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Variant Delta à Mayotte : « Nous avons vraiment intérêt à gagner du temps pour retarder la vague »

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Alors que Mayotte était jusqu’alors épargnée par le variant Delta, celui-ci a fait son entrée sur le territoire la semaine dernière. Face à sa prolifération ultra rapide, l’agence régionale de santé rappelle l’importance de respecter les consignes sanitaires pour éviter un retour des mesures restrictives et une flambée des hospitalisations. Seule option : la vaccination, qui va continuer à s’accélérer.

Et de deux ! Si deux cas suspects du variant Delta tiennent encore en haleine l’agence régionale de santé, leur confirmation ne fait presque plus aucun doute. « Le criblage donne une forte présemption », admet Dominique Voynet, la directrice générale de l’autorité sanitaire dans le 101ème département. Les résultats du séquençage (cette technique de biologie moléculaire est la seule manière de savoir si le virus a muté, ndlr), envoyé jeudi dernier en métropole, doivent revenir d’ici quelques jours. Et ainsi passer en alerte l’île aux parfums, jusqu’alors épargnée après la l’hécatombe subie en début d’année.

En attendant l’officialisation, quelques prémisses démontrent une circulation de nouveau active sur Mayotte. Avec en premier lieu le doublement du taux d’incidence, passé de 5.7 à 11 en moins d’une semaine. « Les données commencent à trembloter ! Nous n’avons toujours pas d’hospitalisés, mais nous recensons une augmentation du nombre d’appels au centre 15. » Autre préoccupation ? La formation de deux clusters sur Petite-Terre et Barakani, en lien avec les deux cas cités. Or, l’une des dix personnes diagnostiquées se serait présentée à un mariage ce dimanche. De quoi faire bondir l’ancienne ministre. « Cela m’énerve un peu ! Si les gens ne respectent pas les gestes barrières et les mesures de septaine, ce ne sera pas la faute de l’ARS », insiste-t-elle face aux risques encourus.

variant-delta-covid-19

« Si cela se passe comme en Martinique, qui a connu trois semaines de frémissement avant une explosion, nous avons vraiment intérêt à gagner un maximum de temps pour retarder la vague. » Car oui, en cas de flambée épidémique dans l’ensemble des territoires ultramarins, comme cela se précise dans les Antilles et à La Réunion, les moyens allouées pourraient fondre comme neige au soleil. « S’il y en a en simultanée, nous ne pourrons pas bénéficier de renforts consistants de la réserve sanitaire et du service de santé des armées. » D’où le rappel à l’ordre de Dominique Voynet, qui note un relâchement significatif des habitants, notamment dans les mosquées, sur les plages et à l’occasion de manzarakas. L’objectif de la manœuvre ? Faire en sorte d’être en décalage avec les autres départements d’Outre-mer au mois de septembre.

La vaccination, une course contre la montre

Encore faut-il que la campagne de vaccination soit à la hauteur des espérances. « La semaine dernière, nous avons procédé à 6.900 injections. C’est un record. À ce jour, 30.71% de la population cible a reçu sa première dose » Un chiffre « correct » mais loin d’être suffisant aux yeux de Dominique Voynet, en raison d’une mise en route en dent de scie. Conséquence : en plus des cinq centres « tournants » aux quatre coins de l’île et du fixe tenu à Tsoundzou par la Croix Rouge les mardis et mercredis, « les deux jours les plus chargés », elle a récemment obtenu l’ouverture de créneaux dans les différents CMR (centres médicaux de référence) du CHM dans l’espoir de passer à la vitesse supérieure et d’atteindre les standards métropolitains.

La vaccination, une course contre la montre

Cette stratégie de déploiement s’inscrit dans un seul et unique but, à savoir réduire les inégalités territoriales. « Nous n’avons pas le droit de réaliser une statistique ethnique, mais nous avons des indications sur les classes d’âge et les communes. » Tandis que certains jouent les bons élèves, à l’instar de M’Tsangamouji, d’autres portent le bonnet d’âne, comme Koungou où « le nombre de vaccinés est ridicule ». Et c’est vers cette dernière en particulière que la directrice de l’ARS souhaite mettre le paquet. Comment ? En y installant très prochainement une structure pérenne. « J’ai demandé l’appui du maire, des associations et des services de l’État », assure-t-elle, avant de s’attaquer aux plus réticents. « Beaucoup disent que la vaccination tue ou qu’elle provoque des effets secondaires. Ce n’est pas rationnel, il faut toujours déconstruire ce genre de discours ! L’efficacité de Pfizer est plus importantante que nous le pensions puisqu’il serait efficace à 96% sur les formes sévères. »

L’autre défi de taille qui attend Dominique Voynet est la rentrée scolaire ainsi que la mise en place du pass sanitaire. La chef de file travaille de concert avec le rectorat pour s’attaquer à la vaccination des 12-17 ans, qui demande une présence et une autorisation parentales. Sans oublier les sportifs, avec le soutien du comité régional olympique et sportif (Cros) et des ligues respectives. « Le sens des responsabilités et de la solidarité envers les personnes les plus fragiles doit se développer », martèle-t-elle. Dans le cas contraire, de nouvelles restrictions pourraient refaire leur apparition… « Nous limiterons les déplacements si nous devons en arriver là… Même si la réflexion se fait de façon collégiale avec la préfecture, l’ARS, les ministères de la santé et de l’Outre-mer, à la fin c’est le gouvernement qui arbitre », prévient-elle. La balle est dans le camp des Mahorais.

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