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Covid-19 : Mahorais bloqués en Tanzanie : « Je n’ai même plus de quoi trouver à manger »

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La compagnie mahoraise détenue à 51% par Air Austral et qui compte aussi la Chambre de Commerce et d’Industrie de Mayotte parmi ses actionnaires, espère voir bientôt le bout du tunnel. Pour maintenir la flotte pendant le confinement, Ayub Ingar, son directeur général délégué, a tenté d’organiser quelques vols. Ce mardi, c’est ainsi un avion-cargo qu’il devait réceptionner à l’aéroport de Pamandzi. Il revient pour le Flash Infos sur cette opération, et sur l’activité d’Ewa Air depuis le début du confinement.

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Suite à l’arrêt des liaisons internationales maritimes et aériennes décidé le mois dernier par la préfecture, au moins trois Mahorais sont toujours bloqués entre Zanzibar et Dar es Salaam à l’heure actuelle. Après avoir alerté le quai d’Orsay, le maire de Dembéni a décidé de faire un geste inédit pour leur venir en aide.

« Madame, je suis en souffrance… En souffrance terrible ! » À l’autre bout du fil, et de l’autre côté du canal du Mozambique, les mots de Toianfati Hilali sont chargés de détresse. Voilà bientôt un mois que cette commerçante mahoraise est bloquée à Dar es Salaam. Au total, ils seraient actuellement une trentaine de ressortissants français à demander aux autorités de les rapatrier depuis la Tanzanie. Parmi eux, au moins trois Mahorais. Mais depuis le 17 janvier, la préfecture de Mayotte a interdit, pour raison sanitaire, toute liaison internationale par voie maritime ou aérienne. Et ce jusqu’à nouvel ordre. Le 17 janvier est aussi le jour où cette habitante de Dembéni aurait du rentrer chez elle, sur son île.

« On m’a dit la veille de mon départ que mon vol était annulé sans me donner d’autre date, et aujourd’hui, je ne sais toujours pas quand est-ce que je vais pouvoir rentrer. Le préfet a pris cette décision sans penser à nous », déplore, dans un phrasé maladroit, Toianfati Hilali, depuis la chambre d’hôtel où elle passe désormais ses journées. « J’ai essayé d’aller à l’ambassade de France à Dar es Salaam, mais je ne parle pas très bien français, alors ils m’ont refoulée. Je ne sais plus quoi faire. »

 

600 euros envoyés par la mairie de Dembéni

 

Arrivée début janvier en Tanzanie, la Dembénienne devait y passer le mois pour « chercher de la marchandise ». Des étoffes, des boubous, des chaussures et des accessoires qu’elle pensait pouvoir revendre à Mayotte, pour faire tourner sa boutique. Finalement, son voyage lui coûte bien plus cher que prévu. « Je dois payer moi-même l’hôtel en Tanzanie, alors qu’on m’oblige à rester dans le pays. Je verse 20 euros par jour depuis plus d’un mois, je n’ai même plus de quoi trouver à manger », tempète, à bout de nerfs, la mère de famille.

Alors, face au silence des autorités, le maire de Dembéni a décidé d’intervenir lui-même. Mardi, Moudjibou Saidi a tenté d’interpeller le ministère des Outre-mer quant au sort de ces ressortissants. « J’ai eu un entretien avec l’un des conseillers du ministre qui m’a expliqué que le message avait été transmis au quai d’Orsay. Avant cela, ils ignoraient même qu’il y avait des Mahorais parmi les Français bloqués là-bas », témoigne l’élu. Dès le lendemain, Moudjibou Saidi fait parvenir 300 euros à chacun des deux Dembéniens coincés respectivement à Zanzibar et Dar es Salaam. « Cet argent n’est pas celui de la commune ! », insiste-t-il d’emblée. « C’est un geste en quelque sorte humanitaire en attendant une réponse des autorités. » Contactée par la rédaction, la préfecture de Mayotte n’a pas répondu à nos appels.

 


 

Rentrer en métropole pour s’occuper d’un parent malade ?
Un motif jugé irrecevable

 

Le 9 février dernier, Pauline* se présente à l’aéroport de Dzaoudzi, où elle doit prendre l’avion pour la métropole, après une escale à La Réunion. Son motif impérieux ? La maladie de son grand-père de 90 ans, dont l’état s’est précipitamment aggravé. Pour le prouver, la jeune femme a préparé tous les documents nécessaires : attestation, test PCR négatif, certificat médical, livret de famille… Pourtant, aux portes de l’aérogare, les policiers qui filtrent les allées et venus, épaulés ce jour-là par la haut-fonctionnaire en charge de la lutte contre l’immigration clandestine, Nathalie Gimonet, refusent de la laisser passer. « Quand la sous-préfète a vu mes documents, elle a d’abord appelé le médecin en métropole qui avait signé le certificat concernant l’état de santé de mon grand-père la veille », retrace Pauline. « Puis finalement, puisque ma mère était déjà sur place pour s’occuper de lui, ils ont jugé mon motif irrecevable. On m’a même dit que s’il décédait, je ne pourrais pas prendre l’avion car il n’est pas considéré comme un parent proche. » Douche froide. Le même jour, plusieurs autres personnes seront empêchées de prendre l’avion. « Ils étaient très attentifs aux dates de retour et aux professions des voyageurs », poursuit Pauline. « Beaucoup de personnes qui se présentaient comme professeurs n’ont pas pu prendre l’avion car elles avaient un vol retour prévu dans trois semaines, soit pour la fin du reconfirment… J’ai voulu respecter les règles, j’avais fait tout ce qu’il fallait, tout ça pour qu’on me dise au final que voir mon grand-père gravement malade n’est pas un motif impérieux… »

* Le prénom a été modifié.

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