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Philippe Ramon : nouveau DGS de la mairie de Mamoudzou, nouvelles méthodes, nouvelles ambitions

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Depuis ce lundi 25 octobre, la mairie de Mamoudzou tient son nouveau directeur général des services en la personne de Philippe Ramon. Doté d’une solide expérience dans la fonction publique, il devrait apporter un souffle nouveau auprès des équipes en place et une méthode de travail différente. Missions principales, ressources humaines, politiques publiques, il raconte.

Flash Infos : Votre parcours professionnel est long comme le bras : officier dans l’armée de l’air, sous-préfet, conseiller pour l’aménagement du territoire au cabinet de Bruno Le Maire, directeur général des services au sein de l’agglomération de Béziers, DRH du département des Bouches-du-Rhône, directeur de projet pour la revitalisation du département de la Creuse… Qu’est-ce qui vous a poussé à rejoindre la commune de Mamoudzou ?

Philippe Ramon : J’ai candidaté sur divers postes, et en particulier sur celui de Mamoudzou. C’était un poste avec un enjeu fort, avec une population en pleine explosion démographique, le contraire de la Creuse qui perdait des habitants. Ici, nous en gagnons de façon exponentielle tous les ans. Derrière, il faut que les services suivent, mais ce n’est pas évident. La départementalisation en 2011 nous a fait passer dans un registre très normé. Il faut accompagner cette normalisation du département qui est une gageure. J’ai été séduit par le projet extrêmement ambitieux et structuré de la nouvelle équipe municipale, qui formalise l’objectif très stratégique. La ligne et l’ambition sont clairement affichées. Après, il faut arriver à le mettre en œuvre, ce qui n’est pas simple, avec une équipe qui est toujours en train de courir après de nouveaux effectifs.

FI : Quel type de DGS êtes-vous ?

P. R. : Je suis vraiment dans le registre de celui qui favorise l’expérimentation. Il y a un permis de se tromper ! Je n’ai aucun état d’âme là-dessus. Par contre, je suis très attentif à l’implication coordonnée et transversale des équipes. Je suis très souple sur la forme, mais très exigeant sur le fond ! Le poste de directeur général des services exige du management. Il faut structurer la boutique, l’organiser, la contrôler et nous assurer que tous les services soient portés par les objectifs du maire. Tout le monde à la mairie de Mamoudzou doit être intéressé par tous les sujets. Personne ne doit considérer que cela ne le concerne pas.

FI : S’il fallait résumer, quelles sont vos deux ou trois missions principales ?

P. R. : Tel que je conçois mon boulot, je dirais qu’il y a trois types de mission. La première est d’avoir de la stratégie, de la coordination, de la transversalité : il faut travailler sur la mise en cohérence entre ce que fait le service de l’état civil et celui du nettoyage ou de l’attractivité… Toutes les équipes travaillent de concert pour que Mamoudzou sorte gagnante dans une période qui n’est pas simple… Le deuxième sujet est probablement la gestion de crise. Tous les jours, il y a un problème. Et le DGS se charge d’éteindre ces incendies quotidiens. Le troisième volet est l’écoute et la connaissance des gens et du terrain. Je vais vraisemblablement consacrer un tiers de mon temps à me déplacer pour ressentir les besoins de la population, des partenaires et de nos agents dans le but de m’assurer qu’il y ait bien une relation entre l’ambition stratégique et la réalité du quotidien !

FI : De part votre expérience dans les ressources humaines, quelle nouvelle dynamique allez-vous impulser auprès de vos services pour qu’ils réussissent à suivre l’explosion démographique à laquelle ils sont confrontés ?

P. R. : J’ai tout d’abord trouvé une équipe motivée et compétente, même si elle peut être insuffisamment étoffée sur certains aspects. Comme toujours, il y a un peu de tiraillement entre certains services. Encore une fois, la clé repose sur la transversalité et la méthode de coordination de l’action.
Le télétravail peut être à titre d’exemple une bonne solution pour améliorer la productivité de certains agents, qui sont sur les routes dès 4h du matin, qui arrivent fatigués et repartent épuisés… C’est un retour d’expérience relativement positif du Covid. Bien sûr, il faut maintenir une dynamique d’équipe, mais il est possible de l’envisager de temps en temps si cela permet d’être plus efficace et d’obtenir de meilleurs résultats.

FI : Mamoudzou concentre le poumon économique de l’île et se trouve en perpétuelle transformation. Toutefois, elle accumule également un retard structurant dans de nombreux secteurs tels que le transport, la gestion des déchets, le scolaire… Indépendamment de l’ambition politique, comment faire pour que la stratégie de la municipalité se ressente dans le quotidien des habitants ?

P. R. : C’est difficile ! En permanence, il faut jongler entre les projets du quotidien qui doivent avancer et être résolus, même s’ils sont parfois secondaires, et ceux du moyen et du long terme, qui demandent beaucoup d’énergie. Il faut réussir à avancer sur ces deux aspects de façon cohérente !
Pas plus tard qu’hier [mardi 26 octobre], nous parlions du front de mer de Mamoudzou, un projet extrêmement ambitieux qui sera la vitrine de Mayotte. C’est formidable et absolument nécessaire si nous voulons développer le tourisme ou autres, mais il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas demain que nous verrons le remblai se combler. C’est un travail qui demande énormément de réflexion et d’analyses. Alors oui, il faut bûcher sur ces sujets dits de long terme, sans omettre de plancher sur des actions quotidiennes, telles que la structuration des vendeurs de rue. Idem pour les transports : il faut trouver des solutions palliatives rapidement, avant la fin du mandat, pour éviter cet engorgement et améliorer la circulation.

FI : Depuis votre arrivée sur le territoire, qu’est-ce qui vous a le plus marqué à la mairie de Mamoudzou ?

P. R. : J’ai déjà constaté que nos recettes fiscales étaient trop faibles ! Dès la semaine prochaine, j’aurai une vision globale de toutes nos recettes, pour savoir si tout est bien optimisé… Sans augmenter les taux, il apparaît envisageable d’avoir des ressources significativement supérieures. Et c’est nécessaire car aujourd’hui, les équipes n’arrivent pas à suivre tellement les demandes du maire et des usagers sont importantes. Sauf que pour recruter des agents, il faut être en mesure de les rémunérer.
Les dotations de l’État sont peut-être un peu inadaptées par rapport aux besoins, mais le ministère des Outre-mer est informé et sensible à cet enjeu. De l’argent disponible, il y en a ! Encore faut-il savoir mobiliser des fonds d’investissement…

FI : Parmi tous les projets portés par l’équipe municipale en place, lequel vous parle tout particulièrement ?

P. R. : Le numérique est l’un des sujets qui me plaît dans le projet du maire. À la différence des autres collectivités en métropole qui sont passées par différents stades, nous pouvons franchir le pas d’un seul coup et devenir une smart city. Ce sera alors très intéressant pour les questions de sécurité, de transport, d’optimisation des moyens. C’est peut-être un aspect sur lequel les Mahorais n’ont pas encore saisi totalement l’enjeu, et pourtant il s’agit d’une clé face aux problématiques exposées à Mayotte.

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