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Le loto du patrimoine apporte « sa pierre à l’édifice »

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L’usine sucrière de Hajangoua, l’une des plus anciennes de Mayotte, fait partie des 18 projets emblématiques des régions retenus par la Fondation du patrimoine et la mission Stéphane Bern cette année. Grâce à cette dernière et à son soutien financier, qui a déjà profité à l’usine sucrière de Soulou, la mosquée de Tsingoni et l’ancien tribunal de Mamoudzou, la Cadema pourra opérer un défrichement de la zone et le déplacement des pièces restantes.

Acheter un ticket pour préserver les monuments mahorais ? C’est possible depuis 2018, et la première édition du loto du patrimoine. Ce dispositif, imaginé par la mission Stéphane Bern et la Française des Jeux afin de récolter des fonds pour la Fondation du patrimoine, bénéficie cette année au projet de la Cadema concernant l’ancienne usine sucrière de Hajangoua, sur le territoire de la commune de Dembéni. Ce site remarquable fait effectivement partie des 100 projets retenus par la Fondation en 2022, mais aussi des 18 « projets emblématiques des régions ». Si la dénomination de cette sélection est assez vague, l’enveloppe y étant dédiée est elle plus parlante.

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Un demi-million pour la Cadema ?

loto-patrimoine-apporte-pierre-edificeC’est en effet l’intérêt premier de ce loto du patrimoine, qui a octroyé plus de 18 millions d’euros aux projets soutenus l’année dernière. Sur le montant du chèque accordé à l’intercommunalité, qui devait être initialement dévoilé ce samedi, Monique Ozoux, la déléguée de la Fondation du patrimoine à La Réunion et à Mayotte, ne livre qu’un maigre indice : « Le montant maximum alloué aux emblématiques est de 500.000 euros, mais la Fondation du patrimoine est un petit financeur, elle va apporter sa pierre à l’édifice. » En effet, le montant global des travaux approche les trois millions d’euros. De quoi débroussailler (ce qui avait été fait en marge de l’événement finalement annulé), décaper, terrasser et effectuer une mise en sécurité du site. Ce dernier est effectivement en proie à des chutes de pierre, à cause de la végétalisation déstabilisant les cheminées.

L’usine sucrière de Hajangoua fête ses 152 ans

Il faut dire que les structures ne datent pas d’hier. Créé en 1870, le domaine sucrier de Hajangoua est l’un des plus anciens de Mayotte. Parmi ses vestiges, on compte par exemple une grande maison de maître, des cheminées, des chaudières, un moteur à vapeur ou des hydroextracteurs. Cet ensemble est abandonné en 1898, à la suite d’un cyclone. Au milieu du XXème siècle, le domaine est occupé par une cocoteraie et une bambouseraie, que l’on peut encore voir aujourd’hui.

Dernière étape des travaux, qui seront suivis par la Fondation du patrimoine, le déplacement des pièces de l’usine. « Il va y avoir un gros travail de valorisation sur ce site, puisque les vestiges seront remis en lumière et déplacés », précise Monique Ozoux. « Ça occupe un pôle important, puisqu’il faut préserver mais aussi valoriser, qu’il y ait des actions sur site, et que la population prenne la mesure de son patrimoine. » La Cadema envisage d’ailleurs d’autres travaux ensuite, comme la réhabilitation de la voie d’accès, un cheminement piéton, un point de vue avec belvédère ou de la signalétique, afin de mettre en valeur ce site historique.

L’ancien tribunal de Mamoudzou, c’est pour bientôt

L’usine sucrière de Hajangoua est le quatrième projet mahorais retenu par la Fondation patrimoine. En 2018, c’est l’usine sucrière de Soulou qui en avait bénéficié, avant de laisser la place à la mosquée de Tsingoni en 2019, et à l’ancien tribunal de Mamoudzou en 2020. Situé au croisement des rues Mahabou et Mgombani, ce dernier a progressivement été transformé en squat plein de graffitis et de déchets en tout genre. Il y a deux ans, c’est encore la Cadema qui est à l’origine du projet de restauration. « Nous n’avons pas de nouvelles récentes du porteur de projet, alors que le prévisionnel indiquait un démarrage des travaux début 2022 », tance la déléguée de la Fondation du patrimoine.

Signée en août 2021, la convention prévoyait un montant total de 174.500 euros pour les travaux de rénovation, retardés par la crise sanitaire. « La subvention de la Fondation est de 25.000 euros pour financer principalement des opérations de sécurisation et de mise en accessibilité du site », déclare Monique Ozoux. La Direction des affaires culturelles (DAC) de Mayotte apportera un autre soutien financier à la Cadema, comme l’affirme Michaël Tournadre, en charge des monuments historiques, de l’architecture et de l’archéologie. « On a une association qui porte un projet dessus, et qui devrait le présenter sur site durant ces journées du patrimoine », précise-t-il. « Il s’agit de restaurer le bâtiment en remettant une charpente en bambou, on s’inscrit donc sur le patrimoine durable. Avec le début des travaux, il devrait normalement y avoir un soutien financier, de notre part et de la part de la Fondation du patrimoine. »

Désormais, « il n’y a plus qu’à ». Et si vous souhaitez aider, achetez un ticket loto du patrimoine, vous aurez une chance d’y voir figurer les vestiges de Hajangoua.

Retrouvez l’intégralité du dossier consacré au patrimoine mahorais dans le numéro 1011 de Mayotte Hebdo.

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