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Djemilah Hassani, un patchwork plein de vie

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Il y a encore quatre ans, son blog, The Patchwork Life, était exclusivement tourné vers la cuisine végétarienne. Mais, depuis son retour à Mayotte, Djemilah Hassani n’hésite plus à y aborder ses réflexions sur la société mahoraise, et notamment sur son aspect traditionnel. Par sa créativité, la jeune femme pousse à s’interroger sur la place que chacun y occupe et la façon dont chacun est perçu et accepté.

Elle dépeint les différentes facettes, “les différentes réalités” de la vie mahoraise et de ceux qui la rythment à la façon d’un patchwork. Sur son blog, naturellement intitulé The Patchwork Life, Djemilah Hassani partage ses réflexions, ses inspirations, ses anecdotes et ses idées. Voyage, musique, gastronomie… Un contenu que certains pourraient qualifier de “lifestyle” ou “feel good”, mais où légèreté et divertissement riment aussi avec militantisme et engagement.

djemilah-hassani-patchwork-plein-de-vieEn 2017, la jeune femme, végétarienne et gourmande, crée son blog depuis la métropole, où elle vit alors, afin d’y partager ses recettes végétales, et conseiller ceux qui voudraient à leur tour franchir le pas du végétarisme. Puis, elle décide d’ouvrir sa chaîne YouTube afin d’ajouter de la vidéo à son contenu. En 2018, Djemilah rentre à Mayotte, où elle n’a pas posé le pied depuis 15 ans. “J’ai voulu parler de l’île,de mes impressions lorsque je suis arrivée.” Dès lors, son blog s’ouvre à une nouvelle dimension.

Je me suis vite rendu compte qu’en termes de représentation en ligne, c’était très limité.” Car en ligne, justement, Mayotte est systématiquement associée à l’insécurité ou à la beauté de son lagon. “Mais c’est tellement plus que ça !”, fait-elle remarquer. Concernant la représentation de la femme, le constat apparaît, là encore, bien manichéen : “il y a d’un côté l’image de la femme très traditionnelle, et de l’autre, celle de la Mahoraise qui a quitté le territoire pour découvrir autre chose au point de devenir une ‘bounty”, s’exclame la blogueuse pleine de vie. De quoi lui inspirer un nouveau contenu sur la place de la femme, des femmes, quel que soit leur parcours, dans la société mahoraise.

Montrer Mayotte “sous un autre prisme

Au départ, il y a eu pas mal de résistance, comme à chaque fois qu’on essaie d’apporter du changement, un nouveau point de vue”, retrace Djemilah. À propos du végétarisme qu’elle dévoile et développe sur son blog, d’autres réticences émergent. “On me disait que c’était impossible d’être Mahoraise sans manger de viande, que je rejetais ma culture, que je ne l’aimais pas”, s’indigne-t-elle. “Mais justement, l’idée est d’explorer de nouvelles recettes avec ce que l’île peut offrir”, comme une allégorie de son contenu et de sa philosophie.

Puis vient une nouvelle vidéo, celle “qui a vraiment changé les choses” : un vlog sur le quotidien à M’tsapéré, dans son quartier. “Elle a reçu un gros écho à Mayotte comme à l’extérieur.” Au Nord, au Sud, Djemilah est invitée à venir filmer un contenu similaire dans d’autres localités mahoraises. “C’est là que j’ai réalisé que les gens, surtout ici, avaient besoin d’être vus pour ce qu’ils étaient. Pour une fois, on montrait Mayotte sous un autre prisme, on était vu pour autre chose !

Montrer Mayotte à l’extérieur, oui, mais aussi à ceux qui y sont déjà, comme une invitation à ouvrir son horizon culturel, questionner la tradition. “Même s’il y a un côté hyper fun et ludique dans ce que je crée, il y a quand même quelque chose de très engagé derrière”, défend la chef de projet dans le milieu associatif. Preuve en est, sa prochaine vidéo devrait aborder l’épineux sujet du retour au pays des jeunes mahoraises ayant quitté le territoire. “Est-ce qu’on peut se réhabituer à Mayotte, à cette société traditionnelle ?”, interroge Djemilah. Bien consciente du fait de son “statut” de jeune femme mahoraise, nombre de pressions pèsent encore sur ses épaules. Une problématique abordée par la nouvelle série Colocs !, dont la sortie n’a pas manqué de faire éclater une petite polémique. “Cette série montre bien que beaucoup de challenges s’imposent à nous lorsqu’on rentre, mais aussi que l’on peut apporter une nouvelle identité au paysage. Il était temps que l’on puisse enfin en parler !” Parler, parler pour briser les tabous, et surtout, pour que toutes les individualités puissent être représentées, de façon juste et équitable. Parler pour exister, se rendre visible et se faire accepter.

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