qui sont en cours. Et lorsque vous regardez le profil des accusés vous voyez que c’est monsieur et madame tout le monde et que c’est pas du tout des gens qui ont des casiers. C’est des gens qui n’ont jamais été violents avec qui que ce soit et qui se sont retrouvés dans cette situation parce qu’on est dans un contexte où personne n’assure la sécurité et des gens se sentent obligés de faire quelque chose pour protéger leur famille.

Il y a des choses qu’on doit faire pour éviter que d’autres jeunes de Chiconi se trouvent à s’organiser en milices pour assurer je ne sais quelle sécurité.

On a plus de 10 000 habitants et seulement quatre policiers municipaux, pas de vidéoprotection, pas de politique de prévention à l’échelle. La question sécuritaire n’est plus un sentiment d’insécurité mais une réalité. Des gens se sentent obligés de s’organiser pour protéger leur famille. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter ?

« Des projets innovants et surtout de l’excellence.

Souvent à Mayotte, on a tendance à enfermer des gens sur des besoins purement primaires et ne pas permettre aux gens de se dire qu’on est bien situés à Mayotte, on a beaucoup de richesses, on a le droit de viser l’excellence sur ce territoire.

Aujourd’hui, on est à l’ère du numérique. Il faut vraiment qu’on pousse notre jeunesse mahoraise.

On ne peut pas se baser uniquement sur l’éducation nationale pour construire les cadres de demain. Donc il faut que nous nous organisions pour qu’on puisse avoir une excellence éducative sur ce territoire. Et c’est possible de le faire.

On sait que sur ce territoire on a besoin de médecins, nous, notre équipe, nous sommes prêts à financer des jeunes en métropole, qu’ils aillent en Roumanie ou peu importe, ce n’est plus possible que des gens meurent parce qu’il n’y a pas moyen de consulter.

Lorsqu’on voit Chido, lorsqu’on voit tout ce qui se passe, ce n’est pas possible qu’on ait des politiques qui ne pensent pas à l’écologie, à comment sensibiliser pour que les gens puissent reconstruire de manière résiliente. Il faut sensibiliser à l’écologie, planter des potagers dans les écoles, renforcer l’éducation. »

4 – Si vous êtes élue, que mettrez-vous en place la première année ?

« Il y a plusieurs choses qui peuvent et qui doivent se mettre en place. Déjà, la première chose, c’est la propreté. Ce n’est pas possible qu’on soit une commune aussi sale.

On veut un vrai périscolaire digne de ce nom. Des moments où les gamins puissent avoir de vraies activités ludiques. On ne veut pas que ce soit de la garderie pour de la garderie.

Les 6 axes prioritaires sont la vie sociale, la sécurité publique, l’excellence éducative, l’urbanisme et l’aménagement, l’excellence culturelle et l’excellence sportive.

Nos six axes prioritaires sont : la vie sociale, la sécurité publique, l’excellence éducative, l’urbanisme et l’aménagement, l’excellence culturelle et l’excellence sportive. »

Rifay BOINA (LDIV)

Liste : Sohoa, Chiconi, Notre Priorité C’est Vous

1 – Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

« J’ai un fort lien de proximité avec les habitants. Je suis natif de Chiconi. Mes parents et mes arrière-grands-parents sont de Chiconi.

La racine de Chiconi, je viens de cette racine notamment les familles Toftrou, Gara, Nouhou, Boina Moussa et Halidi, qui ont débuté ce village. Ce lien est très fort et c’est ce lien que nous avons besoin de remettre en place : la cohésion, la solidarité et enlever le fossé entre la politique et la population.

Depuis quelques années, on assiste à une rupture. Il faut remettre en place ce lien de réciprocité, ce lien de fraternité dans l’échange au quotidien. »

2 – Selon vous, quelle est la problématique centrale ?

« La problématique centrale, c’est la communication qui n’existe pas.

Si on agit sans informer, ça ne marche pas. Il faut le travail de terrain, la concertation avec les besoins et les attentes de la population.

Sur la mandature actuelle, au lieu d’avancer sur des réalisations assez vite, il faut mettre en avant le travail de terrain, la communication avec les concernés avant d’aller sur les réalisations.

Sans communication il n’y a pas de fluidité et on constate beaucoup de désaccords. On pourrait avancer de manière assez facile et assez vite. »

3 – Que pensez-vous pouvoir apporter ?

«  Une sérénité. Pour apporter une sérénité à la commune, il faut apporter une stabilité. Il faut apporter une transparence dans la gestion de la commune, dans la gestion quotidienne, dans la gestion aussi des travaux.

Il faut une équipe qui soit là pour servir la population. Et pour servir la population, il faut bien la connaître, donc il faut être sur le terrain pour connaître toutes ses difficultés.

C’est cette proximité-là qu’on va amener pour renforcer le lien au quotidien. »

4 – Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

« On va agir immédiatement sur la propreté et le cadre de vie, les écoles et l’enfance, la sécurité et la prévention, la cohésion sociale, la communication et la transparence, et reprendre les chantiers en cours.

Donc propreté, cadre de vie : il faut déjà qu’il y ait une sensibilisation vraiment poussée sur comment gérer nos déchets, comment jeter et avoir vraiment des emplacements qui sont dédiés, sécurisés pour que les déchets ne se retrouvent pas partout.

Il faut mettre plus de moyens humains et financiers pour mettre la propreté en avant.

Dans les écoles, il faut comprendre vraiment les difficultés, travailler en étroite collaboration avec les parents d’élèves, avec le rectorat. Il faut moderniser ces écoles. Aujourd’hui, les enfants étudient dans des situations assez compliquées.

Il faut dans l’année mettre absolument la climatisation pour que les enfants puissent retrouver une sérénité dans leur apprentissage.

Il faut remettre le lien entre l’école et la mairie, notamment avec des programmes autour du compostage, des déchets, de la valorisation et de la végétalisation. C’est par l’éducation qu’on va mettre tout ça en place. »

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“Le théâtre est une représentation de la vie des gens”

“Le théâtre est une représentation de la vie des gens”
La troupe du Théâtre du Nord revisite La Fille du polygame de Nassur Assoumani dans une mise en scène satirique qui interroge la polygamie et ses réalités à Mayotte.

Une pièce qui se propose d’apporter un regard satirique sur la polygamie se jouera dimanche 8 mars à 9h au lycée des Lumières. Une réadaptation de La Fille du polygame, écrite par Nassur Assoumani et incarnée par la compagnie théatrale du Nord. Pour le Flash-Info, Koutoubou, en charge des propositions de mise en scène, a accepté de nous confier leur démarche. Interview.

Flash-Info : Votre œuvre est adaptée de la pièce de Nassur Assoumani, La Fille du polygame, pouvez-vous nous dire comment elle a été réadaptée ?

Koutoubou : Le projet est né à l’initiative de la directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité de Mayotte, Manarssana Boina, pour nous proposer un travail d’écriture autour de la polygamie. Manarssana Boina a pris contact avec l’auteur pour que nous obtenions les droits de La Fille du polygame de Nassur Assoumani. Nous avons donc été libres d’adapter le texte. C’est une œuvre qui date des années 80. Nous avons essayé de moderniser les dialogues, mais globalement les mots sont les mêmes, pour un phénomène qui existe encore de nos jours. Le texte n’a pas vieilli. Jouer une œuvre de cette ampleur est compliqué.  Nous nous sommes concentrés sur les

formes de violences verbales que subissent les femmes sans trahir l’œuvre, pour un spectacle qui devrait durer entre 1h20 et 1h30.

F.I. : Votre pièce se veut satirique envers la société mahoraise. Pourquoi le genre théâtral s’y prête-t-il le mieux ?

K : À Mayotte, on a une culture orale, donc de théâtre par le jeu et la parole s’y prête. Il nous manque des infrastructures qui peuvent nous habituer à la lecture et au livre, pas assez de communes avec des bibliothèques, ne serait-ce que des terrasses pour lire. Les jeunes sont dans un contexte digital, le contact avec la lecture est encore loin. Le théâtre est une représentation de la vie quotidienne des gens. On pense que le public est plus facilement attiré par les messages véhiculés par le théâtre.

“Le théâtre est une représentation de la vie des gens”
Entre modernisation des dialogues et respect du texte original, les comédiens du Théâtre du Nord portent sur scène une œuvre engagée qui questionne les pratiques et les mentalités.

F.I. : Depuis combien de temps travaillez-vous sur cette œuvre et comment vous êtes-vous entraînés pour cette œuvre ? Comment êtes-vous parvenus à réunir votre équipe de comédiens ?

K : La compagnie théâtrale du Nord existe depuis 5 ans. On a commencé à rassembler 4 troupes, de Hamjago à Mtsangamouji, de Mamoudzou à Koungou. On a créé la troupe par une pièce improvisée qui s’intitule Manza-Arnaque, qui parle de mariage forcé moderne, deux jeunes personnes obligées de se marier par leur famille, sur les enjeux d’argent. Nous nous sommes aussi inspirés d’écrivains mahorais satiriques, qui racontent le revers de la médaille de la société mahoraise.

F.I. : Comment les acteurs entrent dans leurs rôles et quel est leur processus de répétition ?

K : Notre troupe réunit des élèves de collège, de lycée et des étudiants ; vu que certains d’entre nous pratiquent depuis un moment le théâtre, notre idée est de vulgariser cette pratique auprès du public. Mais certains de nos jeunes arrivent déjà avec leur personnalité. Moi-même je suis impressionné, il y a une différence entre ce qu’on peut leur enseigner et ce qu’ils incarnent sur scène. Je leur dis souvent : ce n’est pas le texte qui vous joue, vous êtes des comédiens. Tant qu’on s’amuse, le public s’amuse, et le personnage aussi. On travaille tout au long de l’année, au niveau des gestes, de l’articulation et de la concentration, encadrés par nos adultes. Beaucoup se découvrent une personnalité.

F.I. : Quelle est la réaction du public depuis le début des représentations, entre les jeunes et les anciennes générations ?

K : On a des retours positifs, le public adhère. L’ancienne génération se remet en question sur certaines pratiques. Ce n’est pas que la polygamie qui est critiquée, c’est la manière dont les choses sont faites. C’est un sujet qui reste important même si elle est interdite. Des mariages non officialisés au niveau légal, mais, cela n’empêche pas les hommes d’y avoir recours et certaines femmes l’acceptent, et il y a de la souffrance derrière cela.

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Le « Hamburg » en escale à Mayotte

Le « Hamburg » en escale à Mayotte

Des visiteurs désireux de découvrir des endroits encore inexplorés. À bord d’un navire allemand, ils parcourent le monde depuis quatre mois : l’Antarctique, l’île de Nosy Bé, Mayotte et l’Afrique du Sud, avant de mettre le cap vers l’Europe. Le « Hamburg » a fait sa première escale dans le lagon hier, lundi 2 mars 2026.

La saison touristique 2025-2026 bat son plein à Mayotte. Un nouveau navire de croisière, le « Hamburg », a fait halte dans la baie de Dzaoudzi hier matin, lundi 2 mars 2026, avec à son bord des passagers exclusivement européens germanophones (92 % de ressortissants allemands, 4 % d’Autrichiens et 3 % de Suisses). Ce navire, qui appartient à la compagnie allemande « Plantours », a effectué sa première escale dans le lagon mahorais. Spécialisée dans le tourisme fluvial, celle-ci ne possède que ce seul navire pour les déplacements en haute mer.

Contrairement à la très grande majorité des bateaux de croisière qui ont fait relâche dans l’île au cours de ces dernières années, ceux du « Hamburg » ne s’intéressent pas au tourisme de luxe, mais plutôt aux expéditions destinées à découvrir les territoires visités, notamment des contrées lointaines encore inexplorées. En mer depuis quatre mois avec ses 317 passagers, le navire de croisière arrive de Nosy Bé, après un passage en Antarctique.

Au cours de leur escapade mahoraise, la moitié des croisiéristes s’était inscrite à une excursion terrestre. Cette fois-ci, les excursions en mer ont été boudées par les visiteurs : seules quatre réservations ont été enregistrées. Le site de Ngouja a été en tête des lieux visités, mais le lac Karihani et le parc de Coconi n’ont pas pour autant démérité.

Le « Hamburg » va poursuivre son périple vers l’Afrique du Sud avant de mettre le cap vers l’Europe par l’Atlantique.

Cette remontée en puissance des escales de bateaux de croisière à Mayotte est une aubaine pour les professionnels du secteur touristique. Pour cette année, quatre autres navires sont attendus les 22 mars, 29 avril, 1er mai et 2 juin 2026. Les prévisions pour la suite sont assez intéressantes, selon les services de l’Agence d’Attraction et de Développement Touristique de Mayotte. Plusieurs compagnies ont montré un grand intérêt pour la destination.

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La machinerie de l’usine sucrière de Longoni bientôt restaurée

La machinerie de l’usine sucrière de Longoni bientôt restaurée

La machinerie de l’ancienne usine sucrière de Longoni a été désignée lauréate dans l’Océan Indien de la 5ᵉ édition du concours national « Le Plus Grand Musée de France », porté par La Sauvegarde de l’Art Français et Allianz France.

À l’issue de trois semaines de vote, du 2 au 22 février, 2 930 Mahorais se sont mobilisés, permettant au projet de recueillir 55 % des suffrages. Au niveau national, 132 479 votes ont été enregistrés.

Datée du XIXᵉ siècle, cette machinerie – moulin à cylindres, centrifugeuse, engrenages – témoigne du développement de l’activité sucrière à Mayotte. Fragilisés par la corrosion, les vestiges feront l’objet d’une restauration financée à hauteur de 8 000 euros, avant d’être intégrés dans un parcours dédié au patrimoine agricole de l’île.

Mayotte : une matinée dédiée au leadership féminin dans la décision publique

Mayotte : une matinée dédiée au leadership féminin dans la décision publique

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) organise une rencontre le vendredi 6 mars 2026, de 8h30 à 12h, au lycée des Lumières à Kawéni.

Placée sous le thème « Du leadership à l’impact : les femmes au cœur de la décision publique », cette matinée d’échanges vise à mettre en lumière la place des femmes dans les instances décisionnelles et leur rôle dans l’élaboration des politiques publiques.

Au programme : état des lieux des femmes cadres dans la fonction publique territoriale, table ronde réunissant plusieurs responsables locales, dont Ayda Daniel (CDG Mayotte), Jacqueline Augustin (Ville de Mamoudzou) et Noera Mohamed (DRFIP Mayotte), ainsi qu’une conférence en visioconférence de la chercheure Lydie Marylise Koblan-Huberson Sitcharn sur les femmes et la haute direction publique.

Mayotte : hausse des prix des carburants au 1er mars 2026

Mayotte : hausse des prix des carburants au 1er mars 2026

Le préfet de Mayotte a annoncé, dans un communiqué publié le 28 février à Dzaoudzi, une révision des prix maximaux des produits pétroliers applicable à compter du 1er mars 2026.

Le supercarburant sans plomb passe à 1,68 € le litre, soit une hausse de 2 centimes. Le gazole enregistre une augmentation plus marquée de 4 centimes, à 1,44 € le litre. Le gazole marin progresse également de 3 centimes, atteignant 1,00 € le litre.

En revanche, les prix du pétrole lampant (1,26 € le litre), du mélange détaxé (1,10 € le litre) et du gaz de pétrole liquéfié (24,00 € la bouteille de 12 kg) restent inchangés.

Selon la préfecture, cette évolution s’explique notamment par la progression de la parité euro/dollar, établie à 1,18 en mars, renchérissant le coût d’approvisionnement.

Mamoudzou by night : marche et trail nocturnes le 8 mars

Mamoudzou by night : marche et trail nocturnes le 8 mars

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Ville de Mamoudzou organise le 8 mars 2026 une nouvelle édition de « Mamoudzou by night ». Deux parcours sont proposés : une marche de 8 km et un trail urbain de 10 km, avec départ et arrivée à l’Hôtel de Ville.

La soirée débutera par un fitness géant à 19h30, avant le départ des épreuves à 20h. Un ravitaillement est prévu à Cavani Vétiver ainsi qu’à l’arrivée. L’événement, gratuit et ouvert à tous dès 8 ans (avec autorisation parentale), nécessite une inscription obligatoire avant le 6 mars à minuit. Pour créer une ambiance harmonieuse, les participants sont invités à porter un t-shirt blanc.

Des navettes seront mises en place à 19h30 depuis Vahibé, Kaweni et Tsoundzou 2, dans la limite de 120 places par départ.

Mamoudzou by night : marche et trail nocturnes le 8 mars

La course de pneu de Mamoudzou de retour le 26 avril

La course de pneu de Mamoudzou de retour le 26 avril

La Ville de Mamoudzou organise sa traditionnelle course de pneus communale le dimanche 26 avril 2026, de 7h à 12h, dans les rues de M’tsapéré. Le départ sera donné au plateau sportif de Mbalamanga, avec une arrivée prévue derrière la halle de pêche. Le circuit sera adapté selon les catégories : jeunes (filles et garçons de 8 à 12 ans), parents, séniors et personnes en situation de handicap.

À l’issue de la course, 300 jeunes seront sélectionnés pour représenter la commune lors de la finale prévue le 28 juin 2026 face aux autres communes. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au vendredi 17 avril 2026 à 12h.

Réouverture partielle de l’avenue Baco Mahadali à Cavani

Réouverture partielle de l’avenue Baco Mahadali à Cavani

Après plusieurs semaines de travaux, la circulation reprend progressivement sur l’avenue Baco Mahadali, située dans le quartier de Cavani. La municipalité annonce la réouverture de cet axe routier à compter du lundi 2 mars 2026, exclusivement pour les véhicules légers.

Les aménagements réalisés ont permis de lever les restrictions de circulation dans le périmètre concerné. Les voies adjacentes retrouvent ainsi leurs règles habituelles de circulation, facilitant à nouveau les déplacements quotidiens.

Logements sociaux à Mayotte : enquête sur un modèle importé qui inquiète

Logements sociaux à Mayotte : enquête sur un modèle importé qui inquiète
La demande locale en matière de logements sociaux mettra du temps à se résorber tant les disponibilités sont dessous des attentes du public.

Des promesses de logements modernes pourraient très vite se transformer en cauchemars quotidiens, vecteurs de problèmes de diverses natures dans un avenir proche. Les logements sociaux, dont la construction se limite au strict minimum, constituent l’une des promesses phares des candidats aux élections municipales du mois prochain. Si le compte n’y est pas du tout, et que l’offre ne risque pas de sitôt d’avoir la capacité d’absorber la demande colossale du territoire, ces promesses électorales ont de très fortes chances de rester sans suite, car jusqu’à présent, les annonces budgétaires formulées n’ont aucune chance d’être au rendez-vous.

« Il faut arrêter de stigmatiser chaque fois les étrangers présents et les primo-arrivants sous prétexte qu’on ne sait pas où les loger. Singapour et Hong Kong sont surpeuplés : on ne compte même plus le nombre de personnes qui y vivent au mètre carré, et pourtant, il y a chaque année plus de monde qui s’y ajoute ! Nous n’avons qu’à construire des tours, normées antisismiques et anticycloniques, et le problème de la surpopulation à Mayotte sera réglé », avance un candidat de gauche aux responsabilités à Mayotte.

Hélas, il n’est pas le seul à s’inscrire dans cette trajectoire. Certains maires locaux n’hésitent pas à les vendre à leurs administrés comme un remède miracle contre la crise du logement sans précédent que connaît Mayotte depuis ces dix dernières années. Les candidats aux élections municipales du mois prochain ne sont pas en reste.

Et pourtant, les logements sociaux sont loin d’être ce qu’ils sont supposés être. Construits en R+2 ou R+3 par la Société Immobilière de Mayotte (SIM), ce type de logements a depuis changé de format : ils sont désormais pensés plus denses et plus hauts afin d’y accueillir un nombre plus élevé de ménages. Certaines collectivités locales appellent même de leurs vœux la construction de tours HLM, au nom de la modernité et du développement.

Un grand paradoxe au moment où les communes de métropole cherchent à s’en débarrasser et où leur démolition devient la norme dans les grandes métropoles françaises. À peine quelques exemples sont visibles ici et là, comme dans les quartiers Toutouroucha et Marzouk à Labattoir, visibles depuis les barges de la DSTM au quai Issoufali, sur le rocher de Dzaoudzi.

En Afrique, le béton utilisé à toutes les sauces continue d’être perçu comme « LA RÉFÉRENCE » en matière d’évolution. Mais ce qui est bon et justifié en Asie, en Europe ou dans les Amériques ne l’est pas forcément pour une île comme Mayotte, quand bien même serait-elle actuellement confrontée à une explosion démographique.

Des investissements et un nombre de logements très en dessous des besoins de la population

En seulement trente ans, l’habitat traditionnel mahorais a quasiment disparu (hormis quelques cas évolutifs en briques de terre, dites « cases SIM », dont certains spécimens, en guise de témoins, ont fort heureusement survécu à la violence du cyclone Chido). Malheureusement, la production de logements a connu un arrêt brutal pendant plus d’une décennie.

En parallèle, les fondamentaux de la société traditionnelle ont volé en éclats sous l’effet de la monétarisation progressive et de l’augmentation du marché de l’emploi. S’il est légitime pour tout un chacun d’aspirer à un meilleur cadre de vie, la réflexion sur l’évolution de l’habitat traditionnel mahorais n’est pas allée au-delà de celle conduite précédemment par la SIM dans les années 1980.

Copier tous azimuts ce que l’on voit ailleurs est devenu la norme acceptée par tous, quitte à tomber dans une absence totale d’homogénéisation et de marquage identitaire, ce qui n’arrange absolument rien. Les coûts de construction ne cessent d’exploser, au même rythme que les banques locales accordent leurs prêts immobiliers. Pourtant, tous les jeunes actifs ne sont pas en capacité de se loger, car la demande est trois à quatre fois supérieure à l’offre (30 000 demandes officiellement enregistrées en 2023).

Il en résulte des listes d’attente vertigineuses, en particulier chez les jeunes couples désireux de s’éloigner de leurs cercles familiaux pour gagner en indépendance, ainsi que chez les jeunes célibataires en quête de logements modernes à l’occidentale.

La Caisse des dépôts et consignations a annoncé fin 2024 une enveloppe de 30 millions d’euros pour construire 2 600 logements sociaux (dont 1 500 d’ici l’année prochaine) et 13 000 mètres carrés d’équipements publics (scolaires, culturels, etc.).

La SIM a depuis été rejointe par une nouvelle structure en 2024, appelée AL’MA, indépendamment d’autres projets émergents ici et là dans certaines collectivités locales, notamment dans le cadre de l’ANRU, à Kawéni et à La Vigie, en Petite-Terre.

Bien avant de se lancer dans une course effrénée visant à construire plus de logements sociaux que les autres — alors même que de nombreuses familles sont parties vivre à La Réunion ou dans l’Hexagone en quête de logements décents — le Ramadan 2026 met en évidence des situations que l’on ne s’attendait pas à trouver sur un territoire insulaire tel que Mayotte.

Des désagréments similaires à ceux que l’on connaît déjà en métropole et dans les outre-mer

Ces logements sociaux font apparaître des problèmes similaires à ceux déjà observés dans les banlieues métropolitaines et dans d’autres départements ultramarins. Ils sont inadaptés au mode de vie classique des Mahorais.

Plafonds de balcons couverts de suie à cause des grillades répétées — mode de cuisson privilégié pour certains aliments —, bruit infernal dans les couloirs et les cages d’escalier, odeurs de cannabis qui embaument l’air et indisposent les riverains, jets d’eaux usées sur les résidents des appartements situés au rez-de-chaussée depuis des balcons au quatrième étage, sans oublier les éternels problèmes de voisinage que tous ces éléments génèrent régulièrement.

À cela s’ajoute une grande insécurité, notamment dans les garages en sous-sol, mal conçus, sous-éclairés, avec des portails défectueux qui ne sont jamais réparés. Des personnes étrangères à ces immeubles viennent squatter des places de parking, au risque de bloquer pendant des heures les entrées et sorties des véhicules des résidents.

Un cocktail explosif rappelant de tristes souvenirs en métropole, notamment en matière d’insécurité chronique, qui ont souvent conduit à des écarts de langage de la part de personnalités politiques, dont certains sont devenus célèbres, comme « le Kärcher » de Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur.

Comme dans ces territoires hexagonaux devenus la référence des élus mahorais en matière de développement et d’aménagement, ces logements sociaux sont dépourvus de ce qui fait l’essentiel des standards de la vie familiale ou collective à Mayotte.

« En raison du climat, les gens sont habitués à vivre à l’extérieur, dans une cour ou des espaces dédiés. Il n’en est absolument rien. Il suffit de passer deux heures en ces lieux pour s’en rendre compte. Aucun air de jeux pour les enfants : les mamans sont obligées de faire deux à trois kilomètres à pied pour trouver des espaces insuffisants au regard de la demande », confie Yasmina Abdoulkader, résidente de Marouzoukou à Labattoir.

Les cours de ces immeubles sont exposées à des va-et-vient incessants jusqu’à très tard dans la nuit, générant des nuisances pour les travailleuses et travailleurs devant se lever tôt le matin.

À défaut d’une réflexion poussée sur l’évolution de l’habitat à Mayotte

D’autres résidents se plaignent des conséquences de ces situations sur leur état de santé et leur sérénité, et n’hésitent pas à déménager au profit d’habitations plus classiques.

Il faut dire que le clientélisme politique a conduit à certaines aberrations notables. Des élus ont facilité l’accès à ces logements sociaux à des personnes disposant déjà de logements personnels qu’ils ont ensuite mis en location, tout en vivant eux-mêmes en appartement social.

Beaucoup ont fini par les abandonner en raison des conditions de vie qu’ils y ont trouvées, notamment la cohabitation — comme en métropole — avec d’autres populations auxquelles ils n’étaient pas habitués.

« Parfois, l’on se demande si nos élus ont les yeux ouverts sur les réalités qui les entourent. Ils nous donnent l’impression de cesser d’être Mahorais dès qu’ils s’installent sur un siège de pouvoir. Ils ne cherchent jamais à connaître les conditions de vie des populations, encore moins à les améliorer. Pourtant, leur recherche de qualité de vie est la même que celle de tout un chacun sur cette île », s’étonne Abdillah Ousséni, un autre bénéficiaire de ces logements sociaux.

Originaire d’une localité du nord de l’île, il affirme n’avoir pas d’autre choix pour se loger que ces immeubles sociaux.

Il est clair qu’il y a urgence à revoir les règles de conception et de réalisation de ces tours que certains candidats aux municipales 2026 vendent à leur électorat, si l’on veut anticiper les difficultés que vivent déjà d’autres élus à 10 000 kilomètres du lagon de Mayotte.

Outre les crises passées et présentes, l’île s’expose à des problèmes nouveaux, de grande ampleur, dont elle pourrait très bien se passer si les élus faisaient preuve de davantage de clairvoyance.

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Reconstruction de Mayotte : entretien avec Christophe Millet, président du Conseil national de l’Ordre des architectes

Reconstruction de Mayotte : entretien avec Christophe Millet, président du Conseil national de l’Ordre des architectes

En déplacement à Mayotte du 25 au 27 février, Christophe Millet, président du Conseil national de l’Ordre des architectes, est venu échanger avec les élus, les services de l’État et les professionnels autour des enjeux de reconstruction, d’adaptation aux risques naturels et de structuration de la profession sur le territoire.

Flash Infos : Quel est le sens de votre déplacement à Mayotte ?

Christophe Millet : L’objet de la visite du Conseil national ici, à Mayotte, est de préfigurer ce que pourrait être un Ordre régional des architectes. Aujourd’hui, il existe un ordre régional dans chacune des régions de France dont un ordre Réunion-Mayotte.

Avec la régionalisation de l’île, on pourrait imaginer dans les mois qui viennent avoir un ordre Réunion et un ordre Mayotte, comme étant le 18ᵉ ordre régional que je dois coordonner.

L’avantage serait d’avoir une représentation locale sous tutelle du ministère de la Culture et une identification des architectes ici. Nous en avons environ 35 identifiés, mais ils sont sans doute 70 ou 80 à travailler régulièrement à Mayotte.

Le rôle de l’Ordre est d’être au service des élus, pour leur apporter de l’ingénierie culturelle et de l’aide publique. Cela permettra aux élus d’avoir une représentation locale des architectes pour accompagner leurs décisions.

F.I. : Lors de vos rencontres, quels points ont particulièrement émergé sur la manière de reconstruire et d’aménager à Mayotte ?

C.M. : Le fruit de nos échanges, c’est de rappeler que la notion quantitative et l’urgence, notamment en matière de production de logements, ne doivent pas mettre à mal la qualité.

On ne peut pas importer des recettes européennes ou hexagonales ici à Mayotte. La façon dont vivent les Européens, avec des logements non traversants et des typologies qui ne correspondent pas aux usages locaux, n’est pas forcément adaptée.

Un logement mahorais, historiquement, n’est pas un logement européen. Le rapport à l’extérieur n’est pas le même. Par exemple, un balcon de huit mètres carrés n’a pas nécessairement d’intérêt ici.

Il ne faut pas importer les modèles, mais la méthodologie, c’est-à-dire la capacité à organiser, à structurer et à aller vite. En revanche, il faut puiser dans les ressources locales et dans l’expression de la culture mahoraise pour traduire cela en architecture.

C’est précisément pour cela que la création d’un ordre régional à Mayotte est importante. Il permettrait d’être aux côtés des pouvoirs publics pour réinitier un véritable volet d’architecture locale.

L’ordre local aurait vocation à gérer les aspects propres au territoire, c’est-à-dire mobiliser les architectes qui connaissent Mayotte, son climat, ses usages, sa culture, et les mettre à disposition des établissements publics.

F.I. : Mayotte a récemment obtenu une ATEx sur le bambou. Quelle place peuvent prendre ces matériaux locaux dans la reconstruction ?

C.M. : L’enjeu, c’est le développement des filières locales. C’est une forme de résilience pour l’île de pouvoir se construire, se reconstruire et s’entretenir avec des ressources et des artisans locaux.

Le bambou, la pierre, la terre, la brique, le bois existent ici et ont façonné l’architecture vernaculaire. Il faut, par une impulsion politique, recréer des chaînes de valeur qui permettront aux architectes de puiser dans ces ressources pour proposer des bâtiments qui alimentent d’abord une économie locale.

Mais il y a aussi la question de l’acceptabilité, la volonté des mahorais à vivre dans des bâtiments qui sont faits avec ces matériaux-là. Si la modernité européenne est attendue à Mayotte, c’est normal, il faut la comprendre. Mais la modernité ne se traduit pas par des bâtiments en béton. La modernité n’est pas le béton. Elle se traduit par la capacité à faire vivre une économie locale et une identité territoriale.

F.I. : Mayotte est-elle prête face aux risques naturels ?

C.M. : Sur les sept risques naturels, il y en a six qui sont concentrés à Mayotte. Seules les avalanches ne concernent pas l’île.

Un travail de cartographie des risques naturels est en cours pour permettre d’appréhender le développement futur en tenant compte des risques. Donc le futur Mayotte est prêt.

Mais le Mayotte déjà là non, puisqu’il y a encore des personnes qui vivent dans des zones exposées à plusieurs risques.

La solution, c’est un plan pluriannuel pour l’avenir de Mayotte, mais aussi une meilleure connaissance du territoire par les mahorais puisque quand on connaît son territoire, on ne s’implante pas là où c’est dangereux. C’est le rôle de l’État et des permis de construire – qui ne sont pas utilisés alors qu’ils sont obligatoires – qui permettront de s’assurer que les implantations se feront dans de bonnes conditions.

F.I. : Quel bilan faites-vous après ces trois jours sur le terrain ?

C.M. : Je compare avec ma venue il y a deux ans, avant le passage du cyclone Chido. À l’époque, on me disait souvent : « Ici, c’est compliqué, mais c’est comme ça, on ne peut rien faire. »

Deux ans après, j’ai senti un enthousiasme, que ce soit de la préfecture, des architectes, du CAUE, du rectorat ou des personnes rencontrées.

Il y a une envie de faire mieux et différemment. Une volonté de respecter les normes et d’essayer de faire évoluer les choses. Cet enthousiasme, c’est le bilan que je fais.

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Municipales 2026 : 88 listes, une bataille électorale inédite dans les 17 communes de l’île

Municipales 2026 : 88 listes, une bataille électorale inédite dans les 17 communes de l’île

À deux semaines du premier tour des élections municipales, prévu les 15 et 22 mars prochains, le paysage politique mahorais s’annonce particulièrement animé. Le ministère de l’Intérieur a dévoilé les listes officiellement déposées en préfecture : pas moins de 88 équipes briguent les suffrages des électeurs dans les 17 communes de Mayotte. Une multiplication des candidatures qui témoigne d’une forte mobilisation politique locale et d’enjeux majeurs pour l’avenir du territoire. Tour d’horizon commune par commune.

Ces élections municipales dépassent largement le simple renouvellement des conseils municipaux. Gestion de la croissance démographique, sécurité, logement, développement économique ou encore accès aux services publics : les défis sont immenses pour les futurs maires.

Avec 88 listes déposées, le scrutin 2026 confirme une tendance observée ces dernières années : la montée des candidatures indépendantes et des mouvements locaux, souvent construits autour de personnalités ancrées dans leur commune plutôt que sur des étiquettes partisanes nationales.
Le ministère de l’Intérieur précise toutefois que ces candidatures restent sous réserve de la délivrance des récépissés définitifs et d’éventuels recours administratifs.

Mamoudzou : sept prétendants pour la capitale

Dans le chef-lieu, la bataille électorale s’annonce particulièrement ouverte avec sept listes en compétition.
Le maire sortant Ambdilwahedou Soumaila, à la tête de la liste Encore plus proche de vous, devra faire face à plusieurs challengers : Soiyinri Mhoudhoir (Mouvement pour le développement de Mayotte), Christophe Soimihi Youssouffa (Mamoudzou mérite mieux), Munia Dinouraini (Résilience), Farianti M’Dallah (L’Espérance), Ahamada Haribou (Rassemblons-nous) et Nassurdine Said Ali (Mamoudzou Nouvel Élan).
Dans une commune confrontée à une urbanisation rapide et à des problématiques sécuritaires fortes, le scrutin pourrait être particulièrement disputé.

Koungou : six listes pour convaincre les électeurs

À Koungou, six équipes se disputent la mairie. M’Dallah Mahamoudou mène la liste Équipe pour l’avenir de Koungou, face notamment à Ayouba Ridjali (Nouveau souffle) et Amidou Dzanga Hamidou Salim (Ji La Comini Ya Koungou).
Farda Rachid (Ensemble construisons le Koungou de demain), Ibrahim Moussa Mroivili (Le renouveau de Koungou) et Saïd Raos Ahamadi (Le bonheur simple) complètent cette offre politique variée.

Pamandzi : la commune la plus convoitée

Avec onze listes déposées, Pamandzi détient le record du nombre de candidatures. Une fragmentation qui annonce une campagne intense.
Parmi les candidats figurent Soufou Nizar (Djama La famille), Labyade Mahaladi (Sibabou Ya Pamandze), Abassi Archadi (Pamandzi Soyons Unis), Dayane Nourdine (Pamandzi Oye), El-Anzize Hamidou (Pamandzi en Grand) ou encore Wilfried Hassani (Pourquoi pas nous).
Issoufi Maandhui, Arbabiddini Chanfi, Siti Ali M’Dahoma, Myriam Maiob et Issa Ahamada complètent cette longue liste de prétendants.

Dembeni et Acoua : la jeunesse politique en mouvement

À Dembeni, cinq listes sont engagées, dont celles d’Abdourahamane Batrolo (Agir pour la commune de Dembeni) et Ibrahim Kamal (Dembeni Debout).
Même configuration à Acoua avec cinq listes également, parmi lesquelles Issouffi Matoiri (Union Acoua Dreka Mtsangadoua), Toiher-Eddine Saandani (Jeunesse Éducation Sécurité et Développement Avec Vous) ou Ahmed Darouech (Nouvelle Impulsion Active Pour La Commune).

Bandraboua et Bandrélé : des campagnes structurées

À Bandraboua, cinq listes sont en lice. Issoufi Hadj Mhoko porte Bandraboua Ya Leo, tandis que Saindou Aboutoihi défend Nouvel Élan pour Bandraboua. Soidri Ben Abdou, Alifani Mahavita et Abdou-Lihariti Antoissi complètent la compétition.

À Bandrélé, trois candidats seulement s’affrontent : Ali Moussa Moussa Ben (S’unir pour construire notre commune), Daniel Rama (S’unir pour réussir) et Wirdani Djae (Mouvement pour le progrès de la commune de Bandrélé).

Bouéni, Chiconi et Chirongui : le sud en pleine compétition

Bouéni compte cinq listes, menées notamment par Madi Djidji Sidi (Mouvement pour l’émergence du Sud Soroda) et Ousseni Mirhane (Bouéni de demain).
À Chiconi, trois listes se disputent les suffrages avec Bibi Hadidja Madi-Assani (Construisons autrement), Rifay Boina (Notre priorité c’est vous) et Mohamadi Madi Ousseni (Agir ensemble).
Chirongui affiche quant à elle cinq candidatures dont celles de Bihaki Daouda (Maesha), Adrachi Velou (Oui à la nouvelle ère) et Hanima Ibrahima (Nya Moja de Chirongui).

Dzaoudzi et Kani-Kéli : des enjeux stratégiques

À Dzaoudzi-Labattoir, quatre listes sont enregistrées : Freddy Novou (Un souffle nouveau), Mikidache Houmadi (Ensemble pour Dzaoudzi-Labattoir), Darmi Salim (Wakazi Oi Labattoir) et Saïd Omar Oili (Nouvel Élan pour Mayotte).

À Kani-Kéli, sept équipes entrent dans la course. Said Aboudou (Dzeri Areki), Abdou Rachadi (Mouvement pour le développement de Kani-Kéli) ou encore Faina Ousseni (Mama M’lezi Alouha) tenteront de convaincre les électeurs.

Le Nord très disputé : Mtsamboro et M’Tsangamouji

Mtsamboro présente six listes dont celles d’Amina Oili Attoumani M’Colo (Mtsamboro Yatru) et Abdou Hamidou (Wusukani Wa Kiblani).
À M’Tsangamouji, trois équipes sont en lice : Allaoui Zoubert (Alliance solidaire), Ousmane Ahamada Siaka (MDM-Tifaki) et Saïd Maanrifa Ibrahima (Ensemble plus loin encore).

Ouangani, Sada et Tsingoni complètent le tableau

Ouangani compte quatre listes, parmi lesquelles Issoufi Madi (L’avenir c’est aujourd’hui) et Youssouf Ambdi (Mouvement pour le développement de Mayotte).
Même nombre de candidatures à Sada avec Abdel-Lattuf Ibrahim (La Force commune), Houssamoudine Abdallah (Unis pour construire Sada-Mangajou), Djamalidine Djabiri (Alliance du développement et de la sécurité) et Chaharmane Houlame (Osons demain).
Enfin, à Tsingoni, cinq listes s’opposent, dont Antoine Abdallah (Bâtir une commune forte) et Hamada Issilamou (Ensemble pour une dynamique d’avenir).

Une campagne sous haute tension

Avec un nombre élevé de candidatures dans plusieurs communes, les municipales 2026 pourraient réserver des seconds tours serrés et des alliances inattendues. Dans un département confronté à des défis structurels majeurs, les électeurs devront arbitrer entre continuité et renouvellement.
Les prochaines semaines de campagne seront donc décisives pour convaincre une population attentive aux réponses concrètes sur le quotidien, la sécurité et le développement économique.

Rendez-vous les 15 et 22 mars pour connaître le verdict des urnes.

Circulation routière perturbée entre Mamoudzou et Passamaïnti

Circulation routière perturbée entre Mamoudzou et Passamaïnti

Opération escargot des conducteurs de taxi (FSATVM) dans la ville chef-lieu, entre Passamaïnti et le rond-point des taxis à Mamoudzou. Un mouvement coup de gueule qui fait suite à celui de juin 2025 sur la revendication à pouvoir utiliser les voies réservées aux navettes du Caribus sur un segment routier très encombré. Malgré des discussions régulières entre autorités et chauffeurs de taxis, aucune entente ne se dégage.

4 ème édition de « Baruwa la Saïd Omar Oili »

4 ème édition de « Baruwa la Saïd Omar Oili »

Le sénateur de Mayotte Saïd Omar Oili vient a publié hier, pour la quatrième fois, sa lettre d’information. Une édition qui relate les tables rondes organisées sur la protection civile, réunissant les membres du groupe SER au Sénat et ceux de la profession, autour de la thématique, « risques naturels majeurs : quels enseignements pour la gestion de crise suite au cyclone Chido ».

Autre sujet abordé dans cette lettre d’information, l’Union Européenne, avec les enjeux pour l’Outre-mer du prochain cadre financier pluriannuel de l’institution, l’organisation de l’audition des Présidents des conseils régionaux de Mayotte.

Y sont également traités, l’examen du rapport d’information « filières d’avenir Outre-mer : l’économie bleue », les infrastructures portuaires avec le projet gazier mozambicain et la présence de la CAPAM au Salon de l’Agriculture de Paris 2026, l’aménagement du territoire par une question posée au ministre de tutelle sur la reconstruction de Mayotte post-Chido. Dernier sujet évoqué dans ce bulletin d’information, la gestion des déchets du cyclone Chido.

Le flash infos du jour

Flash infos Mayotte du Mardi 7 avril 2026
Mardi 7 avril 2026

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Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes