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« La jeunesse de M’Sayidie doit continuer à garder espoir, il n’y a que comme cela qu’elle arrivera à avancer »

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Le dispositif M’Sayidie des Apprentis d’Auteuil a célébré son dixième anniversaire, ce jeudi 15 septembre, au Jardin des Pères à Mamoudzou. Une journée marquée par plusieurs activités réalisées par les jeunes et l’ensemble du personnel avec la collaboration de divers prestataires. L’occasion surtout de faire un point général avec Kadafi Ahamada, le chef de service, et Daniel Ali Attoumani, l’un des coordinateurs pédagogiques.

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En dix ans, le dispositif M’Sayidie est passé de trois à 26 salariés.

Flash Infos : Lancé en 2012, le dispositif M’Sayidie des Apprentis d’Auteuil célébrait ce jeudi 15 septembre son dixième anniversaire. Que vous inspire cette date ?

Kadafi Ahamada : J’ai une pensée toute particulière pour les 250 jeunes, âgés de 10 à 18 ans, que nous suivons chaque année, et dont environ 80-90 d’entre eux arrivent à retrouver le chemin de la scolarisation ! Si ce chiffre est louable, cela reste compliqué de les insérer à partir de 14-15 ans en raison du nombre de places limité dans les établissements scolaires.

Daniel Ali Attoumani : Personnellement, je suis très fier d’assister à ces dix ans et de faire partie de cette association. À l’avenir, j’espère qu’elle continuera de grandir et d’accueillir de nouveaux collaborateurs pour poursuivre la production de supports pédagogiques de qualité. Ici, chacun trouve sa place et le « chef » nous laisse la possibilité de pouvoir mettre en œuvre toutes nos idées et nos projets. C’est une réussite !

FI : Dix ans, ce n’est pas rien en termes de longévité… Comment résumeriez-vous l’évolution du dispositif sur cette décennie ?

K.A. : Actuellement, nous avons 26 équivalents temps-pleins, contre seulement trois en 2012… En 2016, il y a eu la mise en place du financement FSE (fonds social européen) ainsi que la participation du Département. Vous l’aurez compris, il y a eu une importante évolution en termes de moyens. L’argent est souvent le nerf de la guerre, mais il ne faut pas oublier les ressources humaines qui nous ont permis de former une équipe pluridisciplinaire avec un chef de service, une conseillère en insertion professionnelle, des travailleurs sociaux, des formateurs, des intervenants socio-éducatifs…

FI : Avec de tels effectifs, comment procédez-vous au quotidien dans l’accompagnement ?

D.A. A. : Les jeunes accueillis font de la remise à niveau en français et en mathématiques toute la semaine, du lundi au vendredi, revoient les savoirs de base et se familiarisent avec la culture générale, c’est-à-dire tout ce qui est en lien avec l’hygiène, la vie au quotidien…

On parle ici d’un public non scolarisé qui se trouve en situation irrégulière si je peux me permettre ce terme. Si la plupart de ces jeunes sont nés à Mayotte, ils n’ont pas la possibilité d’aller dans une école dite classique. Du coup, nous les accueillons pour leur donner l’opportunité d’avoir les mêmes chances que ceux inscrits dans l’Éducation nationale.

FI : Concrètement, quelles portes de sortie s’offrent à ces jeunes ?

D.A. A. : Soit nous les orientons vers d’autres structures internes ou partenaires, soit nous réussissons à leur faire intégrer un cursus scolaire dans la mesure où nous travaillons en étroite collaboration avec le rectorat, qui réalise les positionnements en amont avec nous. Nous faisons ce lien pour les insérer un maximum dans les écoles de la République.

K.A. : L’espoir fait vivre ! La jeunesse de M’Sayidie doit continuer à garder espoir, il n’y a que comme cela qu’elle arrivera à avancer et que nous réussirons à faire changer la vision de la population. Il ne faut pas retenir que l’aspect négatif, c’est important de ne pas l’oublier.

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