L'ACTUALITÉ DE MAYOTTE 100 % NUMÉRIQUE

Les infos de Mayotte depuis plus de 20 ans !

À l’hôtel La Résidence à Kawéni, l’enfer quotidien des pieds dans l’eau et la boue

À lire également

“Oui à la piste longue à Mayotte, mais pas au détriment de l’environnement”

Le temps presse et le débat est loin d’être clos. L'allongement de la piste de l'aéro-port ne fait pas l’unanimité tant sur le fond...

Mayotte accueille son conseil d’architecture, de l’urbanisme et de l’environnement

Mercredi s'est tenue l'assemblée générale constitutive du conseil d'architecture, de l'urbanisme et de l'environnement de Mayotte. Celui-ci a pour objectif d'accompagner gratuitement les particuliers...

Sur la route de Mouboukini à Combani, « soit on mouille les chaussures, soit on ne traverse pas »

La réfection d'une voirie peut parfois créer de larges polémiques dans une commune. C'est le cas pour la route de Mouboukini à Combani où...

Hôtel Ibis de Mayotte : les difficultés de la construction

Cela fait huit mois que les travaux de construction de l’hôtel Ibis à Mayotte ont commencé. Avec ses 3.000 mètres carrés, ses 80 chambres...

Gérante de l’hôtel La Résidence à Kawéni depuis 18 ans, Sophie Bond s’en prend à l’immobilisme ambiant et aux manquements des autorités. En raison des fortes pluies des derniers jours, la route pour accéder à son établissement s’est transformée en piscine. Un ras-le-bol qui dure depuis 5 ans à la suite de la construction du lycée des Lumières. Mais aujourd’hui, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

C’est la voix à la fois attristée et remontée que Sophie Bond décroche son téléphone. « Cela fait 18 ans que je suis à Mayotte, je n’ai jamais eu affaire aux journalistes », glisse timidement la gérante de l’hôtel de 13 logements La Résidence à Kawéni, presque mal à l’aise d’avoir recours à la presse. La raison de cet appel et surtout de ce cri de détresse ? L’état catastrophique de la route qui mène à son établissement. « Encore ce matin, j’ai dû porter ma fille de la voiture à l’entrée. C’est tellement dangereux à cause de la boue… » Un phénomène qui se répète inlassablement à chaque saison des pluies depuis la construction du lycée des Lumières en 2016. Cette année-là, c’est celle de tous les malheurs pour la propriétaire : les travaux avaient alors mis à sac les caniveaux pourtant fraîchement apparus lors de la réfection de la rue en 2007.

« Ce problème n’est pas pris à bras le corps », regrette-t-elle, complètement déboussolée. Et toutes les autorités, sans exception aucune, prennent pour leur grade, entre l’absence de moyens des services techniques de la mairie et le silence radio de la préfecture ! « On souffre de l’inaction de toutes les administrations possibles et inimaginables qui ne répondent jamais à nos cris de détresse si on ne connaît pas quelqu’un. Il existe des carences tellement importantes qu’on ne peut plus travailler. On peut faire des efforts et pallier certains manquements, mais avec le Covid, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. » Malgré le déplacement sur site d’agents de la communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou et d’un bureau d’étude il y a trois semaines, rien ne bouge. Si ce n’est rajouter de la terre dans les trous et curer les conduits par-ci par-là. De temps en temps…

 

400 litres de déchets ramassés

 

Conséquence : Sophie Bond doit envoyer, presque quotidiennement, ses 6 salariés au casse-pipe pour nettoyer les dégâts. Et le bilan de la matinée fait bondir, avec pas moins de 400 litres de déchets ramassés. Des pneus, des sièges auto, des bidons en veux-tu en voilà, et même un dessus de gazinière. « Je dois payer des heures supplémentaires à mes employés pour enlever les poubelles… Non seulement ce n’est pas leur job, mais en plus, ils risquent de se blesser. Ils ont dû utiliser des brouettes pour dégager tout ça », s’emporte-t-elle. D’autant plus que cet immobilisme ambiant l’empêche de s’agrandir et même de rouvrir le restaurant qu’elle louait avant sa fermeture en août 2016. Sans parler de son espace de parking raviné.

Mais surtout, la gérante de l’hôtel La Résidence s’insurge contre l’image renvoyée à ses clients métropolitains, « des cadres » qui « n’ont pas à s’adapter ». « Aujourd’hui, j’ai dû prêter une brosse à l’un d’eux pour qu’il nettoie ses bottes, vous imaginez », se désole-t-elle. « Ils sont obligés d’attendre 20 minutes que l’eau s’en aille. » Des conditions qui la font sortir de ses gonds, auxquelles s’ajoute un arrêt forcé de mars à mi-septembre, en raison de la crise sanitaire. Pourtant, ce ne sont pas les sollicitations qui manquent. « Samedi prochain, j’accueille 10 personnes de la réserve sanitaire. Ils viennent nous sauver la vie et on les reçoit dans la m….. C’est une honte ! » Et pour Sophie Bond, toutes ces raisons expliquent que les entrepreneurs « baissent les bras et s’en vont ». « C’est une catastrophe économique, écologique et sociale. Et nous, on est au milieu, on a beau essayer de convaincre… » Rien n’y fait !

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte hebdo n°1085

Le journal des jeunes

À la Une

Wuambushu 2 : « un quartier entier de Mamoudzou nettoyé de « ses bangas » »

Après une semaine d’opération « Mayotte place nette », le nouveau nom de Wuambushu 2, Marie Guévenoux a défendu un premier bilan sur la chaîne Sud...

Pêche illégale : Près d’une tonne de poissons saisis au port de M’tsapéré ce lundi

Dans sa lutte contre l’immigration et le travail informel, l’État a décidé d’étendre l’opération Wuambushu 2, ou « Place nette » pour sa dénomination officielle, au...

Fatma : L’événement dédié à l’art mahorais marque un vrai retour

Ce seizième anniversaire du Festival des arts traditionnels de Mayotte (Fatma) est célébré en grande pompe. En relation directe avec la commémoration de l'abolition...

Jugé en récidive, un voleur de téléphone échappe à la prison

Un jeune homme de 19 ans, jugé au tribunal judiciaire de Mamoudzou, ce lundi après-midi, pour des faits de vol commis à Tsararano (Dembéni)...

Comores : Un collectif dénonce les longs délais de délivrance des certificats de mariage

A cause de ces lenteurs, certaines familles franco-comoriennes attendent depuis 2021 la transcription de leurs certificats de mariage. La procédure, qui ne devrait pas...